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Bloody beach
 Bloody beach
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catégorie : création littéraire
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Ma tendre Betty,

J'ai peu de temps devant moi et de plus je suis vraiment épuisé. Je t'écris alors que je me trouve dans la grange d'une ferme quelque part en Normandie, qui sert de QG à notre régiment. La nuit est tombée, il pleut sans discontinuer et ce soir tu me manques encore plus que d'habitude mon petit soleil ...

Si un jour quelqu'un me dit " va en enfer mec", je lui répondrais " pas la peine, je connais déjà". Plus de deux mois que nous attendons ce jour J, pourtant le temps nous semblait long dans notre caserne anglaise ou alors c'était le mal du pays ...Je m'y suis fait un bon copain, Jim un indien du Dakota, il est très baraqué et ne parle pas beaucoup, mais on rigole bien quand on joue au poker.

Et puis l'annonce est venue, nous avons embarqué très vite dans la nuit, sur l'Ancon avec mes camarades de la 1 ère division d'infanterie. La traversée a été difficile à cause du mauvais temps, mais ce n'était rien à côté de ce qui nous attendait ensuite. Dire que j'ai failli me noyer à cause de cette barge, avant même de débarquer ! Le jour venait à peine de se lever, il devait être environ 5 heures du matin, nous avancions vers la plage d'Omaha, mais sans aucune visibilité à cause de la brume, le ciel était sombre et la mer nous ballottait dans des creux de deux mètres.

Lorsque le battant à l'avant s'est ouvert, on s'est vite rendu compte que l'on n'avait même pas pied ! Alors tu imagines Betty, avec cet énorme barda que j'avais sur le dos ... j'ai un peu paniqué, surtout quand j'ai vu Jim boire la tasse, ensuite je l'ai entendu crier, mais sans le voir .... au même moment j'ai repensé à ma famille française, dont je n'ai plus aucune nouvelle depuis quatre ans, et je me suis dit que si je me suis engagé dans l'armée, c'est aussi pour les sauver eux, pour leur permettre d'échapper à ces salauds de nazis ; dire que Tante Regina s'est installé en France après avoir quitté la Pologne pour échapper aux pogroms.

Cela m'a motivé comme jamais, et je me suis remis à nager, en me laissant porter quand de trop grosses vagues arrivaient, je me suis accroché, j'ai tenu bon malgré le courant qui était très fort et qui me ralentissait, ça me paraissait interminable, et enfin j'ai senti du sable sous mes pieds, j'ai levé les yeux et j'ai aperçu en premier une grande falaise blanche, et puis la plage, cette maudite plage. J'ai vraiment eu beaucoup de mal à me relever tant j'étais alourdi par l'eau et je grelottais dans mon uniforme, j'avais si froid. On était à peine une cinquantaine, plus ou moins éparpillés. On s'est très vite rendu compte que le terrain était à découvert, car dès qu'on a pu s'aligner, les tirs ont commencé, ça mitraillait de partout, Les allemands ont vraiment choisi le bon moment, les salauds. Je crois que je n'oublierais jamais le sifflement de ces balles. Je voyais les Rangers, pourtant des vieux briscards, tomber comme des mouches autour de moi. Le capitaine Taylor nous exhortait à tenir, nous encourageait en nous disant que l'aviation et les Sherman allaient bientôt arriver en renfort. C'est un homme tellement brave, il faisait tout son possible pour les blessés, sans perdre de vue ses objectifs, tout le régiment l'adorait, on lui faisait confiance.

Pendant ce temps-là, je serrais dans ma poche le petit gri-gri que tu m'as donné avant de partir, parce que je sentais le découragement m'envahir. Tous ces corps inanimés qui me cernaient, les cris des copains qui avaient été touché par une explosion ou un obus, et ces kilomètres de fils barbelés, j'avais peur, peur de sauter sur une mine, sans même avoir eu le temps de combattre.

Puis Taylor a crié : il n'y a que deux genres de soldats sur cette plage, ceux qui sont morts et ceux qui vont mourir, alors bougeons-nous de là ! On s'est regroupé comme on a pu et on a foncé sans réfléchir sur la ligne de défense des allemands. Bloody beach !!!

