L’envie d’écrire dévorait Paul . Comme des fourmis rouges dansant la tarentelle dans ses veines, pour apaiser le feu il lui fallait un stylo et du papier .
Dés qu’une trame d’histoire, une anecdote, une expression, un mot le torturaient , il prenait ce qui se trouvait sous la main et expulsait ses mots en jet .L’enveloppe de la déclaration d’impôts, le verso d’une pub, une note de resto, un ticket de bus ou un confetti faisaient l’affaire, pourvu que ça sorte .
Mais ce matin là , c’était un grand jour. Il avait décidé de mettre forme à cette pulsion . Construire, bâtir, structurer.
D’abord il lui fallait réfléchir sur le personnage principal . Un homme ? Une femme ? Hum, une femme trop compliquée ces bêtes là , ce ne serait pas crédible et à défaut de récit mythologique et sa volaille céleste, ce serait un homme .
Un homme comme lui ? Non, pas d’autobiographie, bien qu’il lui faudrait probablement puiser dans les noirceurs de sa cave et étirer l’exaltation de ses passions , un homme sans émotion ferait trop camusien .
Quel registre ? Policier ? Non, pas assez logique, ni tordu et il n’avait eu l’expérience de l’envie de tuer qu’une fois : la grand-mère du dessous . Celle-ci l’alpaguait comme un droit d’usufruit quand il passait devant son pallier. Alors un concert de paroles entre son dentier qui claquait à contre temps, l’arrosant généreusement de postillons au saucisson à l’ail le bénissait .Oui, là la pulsion de meurtre était là , car tout de même le rythme du claquoir se devait d’être en mesure !
La poésie ? Il n’avait pas le goût de la métrique, de la rime, de la métaphore , c’était cuit .
Un roman ? Cela lui prendrait trop de temps, de recherche .
Une nouvelle ? Oui, tiens, une nouvelle, pourquoi pas ?
Il se mit au travail . Griffonna, griffonna , ratura …La corbeille à papier à recycler montait comme les eaux du Nil en crue . Parfois le stylo se faisait fusée, crachant son encre avec panache , éclaboussant de Rorschach sa table d’auteur en cours d’accouchement .
Les feuilles collaient aux avant-bras mais n’est ce pas Einstein qui a dit « 1% de génie, 99% de transpiration » ? Vu les litres de liquide salé qui s’écoulaient il était en bonne voie. Persévérance, persévérance
Puis l’éclair, d’un coup ça y était, il savait, la certitude de ne pas se tromper, l’apaisement, la jubilation : oui, l’œuvre il la tenait , SON œuvre .
Il repris sa page blanche et écrit d’un trait une longue …. lettre à
Môman .
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il y a différentes formes de communication et tu nous as montré avec délicatesse et sourire que pourtant, s'ouvrir, ouvrir son coeur et réussir à s'exprimer est un art, parfois un talent ou simplement un désir parfois difficile à réaliser. mais lorsque la plume s'élance portée sur la vagues de ce qui était enfermé et s'évade... ça peut être très beau
merci à toi ! oui, il y a toutes les formes de communication aux parents ....parfois ce sont des témoignages de reconnaissance et d'affection aussi !
félicitations d'avoir le courage d'écrire, de composer devant nous et dans une sublime mise en abîme de nous faire observer Paul dans son propre élan d'écriture. Ecriture fluide, imagée, colorée et entrainante. J'adore, surtout la chute.
La Lettre au Père de Kafka nous montre qu'écrire à sa mère ou à son père demande parfois beaucoup de courage, d'audace. cela peut-être une torture ou un exutoire pour une souffrance.
La Lettre au Père de Kafka nous montre qu'écrire à sa mère ou à son père demande parfois beaucoup de courage, d'audace. cela peut-être une torture ou un exutoire pour une souffrance.
J'aime beaucoup la fin.
Bises
Bises
comme dit " le timide" une lettre à sa mère "est toujours un succès" ( avé l'accent oncle Bens ) 

