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Merci graham
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Que serions-nous sans Graham Bell, un Ecossais immigré aux Etats-Unis qui, il y a tout juste 130 ans, réussit à entendre son assistant dans un "vibraphone", entre Boston et Cambridge... Ce qu'on appellerait le téléphone supplanta commodément le pigeon voyageur et les signaux de fumée.

La commodité, à vrai dire, s'installa très progressivement. Qui a connu l'époque où, pour obtenir le fameux "22 à Asnières", il fallait passer par les fourches caudines d'une opératrice traditionnellement revêche, à ne fâcher sous aucun prétexte, comprendra de quoi je parle. Obtenir au bout du fil la personne espérée et réussir à s'entendre derrière la friture était source d'émerveillement.

Petite tranche de vie personnelle:

Quand j'étais étudiante, il y a une bonne trentaine d'années, je fus, au central téléphonique d'Epinal pendant deux étés, l' une des dernières opératrices à mettre manuellement en relation les abonnés des campagnes vosgiennes. J'avais prêté serment de discrétion en levant la main dans le bureau du directeur. Moyennant quoi, je mettais en relation les entreprises et leurs clients, les familles et leurs rejetons, les maris et les coiffeuses, les fiancées et les pirates...
Le plus "amusant", c'est quand il fallait jouer les intermédiaires, avec quelqu'un qui ne savait pas téléphoner...

La personne disait : "Allô, allô..." et rien d'autre.

Moi : "Madame, c'est vous qui appelez, expliquez ce que vous voulez."

Elle : "Allô, allô, j'écoute..."

Moi : "Non, Madame. C'est vous qui appelez et c'est elle qui vous écoute..." .

Je vous jure que l'anecdote est authentique et que le dialogue de sourds a duré plus longtemps que ça.

Que de chemin parcouru jusqu'au "couteau suisse" multimédiatique que nous avons en poche. Avec le mobile, on peut aujourd'hui prendre des photos, faire des films, écrire des messages, se guider avec le GPS, écouter de la musique, lire l'heure, zapper sur la télé, jouer, et même, au pire, téléphoner...

Enfin, vous, vous pouvez peut-être faire tout ça. Moi non. J'ai un modèle obsolète, qui provoque des quolibets chaque fois que je le sors (avec parcimonie) et qui sera très bientôt une pièce de collection, avec son écran en noir et blanc.

A force de communiquer, nous nous sommes mis à nous éviter. Avec Téléfuté, on peut désormais, avec n'importe quel opérateur, être sûr d'être dirigé directement sur la messagerie de la personne appelée. En somme, on paie pour ne pas se parler, quand on payait si cher autrefois pour à peine s'entendre...

Le SMS vocal n'est pas sans avantage, notamment pour contourner les situations délicates. Avec des messages comme :"Jean-Charles, tu es beaucoup trop bien pour moi. Tu trouveras tes affaires dans la cour au pied de l'immeuble." Ou bien : "Papa, ma prof de maths a très envie dete connaître".

Simple comme un coup de fil.


PS : la paternité du téléphone est aujourd'hui plutôt attribuée à l'Italo-américain Antonio Meucci, mais Graham aura au moins laissé son nom au décibel.
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Voici les 26 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
sera celui qui nous sera greffé à la naissance , et oui on en parle ma puce !!!!
et qui nous fera dormir !! comme dans soleil vert !!! tu sais , le film réalisé par
Richard fleischer en 1972......
Ou comment caser dans une rubrique un OVNI !
La musique est-elle aussi passée de l'opérateur manuel au commutateur automatisé ?
That's the question !
 15/10/06 à 15h38
J'ai souvenir, en effet, que nous avions des contacts avec d'autres opératrices pour établir des communications à "multiples détentes". Comme j'étais un peu inexpérimentée, il m'arrivait de toucher une mauvaise "manette" et d'envoyer une sonnerie stridente dans l'oreille de mon homologue. Là, je peux te dire que la notion d'"opératrice revêche" prenait tout son sens...collègue ou pas.

