la rencontre par affinités culturelles

  1. Rencontre des femmes et des hommes qui partagent vos passions.
  2. Créez vos listes d'oeuvres et d'artistes préférés
    parmi + de 2 millions de références.
  3. Partagez vos goûts, émotions, réactions en cinéma, musique, lecture, médias.
Seul contre moi
 Seul contre moi
rediger un nouveau commentaire sur Seul contre tous
catégorie : Non classé
corps du commentaire en taille petitecorps du commentaire en taille moyennecorps du commentaire en taille grandeimprimer ce commentaireenvoyer ce commentaire à un ami
Hier après midi m'est revenu à je ne sais plus qu'elle occasion, le souvenir d'une phrase entendue quelques dix années plus tôt.

C'était à Paris, nous venions d'emménager dans notre (déjà) troisième appartement, un vaste 3p, où la pièce centrale était destinée à abriter les raclures de ma société d'édition rêvée.

Il - autrement dit un être auquel sans savoir pourquoi j'avais répondu aux avances inconsciente de l'enfer qui allait s'abattre sur ma tête, mes épaules et autres parties du corps sujettes à la couleur bleu lorsqu'elles sont touchées d'un peu trop près -, alla inspecter la salle de bains et remarqua qu'il y avait une serrure dépourvue de clé.

C'est alors qu'il dit : "je vais mettre du scotch marron, comme ça tu ne pourras pas regarder, je te connais".
Je restais, comme toujours, interdite.

Je n'avais jamais été capable de lui répondre, d'ailleurs je n'avais jamais été capable de répondre, mais là, en outre, non seulement je ne comprenais pas, mais me sentis totalement dépassée par ce qu'il supposait de moi.

Etait-ce la formulation d'un désir inconscient ? Celui que je regarde par le trou de la serrure, son propre trou ? Entendez, son propre vide, restons polis....
Etait-ce une manière de me dire que j'étais une perverse, amatrice de scènes légitimement cachées ?

Certes, mon premier roman, policier, avait pour thème le voyeurisme. Le personnage en venait à comprendre les causes du plaisir et du mal être qui le prenaient simultanément à la vue de scènes de la vie quotidienne que sa condition de privé lui donnait l'occasion de voir.
Mais quand même...

Aujourd'hui, si quelqu'un me disait pareille chose, je répondrais que j'en ai rien à foutre de voir ses poils de c... Que la bassesse humaine, je l'ai vue dans toute sa splendeur pour ne pas avoir besoin de me rabaisser moi-même à elle pour la dévisager.
Enfin, bref, je répondrais.

D'ailleurs, savoir répondre m'a tellement manqué, qu'aujourd'hui j'ai presque envie de répondre avant même de recevoir pareille gifle.

Ceci dit, et pour prendre un peu de recul, reste la question philosophique et psychanalytique à la fois du voir, de trou de la serrure, et - comme l'indique le titre de ce film - du trou noir.

Le trou noir de la serrure étant l'abîme dans lequel prend sens le trou noir de l'objet regardé.
Regarder par le trou de la serrure, c'est ne pas faire face à ce que l'on voit, c'est éviter d'être face à Méduse, dont d'être marbrisé.

En fin de compte, regarder par le trou de la serrure, c'est détourner le regard.
On regarde autre chose, en pensant regarder La chose.
Alors ce "il", de quoi avait-il peur exactement ?
De moi ou de lui-même ?


Bien à vous,
serruriers du bonheur et maîtres des clés
réactions : 3
lectures : 121
votes : 10
Voici les 3 dernières réactions à ce commentaire
 Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
de nos pulsions voyeuristes inconscientes que vous omettez de décrire le contexte de votre réminiscence ou bien touchons-nous là aux limites conscientes de votre exhibitionnisme ?

Comment savoir de quel côté de la serrure on se trouve ?
 15/08/06 à 20h02
homosum
Votre histoire me fait penser à Persine et Mélusine, mère et fille, toutes deux répétant le même destin. Il y a un pacte à l'amour, respecter l'intimité. Tant que le doute n'habite pas le cœur de l'amant, l'amour s'épanouie. Puis arrive un jour où le doute est trop fort, et c'est la trahison. L'amour est devenu impossible, un souvenir. Comme si ces deux histoires voulaient nous dire qu'il ne faut pas chercher à voir l'être aimé en dehors du temps qu'il vous accorde, il faut le laisser venir à vous car il y a des choses auxquelles l'amour ne peut survivre.
comme couper la scène du jus d'orange au (re)montage...si je peux me permettre en faisant allusion également à ton com précédent, le seul endroit à l'envers se serait notre moi...