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Et la femme bordel ?.. le rire, le propre de l'homme
 Et la femme bordel ?.. le rire, le propre de l'homme
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catégorie : chronique
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Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais, en général on ne rit pas des mêmes choses, et pas de la même manière, nous les filles, et eux, les garçons.... ou nous les femmes (parce que fille, en ce qui me concerne, c'est un peu décalé dans le temps ! :) ) et eux, les hommes ?!

Même là il y aurait un phénomène hormonal ? ... Je ne le crois pas, mais culturel, « sociétal », historique…c’est sûr !

Dès l'instant où l'on appartient clairement à l'un de ces clans sexué, on n'a pas le même référenciel. Je n'ai pas fait d'études sur le rire homosexuel.. mais j'imagine que selon le bord "choisi" ou prédéterminé par mille raisons, on retrouve le rire fille et le rire garçon...quand j’écris « le rire » ça englobe la façon physique de rire (discret, bruyant…gorge déployée.. grimaces…) et la raison du rire.

Cela date des années 1970 l’arrivée des auteures de pièces ou de sketches, de BD, les actrices, qui font rire au féminin. Parce qu'elles sont le maître de leur auto dérision ou de leur discours sur les autres, vus de leur regard de femmes, les mecs, les enfants, la famille, le travail, l'amour, le temps qui passe.... passés dans un autre tamis, une autre sensibilité.

Au fur et à mesure des années, elles osent montrer ce qu'elles sont, sortir des idées reçues, casser les images... de la "femme dans toute l'acception du terme" (je ne sais pas ce que cela veut dire, mais un homme peut vous faire ce compliment...à manipuler avec précaution, en attente des sous-titres...)

Depuis la nuit des temps le "faire rire" était un domaine quasi exclusivement masculin. Une femme, occupée à être maman ou putain ou princesse ou sainte ne pouvait prétendre faire rire "de ça" ! un peu de respect tout de même. Et encore moins s'attaquer à faire rire du clan masculin... pas de blagues sur les blonds !... sauf depuis Gad El Maleh.

Des premières pièces antiques au XIXème siècle, dans le monde, l'humour était pratiqué par les hommes.

Les femmes sont des petites nouvelles dans cet univers et c'est jouissif. Elles ont pu écrire et s'exprimer sur mille sujets, mais avant le XXème, deux univers leur étaient étrangers, sur la place publique, la philosophie et le rire ! D'ailleurs, citez moi une philosophe ?? hein ? je suis sourde !

J’aime Desproges, Coluche, Jean Yann, Francis Blanche et ? …., Serault, Guy Bedos.. Gad el Maleh…Omar et Fred ! Je souris à l’humour machiste de Sacha Guitry.. qui avait trouvé une compagne de son envergure : « Madame quand vous serez morte, on dira, enfin froide – vous monsieur quand vous serez mort, on pourra dire, enfin raide ! ), m’amuse des bons mots des auteurs anglais…..mais enfin des filles ! …

Bien sûr que dans cet univers du rire provoqué par les femmes il y a de tout, des bonnes et des moins bonnes, des qui n’arrivent pas à se rendre indépendantes et plagient les hommes, des niaises, des vulgaires (non, ça je l’ai déjà dit, c’est celles qui plagient… sourire..).

La première femme qui m’ait fait rire aux éclats. Même si elle n’est pas l’auteur de ses textes.. elle n’en est pas moins époustouflante dans son interprétation déjantée… une référence….et alors…et alors ?... Jacqueline Maillan ! Oui, oui, j’adôôôre. Si délirante, qui n’avait peur de rien et qui restait classe et attendrissante dans les accoutrements et les rôles les plus ridicules. Moi, je suis inconditionnelle !

Mes femmes drôles, dans le désordre et pas exhaustif : Valérie Lemercier, Sylvie Jolie, Zouc (à la limite du rire et des larmes !) Macha Makéïef (les Deschiens), Florence Foresti, et plus récemment, la géniale Julie Ferrier !!!!! Vous connaissez…. Que du délire….. :)

Dans la BD aussi, les femmes ont du mal à faire leur place.

