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c'était dans ce petit restaurant du boulevard Voltaire, je me le rappelle très bien : les penne fantasia, le vin rouge frais, et nous trois attablés en terrasse sous la tonnelle : [C], son amoureux et moi.
c'était ma troisième chute.
il me restait un peu d'ironie pour dire ma légende : le poète doit mourir 3 fois avant de renaître à la poésie. mais au bout du compte, je n'étais déjà plus que cet insupportable orgueil du désespoir, celui qui, au nom de la sensibilité, bafoue celle des autres.
j'avais oublié d'aimer, de remercier, de prendre soin de ceux qui me soutenaient et me chérissaient.
après ce soir-là, j'ai disparu plus de 6 mois, sans un mot, sans un geste.
je ne désirais plus rien sinon me taire et me détruire, voyant là, illusionnée, une expérience magistrale, exceptionnelle, impartageable.
un si long détour.
un si long chemin à questionner et contempler le vide qui ne me renvoyait jamais que mon propre reflet, à l'infini.
finalement, prise au piège dans la légende de Narcisse, rien de plus.
rien de plus trivial que cette désespérance, justement.
et ça me ressemblait si peu, même si je n'y voyais que moi.
trois fois.
les trois coups.
mon petit costume déjà élimé.
mon sale rôle déjà éculé.
je continuais l'histoire de mon effacement.
puis, jusqu'à cet été, le chemin en sens inverse.
le boulevard Voltaire.
[lui], qui un temps, fut l'instrument de ma chute, devint dans le ridicule, celui de ce nouveau départ.
tout s'est cristallisé à ce moment précis, lorsque qu'il en vint à la mauvaise foi, à tous les dénis possibles et à cette phrase stupide que je n'ai pu m'empêcher de relever avec ce sourire oblique.
l'insolence, retrouvée.
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c'était dans ce petit restaurant du boulevard Voltaire, je me le rappelle très bien : les penne fantasia, le vin rouge frais, et nous trois attablés en terrasse sous la tonnelle : [C], son amoureux et moi.
c'était ma troisième chute.
il me restait un peu d'ironie pour dire ma légende : le poète doit mourir 3 fois avant de renaître à la poésie. mais au bout du compte, je n'étais déjà plus que cet insupportable orgueil du désespoir, celui qui, au nom de la sensibilité, bafoue celle des autres.
j'avais oublié d'aimer, de remercier, de prendre soin de ceux qui me soutenaient et me chérissaient.
après ce soir-là, j'ai disparu plus de 6 mois, sans un mot, sans un geste.
je ne désirais plus rien sinon me taire et me détruire, voyant là, illusionnée, une expérience magistrale, exceptionnelle, impartageable.
un si long détour.
un si long chemin à questionner et contempler le vide qui ne me renvoyait jamais que mon propre reflet, à l'infini.
finalement, prise au piège dans la légende de Narcisse, rien de plus.
rien de plus trivial que cette désespérance, justement.
et ça me ressemblait si peu, même si je n'y voyais que moi.
trois fois.
les trois coups.
mon petit costume déjà élimé.
mon sale rôle déjà éculé.
je continuais l'histoire de mon effacement.
puis, jusqu'à cet été, le chemin en sens inverse.
le boulevard Voltaire.
[lui], qui un temps, fut l'instrument de ma chute, devint dans le ridicule, celui de ce nouveau départ.
tout s'est cristallisé à ce moment précis, lorsque qu'il en vint à la mauvaise foi, à tous les dénis possibles et à cette phrase stupide que je n'ai pu m'empêcher de relever avec ce sourire oblique.
l'insolence, retrouvée.
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publié le 18 août 08