Un bruit réveilla à nouveau Marianne. La porte, désormais, était entrouverte. Par la fenêtre, le jour était en train de décliner. Une infirmière s'avança dans la chambre pour vaquer à ses occupations, sans même faire attention à elle. Marianne se mit à tousser pour se faire remarquer. L'infirmière sursauta, et se mit à hurler « Y'a la femme de la 207 qui s'est réveillée ! Venez ! Venez ! Vite, vite . . . elle est sortie du coma ! »
Marianne comprit que son pressentiment était le bon. La chef de service vint. Elle lui parla comme elle l'aurait fait avec un extra-terrestre. Marianne montra sa gorge, et on lui apporta à boire. L'eau avait un goût chloré désagréable. Un médecin fut appelé pour ausculter la patiente. Quand elle put parler, avec un filet de voix caverneuse, Marianne demanda des nouvelles de son compagnon. « Monsieur Delaporte ? Mais il va bien, pas de souci. Il est souvent venu vous voir depuis trois ans. Il était encore là le weekend dernier. Ah oui, il faut que je vous dise : on est le 22 février 2005, et vous avez été trois ans dans le coma après un accident de voiture. »
« Eh, il faut qu'on lui dise pour son copain, fit une infirmière qui avait accouru, en poussant sa collègue du coude. C'est que la nouvelle s'était répandue dans tout le service en quelques minutes. Maintenant, elle avait même dû changer d'étage.
- Ah oui, faut qu'on vous dise, Jean-Pierre Delaporte, enfin votre compagnon, c'est une vedette de la télévision. Ca je sais pas si vous le saviez. » Quand elles virent le regard de Marianne, elles comprirent que non, Marianne ne savait pas tout ça. Quand elle le connaissait, Jean-Pierre était encore journaliste de presse écrite. Il se vantait bien parfois de serrer la main à des chanteurs qui le connaissaient, mais ce n'était pas lui même le genre vedette.
Jean-Pierre se rhabillait quand son téléphone portable sonna.
Au bout du fil, le médecin chef du service neurochirurgie de la Pitié Salpêtrière lui expliqua que Marianne était réveillée et demandait à le voir. Il remit très vite ses chaussures, quitta la pièce, trottina dans les couloirs de la maison ronde, traversa le grand hall au milieu des badauds qui durent se demander ce qui lui arrivait, et arriva au parking. Il actionna à distance l'ouverture des portes de son coupé noir de marque allemande, et partir vers le 13e arrondissement. Plein gaz.
Il arriva à l'hôpital vingt minutes après être parti des studios. Il se présenta à l'accueil, où on lui répondit d'abord que les visites n'étaient pas autorisées après 19 heures. Il dut expliquer le caractère exceptionnel de sa visite. « Oh pardon », fait la dame, qui, de plus, venait de le reconnaître. Elle comprit qu'il était inutile de demander un autographe à l'animateur, quand elle le vit se diriger d'un pas décidé vers les ascenseurs. Il appuya sur la touche 2 et sentit la machine s'élancer dans les airs. Ses jambes se mirent à flageoler, sous l'effet combiné de l'ascension et de la nervosité.
Les portes automatiques s'ouvrirent. Jean-Pierre vit une pancarte qui indiquait « chambres 201 à 209 », avec une flèche pointée vers la droite. D'un pas mal assuré, l'homme s'avança, tourna vers la droite et marcha dans le couloir. Sur sa gauche, la ville sombrait dans la nuit. Au loin, les derniers rayons rougeoyants du soleil caressaient les toits de la capitale. Les réverbères allumaient des petites taches orange dans toute la ville. Jean-Pierre relevait les numéros des chambres qui défilaient sur sa droite : 201, 203, son cœur battait fort. 205, il le sentit tressaillir.
Il ralentit, prit une grande respiration avant de pénétrer dans la chambre 207. Il savait que, quel que soit le visage de celle qu'il allait retrouver, il faudrait l'aimer. L'aimer comme avant, comme avant ce fichu accident. Cela ne lui semblait pas être un devoir, juste une idée qui s'imposait à lui, évidente. Il poussa la porte. Il détesta ce moment où il fallait faire bonne figure, porter un sourire de circonstance. Il essayait de toutes ses forces de se réjouir, mais au fond de lui, la peur l'assaillait. Il eut bien du mal à la reconnaître. Marianne se trouvait assise sur le bord du lit, le regard un peu perdu. Elle semblait décharnée. Son visage semblait porter un masque de cire, et ses cheveux bruns et longs, dans lesquels on distinguait quelques cheveux blancs, paraissaient raides comme du foin. D'une voix étranglée par l'émotion, elle dit juste « bonjour ».
