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Bon allez! Après moultes hésitations: je le commets ce texte concocté au forum et je le livre à la forêt pour mieux entendre ses oiseaux...


J’étais légèrement habillé ce soir-là. Tout en lin sans provoquer l’Autre, c’était une soirée moîte et il faisait nuit noire, hasard prémonitoire ?
Devant l’Inconnu je me donnai du courage en parcourant le quai Saint-Lazare, et j’ attendai ce soir-là un improbable train m’emmenant vers Montcuq (Prononcez mon cul puisqu’il en est ainsi) .
Oui ! on m’avait deconseillé de me rendre en voiture, Montcuq étant trop étroit pour y autoriser toute circulation…

Il devait se faire tard lorsque je pénétrai dans cette chenille d’acier qui n’en finissait plus de crisser.
Personne au-dehors, à peine entendait-on les pas d’un flic qui faisait floc dans les flaques.

Le wagon était totalement vide, et ne craignant pas d’être surpris par âme qui vive,
J ’improvisai à voix haute une chanson qui disait à peu près ceci:
- « Dans les bras d’une fille, dans les mains d’une fée, depuis 1 mois que j’ n’ai point farfalé, me laiss’rais-je bien dor-loter ! »
Et comme fâchée à mes mots, la chenille s’ébroua dans un fracas de cariole grippée pour s’’enfonçer à vive allure dans la campagne inconnue.

Tout à mon impro tout-haut, je me levai prestement pour faire gazouiller Fauvette qui avait elle aussi, une furieuse envie de chanter. Je lui intimai de se calmer et l’avais sortie tout de go en ouvrant énergiquement la porte des toilettes.
Quelle ne fut pas ma surprise de trouver une créature d’une extra-terrestre beauté, l’œil rebelle et pointu, les cheveux en bataille, les joues rougies de son non-refagotage affrontant mon entrée intrusive en cette cabine ! Que Diable faisait-elle-là à cette heure-ci, face à moi !
La vie n’ayant point de hasard, je me disai tel Scapin que j’eus payé cher à le savoir…
C’est alors que sa casquette bleu marine étoilée de contrôleuse me sauta aux yeux et me fit horreur !

Moi et Fauvette (de sa fenêtre) restions interdits devant le spectacle de cette si belle silhouette sortie tout droit de nos rèves, de lèvres pulpeuses bordées de nacre immaculée qui rimait avec son cou, et l’ensemble de son être.
L’ émotion en moi de cette chevelure de feu qui embrasait de fines épaules ne demandant qu’à me sculpter. Je me sentai menacé d’un danger et, commandé par lui , comme hanté par Elle.
En même temps, je tombai dans les yeux d’un océan turcoise et y retombai succombant, alors que Fauvette se dressait peu à peu sur minuit pour nous indiquer l’heure à tous deux….

Le sang me montait aux tempes .
- « Contrôle des billets ! » crus-je entendre entre deux décrochages de wagons, alors que son œil focalisait sur mon ancre, tendue comme une arbalète qui défiait le monde!
« pas de titre de transport… » marmonnais-je tout penaud, comprenant pourtant que j’avais un ticket.

Alarmée par l’heure ou hypnotisée par le frein qui l’indiquait ( et qui se sentait sérieusement à l’étroit) ?
La jeune femme m’intima de lui verser une amende de 75 euros.
-« Mais je n’ai pas de liquide ! » lui répondis-je la mort dans l’âme mais en plaçant mon salut tout en bas.

-« Nous verrons bien ! » proféra-t-elle, m’ empoignant fermement par le manche pour me tirer en moins de deux vers la pénombre d’un compartiment du milieu.
Et, poussé par une force invisible, je trébuchai pour m’affaler dans un duvet soyeux épousant mes larges épaules, ma chemisette en lin se déchira d’une seconde et je vis la forme de mon pantalon voler au-dessus de nos têtes.
De l’intérieur, un halo sombre de veilleuse entretenait l’obscurité de ce danger à decouvrir.

Aussitôt je sentis mon sexe obliquer vers une destination inconnue, et saisi d’une danse de Saint-Guy, se dandiner dans une chaude piscine intérieure. Dieu que cette contrôleuse ( si c’était Elle…) semblait douée pour se payer en Nature à défaut de liquide…
Par je ne sais quelle magie, le Désir de cette femme m’envahit.

Soudain je me retrouvai dans le plein pacifique de ses larges lèvres révélant une bouche d’huile, sa langue faisant dangereusement tanguer ma vedette, et les bouées malmenées par la tempête, je sentis sourdre un plaisir mêlé de douleurs qui me tirait des gémissements qu’elle seule pouvait contrôler (Quoi de plus normal compte tenu de son métier...)
Tout saisi que j’étais, je m’abandonnai à elle, valdinguant dans le roulis zébré de la nuit, et commençait à entrevoir des éclairs de soleil avec son parfum sucré, attisant les vagues de mes sens.