Je me rends compte que je parle que de moi, bien que je pense à toi chaque jour. Comment vont tes parents, la récolte des oranges a été bonne cette année ? J'espère que mes pieds de vignes ont bien tenu, que mes voisins s'en sont bien occupés. Si tu peux m'envoyer une photo de toi, ça me ferait vraiment très plaisir .... Quelquefois des images me reviennent. Tu te rappelles quand on prenait la vieille Chevrolet de mon père, et qu'on partait tôt le dimanche matin, pour aller pique-niquer sous les grands sapins et pécher la truite dorée dans la vallée.

Ici aussi il y a beaucoup d'arbres, on dirait que ce sont des pommiers, mais je n'en suis pas certain. Après cette terrible journée, cela me fait chaud au coeur de voir le sourire instantané des habitants dès qu'ils nous aperçoivent. Tout à l'heure une très vieille paysanne m'a pris dans ses bras, elle pleurait et riait en même temps, je ne comprenais rien à ce qu'elle me disait, sauf ce mot qui revenait tout le temps, merci. Comme je ne savais pas quoi dire, j'ai sorti de mon paquetage des boîtes de corned-beef et des barres de chocolat que je lui ai données.

Je te promets de t'envoyer des nouvelles dès que je peux ma Betty, mais s'il te plaît écris-moi, tu me manques tellement, je voudrais tant te serrer dans mes bras. Je t'aime mon bel amour.

Ton Joe


France, 6 juin 1944
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Si tu en as trouvé, il n'y en avait pas.
Désolé, si je me suis mal exprimé.
pour ma part, je vais en rester là. Pas blessée, juste un chouïa agaçée par tes critiques que je trouve peu constructives. Rien de plus.

Et pour rester dans la métaphore militaire : une grenade ne vous explose la tronche que si vous la cherchez. Et quand on me cherche, on me trouve

Certes l'île de Grenade a subi aussi un débarquement US, mais je jure que ce n'était pas de ma faute !
 27/05/08 à 22h40
La Grenade est ce fruit délicat et tendre qui vous pète à la chemise quand vous voulez le dégustez. J'en fais de nouveau l'expéreince.
Désolé si je t'ai blessé. Avec toutes mes excuses, mais il y aavait de la richesse et de la matière dans ton texte...

PCC est ce que nous en faisons, ce que chacun y apporte avec ce qu'il a avec ce qu'il lui reste.
 27/05/08 à 21h44
" Si quelqu'un veut reprendre le texe et le remdodifier, je n'ai rien contre."

J'aimerais bien qu'on me demande mon avis ou pcc est un atelier d'écriture ?
Juste pour être au courant ....

Je vais être aussi pointilleuse que toi :

- Taylor n'est pas mort à Omaha ; "il en faisait trop" ???? un peu dans le jugement hâtif non ? Quelles sont tes sources d'infos ? Gala

- un véhicule ne va pas sur l'eau ; il s'agissait de barges ! Il faut être rigoureux avec l'Histoire. Fais un tour à Arromanches, on peut encore les voir.

- casernement : que ce mot est moche !!!!!!

- la chance nous sourit ? ah bon .....

- mes bagages etc .... c'est de l'humour ? pas vraiment bien venu ici !

- nager comme un glaçon : non pas le Titanic, l'Ancon !!!!!

- Chez les cavalos on parle de quartier et non de caserne : pas de chevaux sur la plage, je parlais bien d'infanterie.

Enfin que tu ais été militaire c'est ton choix et cela te concerne, mais tu es aussi écrivain pour " réécrire" un texte sans l'aval de son auteur ?

- un point de départ ? ça ressemble à un copier-coller avec des petits trucs en
plus ....

- ah oui Joe n'a pas le droit de boire du whisky, il faut avoir 21 ans aux USA.
Et puis il aime pas ça

Dommage que tu ais mouillé ta chemise pour rien ..... Mais ayant horreur de la violence, je ne sortirais pas mes flingues comme tu dis, mais excuse-moi de ne pas te remercier pour ton cadeau.

Et j'en viens à me demander si le censeur ce n'est pas toi .......
Bon, l'habitude des scénarios et dialogues à écrire à plusieurs en font un genre d'exercice très agréable à pratiquer en commun.

Il ne s'agit pas de untel donne une leçon à untel, surtout pas, mais de plusieurs plumes et imaginations qui se mettent ensemble pour écrire à plusieurs avec ce qu'elles ont de meilleur.

Celà apporte beaucoup de joies et satisfactions.

