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Les bobos calaisiens
 Les bobos calaisiens
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catégorie : critique ou information sur l'oeuvre ou l'artiste
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Alors…nous disions donc…ceci sera une étude sociologique comparative des Bobos parisiens et des calaisiens ….ah non, c’est pas vaiment ça.

En fait, c’est des « Bourgeois de Calais » de Rodin dont j’ai envie de vous parler. J’en suis tombée amoureuse (et oui d’eux aussi) et vais régulièrement leur rendre visite , dans le jardin chez Rodin.

Dans ces moments-là, je dois vraiment avoir l’air idiote… je leur tourne autour je ne sais combien de fois, rituel amoureux sans aucun doute, une fois dans un sens, une fois dans l’autre, eh oui, la perspective n’est pas la même, je m’arrête souvent, davantage séduite par une attitude, un geste ou une expression et au final pour bien m’imprégner de l’ensemble, je m’installe dans l’herbe un peu à l’écart et là je m’écoute et surtout je les écoute .

La première fois qu’ils ont vu que je m’intéressais à eux, ils m’ont raconté leur histoire.
Ils vivaient à Calais durant la guerre de Cent ans. A ce moment-là, la ville était assiégée par les Anglais depuis presque un an. Le maire en vint à capituler et le roi d’Angleterre promit d'éviter le massacre et la destruction de la ville si six bourgeois se sacrifiaient et venaient lui remettre les clés de Calais. Ils se sont donc proposés tous les six pour sauver la ville en se livrant aux Anglais. Heureusement pour eux, la reine réussit à convaincre son époux de leur laisser la vie sauve. Mais le moment où je vous en parle, ils allaient se livrer et ne savaient pas encore qu’ils seraient graciés.

J’aime ce groupe dans son ensemble, pour la force vivante qu'il dégage à travers la gestuelle et les expressions. On y perçoit des sentiments à fleur de peau (enfin plutôt à fleur de bronze). Prenez le temps de regarder les expressions de ces visages « l’âme au bord des lèvres » pour certains.
Lorsque vous tournez autour du groupe, quel que soit le côté d’où vous les regardez, l’un des six au moins est toujours face à vous .

Là, au centre, le vieillard fatigué mais qui dégage tout de même encore une certaine force tranquille, dans l’inclinaison de sa tête et sa démarche, c’est Eustache de Saint-Pierre.
A côté de lui, l’homme à la clé, c’est Jean D’Aire. Regardez comme ses mains sont serrées sur cette clé et l’expression de son visage, machoire et lèvres serrées, tout en énergie et raideur, sans doute par l’humiliation qu’il s’apprête à vivre,
A l’arrière, le visage dans ses mains, se tient Andrieu d’Andres, tout dans sa posture évoque un profond désespoir.
A côté de lui, Jacques de Wissant, dans sa démarche, il donnerait presque l’impression de vouloir en finir au plus vite
Pierre de Wissant, son frère, a une gestuelle qui peut prêter à bien des interprétations. Ce bras levé qui pourrait tout aussi bien signifier…allons-y on verra bien…que …de toute façon on ne peut rien changer.
Jacques de Fienne, le plus jeune, hésite apparemment à les suivre et dans un dernier sursaut se retourne sur son passé.

Je suis contente d’avoir trouvé des bourgeois qui me sont sympathiques …..

Les photos :

Eustache de Saint-Pierre,
http://www.insecula.com/oeuvre/photo_ME0000050855.html
Jacques de Wissant
http://www.insecula.com/oeuvre/photo_ME0000050851.html
Pierre de Wissant
http://www.insecula.com/oeuvre/photo_ME0000050847.html
Jean de Fiennes
http://www.insecula.com/oeuvre/photo_ME0000093107.html
Andrieus d'Andres et Jean d’Aire
http://www.insecula.com/oeuvre/photo_ME0000101911.html

