Il ne vous a pas échappé chers "pccistes" que le fameux cinéaste italien Dino Risi vient de mourir à 91 ans tout de même...Il nous laisse un superbe film ( parmi tant de comédies ), mariant excellemment le tragique au comique: "Parfum de femme " ( 1974 ).
Il est goûteux de vous donner le titre du film en italien: "Profumo di donna "...Ce film est adapté du roman de Giovanni Arpino "Il buio e il miele".
Victorio Gassman est l'acteur principal de ce film, incarnant un capitaine aveugle, trompant ses angoisses, ses frustrations, ses peurs à travers des attitudes cyniques, tout en vouant aux femmes une passion infinie, puisqu'elles le charment par tous leurs parfums...Car l'odorat prend une place essentielle, naturellement ( comme tous les autres sens lorsque l'on est aveugle ) chez le capitaine Fausto !
Tout le film nous touche par la violence exercée par Fausto sur ceux qu'il croise, à la mesure de l'épreuve qui le frappe.Fausto joue par exemple, à terroriser un voyageur dans un train puis à cherche à asservir Ciccio, une jeune aide transmise par l'administration militaire.
Il utilise les mêmes artifices grossiers de d'attaque et de défense, vis-à-vis de prostituées ou de jeunes femmes à Gènes et Naples.
Toute son aigreur va de pair avec l'envie féroce d'aimer, d'aller vers les autres, tout en sachant qu'une relation "vraie" est impossible, étant donné son handicap...
De fait, Fausto refuse toute forme de pitié, si bien qu'il s'isole dans ses fantasmes et ses envies d'amour partagé qu'en toute lucidité il sait impossible !
L'amour qu'il éprouve au fond de lui-même pour Sara ( Agostina Belli ) est nul et non avenu selon lui, ce qui le pousse à des élans de grossièreté et d'agressivité d'autant plus troublant, que la situation vire constamment à la déception escomptée...L'humanité de Fausto est alors à fleur de peau, il nous émeut par son caractère tranché, ses incartades, ses foucades, ses colères...Il nous touche en permanence, quand l'on sait combien il "craque" au moindre parfum de femme parvenant à ses narines expertes, ses sens aux aguets !
Il nous fait rire aussi, sourire par cette tendresse, cette faille humaine qu'il ne peut tout à fait voiler, consistant à demander aux autres personnes présentes avec lui, si telle ou telle femme dont il sent l'approche par le parfum, présente bien les caractéristiques physiques qu'il lui prête...On voit à quel point la femme est pour lui, cette fenêtre de douceur et de puissante envie de vivre qui le motive, bien qu'il refuse de l'avouer.
Fausto joue le cynisme jusqu'au bout tellement il sait sa situation impossible :"Le sexe, les cuisses, deux belles fesses, voilà la seule religion, la seule idée politique, la vraie patrie de l'homme ".
Cette sentence violente et liberticide ( cela ressemble à une assertion de comique troupier, de beauf en deshérence, d'animateur de TV en mal de sensations,etc. ), le soulage évidemment un moment, mais il sait au fond de lui-même, que de telles paroles ne résolvent rien...
La beauté du film réside dans cette tension permanente faite de violence et de tendresse sous-jacente au personnage porté par Gassman, qui nous bouleverse et apporte une richesse d'interprétation qu'on ne peut oublier, tellement il nous crie, tout au long de ce film, son désespoir de ne pouvoir vivre un amour "vrai"...
On ne peut s'empêcher de repenser à cette façon surprenante qu'à Fausto de déceler, à partir d'un seul parfum de femme, toute une série d'indices, d'informations concernant cette femme-là ! Un peu, à la façon d' Arthur Conan Doyle qui, faisant parler Sherlock Holmes, nous montre que l'observation attentive de la réalité, à travers d'infimes détails, apporte souvent des réponses étonnantes, des ramifications profondes, susceptibles de raisonnements pertinents.
Mais Sherlock Holmes et les femmes, c'est une autre histoire !
:)
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Quand je pense qu'adolescente, Parfum de femme m'avait exaspérée, hier en le revoyant au Champollion, j'ai été subjuguée par ce jeu de défense de Gassman qui subit sa cécité piloté par Ciccio. Ce Fausto, homme du second degré, qui dans son parcours désespère parfois pour toujours relever la tête, guidé par les parfums de femme, un Susskind d'une autre engence. Sara, c'est comme la Jane Eyre de Rochester, l'ultime appel quand le fier est allé jusqu'au bout de son orgueil et s'accorde le repos du guerrier.
J'avais lu votre commentaire avant de voir le film et et après l'avoir revu, j'ai découvert une oeuvre magistrale.
J'avais lu votre commentaire avant de voir le film et et après l'avoir revu, j'ai découvert une oeuvre magistrale.

les souvenirs véhiculés par celui-ci nous procure souvent de vives sensations... j'attache beaucoup d'importance aux odeurs, aux souvenirs qu'elles évoquent...
Ce film me fait penser au libre de Suskind, le parfum.
Ce film me fait penser au libre de Suskind, le parfum.
Bonne fin de semaine !




