Tu vois, il a fallu que j’arrête toutes ces conneries, il a fallu que je me retrouve dans cet état. Je ne crois pas beaucoup à la sensation de résurrection, c’est des fadaises tout ça, ce que je peux te dire, c’est que je sentais la pente douce mais inéluctable, et je prenais mon temps pour descendre, mais finalement c’est ça qui fait flipper. Avoir tout son temps pour regarder en bas, manquer d’emprise sur les événements, et puis faire n’importe quoi, ou pire, ne rien faire, parce que c’est le plus facile.
J’ai quand même bien ri, ces derniers mois. Et si peu pleuré, surtout. Trompeuses apparences. Un temple de glace, aurait chanté Murat, en me bouleversant, sûrement.
La glace qui durcit au fil du temps, ce sont ces livres qu’on lit et relit persuadé qu’ils sont écrits pour nous. Et puis page après page, le miracle se délite et la passion s’étiole, et l’on ressent moins fort, et on l’ignore encore mais on n’y croit plus.
La glace qui vous piège et vous recroqueville, ce sont ces échecs qui n’étaient peut-être que des réussites avortées, mais comment le savoir ? Alors on ne le sait pas, et on oublie.
La glace qui vous paralyse, ce sont ces coups de fil qui reviennent comme surgis du passé, «Jim, ton frère va mal », et l’insouciance qui en reprend un coup sur la tête, et ce conditionnement familial qui remonte à la surface, soudainement, qui vous brise une barrière mentale en un éclair, qui vous rappelle pourquoi elle avait commencé à prendre, cette glace.
Alors j’essaie de me remémorer mes derniers instants forts, ces dernières preuves que l’anesthésie n’a pas tout balayé. Quand il n’y a pas les proches, il y a l’art, mais est-ce que l’art est suffisant ? Question de merde, ça. Comme de se demander comment voir ce film sans éprouver de profond malaise, à chaque fois, inévitablement, devant le regard de Mélanie Laurent. On ne s’en sortira pas, si l’on n’exorcise rien ? Et ce personnage masculin, qui la protège encore et toujours, c’est moi, moi, moi ? Eh bien non, ce n’est pas moi. Et c’est un film. On ne dirait pas, je sais. C’est pour ça que je me suis fait avoir.
Très souvent je me jure de ne plus jamais refoutre les pieds dans une boîte de nuit, même celle-là, et si tu te souvenais de ma façon de danser tu comprendrais. Mais au fil de ces soirées qui se ressemblent toutes au fond, les circonstances me conduisent parfois à ce symbole de concession, et j’ai l’air d’un con, à compter les heures, et je ne peux pas parler alors que c’est tout ce que je possède, la parole, puisque je n’ai jamais trouvé le bon geste.
Je déménage le mois prochain, parce que sinon, il y a des chances que rien n’bouge, m’a prévenu Cantat.
A chaque fois c’est la même histoire, je passe une soirée dans le ton de cette année anesthésiée, j’ai mes repères et mon groupe d’amis, mais le portable vibre devant mon verre, et c’est toi qui es loin, et bordel, dans ma tête tout à coup respire la voix brisée de Johnny Cash, et ça me rappelle que je me contente de vivre des trucs sans importance. Et je ne peux pas te le dire, parce que je te l’ai déjà dit mais tu ne m’avais pas entendu.
Et cette chape de plomb, tu vois, c’est comme une couche de glace supplémentaire. Il me faut une sensation forte ou bien ma vie va s’endormir. Je crois que je n'espère plus un miracle, en réalité je sais juste qu’il ne faut pas baisser complètement la tête. J’attends dans le vide, et petit à petit je sens la glace qui m’éloigne de tout ce qui faisait de moi un garçon qu’on regarde en se disant qu’il a de l’avenir.
Et puis non. Je suis trop con mais pas seulement, et depuis que je me suis regardé souffrir dans l’improvisation 20 de Kandinsky, je sais que je peux encore reconnaître la saveur des sensations fortes, et je sais aussi que je peux lire à nouveau "Je voudrais pas crever" en pensant à ma propre vie. C’était l’autre jour, dans les rues pavées de la cité de Calvin, j’ai vu ce tableau, relu ces vers et croisé des regards qui m’ont plu. Et puis surtout, j’ai eu envie d’acheter un disque. Ça faisait longtemps, et j’ai trouvé ça louche.
Quand j’étais plus près de toi, j’achetais des disques que je n’avais même pas le temps d’écouter.
J’ai acheté ce disque-là parce qu’il y avait mon nom de marqué dessus, comme à l’époque, comme ce livre de Flore Vasseur quand je l’ai ouvert pour la première fois, la seule qui valait le coup. Comme quand je t’avais regardé la première fois, la seule qui valait le coup.
J’ai acheté ce disque-là pour sa pochette sombre et ses promesses déjà tenues. Ce disque que Pete Doherty a sorti de nulle part, et qui ne sonne même pas comme un épilogue, avec ses mélodies retrouvées et ses quelques sourires en coin.
Je ne vais pas pouvoir te le décrire, ce disque, les mots seraient trop simples alors que la vie est si compliquée.
Ce petit Anglais pourrait crever, lui, la gueule dans le caniveau, je crois qu’il ne sait pas ce que c’est que de passer une existence sous anesthésie. Pete, il écrit des instants ardents, brûlants, et il les expulse comme on crache sa bile, avec tout ce qu’elle cache de bonheur éclos et de souffrance vive, ces états d'âme qui ne peuvent survivre l’un sans l’autre, et qui s’entremêlent à mes oreilles, et qui me font sourire comme rarement, quand sa voix monte presque joyeusement sur le refrain de Delivery.
Un pas en avant, enfin. J’ai envie d’embrasser quelqu’un. Je pense à mon frère, aussi, et aux gens qu’il me reste à trouver, aux lignes qu’il me reste à écrire.
J’ai quand même bien ri, ces derniers mois. Et si peu pleuré, surtout. Trompeuses apparences. Un temple de glace, aurait chanté Murat, en me bouleversant, sûrement.
La glace qui durcit au fil du temps, ce sont ces livres qu’on lit et relit persuadé qu’ils sont écrits pour nous. Et puis page après page, le miracle se délite et la passion s’étiole, et l’on ressent moins fort, et on l’ignore encore mais on n’y croit plus.
