Voyage à travers les grands espaces fondateurs du mythe hollywoodien, le dernier film du plus grand cinéaste américain de ces trente dernières années constitue avant tout une tentative avouée de retrouver une virginité de metteur en scène, par le biais d'un retour aux origines. Origines du réalisateur (qui a du sang indien), du cinéma (le film est un voyage nostalgique, et visuellement splendide, au travers d'images fordiennes de paysages américains), et horizons perdus au sein d'une capitale qui refuse de reconnaître le génie de l'un de ses plus talentueux hérauts. Pour Cimino, qui n'a eu de cesse de se retourner contre son pays lors de ses précédents chefs d'œuvre, le salut se trouve dans ce retour aux sources, dans ce périple intérieur au cœur de la mémoire de l'Amérique et de son cinéma. Venu au monde cinquante ans trop tard, à l'image de cet autre marginal qu'était Sam Peckinpah, Cimino ne se reconnaît plus dans le miroir que lui tend aujourd'hui ce support, qui s'appelait autrefois le septième art. Alors il entreprend, par le biais de ce personnage de médecin emmené malgré lui à la recherche d'un lac surnaturel (sublimes dernières scènes), ce voyage supposé le ramener à la beauté initiale du cinéma et de l'Amérique. Afin "que la beauté soit devant lui, que la beauté soit au dessus de lui, que la beauté soit tout autour de lui".
réactions : 0
lectures : 20
votes : 0


Je réagis à ce commentaire en
Je réagis à ce commentaire en 


A...
publié le 9 sept. 05