Si quelqu'un veut reprendre le texe et le remdodifier, je n'ai rien contre.

L'imagination de Grenadine en est le point de départ.

Gloire et Louanges lui en soient rendus.
Ma tendre Betty,

La nuit va tomber, il pleut de nouveau sans discontinuer et ce soir tu me manques encore plus que d'habitude, mon petit soleil ...

J'ai peu de temps devant moi, et de plus, je suis vraiment épuisé. Je t'écris alors que je me trouve dans la grange d'une ferme quelque part de l’autre coté de notre ancien casernement.
Nous avons enfin fait le grand voyage qu’on attendait depuis si longtemps.

Etais-ce le mal du pays, depuis deux mois, l’entrainement me semblait long et j’avais hâte de bouger. Les nuits à jouer aux cartes m’ont permis de me faire un nouvel ami : Jim, un indien du Dakota, il est très baraqué et ne parle pas beaucoup, mais on rigole bien quand on joue ensemble. La chance nous sourit…

La nuit dernière, c’était un autre sport, plus de l’entrainement…tout allait plus vite.

Notre véhicule de cette nuit était très secoué, les vagues faisaient des creux de plusieurs mètres…et l’arrivée compliquée par le temps. Je ne sais si c’est la brume ou les fumigènes, mais on n’y voyait rien. Résultat, on a été largué trop tôt ou trop loin dans la flotte et j’ai du nager comme un glaçon dans une fabrique d’icebergs.

J’ai bien cru que mon histoire allait s’arrêter là. Mes « bagages » étaient trop lourds et impossible de trouver un porteur avec son charriot à cette heure. J’ai bu assez d’eau salée pour longtemps, et je me suis juré de couper l’eau au whisky à l’avenir. D’autant que je n’ai pas encore revu Jim depuis qu’il a pris une tasse, ce matin. Je l’ai entendu crier mais je n’ai pas pu le voir C’était à lui de couper les cartes…Je crois que des copains ont paniqué dans le noir et dans l’eau, mais pas beaucoup, ou pas longtemps, mais pas moi, j’avais trop à faire.

J’ai beaucoup pensé à tante Régina, depuis qu’elle a fui la Pologne et les pogroms et j’ai pensé à sa famille f………e d’accueil. Si je passe à coté, un jour, j’irais les saluer, c’est quand même dur de ne pas avoir de leurs nouvelles depuis quatre ans. J’espère que je ne me suis pas engagé pour arriver trop tard.

En tout cas, cette idée m’a donné assez de force pour lutter contre le courant et ne pas couler ou plutôt couler par intermittence… Enfin le pire était à l’arrivée, les fringues trempées et lourdes, j’ai été pris dans les rouleaux, j’ai eu du sable et des cailloux partout. J’ai maudis cette plage et cette falaise au travers de la brume. Les coquillages cassés par les oiseaux sont entrés sous mon pantalon et m’ont fait plein de coupures douloureuses avec le sel. Pas moyen de s’allonger ou s’asseoir pour écrire sans bouger toutes les cinq minutes. D’ici peu la nuit m’empêchera de t’écrire.

J’ai vu un capitaine qui en faisait beaucoup, pour la dernière fois.
On a passé un sale quart d’heure sur le découvert. On était plus assez nombreux. Même les anciens, les Rangers, étaient obligés de nous attendre.

Et puis le terrain était plein d’obstacles et saloperies. Mais j’ai toujours dans la poche ton porte bonheur, il m’a été très utile, il n’a pas quitté ma main à travers ma veste que je pressais et essorais pendant une longue partie de la matinée. Ces salauds de nazis se croyaient à la fête foraine. Et puis ce capitaine a crié : « : il n'y a que deux sortes de soldats sur cette plage, ceux qui sont m…s et ceux qui vont m….r, alors bougeons-nous de là ! » On s'est relevés comme on a pu et on a foncé, comme à l’exercice, sur la ligne de défense. Bloody beach !!!
Il avait raison le pitaine, les renforts, l’aviation et les chars sont arrivés. Dommage qu’il ne fût plus là pour le voir.

Si un jour quelqu'un me dit "Va en enfer, mec", je lui répondrais " Pas la peine, j’en reviens ".


