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Points de côté
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catégorie : tranche de vie
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Dans la catégorie tranche de vie, un film magnifique avec Tim....
Heu non, pardon, reprenons.

Frigorifiée et repensant à quelques récentes conversations, ma petite tête de linotte était en train de se demander "mais au fait, c'est quoi un point commun" ?


Cette question toute bête, les créateurs chéris et adorés de ce site ont du se la poser, avant que d'établir un lien logique, certifié, entre point commun et affinité sentimentale.
Deux ou trois expériences me font pourtant douter du caractère implacable et universel de cette logique.


La première avait Paris pour cadre. J'y vivais avec un ancien compagnon, pseudo dessinateur de BD, proche de l'Association, et qui me fit découvrir quelques réunions où se regroupaient les véloces du crayon amateurs de bulles.

Se réunir semblait faire partie de leur jouissance, en quelques sortes. C'était comme ces repas religieux, avec des règles, des habitudes qui avaient été prises et suivies sans même s'en rendre compte.

Ils avaient les mêmes auteurs en tête, s'extasiaient devant les mêmes petites cases noires, attendaient la sortie du même album, et malgré les divergences sur d'autres traits de personnalité, tous semblaient ne faire plus qu'un.

Ce sentiment de communauté faisait chaud au coeur, même si je m'en trouvais totalement exclue. Il faut dire que mon désintérêt pour leur art était sans doute trop évident et donc fatal.

C'était un peu comme lorsque petite, des copines de classe faisaient une séance de spiritisme, et que l'une d'elles s'était écriée "quelqu'un n'y croit pas ! Je le sens, ça crée des mauvaises ondes' et que toutes s'étaient d'un seul mouvement tournée vers moi.


Bah... désolée pour le message de mère grand, ce sera pour la prochaine fois.


Mais revenons-en à nos dessinateurs. Leur point commun instaurait une logique groupale.
Mais le partage de tels points communs suffit-il à des logiques plus intimes ? Certes non, même si on voudrait bien le croire et que l'on aurait tendance à l'affirmer spontanément.


Pourtant, seconde expérience, ayant un jour rencontré un jeune homme qui avait, au titre près, exactement les mêmes morceaux de musique, avait vu les mêmes films, aimait les mêmes peintres, et chose extraordinaire autant qu'inattendue, était également diabétique, le bide fut total.
L'immensité du foirage dans toute sa splendeur.
Comme une ilienne, j'avais beau me retourner en tout sens, je ne découvrais rien d'autre qu'un horizon de vide.


Alors, faut-il vivre à deux comme on vit en groupalités ?
Faut-il s'associer plutôt que s'aimer ?
La question mérite d'être posée. Mais même au sein de groupes unis, imaginez la vie intime entre un adepte de la philosophie kantienne, et une spécialiste d'Hegel.
La fracture mettra du temps à se faire sentir mais une fois apparue, il y a de fortes chances pour qu'elle prenne le pas sur toutes les affinités existantes.

Les points communs, en somme, ça attire et ça fait adhérer tel un "post-it" rapidement, mais très vite par en-dessous, ça creuse le vide !


Du temps de mes années dévolues à la théorie, j'aurais pensé que ce ne sont pas les points "positivement" communs qui nous rassemblent, mais à l'inverse les points "négativement" communs.
En somme, on se réunit par nos vides, plus que par nos pleins.
On se rencontre les uns les autres, à la manière dont les doigts des mains se croisent : chacun étant tenu du vide et par le vide de l'autre.


Mais non, ce n'est pas ça non plus puisque le couple crée sa propre force de vie, sa propre machinerie. Il n'y a donc pas que des "-" et des "+" qui se rencontrent et s'apaisent, il y a aussi autre chose.

Mais jusqu'où ce qui est commun peut-il servir de liant, de ciment, de conducteur, et jusqu'où ce que l'autre ne partage pas sert-il d'isolant ?

Faut-il garder son isolation pour éviter d'attraper une insolation à la lumière du conjoint ?

Faut-il à l'inverse s'ouvrir pétale par pétale jusqu'à ne plus avoir qu'une faible tige comme cercle de son intimité ?
Où la juste mesure, quel est le juste milieu ?


Lorsqu'une personne dit avoir un point commun avec soi, la manière dont ce point s'organise dans sa vie lui est propre.
Et donc, c'est peut-être plus par esprit d'organisation des choses - les choses dites de la vie, l'organisation de la pensée, de la parole - que les gens se trouvent, se re-trouvent, s'aimantent ou se dépôlarisent.
Mais cette organisation, ce n'est pas un signe extérieur donné clés en main.

Et peut-être que la recherche de points communs va avec l'idée que l'un ayant vécu des choses similaires à l'autre ou partageant un même goût, ils seront susceptibles de se comprendre. Ce qui évidemment est perdu d'avance. Donc le point commun, c'est déjà un point de communication à venir, et non pas déjà là.
Le point commun n'est rien d'autre qu'une formulation future.



Sur ce, bon week end à tout le monde,
Sarah
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Voici les 27 dernières réactions à ce commentaire
 Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
 19/11/07 à 08h22
Arbaces
de derrière ses cheveux !
 19/11/07 à 00h33
vidépleins
je ne parlerais pas en ce qui concerne le couple de vides ou/et de pleins , mais de relation fusionnelle ou pas . Car même avec des" points communs" comme il a été dit, on les vit de façons différentes .

