Je précise, ce commentaire est une nouvelle version d’un ancien, qui ne me satisfaisait plus. J’ai donc réécrit la bête, dans une furie créatrice digne de l’activité d’un aï en plein rut. Ceux qui étaient là il y a deux ans (environ), pourront se souvenir (non, pas de l'Ai en plein rut, mais de mon ancien commentaire)
La forêt est plongée dans la lumière fantomatique d’une lune gibbeuse. Les arbres, omniprésent autour de moi, tendent leurs branches griffues vers le sentier caillouteux que je parcours, sentier qu’il me faut parfois deviner dans la pénombre lunaire. De loin en loin, un animal nocturne fait entendre son cri, sa respiration. Du moins j’ose espérer que ce sont des animaux, car certains de ces bruits, plus tenus, plus sourds, semblent appartenir à d’autres choses. Des murmures infâmes semblent parfois surgir des profondeurs chthoniennes. Mais si j’essayais de les repérer, de les localiser, de comprendre en quelle langue impie ils s’exprimaient, je ne percevais plus que le vent. Je crus devenir fou à jouer ainsi à comprendre, à écouter les mots étranges de la nature. Animaux ou autre chose…
Puis un cri retentit, pareil a celui d’un engoulevent. Mais rapidement, il se transforma en un rire démoniaque qui semblait venir de nulle part et de partout à la fois. Je tournais et retournais sur moi-même, tenant le misérable derringer que j’avais emporté dans ma main, dérisoire talisman face aux horreurs inconnues de ces contrées oubliées. ILS étaient derrière moi, il n’y avait plus de doute. J’avais été traqué sans le savoir, et j’étais là où ils voulaient que je sois ! Une longue mélopée résonna, dont les modulations inhumaines montaient et descendaient rythmiquement en accord avec le vent glacial qui fouettait mon visage déformé par la peur. Y’AI ‘NG’NGAH, YOG-SOTHTOTH H’EE-L’GEB F’AI THRODOG UAAAH….
Le craquement violent d’un boute en train de se tendre me tira de ma rêverie. Ca, et la main puissante qui s’abattit sur mon épaule. « Alors gamin ! On rêve ! Pas de ça a bord, je te préviens, par le foutre du Diable » Mais la voix qui me faisait ce reproche était amicale, souriante. C’était celle de mon oncle, le capitaine du « Grand Coureur », un cheloup de neuf canons.
« Tu regrette encore cette foutue ville ? Tête de Pioche ? Un malouin a deux patries, gamin, cette vieille garce emmurée, et la mer. Et chacune d’elle te traitera comme un fils du diable ! Alors, par les couilles de Lucifer, tu vas oublier ça, et te mettre à la manœuvre ! »
« C’est pas tant les remparts que je regrette, mon oncle, c’est… »
« Je sais, foutre-dieu ! Je sais ! Moi aussi j’en ai regretté des femmes ! ». Le visage buriné du vieil homme semble se radoucir, plongé dans un souvenir, avant de se refermer et de redevenir ce faciès bourru qui lui a valu le surnom de « gueule d’ange »
« Bon, si tu veux continuer à penser, je vais t’en donner le temps ! »
Quelques minutes plus tard, je suis en train de grimper sur les enfléchures pour rejoindre mon nouveau poste. Et cette fois ci, ce vieux fils de putain m’a vraiment foutu jusqu’au trognon. Penser, tu parles ! A la vigie ! Battu par le vent, dans un cagnard pire que dans le cul du diable quand il fait beau, ou bien plus trempée que la chatte de la Marie-Madeleine quand il pleut ! Merci, crevure !
Et pourtant, pourtant… quand on arrive jusqu’au trou du chat, quand on monte dans la hune, quand on voit la mer partout autour de nous, à perte de vu, et bien je peux vous dire que ça remue les tripes plus que le rack qu’ils servent dans les tripots de la rue de la Soif !
Et je reste là, durant des heures, rendu incapable de penser par les hurlements du vent… Puis je vois une tache au loin, une tache qui ressemble a une voile ! Foutre !
« Voile par bâbord avant, à 15 milles !! ». Mon oncle, de la dunette, ajuste sa longue vue et ne tarde pas à la ranger en hurlant. « Branle bas de combat ! Dieu nous envoie un cochon d’anglais pour nous amuser ! Par la vérole, allons prendre leur putain d’or et tout leur putain de chargement ! »
Les balles sifflent autour du Leman Russ alors qu’il écrase sous ses chenilles la vermine ennemie. Les hommes d’équipage, dans la puissante machine de guerre sanctifiée par les rituels pratiqués avant la bataille, hurlent des prières et des litanies dans les communicateurs de la bête mécanique.