Je me rends compte que je parle que de moi, alors que je pense à toi chaque jour. Renvoies moi une photo de toi, ça me ferait vraiment très plaisir, car malgré le sac en plastique étanche, les tiennes n’ont pas résisté à l’eau de mer .... Quelquefois des images me reviennent. Tu te rappelles quand on prenait la vieille Chevy de Pa, et qu'on partait tôt le dimanche matin, pour aller pique-niquer sous les grands sapins et pécher la truite dorée dans la vallée. Comment vont tes parents, la récolte des oranges a été bonne cette année ? J'espère que mes pieds de vignes n’ont pas de maladie, que les voisins s'en sont bien occupés et n’ont pas oublié les traitements. Ont-ils eu assez de sulfate de cuivre ?

Ici aussi, il y a beaucoup d'arbres, leurs formes me rappellent des pommiers, mais je n'en suis pas certain et je n’ai pas pu les approcher de près.

Après cette longue journée, cela me fait chaud au cœur de voir le sourire instantané des habitants dès qu'ils nous aperçoivent. Tout à l'heure une très vieille paysanne m'a pris dans ses bras, elle pleurait et riait en même temps, je ne comprenais rien à ce qu'elle me disait, sauf ce mot qui revenait tout le temps, « merci-merci ». Comme je ne savais pas quoi dire, j'ai partagé quelques unes de mes boîtes de corned-beef et de mes barres de chocolat L’emballage a résisté à l’eau, mais que c’est lourd à porter. Ici, ils font des fromages et boivent un alcool de pomme plus fort que notre whisky. J’en aurai besoin pour dormir.

Je te promets de t'envoyer des nouvelles, dès que je peux, ma Betty, mais s'il te plaît, écris-moi, tu me manques tellement, je voudrais tant te serrer dans mes bras. Je t'aime, mon bel amour.

Ton Joe


F…., Nuit du 6 au 7 juin 1944
"Le verre, on peut le briser.
Le fer, on peut le tordre.
Le bois on peut le bruler.
Et l'homme, que peut-on en faire avec la douleur ?"

Cette petite citation extraite du film de Schoehendorffer sur la pratique de la torture, peut s'étendre à tous les traumatisés des conflits, dont je fais partie.

Tu n'as pas été militaire, ni combattante, moi, j'ai eu une carte d'ancien combattant, sans pension ni invaldité, donc dans le metro je reste debout.... Et comme il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, j'ai évolué... je ne trimballe pas mes cartes beiges et girse et bleue avec moi tous les jours(non, je ne marche pas à 4 pattes, ni à trois d'ailleurs, évoluer ne veut pas dire forcément regresser...pour un militaire...) je me suis trouvé encore un peu jeune pour vivre en ancien...

Et j'ai remis les reves de gamins handicapés au placard. Etre militaire pour un cardiaque de naissance, c'est impossible alors réussir à s'engager c'est le ponpon, le baton de maréchal du potache, de celui qui ne pouvait pas être comme les autres.

La réalité est autre que ce que l'on voit dans les films.

Surtout parce que un jour, tu es avec une unité dans un train, puis un bateau et dans un autre pays et que tout celà se déroule comme dans une grande manoeuvre, et que l'usure de ces "sorties" crée une accoutumance et des habitudes pour s'organiser hors du quartier. (Chez les cavalos on parle de quartier et non de caserne...)
Et "l'aguerrissement" est tel que ce ne sont pas les changements de terrains de manoeuvres qui sont importants.

Ce qui compte, c'est le passage en première ligne, là où ta vie est en danger.

Avant c'est de la trouille de la peur de la peur, mais pas de la peur.

Surtout parce que les sens olfactifs ne sont pas présents en photos et en films.

L'utilisation des armes à feu en temps de guerre crée un ou plusieurs traumatismes que le médecin général Barrois a très bien étudié au cours de sa longue carrière. Avec beaucoup d'autres nous avons été il y a un peu plus de dix ans ses derniers "clients" réguliers. Merci à lui, ce gardien de vaches en montagne dont l'intelligence hors du commun a été decelé au cours des tests d'aptitude de l'armée...sinon il serait encore dans ses montagnes à garder ses troupeaux,et pas médecin...et nous fous à lier ou très déséquilibrés...

De quelle peur parles-tu ? Pas de la trouille qui détends les sphinc..les tripes et laisse les jambes comme une feuile de papier, incapable de te porter?