C’est alors qu’un halètement animal monta dans la pièce calfeutrée, un souffle puissant comme le ressac de la mer titillait mes seins dèjà trop sensibles, emplissait tous mes pores jusqu’à leur donner la parole.
Le feu entrait en moi comme dans un moulin, mais je pus suivre son bras pour comprendre que la diablesse nous préparait un foyer vicieux et ardent en sa cheminée.
A peine mes doigts effleuraient -t-ils ce foyer que d’ une divine inspiration, elle s’allongea sur moi, m’enfourchant carrément en 3ème dans un souffle de sirène Ulyssienne.
Distinctement, j’entendis les pas d’un flic qui faisait « Floc » dans des flaques me félicitant d’être en Elle, me remerciant d’être Moi.


La chanson de notre plaisir monta dans le compartiment alors que le flic qui faisait notre bonheur arrondissait nos flaques en coeurs.

Fauvette en moi partît telle une insatiable locomotive, inventant des virages , pourfendant les collines roses d’un monde chaud et nouveau en Elle où il pleuvait de toutes parts.
Nous filions d’autant mieux en cet univers harmonieux, tissé pour nous deux.

Dans la fièvre de nos peaux, je pûs arrimer cette fée belliqueuse à moi, une main sculptant la soie de ses cheveux, l’autre encourageant sa croupe généreuse à galoper sur la prairie de mon ventre.
Dans le miracle des virages, je réussissais à happer le miel de ses têtons qui imploraient ma langue…


Et telle une squaw toute acquise elle se laissait fourrer en cadence dans l’entrelac de mes cuisses, nous réservant aussi par moments des rythmiques insensées.
Nous nous arrachions des mots dédiés l’un à l’autre qui ne voulaient rien dire
glissants sur le Rail de notre plaisir, tourné vers nous deux, tendu vers Là-haut.

Nous flottions tous deux entre ciel et terre dans la communion d’un galop ou d’un envol où je ne sais plus, je ne sais pas.
Etions-nous entre Guerre et Paix ? Que touchions-nous ensemble du doigt de nos ailes?
Du grain de nos peaux…
Ce voyage en cette nuit noire symbolisait-il l’Oubli de nous-même ou la fusion vers un Autre inconnu tout simplement sublîme en cet instant.
Le mystère restait entier….Mais Dieu que les rails huilés de ce train magique vers un hypothétique 7ème ciel nous seyiaient à merveille !

Puis le violon d’un sanglot sur mon cœur me cingla d’un coup sec et l’azur de son sexe se déversa en ondées sur le terreau de mon ventre.
Je vis alors son visage beau comme un ciel tremblant s’évanouir aussi sur mon front en une pluie diffuse et j’en parfumai mon corps pour ne l’oublier jamais.
Sur la crète de mon ancre, ses sourires radieux rassasiés éblouirent mes sens dans un éclair de feu que j’aurais voulu éternel.

Empli de son parfum d’iode et de caramel,
je devinai que son ombre si merveilleuse et charnelle
marquée d’’interdit n’avait habité que mon rève.. .
Et quant au petit matin je retrouvai Moncuq inondé par la pluie,
Je vis une flaque reflétant l’ Arc-en-ciel,
Miroir de ma nuit , ballade sur ma grève

D’un pas de Gene Kelly je fis un « floc » dans la flaque….
Devais-je sourire au petit matin de ces so (mm)leils rares
Qui zèbrent le nuage de mes nuits noires
Pour finir en claque ?
Ou rèver de lcette nuit d’ivoire
où en vérité j’aurais à la voir… ?
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Voici les 11 dernières réactions à ce commentaire
 Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
 06/02/08 à 21h15
Je ne sais pas si je serai capable d'écrire sur la sexualité avec autant d'ardeur et de dextérité que tu le fais. Ce texte se "donne" lui aussi. Mais il est vrai que ce n'était q'un rêve....

Dans ces moments là, nous sommes surhommes et de ce fait, débordons d'une énergie insoupçonnée. Mais en réalité? (sourire)....
 20/10/07 à 02h36
la prochaine fois tu as une amende salée!
 15/09/07 à 23h10

Zut alors! N'y aurait -il que des lubriques?
A voir ceux/celles qui m'ont lu sans avoir payé de leur brique
Je dis "hum hum!"
Et ne parle qu'à ceux qui s'assument!
 01/09/07 à 23h08
 01/09/07 à 22h08
 01/09/07 à 20h01
PaulTergeist
b8 ou g8 ?
dans des cris audacieux ou peut être malicieux, se régalant les yeux, glissant sur le phrasé, emportés par leurs pensées.

je ne suis qu'une alouette et je dis "cui,cui" pour étouffer mes cris.
 01/09/07 à 19h00
Tethys
et bien merci d'être sorti du forum. ah les trains. me sent contrôleuse d'un coup. C'est beau, enlevé, rythmé, sensuel. Je croyais partir avec Pierre Bonte à Montcuq, mais là c'est une autre envergure, d'autres ailes, un train nommé désir. bravo.