Les cris a l’extérieur sont plus rauques, plus douloureux alors que les lascannons déchirent les chairs, coupent les membres, détruisent devant eux la vermine Xeno.
L’empereur est a leur coté, la victoire est a eux. Garm Harga, le lieutenant au commande du formidable engin, souris dans sa barbe poivre et sel. Déjà 15 ans qu’il sert l’Empereur de l’Humanité au sein du troisième régiment de blindés Cadien, déjà trois ans qu’il détruit les ennemis de l’Empereur, qu’il extermine le mutants, le Xeno et l’Hérétique. Une autre bataille, sur un monde reculé, une autre bataille dans la Croisade lancée depuis déjà 6 ans sur ces mondes, une autre bataille ou il survivra. Apres cette bataille, le colonel lui a promit de le laisser sur la planète, avec des terres, une femme et de quoi s’installer. Enfin le repos, enfin la paix. Garm a bien servi l’Empereur, il y a droit.
Ces pensées s’achèvent alors qu’un ork, plus malin que les autres, réussit a placer un obus dans le char, explosant l’engin, l’équipage et les rêves de Garm.
En hurlant, sous la carcasse éventrée d’un char Leman Russ, le Commissaire Sebastian Joll éventre de son épée-tronconneuse l’immonde peau-verte qui vient de lancer un obus. Son sang vert et impur se répand sur son uniforme.
« Pour l’Empereur et l’Humanité ! » Son cri est repris par les hommes de son régiment, le 5e régiment de marche de Gaius, des hommes qu’il supervise depuis peu. Il ne sait quoi penser d’eux. Ils sont là pour se battre et ils le font bien. Malgré cela, la marrée verte ne cesse de progresser, inexorablement, sans jamais cesser. Les officiers sont tous morts, il est le plus haut gradé, seul lui se tient entre ses hommes et leur déroute.
Joll ne désespère pas. Il sait que l’Humanité vaincra, inévitablement. L’un de ses hommes n’a pas sa résolution, son esprit est faible, indigne. Dans un cri de terreur, il s’enfuit, danger pour lui-même comme pour ses camarades. Joll ne réfléchit pas et l’abat d’une seule décharge de son laspistol.
« Ainsi périssent les traîtres ! A l’assaut, soldats de l’Empereur ! »
« L’empereur Protège ! », hurlent ses hommes, galvanisés par la ferveur de leur commissaire. Ils sont à 10 contre 1, cernés de toute part, la mort les attends, et après la mort, le paradis de l’Empereur, qu’Il les ait tous en sa Sainte Garde.
Et là, vous vous demandez ou je veux en venir. Toutes ces ambiances, toutes ces idées, tous ces rôles, et bien ils sont accessibles, dans notre imagination, dans nos rêves et nos délires, par l’intermédiaire de ma passion a moi, le Jeu de Rôle (et là, mon échelle de geekitude fait un bon énorme…)
Keskecé ?
Déjà, essayez d’oublier les stéréotypes véhiculés par des émissions de télé sensationnalistes et abêtissantes, plus crée dans un souci de désinformation et de création d’hystérie collective que dans de vrai souci de documentation. Je pense en particulier à celle de Mireille Dumas il y a quelques années. (Mireille, si tu me lit, sache que je t’emmerde assez profondément, tu es la preuve qu’être journaliste à la télévision est un autre mot pour designer les séides de goebbels.)
Le JdR est un jeu. Il n’a rien à voir avec la réalité. Les personnes qui confondent ont souvent des troubles de la perception qui se seraient révélés de toute manière dans d’autres activités.
Moi et mes amis n’avons jamais découpé de grand-mère en dansant au clair de lune, drapé dans des tranches de jambon, lançant des psalmodies étranges à nos dieux noirs… Bon, ok, on l’a fait, mais dans un jeu, pas dans la vraie vie… et c’était pas une grand mère mais une jeune vierge et on était pas avec du jambon.
Donc j’en reviens à mon sujet, le JdR qu’est ce que c’est ?
Est-ce que ça vous est déjà arrivé d’imaginer la suite d’un film. Le mot FIN apparaît et vous, dans votre tête, vous essayez d’imaginer ce qui arrive au héros après ce mot. Vous essayez de rêver à ce qui peut se passer, a ce qui peut arriver. Si il se marie avec l’héroïne, si ils ont des gosses, si il retrouve son père qui l’a abandonné et lui fait sa tête au carré, etc.