Marianne comprit que son pressentiment était le bon. La chef de service vint. Elle lui parla comme elle l'aurait fait avec un extra-terrestre. Marianne montra sa gorge, et on lui apporta à boire. L'eau avait un goût chloré désagréable. Un médecin fut appelé pour ausculter la patiente. Quand elle put parler, avec un filet de voix caverneuse, Marianne demanda des nouvelles de son compagnon. « Monsieur Delaporte ? Mais il va bien, pas de souci. Il est souvent venu vous voir depuis trois ans. Il était encore là le weekend dernier. Ah oui, il faut que je vous dise : on est le 22 février 2005, et vous avez été trois ans dans le coma après un accident de voiture. »
« Eh, il faut qu'on lui dise pour son copain, fit une infirmière qui avait accouru, en poussant sa collègue du coude. C'est que la nouvelle s'était répandue dans tout le service en quelques minutes. Maintenant, elle avait même dû changer d'étage.
- Ah oui, faut qu'on vous dise, Jean-Pierre Delaporte, enfin votre compagnon, c'est une vedette de la télévision. Ca je sais pas si vous le saviez. » Quand elles virent le regard de Marianne, elles comprirent que non, Marianne ne savait pas tout ça. Quand elle le connaissait, Jean-Pierre était encore journaliste de presse écrite. Il se vantait bien parfois de serrer la main à des chanteurs qui le connaissaient, mais ce n'était pas lui même le genre vedette.
Jean-Pierre se rhabillait quand son téléphone portable sonna.
Au bout du fil, le médecin chef du service neurochirurgie de la Pitié Salpêtrière lui expliqua que Marianne était réveillée et demandait à le voir. Il remit très vite ses chaussures, quitta la pièce, trottina dans les couloirs de la maison ronde, traversa le grand hall au milieu des badauds qui durent se demander ce qui lui arrivait, et arriva au parking. Il actionna à distance l'ouverture des portes de son coupé noir de marque allemande, et partir vers le 13e arrondissement. Plein gaz.
Il arriva à l'hôpital vingt minutes après être parti des studios. Il se présenta à l'accueil, où on lui répondit d'abord que les visites n'étaient pas autorisées après 19 heures. Il dut expliquer le caractère exceptionnel de sa visite. « Oh pardon », fait la dame, qui, de plus, venait de le reconnaître. Elle comprit qu'il était inutile de demander un autographe à l'animateur, quand elle le vit se diriger d'un pas décidé vers les ascenseurs. Il appuya sur la touche 2 et sentit la machine s'élancer dans les airs. Ses jambes se mirent à flageoler, sous l'effet combiné de l'ascension et de la nervosité.
Les portes automatiques s'ouvrirent. Jean-Pierre vit une pancarte qui indiquait « chambres 201 à 209 », avec une flèche pointée vers la droite. D'un pas mal assuré, l'homme s'avança, tourna vers la droite et marcha dans le couloir. Sur sa gauche, la ville sombrait dans la nuit. Au loin, les derniers rayons rougeoyants du soleil caressaient les toits de la capitale. Les réverbères allumaient des petites taches orange dans toute la ville. Jean-Pierre relevait les numéros des chambres qui défilaient sur sa droite : 201, 203, son cœur battait fort. 205, il le sentit tressaillir.
Il ralentit, prit une grande respiration avant de pénétrer dans la chambre 207. Il savait que, quel que soit le visage de celle qu'il allait retrouver, il faudrait l'aimer. L'aimer comme avant, comme avant ce fichu accident. Cela ne lui semblait pas être un devoir, juste une idée qui s'imposait à lui, évidente. Il poussa la porte. Il détesta ce moment où il fallait faire bonne figure, porter un sourire de circonstance. Il essayait de toutes ses forces de se réjouir, mais au fond de lui, la peur l'assaillait. Il eut bien du mal à la reconnaître. Marianne se trouvait assise sur le bord du lit, le regard un peu perdu. Elle semblait décharnée. Son visage semblait porter un masque de cire, et ses cheveux bruns et longs, dans lesquels on distinguait quelques cheveux blancs, paraissaient raides comme du foin. D'une voix étranglée par l'émotion, elle dit juste « bonjour ».
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Voici les 6 dernières réactions à ce commentaire
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je m'en vais tout de suite lire le chapitre 3...
se fait plus lentement.. les yeux plein de vitamine A et fermés par des stéristrip s'ouvrent petit à petit... le levé se fera avec un kiné un peu plus tard... sourire
j'avoue que la médecine et moi ça fait deux
s'il y a un médecin qui peut m'n dire plus sur le coma, je suis preneur
s'il y a un médecin qui peut m'n dire plus sur le coma, je suis preneur
j'attends la suite!!!!!!!!! *****
content que ça plaise
la suite est écrite, même la fin (je la connais, mais je vous dirai pas) mais je publie tranquilement
JM
la suite est écrite, même la fin (je la connais, mais je vous dirai pas) mais je publie tranquilement
JM
Mais j'ai adoré, celui-ci.
J'attends vite la suite...
Peut etre, est-elle déja écrite ou attendez-vous les réactions pour faire en fonction....
Merci!
J'attends vite la suite...
Peut etre, est-elle déja écrite ou attendez-vous les réactions pour faire en fonction....
Merci!



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peergynt
publié le 31 mai 08