Longue citation…. Je préviens le lecteur… ce n’est pas de moi… mais c’est exactement mon propos chiant du jour… le rire au féminin ! :)) :

« La BD humoristique se féminise à peine : “Non, il n’y a pas un humour féminin, mais, forcément, on dessine bien ce que l’on connaît le mieux”, explique Florence Cestac, la seule femme avec Claire Bretécher à avoir reçu pour sa carrière le Grand Prix du Festival d’Angoulême, qui fait référence en France dans le domaine de la bande dessinée. Elle a donné beaucoup d’elle-même en 1996 avec l’album Le Démon de midi, récit de la rupture conjugale d’une quadragénaire, à la fois hilarant et juste... BD-phénomène, elle a été adaptée en one-woman-show, un succès en France comme en Allemagne, et sera bientôt portée à l’écran ! “Les femmes lisent peu de BD, et puis elles n’ont pas d’humour”, plaisante Florence Cestac. “Mais là, j’ai séduit des lectrices en racontant sur le mode comique la banalité de l’usure du couple”. Dans cette veine, d’autres dessinatrices parlent au second degré du quotidien, mais, comme le constate l’auteure de Couscous sardine, la Marseillaise Caroline Sury : “Les éditeurs nous adorent comme illustratrices de livres pour la jeunesse, mais nous regardent de travers dès qu’on se lâche...” Les hommes manqueraient-ils de sens de l’autodérision ? »

« Longtemps l’apanage des hommes, rire ou - pire - faire rire était considéré comme contraire à la féminité. Sur la trace de pionnières, une génération de comiques françaises s’est affranchie de l’impératif de plaire et s’est emparée de ce mode d’expression puissant et subversif. Afin de gagner le droit de rire et de faire rire... de tout.

Un pouvoir masculin - Le droit à “la grande rigolade” - Autodérision et critique sociale
Jusqu’à une période relativement récente, les figures féminines comiques étaient absentes du paysage culturel européen. Sans doute parce que le rire, ce petit séisme qui défigure le visage et révélait des bouches édentées jusqu’à la fin du XIXe siècle*, offensait les canons de la beauté. Ensuite parce que, venu des entrailles, le rire contrevenait à la pudeur et à la bienséance. Enfin, parce que l’hilarité est incontrôlable et que l’hystérie, maladie longtemps réputée féminine, guette.

Depuis L’Art d’aimer d’Ovide jusqu’aux ouvrages de savoir-vivre du XIXe siècle, en passant par les traités de cosmétiques des XVIe et XVIIe siècles, le rire féminin a été placé sous haute surveillance : la peintre Elisabeth Vigée-Lebrun cause un petit scandale à Versailles parce qu’elle s’est représentée, sa fille sur les genoux, en train de rire en montrant ses dents ! Non seulement le rire est indécent, mais il exprime une forme de supériorité en pointant tout ce qui est laid, ridicule, cru et sale. Faire rire est un pouvoir masculin. Si le mystérieux sourire de la séduction, bouche fermée à la Mona Lisa, embellit la femme, le rire qui transgresse, le rire de l’esprit fort, appartient, dans nos représentations, à l’homme - ou au diable.

Exception faite des soubrettes de comédie dont la parole “pour de rire” revendique un savoureux bon sens populaire, il faut attendre, en France, les cafés-concerts et les music-halls de la seconde moitié du XIXe siècle pour que de fortes personnalités osent passer outre les règles de bienséance. Des artistes comme Yvette Guilbert (immortalisée par Toulouse-Lautrec), délibérément disgracieuses, chantent des chansons comiques sans craindre de choquer. Dans une langue truculente, avec des contorsions et des grimaces, elles se moquent des préjugés, mais leurs textes sont le plus souvent écrits par des hommes et elles reprennent les personnages stéréotypés de la misogynie classique - la coquette, la mégère, la virago, la vieille fille frustrée, la mère abusive.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, des comédiennes comme Micheline Dax, Jacqueline Maillan puis Maria Pacôme s’approprient à leur tour, au théâtre ou au cinéma, les ressorts du rire masculin et renouvellent, par leur verve, les vieilles recettes des comédies de boulevard autour des déboires conjugaux ; c’est le cadre de la formule du “duo”, au sein du couple, que ces actrices vont pouvoir trouver leur voix et percer. .

A l’inverse, les reines modernes du rire, qui doivent leur succès à la grande avancée du féminisme des années 1970 et à la renaissance du sketch comique dans les cafés-théâtres, refusent les tabous pluriséculaires et revendiquent le droit à “la grande rigolade” (selon l’expression de l’écrivaine Benoîte Groult), c’est-à-dire le droit de rire de tout : politique, rapports sociaux, vie conjugale, hommes, famille, amour, bêtise humaine.