Est-ce que vous avez déjà imaginé ce que vous feriez si VOUS étiez ce héros, cette héroïne à la fin du film ? Je parie que oui, pour certains d’entre vous. Par exemple, à la fin du retour du Jedi, ça ne vous dit pas de prendre la place de l’Empereur et de régner sur la galaxie, au lieu de faire comme cette tantouze émasculée de Luke, qui préfère aller danser avec des ewoks. (D’ailleurs et à ce propos, j’ai toujours pensé que cette volonté de côtoyer de trucs avec des poils, wookie ou ewoks, montrait un trouble émotionnel grave chez luke. Il a du perdre son nounours fétiche très petit.)
Moi j’y ai pensé, mais c’est aussi bien du a mes crises passagères de mégalomanie qu’a mon rejet de ces nullards de Jedi.
Et bien le JdR permet de faire ça. Il permet d’être, non pas ce que vous auriez voulu être, mais d’être un personnage imaginaire, crée uniquement par vous, avec vos idées, vos visions de sa vie. C’est vous qui créez la personne que vous souhaitez incarner pour un temps. Vous le décrivez (« alors je veux jouer un magicien, assez séduisant, mais pas trop fort physiquement » « ouais, une tantouze de magicien elfe, quoi, t’as qu’a le dire !! »), puis, par un système de règles différents selon les jeux, vous quantifiez ses possibilités, résumant toute une vie par des caractéristiques (force, intelligence, charisme, etc), et des compétences (connaissances, escrime, discrétion, gobage de flambi, masturbation rapide, etc).
Ces caractéristiques chiffrées sont certes importantes, mais ce qui définit le personnage, c’est la manière dont vous allez choisir de l’incarner au cours de la partie, la manière dont vous allez vous prendre à être quelqu’un d’autre.
Pour jouer, il faut des joueurs (forcement) et un maître de jeu. Le maître de jeu est celui qui va préparer la partie, écrire le scénario et imaginer les événements auxquels VOUS devrez réagir.
Je compare souvent le JdR a un film : Le Maître de Jeu est le scénariste, le metteur en scène, il est le seul a connaître le scénario du film ; il gère les second rôles et les adversaires des héros, les faisant réagir aux actions de ceux-ci. Les joueurs sont les personnages principaux, mais, contrairement aux acteurs qui connaissent l’histoire, là, ils jouent en aveugle. C’est du théâtre d’improvisation, mais sans le théâtre, de la commedia dell’arte, mais ou les rôle ne sont pas imposés.
Pour reprendre l’exemple de Star Wars, Luke (la tantouze), Ian (le beau voyou), Leia (la princesse dévergondée), Chewie (le gros nounours), sont incarnés par des Joueurs. Le Seigneur Vador et l’Empereur (Gloire sur Eux), la galaxie entière, sont gérés par le Maître du jeu.
Ou bien dans le Seigneur des Anneaux, pour les joueurs on a les hobbits (petites merdes qui puent des pieds), Legolas (la tantouze d’elfe qui coure sur la neige), le nain (la grosse brutasse aussi subtile qu’une brique), Aragorn (le beau et mystérieux voyou mais roi en fait), Boromir (le beau et ténébreux fils de roi), mais pas Gandalf. Gandalf est trop puissant pour être joué par un joueur. La encore, tout les autres personnages, de l’Ennemi jusqu'à Denethor, ou même la Dame des Galadhrim sont joués par le MJ.
L’action se fait par dialogue, par un échange entre les joueurs et le maître de jeu. Un système de règles permet de gérer les choses qui ne peuvent être gérées par la discussion, les actions qui ont une part de hasard, comme les éventuels combats.
Attention, quand je parle de combat : il n'y a aucun contact entre joueurs dans le JdR. Parfois, quand l’ambiance est là, que les joueurs se prennent à leur rôle, le ton s'envole, et l'un des joueurs, devant s'adresser à une armée entière, n'hésitera parfois pas à grimper sur la chaise pour nous faire une harangue lyrique faisant arracher des soupirs de satisfaction à l’assistance entière, mais jamais au grand jamais deux joueurs ne se lattent la face dans le but de mettre la tête de l’autre au carré.
Il existe une multitude d’univers de jeu… une multitude... Non, vraiment une multitude !! Basé sur des livres (Ambre, Le Seigneur des Anneaux, le Mythe de Cthulhu), des films (Star Wars, James Bond, ), des series TV (Babylon V, Buffy, Star Trek), ou bien sur la simple imagination des créateurs (là, y’en a trop pour que je les cites).
Vous pouvez ainsi choisir d’être un chevalier en armure, prêt a défendre sa foi et son roi, ou un malandrin coupeur de bourse, habitués des bas-fond et des tavernes ; vous pouvez être un vampire, vivant la nuit votre sombre malédiction, ou un loup-garou, défenseur de la nature plein de rage ; vous pouvez être un duelliste italien, maniant la rapière comme un artiste, ou bien un moine espagnol, assoiffé de connaissance et de savoir ; vous pouvez être une princesse chaste, pure mais retorse, habituée au jeux de la cour, ou bien une courtisane, maniant votre beauté comme une arme mortelle. Vous pouvez être un mercenaire galactique, a la recherche d'un contrebandier malhonnête, ou un étudiant Jedi (ou un paysan spatial, comme l’autre niais) ; Vous pouvez être gabier d'un navire corsaire ou barbare cimmérien... Vous pouvez être tout ce que votre imagination peut concevoir.