Les Bourgeois dans leur ensemble
http://www.insecula.com/oeuvre/photo_ME0000050357.html
http://www.insecula.com/oeuvre/photo_ME0000050359.html
http://www.insecula.com/oeuvre/photo_ME0000050362.html

L’ensemble des photos :
http://www.insecula.com/oeuvre/O0013744.html

Un excellent ouvrage :
Rodin la passion du mouvement , Dominique Jarrassé –Editions Terrail

PS : les Bourgeois sont disséminés dans le parc du musée Rodin, rue de Varennes et bien sur on peut les voir également à Calais, of course !
réactions : 55
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Voici les 55 dernières réactions à ce commentaire
 Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
 14/05/08 à 23h15
Merci pour ton gentil MP.
Meudon. Un soleil rieur. Une pelouse décontractée. Des ébauches. De sourires, de grandeurs figées. Un Balzac ventripotent. L'odeur de Rilke. Un atelier de doutes... et l'impression de tenir ferme Paris dans ses mains...
tourner autour et au fur et à mesure pouvoir toucher....le must !
Ce n'est pas ce qu'on fait quand on veut s'imprégner d'une oeuvre ? Hé m'ouais on tourne autour. Je fais pareil, alors moi aussi je dois faire partie des clans des idiots.
C'est ce mouvement qui donne la perspective quand on sculpte, une oeuvre ça doit tourner, donner cette sensation de complétude... et puis c'est trop bien de tourner autour...
Excellent musée, cela fait un petit bout de temps que mes pas ne m'ont conduit dans ces contrées.
Merci de me le rappeler
 06/05/08 à 10h20
ah oui l'atelier de Meudon, à voir et à ressentir aussi, tu fais bien d'en parler. En fait, la présence de Rodin, je l'ai davantage senti à Meudon, le cadre et l'histoire y sont sans doute pour beaucoup.
J'écouterai Barber en V.E. ....mais à priori suis un peu sceptique...
 05/05/08 à 23h37
Comme Seleucie (et surement quelques autres) je suis de ceux qui hantent que hantent - les jardins de la rue de Varenne.
La dimension politique de ces bourgeois, la dimension religieuse des portes je les laisse aux exégèses. Que sont-elles face aux douleurs de l'abandon ? Comme toi sans doute, je n'ai en moi que l'envie d'enlacer les plis d'un monde évanescent, en serrer un moment la clé contre mon coeur et partir...
A ton invite je ré-écoute Barber : c'est vrai qu'il évoque les bancs du bout du parc mais aussi la paix des hauts de Meudon qui dominent l'ile Seguin et drapent les ébauches de Balzac de cordes embrumées.
Biz donc. Sato.
PS je te conseille la version electronique de Barber par William Orbit.
 04/05/08 à 12h01
J 'ai pas pu lire les réactions, mais j 'ai bien aimé l 'histoire que tu as racontée.
Moi aussi je trouve pour la première fois des bourgeois qui me sont sympathiques, et ceci en grande partie grâce au génie de l 'artiste. Il ne manque que la parole à ces personnages.

Merci
 03/05/08 à 10h00
je veux, je veux pas...de vrais enfants gatés ces bourgeois
qui ont commandé l'oeuvre n'en ont pas voulu parce qu'ils ne correspondaient pas à l'image qu'ils s'en faisaient, qu'ils se faisaient d'eux mêmes... etc etc
 01/05/08 à 17h53
donc si j'ai bien compris ce que tu as voulu dire, en fait le pitoyable, c'était bien plus par rapport à leur statut qu'à l'oeuvre en elle-même. A ce moment-là, on en revient un peu à ce que je disais juste avant, si dans la sculpture de Rodin on ne voit plus que les bourgeois qu'ils représentent on en oublie la beauté de l'oeuvre et ça ce serait peut-être un peu dommage. Et ça, je trouve que c'est valable pour l'art ou la littérature en général
 01/05/08 à 17h48
Provoc Toi....ah bon, j'avais vraiment pas remarqué !
Au moins, ça permet d'alimenter le débat ...j'aime assez
 01/05/08 à 17h46
contente que tu aies apprécié la balade.