Comme en plus, c'était à 99% des femmes, je n'ai jamais été en contact avec un collègue qui aurait eu des visées érotiques sur ma voix et m'aurait persuadée, primo, d'embrasser la carrière de téléphoniste, et deuzio, de me faire muter à Saint-Pierre des Corps ( ah non, ça, c'est plutôt pour les trains).
 15/10/06 à 15h32
On a tellement pris l'habitude de voir partout des gens qui téléphonent que moi, quand je vois qqun qui se gratte l'orielle, j'ai toujours l'impression, de prime abord, qu'il téléphone...
 15/10/06 à 15h17
il est vrai! Je suis une "grande voyeuse"..il m'arrive fréquemment de regarder le spectacle de la rue qui se présente à moi..et c'est vrai, cette agitation d'hommes, de femmes, qui marchent, pressés, l'oeil fixe (souvent rivé au sol)...et pour la majorité d'entre eux le télephone greffé à l'oreille...Ils ne voient rien autour d'eux, ils ne se voient pas, ils parlent...à qui ? de quoi?
Rêveuse, je regarde le mouvement des nuages dans le ciel, je détecte le détail de l'architecture art-déco autour d'une porte... Tiens! ce matin, dans le ciel immensément bleu et limpide, je suivai le vol d'un rapace...J'aurai pu lui téléphoner..peut-être?!
 15/10/06 à 15h06
Faut qu'on cause... grrr !
mais rien ne dit que je ne vive pas bien à Gstaad, grâce aux lingots de Vertigo que j'ai subtilisés à Louise (faut suivre !)
 15/10/06 à 15h01
Mouais, pour le baratin, y'avait pas que les clients !

Dire que certains opérateurs et opératrices profitaient sans vergogne de leur instrument de travail pour conter fleurette à leurs collègues de l'interurbain, voire de l'international !

Tu ne me crois pas ?

Va voir "Allo Paris ? Ici Berlin !" de Julien Duvivier, 1933 (si ma mémoire est bonne...)

Comme quoi PCC n'a rien inventé
Oui, hein, qu'est-ce que le téléphone ?

Voici l'avis de Marcel Proust, donné dans "Le côté de Guermantes"...

Le téléphone, cette "admirable féerie à laquelle quelques instants suffisent pour qu'apparaisse près de nous, invisible mais présent, l'être à qui nous voulions parler et qui, restant à sa table, dans la ville qu'il habite (...), sous un ciel différent du nôtre, par un temps qui n'est pas forcément le même, au milieu de circonstances et de préoccupations que nous ignorons et que cet être va nous dire, se trouve tout à coup transporté à des centaines de lieues (...) près de notre oreille, au moment où notre caprice l'a ordonné."

"Et nous sommes comme le personnage du conte à qui une magicienne, sur le souhait qu'il en exprime, fait apparaître, dans une clarté surnaturelle, sa grand-mère et sa fiancée, en train de feuilleter un livre, de verser des larmes, de cueillir des fleurs, tout près (...) et pourtant très loin, à l'endroit même où elle se trouve réellement."

D'un autre côté...

A peine inventé, le téléphone devint bientôt une abominable intrusion, un esclavage.

Un poète de la fin du XIXe siècle, apprenant qu'un confrère venait de s'abonner, ne lança-t-il pas : "Alors, on le sonne et il y va !"

Notons que pour concilier le meilleur comme le pire, on songea, bien avant l'invention du répondeur, à se protéger.

C'est ainsi que Berthe Bernage - l'auteur de la série des Brigitte, couronnée par l'Académie française - conseille, dans "Le savoir-vivre et les usages du monde", paru en 1928...

"Il est de bon ton de laisser une personne de service répondre la première à la sonnerie du téléphone car on risquerait de se trouver en communication avec un importun."

Et puis... répondre à un téléphone qui sonne ? mais voyons, quelle vulgarité !
Il y a des domestiques pour cela...
 15/10/06 à 14h57
J'ai changé le nom. Le gars du PCV, il ne devait pas s'appeler Dugommier, mais un truc genre Mangin...

Quant au dentiste de X., depuis le temps, il doit manger les pissenlits par la racine... Ou alors, depuis, il a épousé sa maîtresse et il s'endort devant la télé.

Faut voir que, quand j'étais avec mon casque sur les oreilles, à dire (sur un ton revêche) : "Inter 48, que désirez-vous?", j'avais 19 ans.

