Deux mille ans après la fin des divinités antiques – Aphrodite, Apollon, Athéna et toute la bande à Jupiter –, rendons grâce au cinéma, qui nous a apporté, au XXe siècle, toute une flopée de nouvelles idoles païennes, à la fois offertes et inaccessibles : les stars.
Mary Pickford, Douglas Fairbanks, Greta Garbo, Rudolf Valentino, Marlene Dietrich, Clark Gable, Gary Cooper, Rita Hayworth, Humphrey Bogart, Ava Gardner, Marlon Brando, Marilyn Monroe, James Dean, Grace Kelly, Jean-Claude Van Damme, etc., etc., etc.
Autant de héros et d’héroïnes qui ont fait rêver des millions de spectateurs et qui, tous, restent à jamais gravés dans le firmament céleste de nos mémoires.
Tous ?
Pas tout à fait.
Hélas, le cinéma subit, lui aussi, les outrages de l’Histoire, et certains noms, acclamés autrefois par les foules avides de bœuf bourguignon et de congés payés, sont injustement tombés dans les affres de l’oubli.
C’est pourquoi j’ai décidé, aujourd’hui, en mon âme et conscience, de réhabiliter une star indûment méconnue de nos petites cervelles emplies de tracas quotidiens
J’ai nommé…
Bouboule.
Bouboule ?
Oui, oui, Bouboule !
Bouboule, de son vrai nom Geneviève Juttet, est née à Paris en 1917.
Ses parents tenaient un salon de coiffure où venaient se faire toiletter toutes les vedettes du music-hall. Bouboule, ainsi surnommée dès sa naissance de par sa bonne bouille potelée, se révéla être une petite gamine rigolote comme tout, un brin délurée et taquine, énergique et farceuse comme pas deux avec les illustres clients de son papa et de sa maman.
Un jour, Mistinguett la trouva tellement trognon qu’elle invita la petite famille Juttet à dîner.
Et qui était présent, à ce dîner, hm ?
Vous voudriez bien le savoir, hein ?
Allez, je suis pas vache, je vous le dis…
Louis Feuillade himself.
Louis Feuillade, réalisateur sur lequel, en cherchant bien, vous pourrez trouver ici même quelques informations, aimait beaucoup tourner avec les enfants. Dans les années 1910, il fit de délicieuses petites séries comiques avec René Dary, alias « Bébé » et René Poyen, alias « Bout de Zan ».
Louis Feuillade fut conquis par le charme de la petite Bouboule et lui proposa de faire du cinéma.
Bouboule, enthousiaste à l’idée de faire la mariole devant la caméra, pria ses parents d’accepter la proposition de « monsieur Feuillade ». Son père accepta de bonne grâce. Sa mère aussi, à la seule condition qu’elle-même puisse accompagner sa fillette sur chaque tournage, afin de s’assurer qu’il ne lui arriverait pas d’accident.
C’est que le cinéma, à cette époque, c’était encore toute une aventure.
Et c’est ainsi que Bouboule, âgée de quatre ans, se lança dans le cinéma, avec pour unique motivation la perspective de bien s’amuser.
Dès son premier rôle, dans « Parisette » (1921), elle enchanta les spectateurs par sa vivacité et sa spontanéité, et Feuillade la fit tourner dans tous ses derniers films, de 1923 à 1925.
Bouboule adorait le cinéma et aimait bien « monsieur Feuillade », qui n’était pourtant pas toujours facile. Celui-ci aimait les enfants et, quand il en avait le temps, racontait à Bouboule des histoires rigolotes et fantasques ; mais c’était aussi un réalisateur exigeant, qui piquait parfois des colères restées légendaires.
Bouboule se souvient d’un tournage à Nice, en hiver.
Pour profiter au mieux de la luminosité, il fallait se lever très tôt et travailler jusqu’à la tombée du jour.