La question de détester ou d'aimer est propre à chacun.
Pour les bourgeois, Rodin répondait à une commande,il n'était donc apparemment pas vraiment libre, comme le rappelle Grispoint avec entre autres les péripéties du socle.

Sinon, on peut évidemment aussi mettre Rodin au placard pour avoir représenté et donc mis en exergue une catégorie particulière de la population, mais à ce moment-là on en revient à ne plus séparer l'homme de son oeuvre et alors, que fait-on avec, par exemple Céline ou même Paul Claudel.

Pour la représentation "des gens d'en bas", il y a eu tout de même aussi Van Gogh, Millet ou Renoir, entre autres. Par contre, c'est vrai qu'ils y évoquaient peut-être moins crûment la dureté des conditions de vie.
Et puis je viens d'y penser... et le radeau de la méduse, les gens qui y figuraient , eux aussi sont restés dans l'histoire, aussi bien le charpentier que le marin ou l'ingénieur. Et avant celà, les gravures souvent ironiques et cruelles de Callot qui mettaient en scène systématiquement des gens du peuple.

L'inégalité en soi et donc 'le fait de présenter des différences" ne fait pas systématiqsuement référence à des notions d'infériorité ou de supériorité (bien que je sois tout à fait consciente que dans les esprits c'est le cas !) mais c'est bien plus la manière dont elle est utilisée et véhiculée qui pose problème.
L'égalité en droits...et en devoirs, bien évidemment que celle-ci est indispensable, mais pour le reste le terme d'égalité ramène tout de même pour moi à un certain nivellement pas vraiment positif, et la-dessus je suis assez d'accord avec Gabier


Je crois qu'avant tout c'est aussi une question d'éducation, aussi bien sociale, parentale que scolaire, si chacun d'entre nous avait conscience d'être en fait un élément d'une chaîne, mais un élément unique et indispensable, quel que soit l'endroit où il se trouve sur cette chaîne, et donc quel que soit sa position sociale, le regard sur l'autre serait sans doute différent.
Celà je trouve est d'autant plus flagrant quant au regard porté sur les métiers manuels et les gens qui l'exercent...une condescendance indécente. Et là, je crois que l'éducation peut faire évoluer positivement les choses.

Et moi je veux y croire....

J'écoutais cette musique (l'adagio de Barber) et il me parlait bien avec cette sculpture
http://www.deezer.com/#music/result/barber%20adagio%20for%20strings%20classic
al

 01/05/08 à 12h21
la reproduction sociale, et, unjour, l'évolution de l'espèce. Heureusement, ce schéma, cette règle, admet de nombreuses exceptions.
 01/05/08 à 11h58
GRISpoint
oui...............y'a que ça....................

au fait albatrose j'ai pas dit... mais 5 ...
et oui HUMAIN...
chui un peu provoc...
et même reconnaissants envers ces bourgeois qui nous irritent et nous permettent d'ironiser.
L'appât du gain sublimé, jusqu'où ira-t-il ? Ce sont les affréteurs des bateaux où nous voguons, les parents des artistes, tout ça.
j'aime bien ce comm, sauf la dernièe phrase. Donc, je n'aime pas trop les réactions, sauf quand elles citent des auteurs ou font allusion à des artistes ou citnet ces jolis villages (Wissant, sur la côte, est effectivement très joli; ardres a un charme lié à ce qui subsiste de son histoire))

Qu'est-ce qu'un bourgois, au fait, dans notre monde contemporain? Peut-on encore détester un groupe, plus ou moins fantasmé, en masse?

Mais merci pour la balade: j'aimerais y être plus souvent.
Et pour quel résultat? là est la question.

