Je…
Je suis en manque.
Je suis chirurgien. J’exerce dans une clinique semi-privée, de renommée nationale.
J’opère les hanches et les genoux. Je suis un expert de l’articulation.
Hier, je suis rentré en métro. Pour voir, car je…
J’ai pris le taxi jusqu’au terminus d’une longue ligne. Je voulais voir l’heure de pointe.
Je me suis assis, au milieu de la rame, le métro a démarré et j’ai attendu qu‘elles montent.
Trois stations. Beaucoup de monde sur le quai.
La première s’est assise en face de moi. Brune, les cheveux mi-longs. Une belle allure en robe bleue. Son décolleté est très attirant : il se noue derrière la nuque, façon maillot de bain. Je regarde les fils de son MP3 pendre de ses oreilles, pendentif sinueux à peine cachées derrière les filets de ses cheveux… Son visage n’est pas beau mais elle a du charme. Ses yeux sont ailleurs, probablement perdus dans sa musique. Je la regarde. Son visage est frais, mat et lisse. Ses yeux sont noirs et profonds. Elle semble m’ignorer, Mais je sens de temps en temps son regard, qu’elle semble poser sur moi par hasard, dans l’attente de son voyage. Alors je détourne la tête et retourne soudainement mon regard vers elle. Elle détourne la tête. Une timide, à n’en pas douter.
J’ai à peine quarante ans. Les infirmières me draguent souvent. Quelques fois je me laisse tenter, juste pour une nuit, pour voir… Mais je n’ai pas le temps. Je travaille trop, en fait. Et là, ça fait longtemps que je n’ai pas fait certaines choses, pour voir…
Je note ses joues plates qui laissent glisser mon regard sur sa peau. Mes pensées sont diffuses, elles crépitent jusqu’à son menton, rebondissent sur sa bouche. Je décolle mes yeux d’elle… Je la laisse à son regard perdu, je dirige mon regard vers les autres. Entre-temps, la rame s’est remplie.
Je m’arrête net sur elle, une jeune fille aux longs cheveux un peu roux. Elle est debout. Ses jambes blanches sont très belles. Son teint est blanc crème, je devine de loin des tâches de rousseurs qui m’attirent… Mais moins que sa mini jupe en jean. Elle porte en haut un tee-shirt gris, sans manche, très près du corps lui aussi. Elle est très élancée. Je devine une très fine poitrine, minuscule, mais vivante, bien assise, sans soutien-gorge. Son visage est rond, son nez à peine visible dans le décor pastel de sa petite frimousse. Je l’imagine couchée, nue, à côté de moi. Je suis en train de lui caresser ses doux seins. Les bouts rebondissent sous la pression de mon index…
Je reviens vers ma voisine d’en face. Ses lèvres sont à moitié ouvertes. Ouverture vers le palais des délices de nos langues, que j’imagine profondément enlacées…
Celle qui est à côté d’elle est plus vieille. Je ne peux pas trop la regarder, je sens ses yeux peser sur moi. Je la devine de toute façon trop lourde pour m’intéresser.
Je reviens vers la belle et gracile rousse. J’ai envie de la toucher, de pointer ma langue dans sa nuque, de l’exciter, pour voir…
Je repense à mon travail. Parfois j’en opère plus de 5 à la suite. Je remplace des hanches, je mets des vis, je taille, je scie. C’est très physique. Elles sont presque toutes, quand ce sont des femmes, plutôt vielles. Mais parfois j’ai de beaux spécimens, des os durs comme fer. Alors, je dois utiliser le plus gros calibre de scie.
Depuis quelque temps, je me permets un petit amusement. Sur chaque opération, je laisse une trace. J’ai toujours affaire à l’os, que celui-ci soit fort, fragile, en passe de se briser, ou complètement tordu. J’ai caché ma petite activité dans une technique, un ensemble de procédés, qui vaut ma renommée. A la dérobée, je laisse trois traces, deux croisées et l’autre en bas, horizontale. Je les fais le plus souvent à la roulette… C’est fin, à peine audible, et très net. Plus la fille est belle, plus je marque. Les vielles ont souvent les os friables, quand je ne suis pas entrain de remplacer tout ça par un ersatz synthétique… alors je m’abstiens , je ne suis pas un sadique.
J’entoure les lèvres de la brune à la robe bleue, de mon regard. Ces lèvres m’attirent. Je sens un mouvement dans mon pantalon… Je…
Le temps passe, je m’évade. Je reviens vers mon bloc opératoire, les patients, le travail. Je suis lasse, tout compte fait.
La rousse est descendue du métro, je ne l’ai pas vue sortir, dommage, j’aurais bien aimé voir son profil. La brune n’a maintenant physiquement plus de secret pour moi. Ses lèvres, sa moue, ses cheveux plats, ses oreillettes… Commune, tout compte fait. Je repense à ce baiser passionné, ma langue, dans sa bouche qu’elle laisse obstinément entr’ouverte. Elle m’aurait vite ennuyée.
Je sors du métro. J’en ai finit de cette entrave à ma vie.
Je quitte ce petit monde souterrain, et m’enfonce dans le premier taxi pour rentrer chez moi.
.
Je suis en manque.
Je suis chirurgien. J’exerce dans une clinique semi-privée, de renommée nationale.
J’opère les hanches et les genoux. Je suis un expert de l’articulation.
Hier, je suis rentré en métro. Pour voir, car je…
J’ai pris le taxi jusqu’au terminus d’une longue ligne. Je voulais voir l’heure de pointe.
Je me suis assis, au milieu de la rame, le métro a démarré et j’ai attendu qu‘elles montent.
Trois stations. Beaucoup de monde sur le quai.