« Monsieur Feuillade disait, à la fin de chaque jour de tournage :
"Demain, si le soleil est là : villa [c’est-à-dire tournage en extérieur] ;
s’il ne fait pas beau : studio ;
s’il pleut : on reste au pieu"…
J’aimais beaucoup quand il pleuvait ! ».
« Souvent, on n’avait pas le temps de manger, on avait juste dix minutes pour avaler un sandwich. Un jour, il était midi, j’avais très faim, ce qui est normal quand on s’est levé à 5h30 le matin ! Monsieur Feuillade nous dit : "on tourne la scène suivante, Bouboule, en place !"
J’ai dit : "non, monsieur Feuillade, je ne tourne plus, j’ai faim, je veux déjeuner !". Il tenta de me raisonner, il fallait avancer dans le tournage, il commença à s’agacer.
Mais moi, j’étais têtue ! je n’ai pas cédé, je lui ai dit que je ne tournerais plus sans avoir mangé… et finalement, toute l’équipe eut une heure pour un bon déjeuner ! Il était autoritaire, mais j’avais, moi aussi, mon petit caractère ! »
Bouboule aimait beaucoup Louis Feuillade, mais comme celui-ci en imposait, elle ne put jamais se résoudre à l’appeler ou à le nommer autrement que « monsieur Feuillade », alors qu’elle appelait simplement « Champreux » l’opérateur Maurice Champreux, avec lequel elle se sentait en parfaite égalité.
« Champreux était vraiment un homme très gentil. Bout de Zan aussi ! Bout de Zan, qui était quand même plus grand que moi [né en 1908, René Poyen était déjà un adolescent dans les années 1920] était un excellent complice, sans doute parce que nous étions les deux "jeunes" de l’équipe ; il était toujours là pour me faire rire, s’occuper de moi ou tout simplement jouer ».
« Monsieur Feuillade » savait aussi s’y prendre pour obtenir de ses acteurs ce qu’il voulait.
« Sur un tournage en extérieur, je devais sauter dans une rivière depuis un pont. Je dis à monsieur Feuillade que je ne savais pas nager et que je ne n’aimais pas l’eau froide. Il me répondit : "ne t’inquiète pas, ce n’est rien ! j’ai fait placer des radiateurs au fond de la rivière, l’eau est chaude ; et lorsque tu auras sauté et que tu toucheras le fond, tu donneras un grand coup de pied pour remonter à la surface ; si tu ne parviens pas jusqu’à la berge, quelqu’un sautera dans l’eau pour aller te chercher !"
Quand on a cinq ou six ans, on gobe tout ce que l’on vous dit ! rassurée de savoir que l’eau était chaude, j’ai donc sauté depuis le pont ; l’eau était bien évidemment froide et, quand j’ai pu regagner la berge, j’étais en colère !
Et là, j’entends monsieur Feuillade me dire : "bon, c’est bien, on a le plan large où tu sautes, maintenant, tu vas replonger pour que nous puissions te filmer en gros plan dans la rivière".
Je lui ai dit tout le bien que je pensais de la température de l’eau et que j’avais accepté de plonger une fois… mais pas deux ! Il insista, m’expliqua que c’était nécessaire pour le film…
Finalement, je lui ai dit : "d’accord ! mais après, je veux manger un bon gros steak avec des frites et des pommes de terre à l’huile !". Il accepta, je suis retournée dans l’eau et après, j’ai eu mon steak avec des frites et des pommes de terre à l’huile ! J’étais gourmande, et puis après être plongée deux fois dans l’eau froide…
Évidemment, ma mère était là, puisqu’elle m’accompagnait toujours sur les tournages. Elle demanda à monsieur Feuillade s’il aurait fait faire à sa propre fille ce qu’il me faisait faire ; il répondit que non ! »
Attention !
Bouboule ne fut pas un simple second rôle, elle fut une protagoniste de premier ordre et une véritable enfant star auprès du public.
L’un de ses plus beaux films, qui demeure l’une des œuvres les plus touchantes de Feuillade, est un mélodrame de long métrage réalisé en 1924 :
« Pierrot Pierrette ».