Si tu parles des bourgeois aujourd'hui en 2008 effectivement ils apparaissent bien secs, pitoyables dans leur habit de pauvres bougres humanisés et charitables. Qui m'a dit que ça n'avait aucun rapport avec le religieux.

Chacun sait que les bourgeois ont fait la révolution pour les privilèges et non pour l'humanité. (oui, je sais, je ne suis pas simple et ça n'a rien à voir avec ce comm !).

Qu'est ce qui nous reste ? leur mensonge ... Y croire ou ne pas y croire est notre seul choix.

Qu'est ce qui nous reste ? Tout à réinventer ... Tout à refaire en un mot ... Rire ... nous immortaliser ... immortaliser nos propres vies ... beaucoup d'artistes contemporains le font ... Rire ... Mais aussi beaucoup d'anonymes les suivent ...

Passer de l'humain à l'individu ... Passer de l'intérêt humanitaire à l'ethno centrisme ou l'ethno individualisme méthodologique ... Passer du groupe à l'égo ... du ça au moi ... pour exister en tant qu'humain seulement et non catégorie ... Ce sont là de grande orientation contemporaine.
et bien sur avec pudeur on peut répéter tous en choeur "humains"
en tous cas descendus de leur piédestal et enchainés et têtes basses
Enfin la détresse humaine trés humaine et sans les dieux sans recours faite art...
Mais alors qui est "immortalisé" aujourd'hui Esther en 2008? Et pour quel résultat? là est la question.

 30/04/08 à 23h57
En quoi les trouves-tu "pitoyables" les bourgeois ?

Dans le rôle qu'ils occupent là, moi je les trouve juste humains, pitoyables non.
Comme tu le rappelles d'ailleurs, on trouvait à la représentation de ces bourgeois trop d'humanité. D'ailleurs, les bourgeois de l'époque ne s'y sont pas reconnus !
 30/04/08 à 23h50
Ta remarque appelle de ma part bien des réflexions...elles seront pour demain
Que la stratification des activités humaines soit un indice des inégalités, c'est pas plus mal pour moi : plutôt la carrière aux talents que la voie des privilèges.
 30/04/08 à 23h16
GRISpoint
"sac de charbon" ils ont dit horrifiés et n'en ont pas voulu non plus
 30/04/08 à 23h12
GRISpoint
même plus des héros...


maintenant y'en a partout dans le monde des calaisiens!!
 30/04/08 à 23h11
Je suis en fait d'accord avec toi, albatrose.

C'est la réponse que tu as fait à alba qui m'a fait réagir.

Pour moi, la stratification des activités humaines est la cause des inégalités. Ce n'est pas le métier qui fait l'homme mais bien d'autres aspects qui vont au delà de l'activité qu'il exerce. Cependant, les unes seraient encore plus dignes que les autres. Dis moi quel métier tu exerces et je te dirai qui tu es dans la société. Dans cette échelle de valeur, on retrouve un je ne sais quoi d'archaïsme. Je vois dans les bourgeois de Calais cet archaisme symbolique du pouvoir. Ceux qui ont les clefs sont toujours aux premières loges même si c'est pour se faire trancher la gorge. Ce sont les possédants. A travers ces modèles sociologiques, l'artiste immortalise les symboles que les bourgeois bien intentionnés véhiculent : les valeurs de courage, d'honneur, de sacrifice pour épargner leur bien. Ensuite, il reste à prouver le contraire.

Ceux qui n'ont pas les clefs sont d'en-bas pour reprendre l'expression d'un de nos anciens ministres. Ce n'est pas si loin. Ceux qui n'ont pas les clefs en revanche non pas le choix d'être immortalisés. Ont-ils seulement des valeurs nobles pour être à leur tour cannonisé ou repéré. Courbet fut l'un des peintres les plus inspirés qui a sorti les petits métiers donc les petites gens, de l'ombre justement. Il a peint en cette même période, des casseurs de pierre avec un tel réalisme dans le but de montrer la dureté et les conditions de vie de ses contemporains, ces modéles étant des ouvriers, ponceurs de parquet ou autres.

