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Superlouise, incital et captagon
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Louise a gardé son jean pour aller à l'enterrement de sa grand-mère. Elle porte la voix des chers disparus au fond de son coeur, et s'avise de nous raconter non pas une, mais des histoires d'amour et de deuil. Avec violence et lucidité. Ariane et Solal sont rectifiés au passage - cela tombe bien, j'ai toujours pensé que Belle du Seigneur était le plus cynique des romans. (1)

A trente ans Justine Lévy s'essaie à son tour à la dissection amoureuse, sans en avoir tous les instruments, de façon un peu répétitive parfois, comme ces courtes phrases assénées en fin de chapitres... Néanmoins j'aime cette écriture nerveuse, rongée aux ongles, rognée, cuticules arrachées du bout des dents.

Dès le début du roman on éprouve une sensation de vertige, arrivé au bord du précipice on veut y croire, s'envoler tel un phoenix, brûler au soleil et renaître de ses cendres, encore, et encore, encore un xanax... encore un verre... se brise en mille morceaux, rappelle toi ces longs cheveux soyeux au doux parfum d'enfance et de miel...

- "Ce ne sont pas mes cheveux, Minou."
Sourire contraint. Chimio mio amor.
- "Qu'est-ce que tu racontes ?"
Vous croyez avoir cerné le sujet, il se dérobe.
- "Je me suis servie de la maladie de maman pour blanchir un sale chagrin d'amour."

Débrouille toi avec ça, cher lecteur.



Je veux bien l'aider, Louise, l'épauler, la relever, mais faut que tu la respectes Adrien (2), toute cette merde que tu traînes derrière toi, tout ça pour une traînée, ah ah, tu vois, on peut rire de tout, mais laisse la tranquille, t'auras beau frotter limer, c'est indélébile. T'as pas assez détruit ? Va t'illusionner ailleurs, lesté de certitudes, à te pavaner devant ton miroir.

Quant à toi, Superlouise, repose ce cocktail d'amphets, toutes ces saloperies qui ne te rendront jamais invulnérables, des plaquettes entières au fond des yeux, quitte ce déguisement, je te cause Louise, "c'est quoi un déguisement s'il n'y a personne en dessous ?"
Allez, t'a cru mourir ?

Les enterrements sont parfois suivis d'une sorte de réunion de famille et d'amis, "c'est pas fête le terme exact, je ne sais pas quel est le terme exact".

Moi non plus Louise je ne sais pas.

Rien de grave - une histoire de résurrection.


* * *


(1) Cohen y est impitoyable avec ses créatures. Solal, grand prince séducteur, ne se fait aucune illusion sur ses conquêtes quand il déclare sa flamme, prémices pourries, le ver a déjà envahi le fruit, Blette du Seigneur.

(2) Comme Adrien Deume ? un autre clin d'oeil à Cohen - pour Louise tous les maris s'appellent Adrien...


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de ne pas lire ce livre qu'on m'avait offert . L'histoire ne m'attirait pas...il profitera à une personne qui fréquente emmaus (!)
 10/02/06 à 09h29
je n'étais pourtant pas dans le Larzac à l'époque, mais ce devait être tout comme car je n'ai rien su de ce tapage médiatique, et tant mieux ! le livre vient de sortir en poche, je l'ai lu en ignorant le contexte que je viens d'apprendre (merci google), et c'est marrant je ne retrouve pas l'histoire "réelle" dans le roman, même si l'auteur reconnaît l'inspiration autobiographique (oserai-je dire comme Duras ?) il y a travail d'écrivain et d'écriture... effectivement on sent qu'il sera difficile à la demoiselle de réitérer l'exercice pour faire une oeuvre de longue haleine, mais elle s'en sort pas mal du tout