La première s’est assise en face de moi. Brune, les cheveux mi-longs. Une belle allure en robe bleue. Son décolleté est très attirant : il se noue derrière la nuque, façon maillot de bain. Je regarde les fils de son MP3 pendre de ses oreilles, pendentif sinueux à peine cachées derrière les filets de ses cheveux… Son visage n’est pas beau mais elle a du charme. Ses yeux sont ailleurs, probablement perdus dans sa musique. Je la regarde. Son visage est frais, mat et lisse. Ses yeux sont noirs et profonds. Elle semble m’ignorer, Mais je sens de temps en temps son regard, qu’elle semble poser sur moi par hasard, dans l’attente de son voyage. Alors je détourne la tête et retourne soudainement mon regard vers elle. Elle détourne la tête. Une timide, à n’en pas douter.
J’ai à peine quarante ans. Les infirmières me draguent souvent. Quelques fois je me laisse tenter, juste pour une nuit, pour voir… Mais je n’ai pas le temps. Je travaille trop, en fait. Et là, ça fait longtemps que je n’ai pas fait certaines choses, pour voir…
Je note ses joues plates qui laissent glisser mon regard sur sa peau. Mes pensées sont diffuses, elles crépitent jusqu’à son menton, rebondissent sur sa bouche. Je décolle mes yeux d’elle… Je la laisse à son regard perdu, je dirige mon regard vers les autres. Entre-temps, la rame s’est remplie.
Je m’arrête net sur elle, une jeune fille aux longs cheveux un peu roux. Elle est debout. Ses jambes blanches sont très belles. Son teint est blanc crème, je devine de loin des tâches de rousseurs qui m’attirent… Mais moins que sa mini jupe en jean. Elle porte en haut un tee-shirt gris, sans manche, très près du corps lui aussi. Elle est très élancée. Je devine une très fine poitrine, minuscule, mais vivante, bien assise, sans soutien-gorge. Son visage est rond, son nez à peine visible dans le décor pastel de sa petite frimousse. Je l’imagine couchée, nue, à côté de moi. Je suis en train de lui caresser ses doux seins. Les bouts rebondissent sous la pression de mon index…
Je reviens vers ma voisine d’en face. Ses lèvres sont à moitié ouvertes. Ouverture vers le palais des délices de nos langues, que j’imagine profondément enlacées…
Celle qui est à côté d’elle est plus vieille. Je ne peux pas trop la regarder, je sens ses yeux peser sur moi. Je la devine de toute façon trop lourde pour m’intéresser.
Je reviens vers la belle et gracile rousse. J’ai envie de la toucher, de pointer ma langue dans sa nuque, de l’exciter, pour voir…
Je repense à mon travail. Parfois j’en opère plus de 5 à la suite. Je remplace des hanches, je mets des vis, je taille, je scie. C’est très physique. Elles sont presque toutes, quand ce sont des femmes, plutôt vielles. Mais parfois j’ai de beaux spécimens, des os durs comme fer. Alors, je dois utiliser le plus gros calibre de scie.
Depuis quelque temps, je me permets un petit amusement. Sur chaque opération, je laisse une trace. J’ai toujours affaire à l’os, que celui-ci soit fort, fragile, en passe de se briser, ou complètement tordu. J’ai caché ma petite activité dans une technique, un ensemble de procédés, qui vaut ma renommée. A la dérobée, je laisse trois traces, deux croisées et l’autre en bas, horizontale. Je les fais le plus souvent à la roulette… C’est fin, à peine audible, et très net. Plus la fille est belle, plus je marque. Les vielles ont souvent les os friables, quand je ne suis pas entrain de remplacer tout ça par un ersatz synthétique… alors je m’abstiens , je ne suis pas un sadique.
J’entoure les lèvres de la brune à la robe bleue, de mon regard. Ces lèvres m’attirent. Je sens un mouvement dans mon pantalon… Je…
Le temps passe, je m’évade. Je reviens vers mon bloc opératoire, les patients, le travail. Je suis lasse, tout compte fait.
La rousse est descendue du métro, je ne l’ai pas vue sortir, dommage, j’aurais bien aimé voir son profil. La brune n’a maintenant physiquement plus de secret pour moi. Ses lèvres, sa moue, ses cheveux plats, ses oreillettes… Commune, tout compte fait. Je repense à ce baiser passionné, ma langue, dans sa bouche qu’elle laisse obstinément entr’ouverte. Elle m’aurait vite ennuyée.
Je sors du métro. J’en ai finit de cette entrave à ma vie.
Je quitte ce petit monde souterrain, et m’enfonce dans le premier taxi pour rentrer chez moi.
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Voici les 34 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
...veux-tu bien rendre a bernard ce qui est a bernard!
Très juste ! Pour lasse, je ne savais vraiment pas. Je me suis demandée comment c'est au masculin et j'en ai conclus : lasse. Faute de français.
Pour ennuyée, faute d'inattention... Ou lapsus à analyser...
Pour ennuyée, faute d'inattention... Ou lapsus à analyser...
... J'adore toujours me rendre compte que les femmes, AUSSI, "ont bien de temps en temps/quelques idées qui dansent"(Bécaud: les marchés de provence)
Des fois "on" me laisse entendre que je ne suis qu'un vieux cochon, alors je culpabilise de laisser trainer me yeux, dans le train et le métro, ou il y rien que des joulies étudiantes qui en fin de ouiquende,rentrent à leur studio lillois pour la semaine, et beaucoup habitent mon quartier...
Y'a une bizarrerie dans ton com: tu changes de sexe en cours de route!
Au début c'est sur, t'es UN chirurgien, qui se tape des infirmières qui LE draguent, t'as le futal qui fourmille...
...et au dernier paragraphe, tu es LASSE, et tu te rends compte qu'avec la rousse , tu te serais ENNUYEE... Troublant!
brian Roberts
Il y a de tout dans les pâquerettes, de sales comme de beaux mots.
Pourquoi rose ?
schérazade
Chanceuse ! si je ne dors pas 10 h, je somnole, hélas, tout le jour.
mariorigonistern
En effet, tout comme l'homme...
Il y a de tout dans les pâquerettes, de sales comme de beaux mots.
Pourquoi rose ?
schérazade
Chanceuse ! si je ne dors pas 10 h, je somnole, hélas, tout le jour.
mariorigonistern
En effet, tout comme l'homme...