Pierrot et Pierrette, frère et sœur, habitent dans une roulotte avec leur grand-père, ancien chef de piste dans un cirque. Ils vivent heureux et chantent dans les rues de Nice pour gagner leur vie.
Mais une dame « charitable » de la bonne société intervient, fait placer le vieil homme dans une maison de retraite et les enfants à l'orphelinat. Pierrot et Pierrette s'enfuient, quittent la ville et tombent entre les mains d'un marchand ambulant qui veut les exploiter puis les oblige à l’aider à cambrioler une maison… qui se révèle être celle de la dame charitable.
Les enfants déjouent le plan du marchand et la dame, comprenant qu’elle est à l’origine de leur malheur, répare son erreur en réunissant sous sa protection la petite famille.
Pierrot, c’est Bout de Zan, magnifique en grand frère protecteur et plein de ressources.
Pierrette, c’est Bouboule, touchante et drôle en petite sœur délurée.
Servi par une photographie lumineuse et par une réalisation moderne, « Pierrot Pierrette » est une sorte de « road movie » où deux enfants découvrent et affrontent le monde à travers la campagne niçoise et les épreuves humaines, sur les chemins de la liberté et du bonheur.
Le « happy end », bien sûr, respecte les conventions du genre, mais l’ensemble marie harmonieusement réalisme et insolite.
Et c’est en très grande partie grâce à Bouboule que l’on tombe sous le charme.
Bouboule a fait du cinéma jusqu’à l’âge de huit ou neuf ans.
Après la mort de Feuillade, en 1925, elle a joué dans deux films avec « Champreux », qui termina les œuvres laissées inachevées par « monsieur Feuillade », puis dans « Le P'tit Parigot », où elle partagea la vedette avec Pauline Carton.
Après quoi elle entra dans une nouvelle école, dont la directrice lui recommanda de taire son passé – après tout guère convenable, encore à cette époque. À ses petits camarades qui lui disaient qu’elle ressemblait à Bouboule, Geneviève répondait qu’elle lui ressemblait peut-être, mais sans plus…
Plus tard, Geneviève se maria, sans même dire à son fiancé qu’elle avait fait du cinéma.
Ce n’est qu’après le mariage qu’un ami de la famille dit au mari : « mais enfin, tu ne sais même pas que tu as épousé une star ! ».
Geneviève dit à son mari, étonné : « Oui, oh j’ai joué dans quelques films quand j’étais petite, mais c’est loin, je ne m’en souviens plus très bien, je ne vais pas revenir là-dessus ! »
Geneviève n’a jamais regretté d’avoir fait du cinéma. Elle l’a fait uniquement pour s’amuser, même si le jeu n’était pas toujours drôle. Le cinéma ne fut, pour elle, qu’une parenthèse ludique de son enfance, au sortir de laquelle elle comprit, sans trop savoir pourquoi, qu’il était quand même préférable de ne pas trop en parler.
Geneviève a poursuivi une vie normale, la vie de madame Tout-le-Monde.
Aujourd’hui, c’est une charmante vieille dame de 89 ans, qui a gardé beaucoup de son énergie et de sa malice.
L’espace d’une petite heure, Geneviève est redevenue Bouboule, à la Cinémathèque française, où elle est venue nous raconter ces quelques souvenirs d’enfance que j’ai tenté de retranscrire le plus fidèlement possible.
« Je ne me souviens pas de grand chose… vous savez, j’étais petite ! je garde de bons souvenirs, mais maintenant, je suis une vieille dame et j’entends bien qu’on me laisse tranquille !… »
Ok Bouboule !
Mary Pickford, Douglas Fairbanks, Greta Garbo, Rudolf Valentino, Marlene Dietrich, Clark Gable, Gary Cooper, Rita Hayworth, Humphrey Bogart, Ava Gardner, Marlon Brando, Marilyn Monroe, James Dean, Grace Kelly, Jean-Claude Van Damme, etc., etc., etc.