Je pense qu'un bon équilibre se situe entre un peu de fusionnel de temps en temps ( le temps de l'illision), et le temps de l'indépendance et de la différenciation , au total celui de l'échange et du partage .

Ceci dit Sarah , tu parles toujours de choses interessantes, analysées de façon originale.
Les points fermés, les points vitaux
Les points sur les i, les cardinaux
Les terminus, point à la ligne
Les points de suspension de Céline
Les poings du boxeur dans son coin
Et puis l'arbitre qui compte les points
Les points de ton corps où j'appuie
Quand ça t'fait mal ou quand tu jouis

J'en finis plus
D'compter les points
Point point point

Le premier bon point à l'école
Et les mauvais baignant dans la colle
Ceux qu'on découpe en pointillé
Et là-haut ceux qu'on voit scintiller
Les points chinois d'l'acupuncture
Les poings sur la gueule, les points d'suture
Et le plus fort, le point sensible
Comme une flèche au cœur de la cible

J'en finis plus
D'compter les points
Point point poiont

Sans oublier tous les points noirs
Que tes belles mains me pressurent
Ni le point de vue de clébard
Que j'ai quand passe ta cambrure
Les points de rupture, certains soirs
Un point c'est tout, adieu, c'est marre
Le petit point à l'horizon
A l'horizon du verbe poindre
On ferait tout pour le rejoindre
A point nommé, point d'Alençon
Les points y en a trop, y en a tant
Ne forçons point notre talent

Finissons-en
D'compter les points
Point point point

Les poings fermés, les points vitaux
Les points sur les i, les cardinaux
Les terminus, point à la ligne
Les points de suspension de Céline
Les poings du boxeur dans son coin
Et puis l'arbitre qui comptre les points
Il n'y a qu'un point ou tout est clair
C'est le point obscur de notre affaire

C'est le point mort
Point capital
Point final
que ce qu'on déteste nous rassemble davantage que ce qu'on aime.

(c'était ma réflexion inutile du dimanche matin)
 18/11/07 à 09h59
Arbaces
nos vides ou nos valeurs, ne nous définissons- nous pas par nos contradictions ?

j'aime par- dessus tout ma liberté et ma solitude, j'aime par- dessus tout le bonheur des gens que j'aime, j'aime la profusion, l'excès, j'aime l'ascèse, le silence, j'aime l'innocence et l'intelligence, j'aime le tout et le détail, le fugitif et l'éternel.
 18/11/07 à 02h57
des sujets qui donnent à réfléchir...
comme toute "groupalité"... au début on tourne autour de ces points "fédérateurs" et puis...on s'essoufle...on se fatigue d'être semblables comme l'on se fatigue d'être différents..
Je ne nous vois pas avec des pleins ou des vides mais avec des valeurs différentes, acquises ou construites.
Plus que des goûts communs je crois à ces valeurs communes, non ? qui ne se traduisent pas nécessairement par des goûts similaires.
Ces valeurs qui sont nos moteurs inconscients...qu'est ce qui nous fait bouger ?...ou qu'est ce qui nous fait reculer ? : justice, famille, indépendance, individualité, amitié, travail, compétition, gagnant-gagnant...
..qu'est ce que l'on met en tête de nos listes comme étant "importants" (sincèrement)...
Encore une phrase juste. Les 2 ne vont pas souvent ensemble malheureusement. Et je me pose encore assez souvent la question.
Merci en tout les cas pour vos coms toujours aussi enrichissants.
 18/11/07 à 00h01
dans celui de l'autre, plutôt. Et les recevoir comme tels. Sans s'entredévorer.
 17/11/07 à 23h39
partager du vide?
 17/11/07 à 23h35
Arbaces
à point, tout rôti et fumant, persillé juste ce qu'il faut... Quelques carottes, un ognon, deux poivrons, et c'est parti.
Là au moins, le point commun sera total, puisqu'il sera ingéré.

Ah le retour aux fantasmes fondamentaux, y a que ça de vrai !
 17/11/07 à 23h12

pas d'échappatoire, même sans point commun il reste encore points communs.

 17/11/07 à 23h11
 17/11/07 à 23h10
Arbaces
Le vide est espace, espace vital, espace des possibles, liberté de devenir ...
garder à l'esprit la manière dont fonctionne le trou noir, au sens aérospatial.
C'est quelque chose qui attire la matière et la bouffe totalement.

Je crois que chercher la rencontre, c'est presque une tentation au cannibalisme mental, d'un certaine façon. Car affamé par son propre vide, on va chercher à ingérer celui de l'autre, dans l'espoir qu'il comblera notre appétit...

Heu....
mais ce ne peut être qu'un petit encas,
vive la grande bouffe !

Désolée, je suis d'humeur loufoque ce soir...


des bâtisseurs de rêves.
 17/11/07 à 22h52
Arbaces
pour préserver notre vide, et non pour le combler ?
le réseau de paroles, d'extériorisations en tout genre.
Alors finalement, le point commun, ce serait une unité de parure.
Ce qui expliquerait qu'il ne tienne pas le coup bien longtemps...
Oui, très juste. Seulement, les vides ne se voient pas d'emblée: ils sont effectivement invisibles ou pas regardables.Le point commun est un vêtement ou une boîte Tupperware, au choix.
 17/11/07 à 22h32
aussi interessant sur pcc!
je pense qu'il faut avoir des points communs pour se comprendre, mais surtout pour partager des emotions, mais je me trompe peut-etre..;
 17/11/07 à 22h27
 17/11/07 à 22h18
qui se rejoignent à l'infini, belle perspective ?