Il me semble qu'il y a encore une discrimination sociale concernant les métiers manuels qui est liée au matérialisme historique.
beh tiens sympas ouais les bourgeois de Rodin enchainés et tout qu'ils sont..
bon en attendant sur le coup le maire de Calais il en voulait pas: trop prosaïques, humains, trops humains z'étaient et en plus ils les voulaient sans socle le Rodin...
mais je trouve ça très bien
 30/04/08 à 21h05
Tu finis par la chanson des Bourgeois de Brel
moi ce serait plutôt par une de Brassens, plus généraliste, ça me convient mieux...et je ne pense pas qu'il avait tort le petit père
http://www.deezer.com/#music/result/le%20temps%20ne%20fait%20rien%20à%20l'aff
aire%20georges%20brassens%20les%20copains%20d'abord
 30/04/08 à 20h59
Déjà, je déteste les petites cases où on veut à tout prix enfermer chacun. Les bourgeois là, les ouvriers là, etc...avec un schéma propre qui correspond à chaque catégorie.

Pour moi, être matérialiste ou non, c'est bien plus un état-d'esprit, qui n'a pas grand'chose à voir avec la position sociale mais bien plus avec son propre rapport au monde
 30/04/08 à 19h30
c'est bien ce qui s'oppose au spiritualisme, non ?
Les bourgeois ne se posent pas tellement plus de questions existentielles que les prolétaires, ou pas les mêmes. Je les vois aussi matérialistes les uns que les autres.
 30/04/08 à 19h04
Peut-on être bourgeois et non matérialiste ?

Peut-on être ouvrier et matérialiste ?

Voyons du côté de Max Weber et son analyse sur la naissance du matérialisme.

Il s'agit dans l'Ethique protestante de mettre en évidence le matérialisme historique des relations existantes entre l’idéaltype de l’ascétisme protestant et celui de l’esprit du capitalisme. Ainsi, les rapports inter-groupes vis à vis de la propriété et la stratification sociale sont induits par la religion considérée par l'auteur comme étant le reflet d'une infrastructure économique déterminée.

La nouveauté chez Max Weber est d'établir un lien entre le développement économique et la rigueur calviniste en montrant que "les principaux détenteurs de capitaux, les chefs d’entreprises, les couches supérieures et hautement qualifiées sont en grande majorité des protestants ".

Je finirai pas les quelques strophes de Brel : Les bourgeois plus ça devient vieux ... plus ça devient C...

Enfin, pas tout le temps fort heureusement ...
avec des plus ou moins égoïstes, mais les bobos, ils ne se sacrifierons pas juste pour la société
 29/04/08 à 22h35
Pour les rhinites des citadins, je pencherai plutôt pour la pollution que le pollen.

Afin d'éviter d'avoir à se détacher du matériel et de la propriété, il suffit de ne pas l'être ...matérialiste chere Esther
 29/04/08 à 22h27
je vais opter pour les citadins ceux qui se tapent des rhinites allergiques à cause des pollens et de la pollution. Vivement l'exode rurale finalement !D'ailleurs, y'a moins de risque là-bas. D'abord y'a pas de clefs seulement pour les voisins avec qui on boit l'apéro de temps en temps et on parle du temps qui fera demain. Pas plus, pas moins de bobos de l'âme à se détacher du matériel et de la propriété.
 29/04/08 à 22h16
Comme tu te sens en forme...je te laisse le soin de choisir
 29/04/08 à 22h08
ceux qui habitent la ville ou ceux qui ... allumer le feu ! allumer le feu ! Je suis en forme ce soir.
c'est ma foi pas vraiment faux
 29/04/08 à 21h15
tu ne tolères les bourgeois que la corde au cou !
ce sont les têtes, modelées avec les traits soulignés à l'extrême qui leur donnent vie...avec cette sensation de voir et de ressentir "l'âme au bord des lèvres" oui c'est tout à fait ça