Autant de héros et d’héroïnes qui ont fait rêver des millions de spectateurs et qui, tous, restent à jamais gravés dans le firmament céleste de nos mémoires.
Tous ?
Pas tout à fait.
Hélas, le cinéma subit, lui aussi, les outrages de l’Histoire, et certains noms, acclamés autrefois par les foules avides de bœuf bourguignon et de congés payés, sont injustement tombés dans les affres de l’oubli.
C’est pourquoi j’ai décidé, aujourd’hui, en mon âme et conscience, de réhabiliter une star indûment méconnue de nos petites cervelles emplies de tracas quotidiens
J’ai nommé…
Bouboule.
Bouboule ?
Oui, oui, Bouboule !
Bouboule, de son vrai nom Geneviève Juttet, est née à Paris en 1917.
Ses parents tenaient un salon de coiffure où venaient se faire toiletter toutes les vedettes du music-hall. Bouboule, ainsi surnommée dès sa naissance de par sa bonne bouille potelée, se révéla être une petite gamine rigolote comme tout, un brin délurée et taquine, énergique et farceuse comme pas deux avec les illustres clients de son papa et de sa maman.
Un jour, Mistinguett la trouva tellement trognon qu’elle invita la petite famille Juttet à dîner.
Et qui était présent, à ce dîner, hm ?
Vous voudriez bien le savoir, hein ?
Allez, je suis pas vache, je vous le dis…
Louis Feuillade himself.
Louis Feuillade, réalisateur sur lequel, en cherchant bien, vous pourrez trouver ici même quelques informations, aimait beaucoup tourner avec les enfants. Dans les années 1910, il fit de délicieuses petites séries comiques avec René Dary, alias « Bébé » et René Poyen, alias « Bout de Zan ».
Louis Feuillade fut conquis par le charme de la petite Bouboule et lui proposa de faire du cinéma.
Bouboule, enthousiaste à l’idée de faire la mariole devant la caméra, pria ses parents d’accepter la proposition de « monsieur Feuillade ». Son père accepta de bonne grâce. Sa mère aussi, à la seule condition qu’elle-même puisse accompagner sa fillette sur chaque tournage, afin de s’assurer qu’il ne lui arriverait pas d’accident.
C’est que le cinéma, à cette époque, c’était encore toute une aventure.
Et c’est ainsi que Bouboule, âgée de quatre ans, se lança dans le cinéma, avec pour unique motivation la perspective de bien s’amuser.
Dès son premier rôle, dans « Parisette » (1921), elle enchanta les spectateurs par sa vivacité et sa spontanéité, et Feuillade la fit tourner dans tous ses derniers films, de 1923 à 1925.
Bouboule adorait le cinéma et aimait bien « monsieur Feuillade », qui n’était pourtant pas toujours facile. Celui-ci aimait les enfants et, quand il en avait le temps, racontait à Bouboule des histoires rigolotes et fantasques ; mais c’était aussi un réalisateur exigeant, qui piquait parfois des colères restées légendaires.
Bouboule se souvient d’un tournage à Nice, en hiver.
Pour profiter au mieux de la luminosité, il fallait se lever très tôt et travailler jusqu’à la tombée du jour.
« Monsieur Feuillade disait, à la fin de chaque jour de tournage :
"Demain, si le soleil est là : villa [c’est-à-dire tournage en extérieur] ;
s’il ne fait pas beau : studio ;
s’il pleut : on reste au pieu"…
J’aimais beaucoup quand il pleuvait ! ».
« Souvent, on n’avait pas le temps de manger, on avait juste dix minutes pour avaler un sandwich. Un jour, il était midi, j’avais très faim, ce qui est normal quand on s’est levé à 5h30 le matin ! Monsieur Feuillade nous dit : "on tourne la scène suivante, Bouboule, en place !"
J’ai dit : "non, monsieur Feuillade, je ne tourne plus, j’ai faim, je veux déjeuner !". Il tenta de me raisonner, il fallait avancer dans le tournage, il commença à s’agacer.