Sur scène, Marianne Sergent, Zouc, Sylvie Joly, les Jeanne, pour la première génération, puis, dans les années 1980-1990, Muriel Robin, les Vamps, Anne Roumanoff, Valérie Lemercier, Michèle Laroque, et bien d’autres encore, renoncent à leurs atouts millénaires mais aliénants - beauté, charme, séduction, sentiment - avec la volonté de dire le monde du point de vue des femmes, et plus généralement de celui des laissés-pour-compte. Tout en raillant sans ménagement les faiblesses des hommes, elles triomphent sur le registre plus fin de l’autodérision.

La dérision s’exerce d’abord sur leur corps, un corps soumis aux régimes amaigrissants et au supplice des esthéticiennes pour répondre aux impératifs de beauté des magazines, trahissant une peur consubstantielle d’être incapable de plaire. Prenant le contre-pied de la femme fatale, elles s’enlaidissent par les attifements, les grimaces, les gestes heurtés, les poses ridicules, en faisant de leur corps l’instrument du rire au service de la comédie humaine.

Zouc, avec sa face lunaire, boudine ses formes dans une robe hyperserrée ; Muriel Robin n’hésite pas à arborer une belle moustache postiche ; Yolande Moreau - la comédienne clownesque des spectacles des Deschiens (de Macha Makeïeff et de Jérôme Deschamps) - s’affuble d’une jupe trop courte qui pendouille, boit au goulot de la bouteille et cherche une puce dans son corsage, qu’elle pulvérise à l’insecticide !

On rit joyeusement lorsque les Vamps - deux vieilles campagnardes interprétées par des femmes de trente ans à l’identité longtemps cachée, l’une avec une carrure masculine et protectrice, l’autre frêle et rêveuse -, ajustent leurs blouses à fleurs et leurs fichus en susurrant le même refrain à leur voisine : “Vous avez forci.”

Les rêveries de la midinette et les désillusions du grand amour idéalisé par les romans-photos se prêtent également à une caricature acide. La grande Sylvie Joly campe l’univers d’une fleur bleue engluée dans la sujétion amoureuse et les déboires causées par la recherche de l’homme idéal. Le mariage n’est pas le happy end promis : le mari n’est plus un amant et la vie quotidienne est saturée de tâches matérielles. Le thème des enfants, également inépuisable, est marqué de déceptions : criards, insatiables, collants ou délinquants en puissance, ils sont là pour cristalliser l’éternelle culpabilité de mères écartelées entre les devoirs domestiques et leur vie professionnelle.

Une des créations les plus poignantes sur l’enfance revient à Zouc qui est capable de jouer d’une façon troublante un bébé en train de sucer son pouce et de couiner dans son berceau, ou de rentrer dans la peau d’une petite fille de cinq ans dans toute la splendeur de la rouerie enfantine ou le drame de l’incompréhension adulte-enfant, qui condamne souvent ce dernier au silence. La critique, ici, déborde largement la satire sociale en touchant aux zones intimes de l’être.

De la sexualité, les femmes humoristes parlent constamment, de façon discrète ou très directe. La Lucienne des Vamps s’interroge sur la féminité : “Est-ce que je l’aurai, moi, la ménopause, vu que j’ai jamais servi ?” Michèle Bernier ironise sur les instincts du “mâle humain” de quarante ans qui quitte sa femme pour une petite jeune. La frigidité est évoquée avec drôlerie dans un sketch d’Anne Roumanoff qui fait dialoguer deux femmes à propos des préservatifs : “On m’a quand même dit que c’était moins agréable de... avec un... - Mais non, au contraire : on sent rien !” Valérie Lemercier explore les bas-fonds des vies féminines avec la suicidée au produit de vaisselle, la multiviolée ou l’ado droguée.

Le célibat serait-il alors la situation la plus confortable pour la femme postmoderne, libre sexuellement et indépendante ? Muriel Robin feint de le croire pour mieux faire ressortir l’épaisseur de la solitude d’une “vie privée... privée de tout”.

Le langage est souvent cru, le geste burlesque, mais toutes transfigurent la laideur par leur drôlerie et la tristesse par leur humanité. Le rapport des femmes à leur corps - douloureux, encombrant, ridicule ou inutile - métaphorise plus largement l’anxiété de tous les êtres humains condamnés à vieillir et à perdre leur séduction. Par-delà la condition propre aux femmes et leurs légitimes revendications pour exister en dehors des attentes de l’autre sexe, l’autodérision s’attaque aux préjugés d’une société qui étiquette les identités d’après les apparences ».
(Sabine Melchior-Bonnet, chercheuse au Collège de France!) ….