Bon, on n'avait pas un ton si revêche parce qu'il arrivait - rarement- qu'on se fasse baratiner par les clients.
 15/10/06 à 14h50

Mon pauv', mais sans carte bleue, tu ne trouveras jamais une femme !

Bon, je sors, j'ai les "chiennes de garde à mes trousses"...
pas de femme non plus ... Hé, hé, mais un ordi ! (ça ressemble à une pub.)
 15/10/06 à 14h18
Dis, tu sors pas un peu de ton devoir de réserve, là ? ou alors y'a prescription ? relis ton contrat...
solide paysan bourguignon gardait en permanence sa casquette vissée sur sa tête. Certains disent même qu'il dormait avec !

Il ne l'enlevait qu'en deux occasions : lorsque passait un cortège funèbre et lorsqu'il téléphonait. La première occasion se présentant plus souvent que la seconde, soit dit en passant !
 15/10/06 à 13h28

Quand j'étais opératrice revêche, donc, sous le matricule 48, je servais d'intermédiaire pour les PCV.
J'appelais donc le numéro, et je disais la phrase-type, qui était quelque chose comme : "Vous êtes demandé par M. Dugommier. Acceptez-vous d'acquitter le montant de la communication?".

Et un jour, le type m'a répondu très en colère : "Certainement pas!".

Après je devais donc annoncer, avec des ménagements, à la partie "adverse", la réponse. En l'occurrence, j'ai cru comprendre qu'il s'agissait d'un fils fâché avec son père (ou plutôt l'inverse)... J'en étais tout attristée.

Je me souviens aussi d'un gars qui appelait tous les jours sa copine avec angoisse car elle craignait d'être enceinte.

Et d'un dentiste de X. qui avait une maîtresse (il lui parlait trop gentiment pour que ce soit sa femme...).

C'était une curieuse situation de savoir que toute conversation pouvait être entendue par une opératrice (revêche).
mais bon je suis toujours estomaquée de voir ces gens avec le mobile greffé à la main ou à l'oreille, ou qq ouvrir son tel pour : devant l'entrée d 'un immeuble" je t'appelle pour te dire que j'ai fini les courses, j'ai pris des poireaux" ... dans le train "ça va pas tarder à démarrer, je suis assis à la place no 28, je suis près de la sortie" etc etc ... le train c'est peut être le pire d'ailleurs, plus moyen de rêvasser et ça c'est pas humain ...
 15/10/06 à 13h05
Mais après, promis, je vous cite Marcel Proust qui dit ce qu'il pense du téléphone !
il y a tjrs des gens qui ne savent pas téléphoner. Anecdote du temps où je travaillais ds un service client de téléphonie mobile :
- mon téléphone ne fonctionne pas. Il ne sonne jamais.
- il est allumé?
- oui, bien sûr
- qu'indique l'écran du téléphone?
-entrez code pin......
 15/10/06 à 12h59
En effet ! tes propos envers Séleucie confirment qu' "il fallait passer par les fourches caudines d'une opératrice traditionnellement revêche"
 15/10/06 à 12h52
Moi j'ai vu un jour un père qui mangeait au McDo avec son môme genre 4-5 ans. Le père a passé tout le repas au tel. et le môme mangeait tout seul.

En même temps, je ne veux pas jouer les vieilles ronchons. Le portable a aussi des côtés bien pratiques.
 15/10/06 à 12h50
Madame Seleucie, vous êtes limite désobligeante...

Vers les années 72-75, il n'y avait plus que les petites communes qui n'avaient pas encore ce qu'on appelait "l'automatique", et c'était vrai dans tous les départements (à part peut-être la Seine, bien sûr).

Donc, même le Parisien, quand il voulait appeler sa vieille tante de La Vacheresse-et-la-Rouillie (si si, ça existe), hé bien il passait par moi, et il avait intérêt à être poli...
les couples face à face, chacune discutant avec son mobile ...
Mais d'accord avec toi sur la conclusion : je trouve très étonnant de voir partout dans la rue le nombre de personnes accrochées à leur téléphone portable plutôt que de discuter avec leurs voisins...
Ben on aurait la paix au boulot (souvenir, souvenir : combien de fois ai-je maudit monsieur Bell ?)...

Et sur le plan privé, on repeuplerait mieux la France !