Tout est possible. La seule limite est votre imagination.
Pour info, pour ceux qui veulent savoir, voilà un petit résumé des jeux auquel je joue parfois, ou en tout cas, que j’apprécie ou que j’aie apprécié :
- Vampire : The Requiem : les joueurs sont ici des vampires, prédateurs nocturnes et torturés, essayant de survivre au sein d’une société pleine d’intrigues, de lutte de pouvoir, de sanglantes traditions.
- Legend of the Five Rings : dans un monde rappelant un japon médiéval vu a travers le miroir déformant d’Hollywood, les joueurs sont des Samurais, guerriers ou magiciens, servant leur seigneur.
- Qin : la Chine des Royaumes Combattants (3e siecle avant l’acrobate), mais vu a travers le miroir déformant des films chinois de Wu Xia, comme Tigre et Dragon, Hero, Le Secret des Poignards Volants, etc.
- Conan : « Sache, Ô Prince, qu'entre l'époque où les océans ont englouti l'Atlantide et ses cités étincelantes, et l'avènement des fils d'Aryas, il fut un âge de légende où de lumineux royaumes s'étendaient sur le monde tels des manteaux bleus sous les étoiles. »[…]« Alors vécut Conan, le Cimmérien, aux cheveux noirs, au regard sombre, épée au poing, voleur, pillard, guerrier, aux mélancolies titanesques, aux joies colossales, qui foula de sa sandale les trônes orgueilleux de la terre ». Que dire de plus ?!!!
- Pavillon Noir : l’Utopie Pirates dans sa grande splendeur. Montez a bord ! Partez écumer les mers des Caraïbes, aux cotés de Calico Jack Rackham, de Barbe Noir ou bien de Batholomew Roberts, qui definissait sa vie comme "courte et bonne !" Yop, là-haut, un’ bouteill’ de rhum !!
- Shadowrun : 2053, le monde a subit un changement radical quand la magie est revenue, faisant resurgir du passé des êtres oubliés, elfes, nains, orks, trolls… Dragons ! Et, souvent, il vaut mieux affronter un tank qu’un dragon. Les joueurs sont des mercenaires qui tentent de survivre dans un monde devenu fou, ou la technologie la plus avancée côtoie les antiques traditions magiques. Magicien ou guerrier cybernétique, c’est votre choix.
Voila… Et là, je suis enfin défini comme un geek sur ce site, ça fait plaisir, tiens !!
PS : petit point negatif, le JdR se meurt, tué par les MMORPG, les jeux de cartes a collectionner et la connerie humaine. Mais bon, tant que j'ai un cerveau, je pourrai continuer d'imaginer, de temps a autre, être un Magicien Elfe Noir au service de la Reine Araignée.
La forêt est plongée dans la lumière fantomatique d’une lune gibbeuse. Les arbres, omniprésent autour de moi, tendent leurs branches griffues vers le sentier caillouteux que je parcours, sentier qu’il me faut parfois deviner dans la pénombre lunaire. De loin en loin, un animal nocturne fait entendre son cri, sa respiration. Du moins j’ose espérer que ce sont des animaux, car certains de ces bruits, plus tenus, plus sourds, semblent appartenir à d’autres choses. Des murmures infâmes semblent parfois surgir des profondeurs chthoniennes. Mais si j’essayais de les repérer, de les localiser, de comprendre en quelle langue impie ils s’exprimaient, je ne percevais plus que le vent. Je crus devenir fou à jouer ainsi à comprendre, à écouter les mots étranges de la nature. Animaux ou autre chose…
Puis un cri retentit, pareil a celui d’un engoulevent. Mais rapidement, il se transforma en un rire démoniaque qui semblait venir de nulle part et de partout à la fois. Je tournais et retournais sur moi-même, tenant le misérable derringer que j’avais emporté dans ma main, dérisoire talisman face aux horreurs inconnues de ces contrées oubliées. ILS étaient derrière moi, il n’y avait plus de doute. J’avais été traqué sans le savoir, et j’étais là où ils voulaient que je sois ! Une longue mélopée résonna, dont les modulations inhumaines montaient et descendaient rythmiquement en accord avec le vent glacial qui fouettait mon visage déformé par la peur. Y’AI ‘NG’NGAH, YOG-SOTHTOTH H’EE-L’GEB F’AI THRODOG UAAAH….
