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Le maitre et marguerite
 Le maitre et marguerite
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Jésus, le diable ou Ponce pilate. Venez, entrez dans cette vie irréelle où le réel ne semble pas plus plausible.

Marguerite femme d’une évidente beauté possède tout ce qui pourrait nous faire croire qu’elle connaît le bonheur : un mari, une aisance financière, de bons liens sociaux et même des gouvernantes. Mais il lui faut un maitre, une personne ou une vie qui la fasse rêver, qui lui donne envie de vivre. Quelque chose en laquelle elle croit.

Le maitre : juste avant la fin de son roman il est perdu, qu’a fait Ponce Pilate ? La lâcheté est un des pires défauts de l’homme nous dit le diable.

Le diable, c’est bizarre, Woland, il ne paraît pas fou du tout. Il est même plus sensé que bien des hommes en fait. Il a quelques habitudes bizarres tout de même : s’habiller d’une chemise souillée pour présider le sabbat les soirs de pleine lune.
Ses compagnons : extra, à croquer ! Entre Béhémoth, énorme chat aux malicieuses attitudes. C’est souvent lui que les humains remarque en premier, il interpelle, faut dire qu’il a de la classe et qu’il est aussi grand qu’un homme, il monte et descend comme un singe des tramways en route. Azazello, son sifflement peut scinder un paysage en deux, ce rouquin à l’unique dent crasseuse. Il trouve pratique de mettre l’os du poulet qu’il vient de manger dans la poche extérieure de son costume, sans doute trouve-t-il cela jolie ?. Et Koroviev le troisième inséparable compagnon de Woland…
Non ce n’est pas une fantaisie, tout cela est vrai et Boulgakov nous l’a rapporté. Tout ceci est vrai et s’est passé en Russie lors de la mise en place du pouvoir rouge. Ce moment où tout le monde était libre de penser et vivre d’une seule manière. Il est vrai que si l’on ne respectait pas cette liberté on pouvait aller où seul le diable sait.
Woland et ses compagnons sont bien réels et aussi normaux, exceptés leurs pouvoirs magiques, que tous ces humains qui sont le plus souvent confondus par le diable lui même. Lui au moins il assume ses choix, d’accord il a un grand pouvoir, mais quand même les êtres humains pourraient être plus probe par moment. Pas étonné, le diable constate que l’homme n’a guère changé depuis Ponce Pilate. Toujours cupide, il a la lâcheté de ne pas regarder ses torts.
Ha-nozri, ou jésus pour la dénomination bien commune a existé, peut-être pas son mythe mais lui il a existé. Un de ses grands torts est d’avoir bravé les différents pouvoirs de l’époque dont celui des chefs religieux de Jérusalem. Cela lui a couté la vie, dans le roman cela coute la vie à Berlioz aussi, non pas le musicien mais ce personnage qui soutenait que jésus n’avait pas existé.
Voilà que le diable lui prédit sa mort, il n’en est pas responsable, ce n’est pas lui qui a mis de l’huile sur le passage de Berlioz qui glisse dessus jusqu’au tramway qui lui coupe la tête. Non le diable n’y est pour rien, c’est une humaine et qui ne l’a pas fait exprès en plus !
Curieux cette notion du diable qu’on lui apporte, s’il avait prédit une heureuse naissance, nous n’aurions certainement pas pensé au diable.

Une belle histoire d’amour aussi entre marguerite qui prend plaisir à côtoyer le diable. Car au fond auprès de lui tout devient évident, tout va de soit, sans contraintes les hommes le connaissent. Bien sur il n’est pas facile de regarder une personne se faire égorger, mais s’il a vraiment mériter, cela peut soulager.
Toute nue sous son manteau noir elle va reconquérir son unité avec son maitre.

Que dire d’autre ! Ce roman est une merveille !

Je pourrais en écrire des pages de résumé qu’il ne serait même pas approché.

Inspiré du mythe de Faust. Ce livre est un des romans que j’ai préféré de mon vécu.

Boulgakov rend le magique aussi réel que la vie peut être formidable ou affreuse.

Son style poétique est charmant :

: « La consternation et la peine qu’en éprouva Mme Bielomout sont rebelles à la description. »

« Fort troublée, au point que son cœur sautait dans sa poitrine comme un oiseau sous une couverture… »

« O dieux, dieux ! Comme la terre est triste, le soir ! Que de mystères, dans les brouillards qui flottent sur les marais ! Celui qui a erré dans ces brouillards, celui qui a beaucoup souffert avant de mourir, celui qui a volé au dessus de cette terre en portant un fardeau trop lourd, celui-là sait ! Celui-là sait, qui est fatigué. Et c’est sans regret, alors, qu’il quitte les brumes de cette terre, ses rivières et ses étangs, qu’il s’abandonne d’un cœur léger entre les mains de la mort, sachant qu’elle - et elle seule – lui apportera la paix ! »

Boulgakov à la fâcheuse habitude de mélanger les noms de personnage qui ont réellement vécu avec certains personnages de son roman. Il s’en sert pour animer son aventure avec des références extérieures.
Ce livre est drôle et sérieux. Attention il y a un danger : quand on le commence on a du mal à s’arrêter de lire. .

