D’une tenue sobre et classique, le piano de Christophe O’Riley prend le relais du synthétiseur de Mister Yorke, effaçant sa voix haut perchée d’écorché, seule la musique reste désormais pour nous évoquer les trombes d’eau qui lui échouent sur le crâne, écrasant sa crête de hérisson inquiet avant de traverser la longue ligne asphaltée, prophète de son propre destin offert en pâture à ce monde cruel, Niagara démentiel bien décidé à l’anéantir, à l’absorber de lui-même dans les ondes électromagnétiques, gazouillis d’étoiles enturbannées, lui ce petit robot malingre et innocent, n’ayant rien demandé, un accident en attente d’avoir lieu, pluie violente sur les notes aiguës du clavier d’intempéries, octave à la marge, ses circuits vont être niqués il le sait, il voudrait s’en sortir et surtout ne pas être en reste de repos, retrouver un semblant de sérénité, malheureusement l’orage gronde, des cris de poulets pas encore nés lui vrillent les tympans, le rythme s’emballe, comment dire, il a envie de hurler, tout va trop vite, les épines de ces gouttes milliardaires sont issues de si haut, de la nuit des temps, hydrolat lacrymal, résurgences des malentendus originels, dieu dont la chute est amour, liquide dissolvant contraint d’éveiller les fantômes, eau pure dont les flots ruissellent entre les oreilles, le cerveau appâté par la mélodie envoûtante et fraîche, enjôleuse, charmeuse, trompeuse, traîtresse, faite pour endormir jusqu’au semblant de la torpeur, la foudre n’a pas frappé mon œil, je suis le roi de cœur et vous finirez contre le mur, vous souviendrez-vous de mon nom ? Rappelez-vous le couinement du cochon qu’on égorge, eh bien oui il peut hurler tout son saoul, personne ne sauvera son âme, ma tête se détache, la vie s’en va, ma carte mère est grillée, les secondes s’envolent, la pluie cesse et bientôt ce sera le silence.
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le silence après stefano c'est encore stefano 
le couinement du cochon qu'on égorge oh que oui je m'en souviens, quand j'étais petite dans ma campagne j'avais un voisin éleveur ..
j'en étais restée à true love waits moi, merci tout plein !

le couinement du cochon qu'on égorge oh que oui je m'en souviens, quand j'étais petite dans ma campagne j'avais un voisin éleveur ..
j'en étais restée à true love waits moi, merci tout plein !
De l ' Italo Svevo dans cet homme ...

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stefano
publié le 25 nov. 06