Je n'ai pas vu "Letters of Iwo Jima", je n'y étais pas non plus...

Juste pour te rappeller que la correspondances aux armées, que ce soit pour la France ou ce que j'en ai vu avec les maéricains à Daguet puis sous mandat Onu à Sarajevo sont très limitées et la carte peut ne pas arrriver si on cite un supérieur et une unité... C'est la raison pour laquelle beaucoup ont tenu des cahiers de campagne laissé dans leur malle pour les parents bien souvent. J'ai encore les miens. Mais je n'ai pas pu tout écrire.
Celui de sarjevo est même resté inachevé.

Me faire tirer dessus à bout pourtant et d'y survivre sans blessure ni impactt dans mon "kev" a certainement compté parmi les plus grandes émotions de ma vie. Je ne me suis jamais senti aussi vivant qu'à cet instant là. Mais après, quelle paralysie émotionnelle.

Plus rien ne me touchait. Je suis resté trois ans comme un bout de bois. Et encore, je crois que dans les premiers temps,le feu m'aurait brulé sans me faire mal.

C'est peut être celà l'enfer.

Alors donner une note entre le j'aime et j'aime pas...

Je vais te dire: j'aime tes comms et les lis tous sans réagir pour ne pas te froisser. J'aime la préparation et le sens du détail que tu cherches à mettre dans chacun.

Par contre, ce que je regrette, c'est que bien souvent, cette recherche du détail en plus, celui qui feras plus... t'éloignes de la sobriété de choses vraisemblables.

Je vais te faire un cadeau dans un prochain comm...C''est bien beau de critiquer, il faut aussi mouiller sa chemise. Je vais m'y mettre. (Sors tes flingues...)

Pour la note, tu préfères quoi ? 82 ou 101 ?

Portes toi bien !

- entre j'aime et j'aime pas, tu mettrais quoi comme note, juste par curiosité ?

- lettres : j'ai une collection de cartes postales de la 1ere guerre, mais aussi
des lettres de soldats non censurées. Connais-tu le film d'Eastwood,
""Letters of Iwo Jima" ? ce sont de vraies lettres.

- la peur : désolée j'ai des doutes .... question de point de vue. Chaque
soldat peut avoir des comportements différents, pas de règle dans
ce domaine. Comme tu le dis si bien tout est question de nuances. Et parfois moins rationnel qu'on peut l'imaginer, puisque nous n'avons pas été militaires ni toi, ni moi.
Joe passe par plusieurs étapes, la peur, la panique, mais aussi la
remotivation. Et il a la pudeur de ne pas tout dire à sa fiancée ...

Sinon c'est un tout jeune engagé dans ce texte, et il écrit ses états d'âme dans le moment, et à une personne qu'il aime, alors il se livre davantage.

Robert Capa était sur la plage d'Omaha parmi les soldats quand il a pris ses célèbres clichés. Je m'en suis inspirée pour ce texte. Je ne prétends aucunement être "historienne" encore une fois, mais juste rendre hommage et tenter de retranscrire des émotions.

Il y a au moins un argument que je partage avec toi, ta conclusion.


 27/05/08 à 14h04
Ben, je ne voterai pas, pour ne pas me faire engueuler encore une fois mais je n'accroche pas. Et j'accroche quand même...

J'accroche pas, parce que :

La censure ne donnait que des petites cartes postales ou cartes à écrire et toutes references à des lieux d'engagement, nom de navire ou d'unité ou de chef d'unité...pouvant renseigner l'ENI ou evenements pouvant troubler le moral de l'arrière était censuré.

C'était aussi vrai, pendant Desert Storm...enfin Daguet, la première guerre du Golfe ou aussi au "Hard Rock Café Sarajevo"... alors si je partage le point de vue du père de Cocodilapin, sur la sélection à l'envers, je vais fermer ma grande G...mon clavier...avant de rajouter que je n'ai jamais vu quelqu'un dire, sur le moment, "j'ai peur".

Après , hors contexte, avouer "j'ai eu peur"...on l'a tous reconnu au moins une fois, sauf ce qui n'y sont jamais allé....Le pire étant la peur d'avoir peur, celle qui vous fout par terre et vous fait perdre vos moyens. L'autre la bonne peur vous rend conscient et redoutable.

