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Blade runner, minority report et les autres...
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Philip K.Dick a toujours été considéré comme un auteur de science-fiction mineur aux Etats-Unis. La faute à un style atypique, à des sujets atypiques, à son mode de vie atypique ? Heureusement, l'oeuvre de K.Dick est en train d'acquérir ses lettres de noblesse bien méritées grâce au cinéma. En effet, son oeuvre constitue depuis une vingtaine d'années une source de qualité pour les réalisateurs de films de science-fiction. Quelques exemples parlants de films s'inspirant de ses nouvelles/romans :

- Blade Runner (1986)
- Total Recall (1990)
- Minority Report (2002)
- Paycheck (2004)
- A Scanner Darkly (2006)

On constatera la qualité générale de l'ensemble, tout au moins au niveau de l'originalité des scénarios. Et d'autres sont à venir... les oeuvres les plus abouties de K.Dick n'ayant pas encore été adaptée (Ubik, Le Dieu venu du Centaure, Le Maître du Haut-Château...) on ne peut que se réjouir de cette gloire posthume.

En France, l'auteur a bénéficié d'une notoriété et d'une sympathie bien supérieure à celle de son pays natal. La preuve en est une biographie originale en français PAR un français, Emmanuel Carrère. Le vie de l'auteur est retracée dans un style fluide (beaucoup moins abscons que certains écrits de K.Dick !), avec humour (les lubies et les délires paranoïaques de K.Dick prêtent souvent à rire) et attendrissement : on sent qu'Emmanuel Carrère est admiratif tout en ayant un regard lucide sur la vie chaotique de K.Dick.

Cette oeuvre est indispensable pour qui souhaite essayer comprendre les oeuvres de cet auteur unique qui n'a jamais su s'il vivait ou non dans le réel.
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Certaines substances n'aident pas à l'endurance créative du paranoïaque, ça transforme des idées géniales en bouquins poussifs et mal ficelés, c'est con.

K W Jeter est pas toujours simple d'accès non plus, faut aimer le sombre et le déjanté qui tourne des fois en rond (comme Philip K Dick) Des fois, ses bouquins ont un relent de pulp gouailleur dans l'idée de base, comme Horizon vertical, si je me souviens bien (et j'ai des souvenirs pas certains avec KW Jeter, j'accroche moyen KW, en plus, je le mélange avec Tim Powers)

Pour info, Blade Runner en est au tome 3, toujours par Jeter (trouvé dans Decitre.fr)

J'aime mieux Tim Powers, il est aussi cinglé que les deux autres, mais coloré, marrant, fin sans se donner la peine que ça se voie... décomplexé, en gros (faudra quand même que j'en relise un pour vérifier que c'est bien moi qui l'ai bien lu lui Et en plus il tient la route sans forcer.

Jeter, c'est "Je tiens la route, mais je la tiens toute" il devrait arrêter de savonner les pneus, ils sont propres. K. Dick, lui, il confondait la route et la carte. Il imaginait que quand on est dans le fossé, c'est la faute au crayon, un coup de gomme et on reprend...

Truc rigolo, je trouve que Tim Powers a un style ensoleillé (pourtant, Londres, par exemple...) alors que je crois que c'est les "Dévoreurs d'âme" de Jeter qui se passent sous un soleil de plomb. En fait, au dos des couvertures J'Ai Lu des années 90, il était photographié dans une lumière superforte avec des lunettes de soleil vraiment faites pour le soleil (c'est à dire trop moches pour être mode)

Et si ça se trouve, je le trouve ensoleillé parce qu'il me réchauffe quand je le lis, va savoir pourquoi. Comme quoi, l'impression qu'un auteur fait sur nous, c'est pas forcément le cerveau qui décide...
 18/09/06 à 17h48
jeepax
A voir aussi : "Impostor", avec Gary Sinise (sorti en France directement en DVD). Et prochainement : "Next" adapté de la nouvelle ""The Golden man" avec Nicolas Cage entre autres.
 18/09/06 à 11h04
Nosfero
Merchi, oh Homme d'Intérieur.

Il doit être très bon en nouvelles alors, vu son efficacité à trouver des thèmes aussi forts et des histoires aussi originales.

Je prends note!
Pour en finir avec les adaptations :

Planète hurlante (Screamers) de Christian Duguay (1995).

Une adaptation de sa nouvelle L'homme doré (The Golden Man) est actuellement en phase de pré-production, avec Nicolas Cage et Julianne Moore. Elle sera réalisée par Lee Tamahori et s'intitulera Next.