La glace qui vous piège et vous recroqueville, ce sont ces échecs qui n’étaient peut-être que des réussites avortées, mais comment le savoir ? Alors on ne le sait pas, et on oublie.
La glace qui vous paralyse, ce sont ces coups de fil qui reviennent comme surgis du passé, «Jim, ton frère va mal », et l’insouciance qui en reprend un coup sur la tête, et ce conditionnement familial qui remonte à la surface, soudainement, qui vous brise une barrière mentale en un éclair, qui vous rappelle pourquoi elle avait commencé à prendre, cette glace.
Alors j’essaie de me remémorer mes derniers instants forts, ces dernières preuves que l’anesthésie n’a pas tout balayé. Quand il n’y a pas les proches, il y a l’art, mais est-ce que l’art est suffisant ? Question de merde, ça. Comme de se demander comment voir ce film sans éprouver de profond malaise, à chaque fois, inévitablement, devant le regard de Mélanie Laurent. On ne s’en sortira pas, si l’on n’exorcise rien ? Et ce personnage masculin, qui la protège encore et toujours, c’est moi, moi, moi ? Eh bien non, ce n’est pas moi. Et c’est un film. On ne dirait pas, je sais. C’est pour ça que je me suis fait avoir.
Très souvent je me jure de ne plus jamais refoutre les pieds dans une boîte de nuit, même celle-là, et si tu te souvenais de ma façon de danser tu comprendrais. Mais au fil de ces soirées qui se ressemblent toutes au fond, les circonstances me conduisent parfois à ce symbole de concession, et j’ai l’air d’un con, à compter les heures, et je ne peux pas parler alors que c’est tout ce que je possède, la parole, puisque je n’ai jamais trouvé le bon geste.
Je déménage le mois prochain, parce que sinon, il y a des chances que rien n’bouge, m’a prévenu Cantat.
A chaque fois c’est la même histoire, je passe une soirée dans le ton de cette année anesthésiée, j’ai mes repères et mon groupe d’amis, mais le portable vibre devant mon verre, et c’est toi qui es loin, et bordel, dans ma tête tout à coup respire la voix brisée de Johnny Cash, et ça me rappelle que je me contente de vivre des trucs sans importance. Et je ne peux pas te le dire, parce que je te l’ai déjà dit mais tu ne m’avais pas entendu.
Et cette chape de plomb, tu vois, c’est comme une couche de glace supplémentaire. Il me faut une sensation forte ou bien ma vie va s’endormir. Je crois que je n'espère plus un miracle, en réalité je sais juste qu’il ne faut pas baisser complètement la tête. J’attends dans le vide, et petit à petit je sens la glace qui m’éloigne de tout ce qui faisait de moi un garçon qu’on regarde en se disant qu’il a de l’avenir.
Et puis non. Je suis trop con mais pas seulement, et depuis que je me suis regardé souffrir dans l’improvisation 20 de Kandinsky, je sais que je peux encore reconnaître la saveur des sensations fortes, et je sais aussi que je peux lire à nouveau "Je voudrais pas crever" en pensant à ma propre vie. C’était l’autre jour, dans les rues pavées de la cité de Calvin, j’ai vu ce tableau, relu ces vers et croisé des regards qui m’ont plu. Et puis surtout, j’ai eu envie d’acheter un disque. Ça faisait longtemps, et j’ai trouvé ça louche.
Quand j’étais plus près de toi, j’achetais des disques que je n’avais même pas le temps d’écouter.
J’ai acheté ce disque-là parce qu’il y avait mon nom de marqué dessus, comme à l’époque, comme ce livre de Flore Vasseur quand je l’ai ouvert pour la première fois, la seule qui valait le coup. Comme quand je t’avais regardé la première fois, la seule qui valait le coup.
J’ai acheté ce disque-là pour sa pochette sombre et ses promesses déjà tenues. Ce disque que Pete Doherty a sorti de nulle part, et qui ne sonne même pas comme un épilogue, avec ses mélodies retrouvées et ses quelques sourires en coin.
Je ne vais pas pouvoir te le décrire, ce disque, les mots seraient trop simples alors que la vie est si compliquée.
Ce petit Anglais pourrait crever, lui, la gueule dans le caniveau, je crois qu’il ne sait pas ce que c’est que de passer une existence sous anesthésie. Pete, il écrit des instants ardents, brûlants, et il les expulse comme on crache sa bile, avec tout ce qu’elle cache de bonheur éclos et de souffrance vive, ces états d'âme qui ne peuvent survivre l’un sans l’autre, et qui s’entremêlent à mes oreilles, et qui me font sourire comme rarement, quand sa voix monte presque joyeusement sur le refrain de Delivery.
Un pas en avant, enfin. J’ai envie d’embrasser quelqu’un. Je pense à mon frère, aussi, et aux gens qu’il me reste à trouver, aux lignes qu’il me reste à écrire.
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(Plus personne et c'est tant mieux! Enfin, place nette pour dire la chose simplement.
)
... a ce que je vois.
si tu arretais d'écouter de la musique pour adolescents suicidaires aussi..
Repasse toi la Danse des Canards, tu verras tout de suite la vie autrement.
Carotte, qui n'aime pas, non plus, pete doherty.
si tu arretais d'écouter de la musique pour adolescents suicidaires aussi..
Repasse toi la Danse des Canards, tu verras tout de suite la vie autrement.
Carotte, qui n'aime pas, non plus, pete doherty.
qui ne demande pas forcément à être poli.
16/10/07 à 01h02
Joachim Murat, mais c'est bien sûr !
et pas con, à la fois 
...c'est un peu l'apothéose du désoeuvrement non ?
Beau texte sinon
Beau texte sinon
12
là, du coup , chez moi aussi, des souvenirs vaporeux ondulent et embaument l'air. de rien.
... Quans on se cambre on ne fait pas toujours attention...
tu prends le mors aux dents pour un rien, tu vas gacher ton beau harnais (facile celle-là)
remets encore une couche, juste pour 1 ou 2 kg de plus
... juste à vous aider, après... Vous me remercierez, vous verrez !
la cellule psychologique post traumatique ?
Il nous en faudra plus au Chavounet et moi pour nous dissuader !
Il nous en faudra plus au Chavounet et moi pour nous dissuader !
tu es l'impératrice dela justification, même si la plaisanterie que j'ose est fine
il vient de loin celui-là
il vient de loin celui-là