En bref, le texte serait vraisemblable dans un cahier de marche à renvoyer aux parents, genre "Le grand cirque" de Clostermann. Pas dans une lettre trop longue. Je publierai un jour une carte de mon grand père en 1916... pour comparer...

J'accroche et j'aime parce que:
L'image "ceux qui sont morts et ceux qui vont mourir" est très juste, c'est la seule raison qui pousse à mettre un pied devant l'autre. Quand on a accepté l'idée que sa mort n'est qu'une question de minutes, pourquoi attendre , autant vivre pleinement ce qui reste à vivre et faire ce pour quoi on est venu...

Dernier point:

On a pas froid même mouillé...lorsqu'on vous tire dessus, sauf quand on est touché...salement touché ou légèrment blessé, mais le lendemain.

La raison est la paralysie émotionelle induite par l'horreur et la peur, en fait du vide inné qui se crée, des sens physiques et émotionnels qui perdureront comme un traumatisme par la suite.

C'est le traumatisme le plus dur: insensible aux images de douleur et d'horrreur. Il faut beaucoup de temps pour réapprendre à pleurer, et cela passe par réapprendre à rire, le vrai rire, celui qui vous secoue les tripes et tout le corps pour arriver à abandonner cette paralysie émotive due au choc.

Il faut beaucoup de temps pour arriver à en parler, pour réapprendre à vivre auprès d'humains qui ne peuvent pas comprendre. Un peu comme ceux qui sont revenus des camps, un peu...

Pour avoir échangé avec des anciens qui avaient eu le sinistre privilège de connaitre les camps nazis, les guerres et les camps viet minh, et s'occupaient de notre réeducation psy, il y avait un peu de tout cela mais avec des nuances dans l'horreur.

La principale: celle de pouvoir ou non réagir et, comment dire "porter les armes"alors que l'interné dans un camps ne peut et ne doit que subir, cela explique le nombre de prisonnier morts sans blessure, sans torture, après le 7 mai 1954.
Et puis les autres différences que sont la torture physique mais surtout mentale exercé par les lavages de cerveau.

La guerre est la pire des choses qu'il soit donné à un être de vivre. Peut-on parler d'humain après avoir vécu celà? On ne peut souhaiter celà à personne!
il serait un homme bien comblé de voir tant d'amour autour de lui
autre souvenir, je crois que c'était en 2004, lors de l'anniversaire de cet évènement.

J'avais accompagné ma mère ce jour-là, très émue, car à l'époque, elle avait vu ce même défilé des alliés sur les Champs-Elysées.

En bout de défilé, un vétéran âgé de plus de 80 ans, bardé de médailles, et tenant avec dignité l'emblème de son régiment de parachutistes. Un rescapé de Ste mère l'Eglise.
Ce moment là est gravé dans ma mémoire à tout jamais.
 23/05/08 à 14h54
quel pseudo !

Merci à vous pour ... tout !
 23/05/08 à 12h02
Je vous souhaite un très joyeux anniversaire. Je forme des voeux pour que votre journée soit radieuse en tous points. Je n'ai pas accès à mon pseudonyme habituel à cause d'un problème technique et ne puis donc vous écrire en MP, mais le coeur y est.

@musicalement,

MysticMeg

P.S. : Votre commentaire est superbe, subtil et émouvant, comme toujours.
Monet a si bien sur la capter du côté des falaises d'Etretat si ma mémoire est bonne. Ces roches peintes à différentes heures du jour .....

Joliment évoqué Cata, merci Enora de ton passage.
 22/05/08 à 09h49
vécu à Caen de 11 à 22 ans. .. .Ouistreham, St aubin sur mer ...
S'y baigner, difficile de ne pas penser
Réclamer les "guiguis" sucrées à déchirer avec les dents au fil des pas de la promenade du soir Innocence de l'enfance. .Et pourtant
Arromanches. . enlever les pontons de béton ?
Ces cimetières aux croix blanches à tant de détours de chemins !
Cette histoire parfois si pesante quand tous les jours le regard s'y pose tout simplement parce qu'elle est là
Cette Normandie où la lumière et le sable ont toujours une lumière auréolée de gris cendre

(la lettre hein, je précise) eh bien je ne l'ai pas retrouvée sur google, mais je ne suis ptet pas expert. elle est en tout cas exposée au musée de utah. Il ne faut pas la confondre avec le "message aux jeunes americains", texte plus connu, et trouvable, lui.
Enfin, faire une recherche sur st ex ça permet toujours de redécouvrir ce talentueux et émouvant écrivain.
Ce coup là, on a raté la visite d'omaha, mais un jour, i will be back.
putain de plage.
je connais bien la côte normande de ce côté-là, et comment ne pas avoir des frissons lorsque l'on aperçoit le cimetière de Colleville-Montgomery ....