il n'y a rien de plus beau que la féminité en mouvement!
pas besoin de beaucoup de sommeil : cinq à six heures tout au plus ! depuis l'enfance ...
Cela m'a laissé du temps pour découvrir bien des univers ! bonne journée !! active ... alors, la journée ..... ?
Cela m'a laissé du temps pour découvrir bien des univers ! bonne journée !! active ... alors, la journée ..... ?
Si je te connaissais un peu plus, je te dirais quen lisant ta description sans lunettes, j'ai compris : jouir sur les pâquerettes et cueillir les mots. OOOps, je crois que je viens de le dire. Dans le fond, c'est un peu le même état d'esprit.
mariorigonistern, exact : déhanché. Je n'y ai pas pensé, dommage. C'est vrai que c'est mieux.
Shérazade, bonne nuit à toi aussi. Moi, franchement, je lis le plus souvent.
uncerf, J'imagine que ce sont dons les escalier la clef de voute... Dans le bus, il y a aussi des choses qui se passent j'imagine...
Petrole, ah Godard !Belle description !
Shérazade, bonne nuit à toi aussi. Moi, franchement, je lis le plus souvent.

uncerf, J'imagine que ce sont dons les escalier la clef de voute... Dans le bus, il y a aussi des choses qui se passent j'imagine...
Petrole, ah Godard !Belle description !
que si les femmes rousses ont la peau aussi blanche, c'est que tout leur sang s'en est allé dans leurs cheveux.
... ou quelque chose comme ça
... ou quelque chose comme ça
un pragmatisme qu'il serait sans intérêt de détailler ici fait que je n'ai plus pris le métro depuis plusieurs années le bus et le tram par contre oui, mais l'ambiance n'est pas la même 