Du sérieux comme référence !

Fin de citation. Allez, je sais que vous pardonnerez ce long « entre guillemets »… c’est tellement passionnant ! … Et vous savez que par ailleurs je peux écrire des trucs pas cons du tout, avec ma prose à moi, si vivante…  Non ? tant pis…

Aussitôt que ce commentaire voudra bien s’afficher… je vous colle les liens qui me plaisent bien, pour illustrer ce propos au carrefour de tout ce qui peut rendre une femme enfin libre.. cette entrée qu’elles s’autorisent dans la dernière chasse gardée masculine le RIRE.

Que je l’écrive d’une façon si chiante ne devrait pas vous décourager…et le but n’était pas d’écrire un sketche.

Jusqu’alors le rire était le propre de l’homme (avec un petit, petit, petit h)… bordel… femmes unissons nous, avec tous les mecs biens qui existent (il y en a tout plein) … pour… rire à gorge déployée dans tous les sens du terme (voir Sylvie Ferrier )

Et je trouve que c’est un exploit un peu minable, mais quand même, d’écrire un commentaire aussi rasoir sur le rire !


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Voici les 27 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
 27/08/08 à 11h13
samajeste
pour l'homme et sa géographie..mentale..
quelle plaidoirie..et quels arguments..
bravo et merci.
depuis un bail.
Sérieux : vous nous livrez un bel historique de la place des femmes dans le "faire rire". Si elles étaient longtemps dans l'ombre, elles se sont bien rattrapées depuis. Ma préférée : Anne Roumanoff que vous citez d'ailleurs.

Et puis au XVIIème siècle, grâce à Jean-Basptiste Poquelin, alias Molière pour les intimes a su faire rire une femme : Nicole et son fou rire dans le Bourgeois Gentilhomme.

Les adolescentes ricanent entre elles alors qu'elles découvrent la sexualité des adultes. C'est vrai, le rire est rare, homme ou femme confondus.

Pour moi, mon plus beau souvenir de rire aux éclats, c'est mon père regardant des films de Chaplin. Un bel hommage à la vie
 14/08/08 à 01h59
mais je suis une instinctive .. si je prenais la peine de travailler mes commentaires, tu verrrais ce que tu verrais....
était de parler sans jamais s'arrêter!
pas taper pas taper
Cé vrai koi. On dirait pas que cé si récent l'humour au féminin : y'a déjà tellement de traces indélébiles dans nos mémoires à plier de rire.

Bz
 13/08/08 à 16h47
 13/08/08 à 15h44
 13/08/08 à 15h21
oui elle est excellente !
et florence foresti
et valérie, et michèle

merci pour la BD oceano
J'aime beaucoup
quant à un sexe féminin, mais est-ce vraiment important, ah merde encore une petite fourmi, gentille la petite fourmi hum je vas ... l'écraser!
de façon réjouissante et décomplexée, un bonheur à lire...
http://www.lesimpressionsnouvelles.com/fraise_et_chocolat.htm
 13/08/08 à 13h11
Pauline44
en numéro deux de la sécu, nous avons notre aura de douleur d'accouchement, que met de la gène dans le plaisir, d'être xx ou yx, et puis les homme ne parvenant pas a nous dérider, decident que décidément, il nous faudrait en peine a rire, nous derider du fessier..;seul recours! a ce qu'il semble...a un absolu mensonge sur une égalité de bonne conscience, mise au programme des parités...perssonelement ni le catch, ni la politique ne me donnent a me marrer...je ne crois pas a nos égalité et la complémentarite si elle est juste d'emboitements, me laissent un peu sur ma faim d'anorexique de l'amour, me méfier..;d'où le fait de ne pas vraiment rigoler..;restent des pionières, le miracle...la force des amitiés mais pas trop fort , j'ai plutot l'humour détaché, en solitaire, l'humour anglais...merci pour la belle formulation, propre de l'homme! Saleté de bonne femme...en signature.L'historique m'a informé, pas vraiment rassurée.
 13/08/08 à 12h05
que dire de la femme à barbe ? excuses pour le lien, pas génial...

http://www.youtube.com/watch?v=2mad26LqFIg