Je ne suis pas normande, mais il m'arrive aussi d'avoir les yeux humides quand je regarde la mer ......

de ce jour-là. Brian, toi tu es mon G.I préféré, j'irais jusqu'à chanter pour toi en Corée
 21/05/08 à 13h19
pour tout dire deux semaines... j'étais (d'ailleurs en charmante compagnie (non, pas la septième) mais ceci est une autre histoire, hihi je ne voudrais pas m'éloigner du sujet) à ste mère l'église. la région est encore completement impregnée du souvenir du 6 juin, c'est assez hallucinant. dans ce coin là, ce sont les paras qui ont vécu l'enfer, sur la plage c'était beaucoup plus calme, rien à voir avec bloody omaha. d'ailleurs quand on voit utah, on comprend bien que c'était nettement plus facile, c'est tout plat, très morne, peu de positions défensives...
en revanche à l'interieur des terres, près du marais du merderet où tant de gars se sont noyés, ça a été terrible. les combats pour les petits ponts, en particulier celui de la ferme de la Fière furent parmi les plus furieux. en voyant cette chaussée à découvert, ces rives à peine protégées, par ailleurs sous un ciel très bas ce jour là, on tente bien d'imaginer ce que c'était que de se prendre la mitraille pour une petite route, un buisson, une maison, ou un pont de 5 mètres...mais c'est encore en dessous de la réalité.
c'était des sacrés mecs quand même, tout tremblants de froid et de peur qu'ils étaient.
les gens du coin ont encore des larmes dans les yeux quand ils en parlent.

et à propos de lettre, il y a en a une, de saint exupery, exposée au musée de utah beach, très belle, adressée aux américains, écrite lors de sa traversée de l'atlantique dans un convoi US en direction de l'angleterre, qu'il faut absolument lire. Elle est d'une etonnante vision, juste, chaleureuse, et en même temps très anticipatrice de ce qui va arriver après la guerre.
St exupery remercie pour les americains parce qu'ils se battent pour une cause nécessaire, mais il évoque aussi l'avenir, où une telle puissance pourrait être dévoyée vers des objectifs moins beaux et moins universels.
c'est un texte très impressionnant.
 21/05/08 à 12h52
ça t'arrive de faire autre chose que laisser suinter ta bile ? Si tu as des calculs, je te suggère les chiottes.
jour le plus long d'une trop courte vie...
 21/05/08 à 12h43

cette histoire, certes "romancée" contient des éléments qui ont un rapport avec ce qui s'est passé dans ma famille à cette époque-là ....
"La guerre est une sélection à l'envers : Les meilleurs y restent, et après on entend discourir ceux qui étaient restés planqués"
 21/05/08 à 12h30

je crois qu'on est branché sur la même antenne.

Aubord, parfois on peut se battre pour défendre des populations ou la liberté.

Dans tous les évènements de l'histoire, se souvenir qu'il y a des humains.

ou pour plus rien.
Les alliés envahissaient l'Allemagne et la poche de Royan résistait encore.
Terrible...................
 21/05/08 à 00h31
Eniii
je tente une définition : "histoirienne = habitante de l'Histoire"

ça me plaît
du moment qu'on ne me dit pas que j'ai raccourci le jour le plus long )
Je ne peux imaginer la personne qui reçoit cette lettre entre l'euphorie et la douleur...

hummmm... de l'horreur naît parfois des sensations incroyables, entre le bonheur, la candeur, la folie, le courage et peut-être même l'amour...

Merci Grenade
:°)
Les images défilent, elles sont fortes même si elles sont connues. Issue d'une génération sans guerre, j'aurais presque envie de le remercier a posteriori ce Joe. Dommage qu'aux E-U il n'y ait pas que des Joe, y'a aussi des Georges...
ceux qui sont forts et ceux qui vont fou-rire, alors bougeons-nous de là


Jim
 20/05/08 à 23h28
PaulTergeist
 20/05/08 à 23h12
PaulTergeist