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Bill gates et sanofi vont-ils sauver le monde ?
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catégorie : politique / social
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...(ou du moins 500 millions de personnes).

Identifié par l’ONU comme l’une des 4 principales causes de la pauvreté dans le monde, drainant 40% du budget de santé public de nombreux pays africains, touchant 500 millions d’humains (dont 1 à 3 millions meurent chaque année, principalement des enfants), le paludisme est un ennemi protéiforme. En effet, au fur et à mesure que de nouveaux traitements sont expérimentés et font preuve de leur efficacité, de nouvelles souches de parasites résistantes au traitement se développent, entraînant une course coûteuse à l’armement contre l’ennemi.

Un commentaire récent sur le site (http://www.pointscommuns.com/poulet-farci-commentaire-cinema-69759.html) rappelait l’ampleur du fléau et le coût exorbitant des traitements préventifs.
C’est peut-être pour ça que j’ai sursauté ce midi en lisant l’excellent journal cité en référence, qui citait une innovation passionnante près de voir le jour dans le traitement des personnes atteintes par le paludisme.

Le problème, en l’occurrence, c’est que les traitements préventifs sont beaucoup trop coûteux pour être applicables aux populations concernées…sans compter les effets secondaires. Difficile de vous doser en malarone à 4€ par jour toute votre vie si vous avez le malheur d’habiter dans une région où rôde l’anophèle.
Seules solutions : les moustiquaires…et un bon traitement curatif quand vous avez une crise de paludisme. Et en gros, sur ce plan là, pendant une quarantaine d’année, on pensait avoir trouvé la solution idoine : la chloroquine, à prix accessible fonctionnait plutôt bien, permettant de limiter les conséquences mortelles de la maladie.

Mais depuis quelques dizaines d’années, l’ennemi a de nouveau trouvé la faille de l’armement : 90% des souches de paludisme sont devenues résistantes à la chloroquine en Afrique. Retour à la case départ.
Heureusement, depuis plus de 2.000 ans, les Chinois utilisent pour se soigner quand ils ont la malaria un extrait de plante, l’artémisine. Et celle-ci marche plutôt bien sur les souches résistantes à la chloroquine. Mais elle a un inconvénient majeur : trop difficile à extraire, elle est 10 fois plus coûteuse que la chloroquine. En pratique, inimaginable d’amener des Etats africains aux finances chancelantes à investir massivement dans le traitement de leurs populations atteintes par un médicament qui coûte de 1 à 2 € la dose.

C’est là qu’intervient Bill Gates. La fondation humanitaire qu’il a créée a investi massivement (42 millions de dollars) dans la recherche sur la lutte contre le paludisme. Le résultat des études menées est plutôt innovateur : on s’apprête à fabriquer de l’artémisine à partir de gènes synthétiques introduits dans de la levure et développés par fermentation…quelque chose comme une bière à vertus médicinales avec de solides avantages : d’une part, le médicament étant produit à base de gènes synthétiques, il sera aisé de les modifier pour s’adapter aux évolutions des souches de la maladie ; d’autre part, il deviendrait possible de produire des quantités bien supérieures à tout ce qui peut être extrait naturellement des plantes. Le prix du médicament devrait ainsi baisser de façon drastique.
Aux dernières nouvelles, c’est Sanofi aventis qui se lancera dans l’aventure : une gigantesque brasserie d’artémisine de synthèse devrait être construite d’ici 2010 en Europe. Le bioréacteur devrait permettre de produire des quantités suffisantes de médicament pour traiter les 500 millions de malades et bloquer le développement du parasite dans leur corps.
De quoi changer un peu la donne dans pas mal de pays…

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Voici les 13 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
 06/06/08 à 18h23
Si un grand laboratoire daigne bouger ses fesses,ce n'est pas pour l'Amour du travail...
Les labos sont des entreprises comme les autres, comme les revendeurs d'armes...A qui la guerre profite bien!!
Si 500millions meurent pour une maladie, et que 8OOmillions d'autres pour la faim, je pourrais penser qu'a nous tous pays, industriels pourrions participer, à travers le monde entier à quelque-chose pour effacer cette plaie...

Si les 5OOmillions touchés par cette maladie ne sont que très peu entendus aux vues et yeux de tous, comme aux informations...Je vous laisse imaginer, ceux que sont les gens atteints d'une maladie orpheline...
J'ai aussi une pensée pour eux...Ces laissés pour compte....
de leur part...

*****
 05/06/08 à 08h40
On ne parle effectivement pour ainsi dire jamais du paludisme .
C'est , à ma connaissance, la maladie la plus meurtrière du monde et la moins médiatisée.
Comme Lacdegarance, je doute à donf devant la soudaine philantropie de Bill Gates qui a beaucoup à se faire pardonner , mais si cela peut permettre de médiatiser et de mobiliser...
Imaginons que les malades du palu ne le soient plus, ou du moins puissent mener une vie normale, quel impact sur l'économie des pays touchés !
Un peuple en bonne santé , me semble-t-il, est plus productif qu'un peuple mourant...
 05/06/08 à 00h24
Tu as raison de douter, bien sûr. C'est vital, le doute.
Cela dit, il ne faut pas non plus que ça empêche d'avancer, avec ce qu'on a sous la main. En l'occurrence, un magnat (et ses copains) qui ont tout gagné et qui n'ont plus rien à prouver...sauf peut-être leur capacité à agir sur les grands maux de la planète.
Des scientifiques qui sont trop contents de se faire financer leur recherche, pas nécessairement par amour de l'humanité, mais au moins par passion pour leur sujet.
Et enfin un groupe pharmaceutique qui, en regardant strictement son intérêt économique, peut se dire qu'une marge -même limitée- multipliée par 500 millions de consommateurs, dépendants à vie (à ma connaissance, le palu ne se guérit pas, on ne fait que traiter les accès récurrents), ça représente encore un bénéfice intéressant.
Cynisme, passion, désir d'entretenir son image, ou convictions réelles, qu'importe? Si ça marche...
 05/06/08 à 00h18
...et en plus, il y a de bonnes choses pour que les 500 millions recoupent à peu de chose près les mêmes bassins de population que les 800 millions.
Ca aussi, ça fait réfléchir.
qui dans le monde, souffrent de la faim.

et on en parle pas beaucoup plus. C'est vrai qu'ici on est plus préoccupé par le prix du diesel.
 04/06/08 à 23h12
albatrose
et pourtant on ne peut pas dire que ça fasse la une des médias.
Merci pour ce com qui fait une synthèse complète et intéressante sur une question dont on parle bien peu


 04/06/08 à 23h06
vieux réflexe.
 04/06/08 à 23h04
lacdegarance
Ce que je peux douter, alors, devant cette information ! Non pas de la véracité des rapports des journalistes, mais de celle des intentions de ces mastodontes, qui, jusqu'alors, ne se sont pas fait remarquer pour leur prises de positions tiers-mondialistes... C'est peu de le dire...
Que j'aimerais un monde où les grands groupes utiliseraient leurs somptueux bénéfices pour faire régner davantage de justice sociale...
On peut rêver : demain, peut-être ?
c'est que toute la partie recherche en amont du projet a été prise en charge par la fondation Gates.
Reste les infrastructures à construire, mais après, les coûts de production devraient être limités.
En tout cas, la vente à coût accessible fait partie du "deal" entre Gates et Sanofi.
A suivre...
on comprend qu'un grand labo dise "banco".

espérons en tous cas, comme tu le dis, Lucie, que le prix du médicament reste raisonnable et qu'il n'y ait pas au passage, la création de profits gigantesques sur le dos des populations les plus pauvres du monde...