Pour ceux qui ne connaissent pas : Boulgakov est un auteur Russe du début du XXième siècle. Il a connu la 1ère guerre ainsi que la révolution Russe. Il a connu des déboires (comme beaucoup d’autres artistes de l’époque) avec la censure des rouges.

Ce livre joue sur plusieurs registres à la fois : roman, amour, aventure, féérie, poésie, humour, satire, philosophie…
Il amène un regard satirique sur la société soviétique de l’époque, une réflexion philosophique sur le bien et le mal. Il s’en dégage qu’il n’est pas vraiment évident de bien distinguer ces deux notions, Woland, le diable, est souvent représenté sous des traits très attachants et humains, bien qu’il soit capable d’actes horribles (homicides, destruction, aliénations…) de façon tout à fait consciente et voulue. Ce livre amène aussi une réflexion sur le drame de Ponce Pilate et Jesus : notion de lâcheté, courage et honnêteté. Et tout ceci dans un style romanesque empli de métaphore qui nous enchantent.

Et comme une rencontre de PCC me l’avait conseillé, je vous le conseille grandement….

Merci Boulgakov.
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Voici les 16 dernières réactions à ce commentaire
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que je t'ai proposé de lire... Cela fait déjà points communs : un, de très gds auteurs, deux, je te l'ai conseillé ! Mais il vaut mieux passer pour l'heureux "critique"... sans commentaire. Plus envie de te filer des livres à lire. Vive ton petit toi !
j'aime beaucoup le style slave en effet; meme si cela fait cliché, mais c vrai que les auteurs russes ont une façon assez poétique et romanesque de présenter les choses (j'en ai lu qques autres). Cela me fait souvent penser à quelque chose qui tourne qui coule ou qui roule. Je dirais que leur écrit comme leur langue (je trouve cela jolie à écouter, c'est rond) et leur idées "roulent". Je ne sais pas forcement ou cela m'emmène mais j'aime.
C'est comme une vague qui surfe sur le vent ou la vie ou qque chose, leur culture ?
 28/01/08 à 20h56
Ben va falloir que je le lise !
Quand, je l'ai ouvert, un jour... j'ai rien compris mais... Je comprends mieux pourquoi.
C'est déjà ça !
Aaah, le mystère des espaces slaves. (Pour l'allitération :0)
J'ai commencer et je commence à crquer : quel vivacité et réalisme !
autant (différent... de fait ! )... le magnifique Reinaldo Arenas... "Avant la nuit"... des livres, auteurs qui ne nous lâchent jamais... on ne peut que les remercier !
Cela m'a donné l'envie d'en savoir plus, j'y reviendrais c sur sur d'autre ouevres plus tard. Le personnage et ses oeuvres à l'air très intéressant, en tout cas j'ai adoré Le maitre et Marguerite.

Là je pars sur Reinaldo Arenas...pas mal aussi.
par la morphine et toutes sortes de drogues médicales. Lui même était médecin, et malade.
Figo : en effet un soir Boulkagov a été séquestré par des verres de rouges, depuis ces idées n'ont pas tjrs été claires. Le rouge c'est fort !

ok Sozz : merci je pense que j'irai lire les autres livres quand je pourrais. Super auteur.

Merci aux autres. Les réactions sur les coms font tjrs plaisirs. Merci de votre passage.
Je ne connaissais pas Boulgakov, mais je crois que je ne vais pas tarder à le découvrir.

Juste une question : "Ce livre est un des romans que j’ai préféré de mon vécu.". Pourquoi ? Tu es déjà mort ?
de Franco. D'accord sur Boulgakov.
sans doute parce qu'il a réussi, Boulgakov, à transcender la douleur qui marquait les autres textes que j'ai lus de lui. Il a fait un truc drôle et léger qui parle de peurs et de mort. Superbe.

"la censure des rouges" : il a été censuré par des verres de vin ?
joli souffle d'écrire un comm... Visiblement, nous sommes nombreux à être amoureux de Boulgakov (va-t-on créer une cellule ? ) ... Effectivement, je l'ai conseillé, j'ai envie de le relire régulièrement... C'est un des plus beaux romans que j'ai lu... Alors, merci pour ton comm... PS : Les autres Boulgakov valent aussi la peine d'être lu sans modération, même celui-ci est mon préféré !
 27/01/08 à 01h26
ylatana
livre qui est un de mes nombreux livres de chevet..... Tu en parles vraiment bien et si je ne l'avais pas relu récemment je l'aurais volontiers relu.
 26/01/08 à 20h59
vidépleins
Tu es un vrai littéraire !