Mais moi, j’étais têtue ! je n’ai pas cédé, je lui ai dit que je ne tournerais plus sans avoir mangé… et finalement, toute l’équipe eut une heure pour un bon déjeuner ! Il était autoritaire, mais j’avais, moi aussi, mon petit caractère ! »
Bouboule aimait beaucoup Louis Feuillade, mais comme celui-ci en imposait, elle ne put jamais se résoudre à l’appeler ou à le nommer autrement que « monsieur Feuillade », alors qu’elle appelait simplement « Champreux » l’opérateur Maurice Champreux, avec lequel elle se sentait en parfaite égalité.
« Champreux était vraiment un homme très gentil. Bout de Zan aussi ! Bout de Zan, qui était quand même plus grand que moi [né en 1908, René Poyen était déjà un adolescent dans les années 1920] était un excellent complice, sans doute parce que nous étions les deux "jeunes" de l’équipe ; il était toujours là pour me faire rire, s’occuper de moi ou tout simplement jouer ».
« Monsieur Feuillade » savait aussi s’y prendre pour obtenir de ses acteurs ce qu’il voulait.
« Sur un tournage en extérieur, je devais sauter dans une rivière depuis un pont. Je dis à monsieur Feuillade que je ne savais pas nager et que je ne n’aimais pas l’eau froide. Il me répondit : "ne t’inquiète pas, ce n’est rien ! j’ai fait placer des radiateurs au fond de la rivière, l’eau est chaude ; et lorsque tu auras sauté et que tu toucheras le fond, tu donneras un grand coup de pied pour remonter à la surface ; si tu ne parviens pas jusqu’à la berge, quelqu’un sautera dans l’eau pour aller te chercher !"
Quand on a cinq ou six ans, on gobe tout ce que l’on vous dit ! rassurée de savoir que l’eau était chaude, j’ai donc sauté depuis le pont ; l’eau était bien évidemment froide et, quand j’ai pu regagner la berge, j’étais en colère !
Et là, j’entends monsieur Feuillade me dire : "bon, c’est bien, on a le plan large où tu sautes, maintenant, tu vas replonger pour que nous puissions te filmer en gros plan dans la rivière".
Je lui ai dit tout le bien que je pensais de la température de l’eau et que j’avais accepté de plonger une fois… mais pas deux ! Il insista, m’expliqua que c’était nécessaire pour le film…
Finalement, je lui ai dit : "d’accord ! mais après, je veux manger un bon gros steak avec des frites et des pommes de terre à l’huile !". Il accepta, je suis retournée dans l’eau et après, j’ai eu mon steak avec des frites et des pommes de terre à l’huile ! J’étais gourmande, et puis après être plongée deux fois dans l’eau froide…
Évidemment, ma mère était là, puisqu’elle m’accompagnait toujours sur les tournages. Elle demanda à monsieur Feuillade s’il aurait fait faire à sa propre fille ce qu’il me faisait faire ; il répondit que non ! »
Attention !
Bouboule ne fut pas un simple second rôle, elle fut une protagoniste de premier ordre et une véritable enfant star auprès du public.
L’un de ses plus beaux films, qui demeure l’une des œuvres les plus touchantes de Feuillade, est un mélodrame de long métrage réalisé en 1924 :
« Pierrot Pierrette ».
Pierrot et Pierrette, frère et sœur, habitent dans une roulotte avec leur grand-père, ancien chef de piste dans un cirque. Ils vivent heureux et chantent dans les rues de Nice pour gagner leur vie.
Mais une dame « charitable » de la bonne société intervient, fait placer le vieil homme dans une maison de retraite et les enfants à l'orphelinat. Pierrot et Pierrette s'enfuient, quittent la ville et tombent entre les mains d'un marchand ambulant qui veut les exploiter puis les oblige à l’aider à cambrioler une maison… qui se révèle être celle de la dame charitable.