souvent aux heures de pointe ! au lieu de lire, je regarderai désormais .... on ne sait jamais, s'il y a de jolies filles, peut y avoir de beaux garçons ...
belle description cependant ... d'un esprit vagabondeur !!
Bonne soirée hortensia ...*****
belle description cependant ... d'un esprit vagabondeur !!
Bonne soirée hortensia ...*****
exact, à la place de "profil" j'aurais bien vu "déhanché".
Joli texte Hortensia, je serais + attentif dans le métro désormais
Joli texte Hortensia, je serais + attentif dans le métro désormais

or not toubib, that is the question !
28/06/08 à 19h38
la crémaillère ! Y'aura peut-être un barbec d'os..
DD, Pourquoi crois-tu que je t'avais dis de prendre le métro pour aller voir les Blondie's..
DD, Pourquoi crois-tu que je t'avais dis de prendre le métro pour aller voir les Blondie's..
28/06/08 à 17h36
la_petite_850
ça sent le roussi jusqu'en salle de réveil : un barbecue ce soir?
ça fait un peut rafistolage; mais bon 
Pour l'écriture sur les 'filles', ja'urais pu faire un peu plus cru... Mais je n'ai pas osé.
Uncerf, tu ne le prends plus ?
kinz, promis, je ne dirai plus qu'un texte est mièvre, sauf si c'est pour rire ou que je le pense !
Voltuan, je ne connais pas ces filmas mais je peux m'imaginer.

Pour l'écriture sur les 'filles', ja'urais pu faire un peu plus cru... Mais je n'ai pas osé.
Uncerf, tu ne le prends plus ?
kinz, promis, je ne dirai plus qu'un texte est mièvre, sauf si c'est pour rire ou que je le pense !
Voltuan, je ne connais pas ces filmas mais je peux m'imaginer.
ils en parlent aussi, mais moins fort que...le reste

Mais, hum, encore trop fille..."La rousse est descendue du métro, je ne l’ai pas vue sortir, dommage, j’aurais bien aimé voir son profil". Ca s'appelle comme ça ?
Et, il me semble, que ces messieurs font moins attention au teint et aux yeux, mais je me trompe peut-être...
Et, il me semble, que ces messieurs font moins attention au teint et aux yeux, mais je me trompe peut-être...
habituellement tu prends quelle rame de métro ?
il y a de bonnes articulations 

T'as pas les boudins sous le décolleté !!
)
)mais le décolleté égal à lui-même. Constance dans la qualité.
mais j'aurai essayé, hein .
A quoi n'ai-je pas pensé ?
décidément, vous les femmes savez mettre des mots sur notre regard, mais pas tous, pas tous...

sous le regard d'un tel personnage !


*****

Je réagis à ce commentaire en
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hortensia
publié le 28 juin 08