Le craquement violent d’un boute en train de se tendre me tira de ma rêverie. Ca, et la main puissante qui s’abattit sur mon épaule. « Alors gamin ! On rêve ! Pas de ça a bord, je te préviens, par le foutre du Diable » Mais la voix qui me faisait ce reproche était amicale, souriante. C’était celle de mon oncle, le capitaine du « Grand Coureur », un cheloup de neuf canons.
« Tu regrette encore cette foutue ville ? Tête de Pioche ? Un malouin a deux patries, gamin, cette vieille garce emmurée, et la mer. Et chacune d’elle te traitera comme un fils du diable ! Alors, par les couilles de Lucifer, tu vas oublier ça, et te mettre à la manœuvre ! »
« C’est pas tant les remparts que je regrette, mon oncle, c’est… »
« Je sais, foutre-dieu ! Je sais ! Moi aussi j’en ai regretté des femmes ! ». Le visage buriné du vieil homme semble se radoucir, plongé dans un souvenir, avant de se refermer et de redevenir ce faciès bourru qui lui a valu le surnom de « gueule d’ange »
« Bon, si tu veux continuer à penser, je vais t’en donner le temps ! »
Quelques minutes plus tard, je suis en train de grimper sur les enfléchures pour rejoindre mon nouveau poste. Et cette fois ci, ce vieux fils de putain m’a vraiment foutu jusqu’au trognon. Penser, tu parles ! A la vigie ! Battu par le vent, dans un cagnard pire que dans le cul du diable quand il fait beau, ou bien plus trempée que la chatte de la Marie-Madeleine quand il pleut ! Merci, crevure !
Et pourtant, pourtant… quand on arrive jusqu’au trou du chat, quand on monte dans la hune, quand on voit la mer partout autour de nous, à perte de vu, et bien je peux vous dire que ça remue les tripes plus que le rack qu’ils servent dans les tripots de la rue de la Soif !
Et je reste là, durant des heures, rendu incapable de penser par les hurlements du vent… Puis je vois une tache au loin, une tache qui ressemble a une voile ! Foutre !
« Voile par bâbord avant, à 15 milles !! ». Mon oncle, de la dunette, ajuste sa longue vue et ne tarde pas à la ranger en hurlant. « Branle bas de combat ! Dieu nous envoie un cochon d’anglais pour nous amuser ! Par la vérole, allons prendre leur putain d’or et tout leur putain de chargement ! »
Les balles sifflent autour du Leman Russ alors qu’il écrase sous ses chenilles la vermine ennemie. Les hommes d’équipage, dans la puissante machine de guerre sanctifiée par les rituels pratiqués avant la bataille, hurlent des prières et des litanies dans les communicateurs de la bête mécanique.
Les cris a l’extérieur sont plus rauques, plus douloureux alors que les lascannons déchirent les chairs, coupent les membres, détruisent devant eux la vermine Xeno.
L’empereur est a leur coté, la victoire est a eux. Garm Harga, le lieutenant au commande du formidable engin, souris dans sa barbe poivre et sel. Déjà 15 ans qu’il sert l’Empereur de l’Humanité au sein du troisième régiment de blindés Cadien, déjà trois ans qu’il détruit les ennemis de l’Empereur, qu’il extermine le mutants, le Xeno et l’Hérétique. Une autre bataille, sur un monde reculé, une autre bataille dans la Croisade lancée depuis déjà 6 ans sur ces mondes, une autre bataille ou il survivra. Apres cette bataille, le colonel lui a promit de le laisser sur la planète, avec des terres, une femme et de quoi s’installer. Enfin le repos, enfin la paix. Garm a bien servi l’Empereur, il y a droit.
Ces pensées s’achèvent alors qu’un ork, plus malin que les autres, réussit a placer un obus dans le char, explosant l’engin, l’équipage et les rêves de Garm.
En hurlant, sous la carcasse éventrée d’un char Leman Russ, le Commissaire Sebastian Joll éventre de son épée-tronconneuse l’immonde peau-verte qui vient de lancer un obus. Son sang vert et impur se répand sur son uniforme.
« Pour l’Empereur et l’Humanité ! » Son cri est repris par les hommes de son régiment, le 5e régiment de marche de Gaius, des hommes qu’il supervise depuis peu. Il ne sait quoi penser d’eux. Ils sont là pour se battre et ils le font bien. Malgré cela, la marrée verte ne cesse de progresser, inexorablement, sans jamais cesser. Les officiers sont tous morts, il est le plus haut gradé, seul lui se tient entre ses hommes et leur déroute.
