Rendez-vous à la piscine avec Lucie et Clara. Je les conduis, elle n’a toujours pas retrouvé sa voiture, c’est peine perdue. Chez elle, c’est la fin du monde, son mec lui en veut à mort. Sans sa voiture, cet homme n’est rien, pourtant sa femme est toujours là, elle, bien vivante, toujours aussi nunuche mais pas assez objet encore pour être l’objet du désir de son mec. Je lui ai conseillé de prendre un amant mais elle m’a confié qu’elle n’aimait pas faire l’amour. Alors là pour moi, c’est un mystère, car à part manger et baiser, je ne vois pas grand chose d’intéressant sur cette terre. D’ailleurs, moi j’ai faim ! Enfin passons et nageons pour oublier !
Je nage lentement, pensive, les deux poules d’eau caquettent et je n’arrive pas à suivre la conversation, je sens un regard insistant sur moi, je le croise de plus en plus souvent. Je décide de sortir de l’eau au grand étonnement des filles, faisant mine d’avoir froid. Je m’enveloppe dans ma serviette et j’attends. Il sort à son tour, se dirige vers moi, mon cœur bat très fort. Je me mets à trembler de plus en plus fort sans pouvoir me maîtriser, comme une sorte de timidité et d’audace mélangée. Il m’aborde poliment et me pose quelques questions auxquelles j’ai du mal à répondre tant mes mâchoires sont crispées. Alors il remarque mon trouble.
- Vous avez froid, vous devriez aller prendre une douche très chaude et après je vous retrouve au bar.
Je pense. Pourquoi ce mec me drague ? Qu’est-ce que j’ai fait pour qu’il croit avoir sa chance ? Vraiment j’hésite. Il cherche mon regard qui fuit le sien.
- Vous pensez peut être que je suis un dragueur ?
- Je ne sais pas.
- J’ai envie de vous connaître davantage, d’ailleurs on se connaît.
- Ah bon ! Dis-je étonnée.
Je me tourne face à lui, ma serviette glisse laissant entrevoir mes cuisses, ses yeux se portent immédiatement sur ma main qui relève le tissu, sa bouche entrouverte montre son souhait d’en voir davantage. Je ne peux m’empêcher de regarder ses jambes musclées et poilues, son slip de bain laisse deviner la courbe de son sexe. A ce moment, nous savons tous les deux que nous nous plaisons. Il me dit m’avoir rencontrée lors d’une réunion où nous avions échangé quelques mots. J’avoue ne pas me souvenir de lui. Il rajoute qu’il n’avait pas insisté à l’époque car je n’étais pas disponible.
- Vous étiez différente, plus hermétique.
Je vois ce qu’il veut dire.
Comme nous avons froid, il propose que nous nous réchauffions à la cafétéria. Je fais signe aux filles que je vais me rhabiller. A leur arrivée, nous sommes assis tous deux, épaule contre épaule et discutons à demi mot un gobelet en plastique dans la main. Je présente Bertrand aux filles et très vite lance un :
- A bientôt peut être ?
Bien sûre Clara me mitraille de questions. Je réponds par des « je ne sais pas ». Lucie, elle tranche dans le vif :
- Il a un beau cul !
- Ha bon tu l’as remarqué ?
- Madame a le nez pour ces choses là !
- Toi tes hormones te jouent des tours.
- Je suis une femme avec des taaaaaaaaaaas d’hormones tout simplement !
***
Lucie m’appelle pour un rendez-vous shopping. C’est l’occasion de parler un peu plus franchement, j’ai besoin de son avis, son avis de femme. A-t-elle aussi désiré être dans les bras d’un autre homme, ne serai-ce que quelques heures ? Suis-je une garce, simplement pas assez contentée ou véritablement inapte au modèle de base, à reformater !! Lucie me dit qu’elle regarde, désire, rêve mais ne consomme pas car elle se croit faite pour lui. Là, merde, cela ne m’aide pas. Je l’aurai préférée plus secrète, j’aurai au moins pu imaginer des trucs, quoi ! Non décidément, elle est normale, affreusement normale ou parfaitement pas sincère !
Un sms apparaît sur mon portable : « rv à la piscine pour nager en eaux troubles ». Je réponds : « ok, jetons-nous à l’eau ». Nous prenons la même cabine, elles sont vraiment très étroites. Il me propose un petit jeu qui consiste à se regarder sans se toucher. Dans nos gesticulations pour nous déshabiller, nous nous frôlons, peau contre peau. Je suis déjà en maillot, lui pas. Troublée, je détourne le regard puis me ravise, il est bien membré. Je m’imagine bien le saisir dans ma main, le sentir réagir à la pression de mes doigts. Il y a des sexes d’hommes qui donnent envie d’être consommés tels des sorbets au citron. Bertrand en possède un, une sculpture parfaite, une membrure généreuse : un produit consommable à souhait ! Le supplice est terminé, nous nous dirigeons vers les douches, vierges d’attouchements. Séparés momentanément, je pense déjà à lui et à ce que va être ce moment, mon corps frémit.
Ce bain ressemble à un préliminaire. Nous faisons des longueurs sans un mot, parfois côte à côte, parfois l’un derrière l’autre. Cette eau qui m’enveloppe sont ses bras. Sur ma nuque, les vagues de ses baisers. Sur le dos, les bras en croix, je ferme les yeux me délectant des ondulations de l’eau autour de mon corps. Mes seins pointent haut vers le ciel, je suis envahie de désir. Je sens entre mes cuisses une vague de chaleur me pénétrer. Je ne sais pas si je pourrai encore franchir les quelques marches de l’échelle : Mes jambes flageolent, tout mon corps est prêt au plaisir, prêt à l’extrême.
Je pars me changer, il me rattrape comme un chat, bondit sur la poignée de la porte et entre derrière moi. De dos, un peu gauche, dans cet espace réduit, sans un bruit, je me concentre sur chacun de mes gestes, je les veux sensuels. Nue comme un vers, ma longue chevelure goutte le long de mon dos. J’enfile à même la peau, mon pull, mes seins frottent contre la laine. Les poils de mon sexe encore humides laissent couler un filet d’eau entre mes cuisses. Il me regarde sans broncher, seul son sexe, enfermé dans son slip de bain semble hurler un « laissez moi sortir » et comme dans la chanson : j’ouvre la cage au petit oiseau prisonnier.
Bertrand est à bout, je le laisse se ressaisir. Nous nous retrouvons devant sa voiture. Il m’emmène chez lui. Surexcités, je m’attends à ce qu’il me prenne furieusement à peine la porte ouverte. Non, il me prépare un café. Assis face à face, nous nous regardons intensément et nous parlons de longues minutes, posant les règles avec finesse. L’attente se fait douloureuse. Il m’entoure tendrement de ses bras, mes joues se collent tendrement sur sa peau chaude et sucrée….
Le téléphone sonne :
- éh Poulette ça te dit une p’tite piscine avec ta copiiiiiiiiine ? Et qui sait y’aura p’têt ton Bertrounet pour te dragouser.
- hummmmm attends…
- mais je te réveille là ou quoi ? T’exagère t’as vu l’heure feignasse ?
- Ouais ben Clara est venue manger à la maison hier soir avec son maaaaari, super soirée ! Z’ont pas arrêté de s’engueuler, m’ont pris la tête. Alors tu vois ce matin c’est tête comme une citrouille et je marche à deux à l’heure…
- alors pas de pistoche alors ?
- si, si je vieeeeeeens.
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reinette88
publié le 17 sept. 08