aura la trempe d'un Le Clézio , ce texte a été surtout écrit pour rire; mais il a aussi de l'autodérision dedans : je comme aussi "une écrivaine compulsive " ; j'ai plusieurs textes en même temps qui attendent, des bouts de phrases, des plans, des idées sur toutes sortes de papiers .
Je crois que la création, créativité est à la base une pulsion de survie , un besoin irrépressible d'exprimer . Ensuite on arrive à transmettre ou pas . On cherche la reconnaissance ou pas .
En ce qui me concerne que ce soit par la sculpture, l'écriture ou la peinture : l'expression est thérapeutique ; le reste est secondaire .Mais si ce que je fais touche évidemment ça me fait plaisir , une autre forme de communication est en cours .
Si ce texte vous a fait rire ou sourire , alors je suis comblée
Je crois que la création, créativité est à la base une pulsion de survie , un besoin irrépressible d'exprimer . Ensuite on arrive à transmettre ou pas . On cherche la reconnaissance ou pas .
En ce qui me concerne que ce soit par la sculpture, l'écriture ou la peinture : l'expression est thérapeutique ; le reste est secondaire .Mais si ce que je fais touche évidemment ça me fait plaisir , une autre forme de communication est en cours .
Si ce texte vous a fait rire ou sourire , alors je suis comblée

Moi j 'ai pas eu le bonheur d'écrir à ma mère, elle était analphabète, mais je parle d'elle souvent, mais j 'écrirai volontier une nouvelle à son sujet.
Le Clézio disait : " En général je ressens le besoin d'écrire le matin. Mais cela peut m 'arriver au milieu de la nuit: soudain, quelque chose me bouleverse et je sens que si je ne m 'en délivre pas aussitôt sur le papier je vais en rêver et souffrir. Aussi je me mets à ma table et j 'écris pendant deux ou trois heures d'affilée. Parfois, cela me prend dans la rue. Si je n 'ai pas emporté du papier, je suis alors très malheureux. Je me précipite chez moi ou bien je gagne en hâte le premier café. Pendant un temps, je prenais notes sur des bouts de nappe que je recouvrais de signes cabalistiques de toutes les couleurs. Malheureusement, je n 'arrivais jamais, par la suite , à les déchiffrer, alors j 'ai fini par y renoncer"
Allo-oui, je crois que Paul n 'est pas aussi loin de Le Clézio, avec un peu de persévérence il y arrivera
.
Le Clézio disait : " En général je ressens le besoin d'écrire le matin. Mais cela peut m 'arriver au milieu de la nuit: soudain, quelque chose me bouleverse et je sens que si je ne m 'en délivre pas aussitôt sur le papier je vais en rêver et souffrir. Aussi je me mets à ma table et j 'écris pendant deux ou trois heures d'affilée. Parfois, cela me prend dans la rue. Si je n 'ai pas emporté du papier, je suis alors très malheureux. Je me précipite chez moi ou bien je gagne en hâte le premier café. Pendant un temps, je prenais notes sur des bouts de nappe que je recouvrais de signes cabalistiques de toutes les couleurs. Malheureusement, je n 'arrivais jamais, par la suite , à les déchiffrer, alors j 'ai fini par y renoncer"
Allo-oui, je crois que Paul n 'est pas aussi loin de Le Clézio, avec un peu de persévérence il y arrivera
.on se raccroche souvent au connu, à sa môman....