Joll ne désespère pas. Il sait que l’Humanité vaincra, inévitablement. L’un de ses hommes n’a pas sa résolution, son esprit est faible, indigne. Dans un cri de terreur, il s’enfuit, danger pour lui-même comme pour ses camarades. Joll ne réfléchit pas et l’abat d’une seule décharge de son laspistol.
« Ainsi périssent les traîtres ! A l’assaut, soldats de l’Empereur ! »
« L’empereur Protège ! », hurlent ses hommes, galvanisés par la ferveur de leur commissaire. Ils sont à 10 contre 1, cernés de toute part, la mort les attends, et après la mort, le paradis de l’Empereur, qu’Il les ait tous en sa Sainte Garde.
Et là, vous vous demandez ou je veux en venir. Toutes ces ambiances, toutes ces idées, tous ces rôles, et bien ils sont accessibles, dans notre imagination, dans nos rêves et nos délires, par l’intermédiaire de ma passion a moi, le Jeu de Rôle (et là, mon échelle de geekitude fait un bon énorme…)
Keskecé ?
Déjà, essayez d’oublier les stéréotypes véhiculés par des émissions de télé sensationnalistes et abêtissantes, plus crée dans un souci de désinformation et de création d’hystérie collective que dans de vrai souci de documentation. Je pense en particulier à celle de Mireille Dumas il y a quelques années. (Mireille, si tu me lit, sache que je t’emmerde assez profondément, tu es la preuve qu’être journaliste à la télévision est un autre mot pour designer les séides de goebbels.)
Le JdR est un jeu. Il n’a rien à voir avec la réalité. Les personnes qui confondent ont souvent des troubles de la perception qui se seraient révélés de toute manière dans d’autres activités.
Moi et mes amis n’avons jamais découpé de grand-mère en dansant au clair de lune, drapé dans des tranches de jambon, lançant des psalmodies étranges à nos dieux noirs… Bon, ok, on l’a fait, mais dans un jeu, pas dans la vraie vie… et c’était pas une grand mère mais une jeune vierge et on était pas avec du jambon.
Donc j’en reviens à mon sujet, le JdR qu’est ce que c’est ?
Est-ce que ça vous est déjà arrivé d’imaginer la suite d’un film. Le mot FIN apparaît et vous, dans votre tête, vous essayez d’imaginer ce qui arrive au héros après ce mot. Vous essayez de rêver à ce qui peut se passer, a ce qui peut arriver. Si il se marie avec l’héroïne, si ils ont des gosses, si il retrouve son père qui l’a abandonné et lui fait sa tête au carré, etc.
Est-ce que vous avez déjà imaginé ce que vous feriez si VOUS étiez ce héros, cette héroïne à la fin du film ? Je parie que oui, pour certains d’entre vous. Par exemple, à la fin du retour du Jedi, ça ne vous dit pas de prendre la place de l’Empereur et de régner sur la galaxie, au lieu de faire comme cette tantouze émasculée de Luke, qui préfère aller danser avec des ewoks. (D’ailleurs et à ce propos, j’ai toujours pensé que cette volonté de côtoyer de trucs avec des poils, wookie ou ewoks, montrait un trouble émotionnel grave chez luke. Il a du perdre son nounours fétiche très petit.)
Moi j’y ai pensé, mais c’est aussi bien du a mes crises passagères de mégalomanie qu’a mon rejet de ces nullards de Jedi.
Et bien le JdR permet de faire ça. Il permet d’être, non pas ce que vous auriez voulu être, mais d’être un personnage imaginaire, crée uniquement par vous, avec vos idées, vos visions de sa vie. C’est vous qui créez la personne que vous souhaitez incarner pour un temps. Vous le décrivez (« alors je veux jouer un magicien, assez séduisant, mais pas trop fort physiquement » « ouais, une tantouze de magicien elfe, quoi, t’as qu’a le dire !! »), puis, par un système de règles différents selon les jeux, vous quantifiez ses possibilités, résumant toute une vie par des caractéristiques (force, intelligence, charisme, etc), et des compétences (connaissances, escrime, discrétion, gobage de flambi, masturbation rapide, etc).
Ces caractéristiques chiffrées sont certes importantes, mais ce qui définit le personnage, c’est la manière dont vous allez choisir de l’incarner au cours de la partie, la manière dont vous allez vous prendre à être quelqu’un d’autre.
Pour jouer, il faut des joueurs (forcement) et un maître de jeu. Le maître de jeu est celui qui va préparer la partie, écrire le scénario et imaginer les événements auxquels VOUS devrez réagir.