Le groupe, conçu ainsi je le trouve équilibré mais c'est vrai que j'aime beaucoup aussi chacun pris individuellement...du coup je suis aussi souvent à l'arrière du jardin
tu sais, je ne suis pas raciste, la porte aussi j'aime. Mais en fait, c'est trop pour moi. Il y a tellement de choses sur cette porte que je n'arrive pas à l'apprécier pleinement, je préfère la découper dans ma tête et voir les sculptures individuellement. A chaque fois que je suis devant , je me dis qu'il faudrait que je me décide à lire les enfers..
« Il créa le vieil homme aux bras pendants qui sont amollis dans les articulations, et il lui donna le pas lourd et trainant, le pas usé des vieillards et une expression de fatigue qui coule par-dessus son visage jusque dans la barbe
« Il créa l’homme qui porte la clef. En lui, il y a encore de la vie pour beaucoup d’années, et tout cela est comprimé dans sa soudaine dernière heure. Il a peine à supporter cela. Ses lèvres sont serrées, ses mains mordent la clef. Il a mis le feu à sa force et elle se consume en lui, dans son entêtement »
« Il créa l’homme qui tient à deux mains sa tête baissée comme pour se recueillir, pour être encore un instant seul »
« Il créa les deux frères dont l’un regarde encore en arrière, tandis que l’autre baisse la tête en un geste de résolution et de soumission comme s’il la tendait déjà au bourreau »
« Et il créa le geste vague de cet homme, qui ‘traverse seulement la vie’, le passant. Il s’en va déjà, mais il se retourne encore une fois en arrière, non pas vers la ville, non pas vers ceux qui pleurent, ni vers ceux qui l’accompagnent. Il se retourne en arrière, vers lui-même. Son bras droit se lève, se ploie, vacille »
 29/04/08 à 20h19
Si jamais tu rentres dans quelqu'un d'autre également fasciné dans le jardin du musée Rodin, il y a de bonnes chances pour que ce soit moi.
Bon, moi, je serai plutôt dans le coin des portes de l'enfer ou d'Ugolin, mais bon...

J'adore la force de Rodin, sa façon de décharner les corps pour dénuder les âmes. Son travail obsédé des détails. Les esquisses travaillées, répétées, reprises dans une oeuvre puis une autre jusqu'au produit fini, qui n'est pas forcément le plus réussi.

Justement, pour les bourgeois, je préfère ses travaux préparatoires. Les visages et les mains ébauchés...je n'ai jamais pu trouver un sens collectif au groupe, qui pour moi est plutôt composé d'individus sans que Rodin ait su donner une force irréfutable à l'ensemble. Mais ils font quand même partie de mes vieux copains.

 29/04/08 à 20h11
en fait, les bourgeois de l'époque n'ont pas vraiment reconnu leurs ancêtres dans ces hommes là, "où l'humanité primait sur la force et le courage se traduisait par la douleur"....on peut comprendre !!!!!
dans la bourgeoisie qui au contraire de l'aristocratie n'est que foutaise et impolitesse, a part quelques deniers en poche ....
Bon, rodin est un envoutement et camille claudel bien sur , egalement
 29/04/08 à 19h15
c'est pas un problème...s'ils sont beaucoup, ils peuvent avoir droit à plusieurs monuments ! L'essentiel, en fait, étant d'en être débarassé...alors tant qu'à faire autant y mettre le paquet
 29/04/08 à 19h11
le plus dur, ça va être de n'en choisir que 6! Ou alors, va falloir s'y mettre à plusieurs.

En tout cas, merci albatrose d'avoir présenté tes bourgeois comme ça, avec passion!
 29/04/08 à 19h06
En ce temps-là, les notables de la Cité se sacrifiaient pour leurs administrés !
J'en statufierais bien quelques uns, des contemporains, moi....
 29/04/08 à 18h54