c'est sure qu'on nait plusieurs fois dans sa vie !
"au timide" : c'est trop mimi ! Il est vrai que la tradition pour le fête des mères était que mes enfants rédigent un texte d'expression libre plutôt que le collier de nouilles . Ils l'ont fait de bons coeur , mon fils même jusqu'à 20 ans , avec bcp d'humour , me mettant en boite avec plein de tendresse .
Cet été , durant son séjour d'un mois et demi au Sénégal, il m'écrivait presque tous les jours ses impressions et vécu . Besoin de partage, savoir que môman écoute avec ses multiples oreilles bienveillantes .Je crois que la photo mise dans ma galerie témoigne de cette complicité ... Les 2 autres partagent plus oralement .
"au timide" : c'est trop mimi ! Il est vrai que la tradition pour le fête des mères était que mes enfants rédigent un texte d'expression libre plutôt que le collier de nouilles . Ils l'ont fait de bons coeur , mon fils même jusqu'à 20 ans , avec bcp d'humour , me mettant en boite avec plein de tendresse .
Cet été , durant son séjour d'un mois et demi au Sénégal, il m'écrivait presque tous les jours ses impressions et vécu . Besoin de partage, savoir que môman écoute avec ses multiples oreilles bienveillantes .Je crois que la photo mise dans ma galerie témoigne de cette complicité ... Les 2 autres partagent plus oralement .
"Ze proteste,
C'est très difficile d'écrire une lettre à moman. Un récit, une nouvelle, un roman je ne prétends pas que ce soit chose aisée mais avec un peu d'imagination de mauvaise foi et une honnête dose de whisky on peut y arriver. On profite de l'ignorance qu'ont la plupart des gens de vos souvenirs d'enfance et ça vous fait un bon gros roman pour la rentrée.
Tandis qu'une lettre à moman, cela nécessite un vrai talent. L'exercice est tellement rebattu. Comment sortir des lieux communs, la faire rire, prendre de ses nouvelles, l'intéresser. On n'a pas toujours eu la chance de rencontrer le monstre du Loch Ness. En plus cela exige une concision que Grasset ne demande pas. Au dela de 16 pages maman calle. J'affirme que la lettre à maman est le genre ultime de la littérature. La preuve en est que les romans de la rentrée pourrissent sur les présentoirs, sous l'oeil neurasthénique des libraires désoeuvrés. Alors que les lettres à maman ont toujours du succès."
qui parcoure cette page blanche : le déclic d'une découverte ! ce lien d'amour à la mère ....
Cette aide à la découverte de soi et de l'environnement : Le Guide .... : la rencontre avec notre Monde ...
Allo-oui, sur les routes de nos voyages intérieurs ... il faudrait avoir ce courage de tenir tête au destin, pour "accoucher de son histoire" en la sublimant pour pouvoir "construire, bâtir, structurer" sa vie ....
et atteindre ... l'apaisement des sens, .. la jubilation de l'esprit ... l'élan vers l'Avenir ..
"Paul" a eu raison ..... d'écrire .... de décrire cette émotion ! bises et à +*****
Cette aide à la découverte de soi et de l'environnement : Le Guide .... : la rencontre avec notre Monde ...
Allo-oui, sur les routes de nos voyages intérieurs ... il faudrait avoir ce courage de tenir tête au destin, pour "accoucher de son histoire" en la sublimant pour pouvoir "construire, bâtir, structurer" sa vie ....
et atteindre ... l'apaisement des sens, .. la jubilation de l'esprit ... l'élan vers l'Avenir ..
"Paul" a eu raison ..... d'écrire .... de décrire cette émotion ! bises et à +*****
30/08/08 à 11h18
samajeste : rien n'est trop beau pour Môman ! 

offrir l'oeuvre de sa vie à moman!!!
on est jaloux..
on n'a pas eu cette chance..
on est jaloux..
on n'a pas eu cette chance..
ils t'ont relaché?
Tiger : je ne connais pas les auteurs que tu cites , mais ne demande qu'à le faire !
Brian : c'est un grand compliment ! MERCI ! En tout cas je me suis bien amusée !
Paul Tergeist : on dirait que tu as quelques craintes : non, non , toute ressemblance avec une personne de ce site est totalement fortuite
Ce Paul est seulement totalement imaginaire .........
Brian : c'est un grand compliment ! MERCI ! En tout cas je me suis bien amusée !
Paul Tergeist : on dirait que tu as quelques craintes : non, non , toute ressemblance avec une personne de ce site est totalement fortuite

Ce Paul est seulement totalement imaginaire .........
Paul.
Je le trouve bon. Vraiment bon. Si Nickolson avait fait comme lui dans Shning, il y aurait eu moins de désordre. Bravo, Allo.
"A voir", je cite, copyright toi...
On a eu" la lettre au père",de notre regretté kafka...pourquoi pas "la lettre à môman" de notre mystérieux paul...(auster,valéry?...)et si finalement la littérature toute entière n'était qu'une tentative(méthomynique) de règlement de comptes avec nos parents?...aaahhhhh!!Lacan!!!...le nom du père and so on...Dieu reconnaitra les siens!...
ça va viendre bientôt

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allo-oui
publié le 29 août 08