Je compare souvent le JdR a un film : Le Maître de Jeu est le scénariste, le metteur en scène, il est le seul a connaître le scénario du film ; il gère les second rôles et les adversaires des héros, les faisant réagir aux actions de ceux-ci. Les joueurs sont les personnages principaux, mais, contrairement aux acteurs qui connaissent l’histoire, là, ils jouent en aveugle. C’est du théâtre d’improvisation, mais sans le théâtre, de la commedia dell’arte, mais ou les rôle ne sont pas imposés.
Pour reprendre l’exemple de Star Wars, Luke (la tantouze), Ian (le beau voyou), Leia (la princesse dévergondée), Chewie (le gros nounours), sont incarnés par des Joueurs. Le Seigneur Vador et l’Empereur (Gloire sur Eux), la galaxie entière, sont gérés par le Maître du jeu.
Ou bien dans le Seigneur des Anneaux, pour les joueurs on a les hobbits (petites merdes qui puent des pieds), Legolas (la tantouze d’elfe qui coure sur la neige), le nain (la grosse brutasse aussi subtile qu’une brique), Aragorn (le beau et mystérieux voyou mais roi en fait), Boromir (le beau et ténébreux fils de roi), mais pas Gandalf. Gandalf est trop puissant pour être joué par un joueur. La encore, tout les autres personnages, de l’Ennemi jusqu'à Denethor, ou même la Dame des Galadhrim sont joués par le MJ.
L’action se fait par dialogue, par un échange entre les joueurs et le maître de jeu. Un système de règles permet de gérer les choses qui ne peuvent être gérées par la discussion, les actions qui ont une part de hasard, comme les éventuels combats.
Attention, quand je parle de combat : il n'y a aucun contact entre joueurs dans le JdR. Parfois, quand l’ambiance est là, que les joueurs se prennent à leur rôle, le ton s'envole, et l'un des joueurs, devant s'adresser à une armée entière, n'hésitera parfois pas à grimper sur la chaise pour nous faire une harangue lyrique faisant arracher des soupirs de satisfaction à l’assistance entière, mais jamais au grand jamais deux joueurs ne se lattent la face dans le but de mettre la tête de l’autre au carré.
Il existe une multitude d’univers de jeu… une multitude... Non, vraiment une multitude !! Basé sur des livres (Ambre, Le Seigneur des Anneaux, le Mythe de Cthulhu), des films (Star Wars, James Bond, ), des series TV (Babylon V, Buffy, Star Trek), ou bien sur la simple imagination des créateurs (là, y’en a trop pour que je les cites).
Vous pouvez ainsi choisir d’être un chevalier en armure, prêt a défendre sa foi et son roi, ou un malandrin coupeur de bourse, habitués des bas-fond et des tavernes ; vous pouvez être un vampire, vivant la nuit votre sombre malédiction, ou un loup-garou, défenseur de la nature plein de rage ; vous pouvez être un duelliste italien, maniant la rapière comme un artiste, ou bien un moine espagnol, assoiffé de connaissance et de savoir ; vous pouvez être une princesse chaste, pure mais retorse, habituée au jeux de la cour, ou bien une courtisane, maniant votre beauté comme une arme mortelle. Vous pouvez être un mercenaire galactique, a la recherche d'un contrebandier malhonnête, ou un étudiant Jedi (ou un paysan spatial, comme l’autre niais) ; Vous pouvez être gabier d'un navire corsaire ou barbare cimmérien... Vous pouvez être tout ce que votre imagination peut concevoir.
Tout est possible. La seule limite est votre imagination.
Pour info, pour ceux qui veulent savoir, voilà un petit résumé des jeux auquel je joue parfois, ou en tout cas, que j’apprécie ou que j’aie apprécié :
- Vampire : The Requiem : les joueurs sont ici des vampires, prédateurs nocturnes et torturés, essayant de survivre au sein d’une société pleine d’intrigues, de lutte de pouvoir, de sanglantes traditions.
- Legend of the Five Rings : dans un monde rappelant un japon médiéval vu a travers le miroir déformant d’Hollywood, les joueurs sont des Samurais, guerriers ou magiciens, servant leur seigneur.
- Qin : la Chine des Royaumes Combattants (3e siecle avant l’acrobate), mais vu a travers le miroir déformant des films chinois de Wu Xia, comme Tigre et Dragon, Hero, Le Secret des Poignards Volants, etc.
- Conan : « Sache, Ô Prince, qu'entre l'époque où les océans ont englouti l'Atlantide et ses cités étincelantes, et l'avènement des fils d'Aryas, il fut un âge de légende où de lumineux royaumes s'étendaient sur le monde tels des manteaux bleus sous les étoiles. »[…]« Alors vécut Conan, le Cimmérien, aux cheveux noirs, au regard sombre, épée au poing, voleur, pillard, guerrier, aux mélancolies titanesques, aux joies colossales, qui foula de sa sandale les trônes orgueilleux de la terre ». Que dire de plus ?!!!