La trame de fond du film The Truman Show de Peter Weir (1998), avec Jim Carrey, semble largement inspirée du roman de Dick Le Temps désarticulé (Time Out of Joint).

@Nosfero

il est vrais que l'écriture de Dick est dur à suivre.
C'est pour cela que je conseil les receuils de nouvelles. Tout l'univers de Dick, sans trop se fader son style.

Pourtant, fait un effort, pour Ubik et Scanner Darkly justement (substance mort en français), ce sont les deux romans de K Dick les mieux écrit.
Tu as commencé par le "pire". La trilogie divine, est le plus dur d'acces chez Dick.
Well, je pense qu'il faut que je lise cet ouvrage alors!
Parce que j'avoue ne plus trop savoir comment me positionner face à quelqu'un d'aussi perturbant que Philip K. Dick.

D'un coté, il y a les univers merveilleusement sombres, post modernes, décalés, futuristes et paranoiaques que notre homme invente, et qui sont (et resteront) pour son époque, de vrais bijoux d'anticipation, de pures perles sombres qui se perdent dans la nuit du futur.

D'un autre coté, tellement enthousiasmé par la version ciné et l'univers du film Blade Runner de Ridley Scott, je me suis lancé dans la lecture du bouquin, et... en fait j'ai découvert que, si le Monsieur avait des idées géniales et novatrice, le bouquin souffrait d'un rythme bancal, et son personnage principal d'un réel caractère, ce qui m'a laissé sur la touche durant toute la lecture.
En d'autres termes, et je l'avais déjà dit dans une des chroniques sur PCC: c'était bien mou! Et le film me semblait totalement dépasser sa référence, parce que collant bien mieux dans la forme au fond abordé, à la nervosité obligée de ce genre de délire androide.

Puis, je passe sur ma lecture du pavé "La Triologie Divine", qu eje n'ai pas réussi à boucler, tellement en effet, la paranoia des personnages de K. Dick me semble abscond et... au final, peu intéressante.

Pour finir de m'achever, pour la première fois, une transposition ciné m'a clairement déçue, voir révoltée.

Je me suis vu le très beau "A Scanner Darkly" ce week end, et ... j'avoue que c'est automatiquement devenu une référence, à mes yeux, de ce que peut donner une très mauvaise utilisation de plein de très bons éléments!

Les gens quittaient la salle, et au final, chose qu eje n'ai plus fait depuis longtemps mais par respect au temps libre de la jeune femme que j'avais invité, nous fimes de même, aux 3/4 alors que je rageais encore d'avoir osé l'inviter à voir "ça".

"ça", c'est un film qui, malgré sa tete d'affiche (keanu reeves, downey junior, mm la belle wynona ryder (totalement méconnaissable) ), malgré un graphisme en 3d imitation rotoscopie aplat de couleurs remarquable, et un concept sympa... c'est le massacre intégral parce que, rien n'est dosé, qu'on lache le spectateur directement dans le délire, qu'on lui explique rien sinon par de longues diatribes et monologues pseudo scientifiques, mais finalement...totalement foireux parce que sortant de la bouche de trois junkies débiles.

Bref... rajoutez à ça les tics bien connu de Downey (que j'avais pourtant fini par apprécier) et la fadeur du keanu... et surtout, aucun jeu entre l'intrusion du "vrai réel" filmé avec le réel dessiné... des dialogues débiles et des scènes d'action se résumant à une voiture ne pouvant plus s'arrêter sur l'autoroute, et le remorquage de celle ci jusqu'à la maison... et voilà le film le plus indigeste de cette année.

Quel dommage, mais en mm temps, impossible de comparer, je n'ai pas lu l'original.

Bon petite disgression ciné, mais voilà totu ça pour dire que il faut dépasser tout ça, et se replonger dans son univers.

Chose remarquable, je pense qu'il partage avec Lovecraft, un talent inné pour enthousiasmer des "suiveurs" parfois très bons, et parfois meme meilleurs (en style) que lui...
Pour preuve, je viens de terminer le "deuxième" tome de Blade Runner, écrit par un certain Jeter, et qui s'intercale entre les deux initialement écrits par K. Dick, et ma fois... le fameux rythme manquant et bel et bien là.

Peut etre est ce juste une question d'époque, et que, malgré l'aspect visionnaire de ses histoires, sur la forme, malheureusement, il s'est quelque peu perdu dans la semoule?

Quoi qu'il en soit, un écrivain passionnant!