n'est-il pas temps pour Vertigo de jouir enfin ?
Donc malotru ou pas ? Chacun ces goûts, seul le plaisir compte !!!

Donc malotru ou pas ? Chacun ces goûts, seul le plaisir compte !!!




autant pour moi. A ta tienne, donc.
J'ai oublié de te dire que le Pete, il est calme en ce moment,
donc pourvu que ça dure !

donc pourvu que ça dure !


... je viens pas au concert moi, je veux bien tout au plus, me charger de la cellule psychologique post traumatique après le concert ! 

donc tu viens avec nous ? Vendu, tu es le bienvenu !! 

jouis et malotru dans la même phrase, c'est osé 

Il a pas besoin d'écrire sur des trucs bien, puisque qu'importe le sujet
c'est toujours jouissif !
Apprécies, jouis et tais-toi malotru !
c'est toujours jouissif !
Apprécies, jouis et tais-toi malotru !
... on dit alcoologues, je crois...
pppppffff, meme pas possible de siroter son apero dans le calme, ichi d'dins ...
et tu l as fait fort joliment, Chav 

... Est-ce que j'ai le droit à la bière avant et après, même si je prends pas le concert au milieu ? Non parce que reprendre des baby shambles, ce serait de la gourmandise...
... prends pas trop de risque, j'ai assisté à leur perf' à Rock en Seine... minables et en plus, cinq heures de retard... Tu risques de rater ton train après !!! 
Sinon, c'est gentil d'avoir essayé mais a priori Virevoltes se refuse d'être ma pair... Peut être est-elle dans les hautes sphères ?