- Pavillon Noir : l’Utopie Pirates dans sa grande splendeur. Montez a bord ! Partez écumer les mers des Caraïbes, aux cotés de Calico Jack Rackham, de Barbe Noir ou bien de Batholomew Roberts, qui definissait sa vie comme "courte et bonne !" Yop, là-haut, un’ bouteill’ de rhum !!
- Shadowrun : 2053, le monde a subit un changement radical quand la magie est revenue, faisant resurgir du passé des êtres oubliés, elfes, nains, orks, trolls… Dragons ! Et, souvent, il vaut mieux affronter un tank qu’un dragon. Les joueurs sont des mercenaires qui tentent de survivre dans un monde devenu fou, ou la technologie la plus avancée côtoie les antiques traditions magiques. Magicien ou guerrier cybernétique, c’est votre choix.
Voila… Et là, je suis enfin défini comme un geek sur ce site, ça fait plaisir, tiens !!
PS : petit point negatif, le JdR se meurt, tué par les MMORPG, les jeux de cartes a collectionner et la connerie humaine. Mais bon, tant que j'ai un cerveau, je pourrai continuer d'imaginer, de temps a autre, être un Magicien Elfe Noir au service de la Reine Araignée.
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Je m'absente quelques jours comme cela, et tu veux me piquer mon copyright ?
JE ME VENGERAI !!!!!
MWAHAHAHAHAHAHHAHAHAHA !
stereo-DM.
JE ME VENGERAI !!!!!
MWAHAHAHAHAHAHHAHAHAHA !
stereo-DM.
JdR is not dead
MMORPG sucks
et toutes ces sortes de choses
MMORPG sucks
et toutes ces sortes de choses
que lucifer nous masterise un truc : ses ambiances, ça donne envie
si j'explique devant des tournées de Duvel au requin, je risque de plus etre tres coherent.
En plus, j'ai renoncé a l'alcool.
En plus, j'ai renoncé a l'alcool.
relis tres regles : pages 46 du player's handbook DD3.5 : ranger can be of any alignement. Evil ranger, though rare, must be feared.
hum, hum.
Pour le reste, j'ai toujours rien compris.
Faudra que tu me réexpliques devant des tournées de Duvel au Requin.
Pour le reste, j'ai toujours rien compris.
Faudra que tu me réexpliques devant des tournées de Duvel au Requin.
One ne PEUT PAS jouer un Ranger d'alignement Mauvais.
C'est dans les règles.
Carotte, qui en est aussi et qui masterisais pas plus tard qu'hier soir.
C'est dans les règles.
Carotte, qui en est aussi et qui masterisais pas plus tard qu'hier soir.
et tu le racontes bien!
Addiction plus que probable...
Addiction plus que probable...
j'ai dû passer au mixer une victime de mon frère jumeau héroïnomane avant d'ouvrir aux flics. Une belle partie !
AD&D c'est pas mal. "Vampires" et "Chtulhu", c'est encore mieux à condition que le MD sache créer l'ambiance !
Merci Lucifier !
AD&D c'est pas mal. "Vampires" et "Chtulhu", c'est encore mieux à condition que le MD sache créer l'ambiance !
Merci Lucifier !
seul avec un plateau de jeu et des personnages en carton (les jeux video n'existaient pas encore), et la tête ailleurs toute la journée, brumeuse, entre trésor caché, points de force et points de vie, épées et chausses- trappes machiavéliques...
Surtout ne pas replonger : l'addiction est terriblement envahissante !!!
Surtout ne pas replonger : l'addiction est terriblement envahissante !!!

wé, l'Imagination comme Art de Vivre !!!
Révérence Empourprée, O Mage Noir...

Révérence Empourprée, O Mage Noir...

07/12/07 à 01h45
un voleur... backstab et Cie...
Moi a D&D, je joue un ranger/magicien elfe noir d'alignement chaotique/mauvais...
Moi a D&D, je joue un ranger/magicien elfe noir d'alignement chaotique/mauvais...
c'est a saumur en auxois, c ca ? paske a dijon, y'a pas de basilique Saint André.
Et c quand tu veux pour finir la discussion.
Et c quand tu veux pour finir la discussion.
Pas le temps, là, faut que j'aille finir de confectionner mes braies, le chambellan de Bourgogne m'attend à la basilique Saint André 

Ca me rappelle mes 1ers émois informatiques quand mon cousin mettait 45 mn à loader son jeu de sa disquette en 1' 1/2!!!!!!!!
à Donjons & Dragons ... Qui n'a jamais rêvé de voler ?


Je réagis à ce commentaire en
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lucifer_morningstar
publié le 6 déc. 07