que d'Amour possible .....
Le tout se situe dans la "rencontre" avec celle ou celui qui regarde dans la même direction et recherche la même douceur, .... une tendresse à vivre et à constuire !
Bises et à plus ... encore une fois ... j'ai bien aimé ta façon d'en parler ...
Le tout se situe dans la "rencontre" avec celle ou celui qui regarde dans la même direction et recherche la même douceur, .... une tendresse à vivre et à constuire !
Bises et à plus ... encore une fois ... j'ai bien aimé ta façon d'en parler ...



beaucoup aimé tes mots, Voltuan et la sensibilité qui s'en dégage !
Dis-moi quel est ton parfum et je te dirai qui tu es ?
Le parfum qui chavire, il suffit de fermer les yeux et on se laisse emporter...
Dis-moi quel est ton parfum et je te dirai qui tu es ?
Le parfum qui chavire, il suffit de fermer les yeux et on se laisse emporter...
et bravo pour ce beau texte que vous nous livrez sur "Profumo di donna" et la performance de Gassman.
Personnellement, je n'aime pas beaucoup Dino Risi et son parfum de femme : trop cabotin, le Gassman. Votre analyse est meilleure que le film qui me gêne par ses excès, son jeu forcé.
Quant au fond, maintenant, au nom de quoi ne pourrait-on pas aimer parce qu'on est aveugle? Je devrais plutôt poser la question à Giovani Arpino, certes.
Personnellement, je n'aime pas beaucoup Dino Risi et son parfum de femme : trop cabotin, le Gassman. Votre analyse est meilleure que le film qui me gêne par ses excès, son jeu forcé.
Quant au fond, maintenant, au nom de quoi ne pourrait-on pas aimer parce qu'on est aveugle? Je devrais plutôt poser la question à Giovani Arpino, certes.
... volontairement préféré le mot "critique" au mot "analyse"
de nous rappeler ce film "d'antologie", plus les renseignements complémentaires très détaillés. Tst-ce parce que Fausto, y est aveugle, sa canne, son manteau, il me reste à l'esprit en n & b.
Surtout, toujours ta plume exacte, et ta capacité d'analyse.
Surtout, toujours ta plume exacte, et ta capacité d'analyse.
de sensualité 'pure' et 'propre' du cinéma je crois...
Fabuleuse scène, autant qu'il m'en souvienne, de rencontre au coin d'une pièce, où il sent Sara tapie dans l'ombre, et tente de la toucher...elle ne l'aidera pas et c'est presque insoutenable!!!
Gassman me semble être un Golaud échappé d'une autre histoire...
Personnage apparemment rustre, mais parce que justement, aux besoins infinis de délicatesse et sensibilité....
J'ai vu ce film quand il est sorti, pas revu depuis, et pourtant j'en suis encore toute bouleversée...
Le cinéma italien... si grand !





Fabuleuse scène, autant qu'il m'en souvienne, de rencontre au coin d'une pièce, où il sent Sara tapie dans l'ombre, et tente de la toucher...elle ne l'aidera pas et c'est presque insoutenable!!!
Gassman me semble être un Golaud échappé d'une autre histoire...
Personnage apparemment rustre, mais parce que justement, aux besoins infinis de délicatesse et sensibilité....
J'ai vu ce film quand il est sorti, pas revu depuis, et pourtant j'en suis encore toute bouleversée...
Le cinéma italien... si grand !





pour cette critique si bien écrite. Ca donne envie d'aller voir ce film,
*****
*****
(re)découvrons-le.
... comme passerelle vers l'autre avec ses symboles, ses audaces, ses ouvertures à l'imaginaire et au fantasme, ses évocations intimes, voilà une belle façon de rendre hommage à la vie, dont l'accès est parfois limité par le handicap dans tous les sens du terme.
Merci pour ce comm dédié à un grand du cinéma à propos d'un film inoubliable !
Merci pour ce comm dédié à un grand du cinéma à propos d'un film inoubliable !
08/06/08 à 13h38
Tu nous mets au parfum d'un cinéaste , à redécouvrir , par ce film profond et touchant .
Mon avis:
On touche là le fond de l'âme humaine .
Les sens exacerbés , à cause du manque d'un seul .
L'extrème tension d'un être qui peut chavirer dans la folie .
Mais celà est symbole , et prétexte à crier que l'être a une infinie difficulté à rencontrer l'autre .
Le "désespoir de ne pouvoir vivre un Amour vrai " n'est pas réservé aux aveugles , ou aux sourds et muets , je pense .
Cette détresse est celle liée à l'humain dans son incapacité d'aller vers l'autre dans l'ABSOLU et la PURETE de l'amour .
Mon avis:
On touche là le fond de l'âme humaine .
Les sens exacerbés , à cause du manque d'un seul .
L'extrème tension d'un être qui peut chavirer dans la folie .
Mais celà est symbole , et prétexte à crier que l'être a une infinie difficulté à rencontrer l'autre .
Le "désespoir de ne pouvoir vivre un Amour vrai " n'est pas réservé aux aveugles , ou aux sourds et muets , je pense .
Cette détresse est celle liée à l'humain dans son incapacité d'aller vers l'autre dans l'ABSOLU et la PURETE de l'amour .
J’ai en mémoire "la carrière d’une femme de chambre" que j’aimerai revoir en dvd ou notamment "cher papa", "fantôme d’amour"...

Je réagis à ce commentaire en
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voltuan
publié le 8 juin 08