Sinon, c'est gentil d'avoir essayé mais a priori Virevoltes se refuse d'être ma pair... Peut être est-elle dans les hautes sphères ?
tu auras même le droit de prendre un Kit Kat Shunky à la pause !
Elle est pas belle la vie ?
Elle est pas belle la vie ?
On sait bien que ce petit morveux a des goûts de chiotte.
Dommage, car avec son style, qu'est-ce que ce serait jouissif s'il écrivait sur des trucs bien !
Dommage, car avec son style, qu'est-ce que ce serait jouissif s'il écrivait sur des trucs bien !

par contre, au niveau de la bière, ce sera avant pendant et après, ou bien ?
lundi 14 janvier 2008
[CONCERT] Babyshambles - L’Olympia (Paris)
[CONCERT] Babyshambles - L’Olympia (Paris)
y'en a pas deux.
(c'est bon, j'ai compris, pas taper)
(c'est bon, j'ai compris, pas taper)
vous faites la paire...
Laissez donc mes goûts tranquilles
Sinon, merci encore pour les réacs, et Mag, si tu vois une date parisienne pour les Babyshambles, tu me fais signe
Laissez donc mes goûts tranquilles

Sinon, merci encore pour les réacs, et Mag, si tu vois une date parisienne pour les Babyshambles, tu me fais signe
15/10/07 à 11h16
nooooonnnn, pas toi, PAS Flore Vasseur.
qu'on pourrait avoir écrit
rien que pour ça, 5
rien que pour ça, 5
(toute ressemblance avec des réactions ayant réellement existé ne saurait être que fortuite)
Que dire de plus... rien... tout ce que l'on pourrait dire paraît fade après une telle lecture...
Juste... NONNNNNNNNN! pas les Baby shambles !!!!
Juste... NONNNNNNNNN! pas les Baby shambles !!!!
Je dis "émotionner" si je veux !
D'accord avec Cycad ça vaut un 10 sur 5...
Attends-toi à c'qu'on se traîne
A tes pieds, Chaveriat, j'ai constaté que même
Un silence de toi pouvait pousser nos rires à mourir...
D'accord avec Cycad ça vaut un 10 sur 5...

Attends-toi à c'qu'on se traîne
A tes pieds, Chaveriat, j'ai constaté que même
Un silence de toi pouvait pousser nos rires à mourir...

ce serait trop bête de s'abstenir, non ?
Merci les gens
(Sirba, arrête un peu tes insinuations grotesques
)
Et Harfield, au fait : rien de très neuf, en réalité...
Merci les gens
(Sirba, arrête un peu tes insinuations grotesques
)Et Harfield, au fait : rien de très neuf, en réalité...

... moi aussi j'a craché un truc triste ce WE... Bon, je ne le publierai pas, mais bon.
Je sais pas moi... "souris puisque c'est grave", peut-être...
Je sais pas moi... "souris puisque c'est grave", peut-être...
une petite cure de magnésium? 

... que j'avais pas lu un papier de Chav, je veux dire un de ceux que j'aime, qui me causent dans l'oreille et me font des frissons dans le cou. Et là, je l'ai relu pendant que le soleil finissait de se lever, en sirotant mon café, et, oui, c'était une bonne journée


ça fait 8 mois que je n'ai pas croisé un Kandinski, je n'ai pas aimé le dernier disque que j'ai acheté, je ne sais pas où est la cité de Calvin, Mélanie qui ?, et en plus je suis fils unique.
Je n'ai donc objectivement rien à voir avec ce com mais je le trouve étonnamment familier.
un aller simple pour Paris et quelques doses de soirees bien hydratees (mais pas en supo, je sais que tu essayes d'arreter)
Les pas en avant ou en arrière, tous ces pas, il n'y en a aucun d'inutiles, ils sont tous nécessaires pour peu que tu leur accordes de l'attention, et c'est ce que tu es en train de faire il me semble.
Et... puis aussi, t'es bôgoss sur les nouvelles photos.
Take care mate!
Et... puis aussi, t'es bôgoss sur les nouvelles photos.
Take care mate!




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chaveriat
publié le 15 oct. 07