Les enfants déjouent le plan du marchand et la dame, comprenant qu’elle est à l’origine de leur malheur, répare son erreur en réunissant sous sa protection la petite famille.
Pierrot, c’est Bout de Zan, magnifique en grand frère protecteur et plein de ressources.
Pierrette, c’est Bouboule, touchante et drôle en petite sœur délurée.
Servi par une photographie lumineuse et par une réalisation moderne, « Pierrot Pierrette » est une sorte de « road movie » où deux enfants découvrent et affrontent le monde à travers la campagne niçoise et les épreuves humaines, sur les chemins de la liberté et du bonheur.
Le « happy end », bien sûr, respecte les conventions du genre, mais l’ensemble marie harmonieusement réalisme et insolite.
Et c’est en très grande partie grâce à Bouboule que l’on tombe sous le charme.
Bouboule a fait du cinéma jusqu’à l’âge de huit ou neuf ans.
Après la mort de Feuillade, en 1925, elle a joué dans deux films avec « Champreux », qui termina les œuvres laissées inachevées par « monsieur Feuillade », puis dans « Le P'tit Parigot », où elle partagea la vedette avec Pauline Carton.
Après quoi elle entra dans une nouvelle école, dont la directrice lui recommanda de taire son passé – après tout guère convenable, encore à cette époque. À ses petits camarades qui lui disaient qu’elle ressemblait à Bouboule, Geneviève répondait qu’elle lui ressemblait peut-être, mais sans plus…
Plus tard, Geneviève se maria, sans même dire à son fiancé qu’elle avait fait du cinéma.
Ce n’est qu’après le mariage qu’un ami de la famille dit au mari : « mais enfin, tu ne sais même pas que tu as épousé une star ! ».
Geneviève dit à son mari, étonné : « Oui, oh j’ai joué dans quelques films quand j’étais petite, mais c’est loin, je ne m’en souviens plus très bien, je ne vais pas revenir là-dessus ! »
Geneviève n’a jamais regretté d’avoir fait du cinéma. Elle l’a fait uniquement pour s’amuser, même si le jeu n’était pas toujours drôle. Le cinéma ne fut, pour elle, qu’une parenthèse ludique de son enfance, au sortir de laquelle elle comprit, sans trop savoir pourquoi, qu’il était quand même préférable de ne pas trop en parler.
Geneviève a poursuivi une vie normale, la vie de madame Tout-le-Monde.
Aujourd’hui, c’est une charmante vieille dame de 89 ans, qui a gardé beaucoup de son énergie et de sa malice.
L’espace d’une petite heure, Geneviève est redevenue Bouboule, à la Cinémathèque française, où elle est venue nous raconter ces quelques souvenirs d’enfance que j’ai tenté de retranscrire le plus fidèlement possible.
« Je ne me souviens pas de grand chose… vous savez, j’étais petite ! je garde de bons souvenirs, mais maintenant, je suis une vieille dame et j’entends bien qu’on me laisse tranquille !… »
Ok Bouboule !
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Salut Vertigo,
cette bien jolie histoire sur une jeune actrice dont je n' ai jamais entendu parler, malheureusement les chaînes hertziennes classiques ne nous projetent jamais de petites pétites du cinéma d' avant-guerre... à part peut-être le ciné-club du dimanche soir sur france 3.
Amitiés.
Serenity.
cette bien jolie histoire sur une jeune actrice dont je n' ai jamais entendu parler, malheureusement les chaînes hertziennes classiques ne nous projetent jamais de petites pétites du cinéma d' avant-guerre... à part peut-être le ciné-club du dimanche soir sur france 3.
Amitiés.
Serenity.
quant tu parles italien ça m'fait penser à John Cleese dans Un poisson nommé Wanda qui à la demande de Jamie Lee curtis lui fait l'amour en parlant italien...
Vieni qui... che io ti accarezza... lasciati andare, non avere paura, entra nell'esperanza 

Merci de cesser de polluer mon commentaire avec des inepties sur le rock !
Nous n'avons, décidément, pas les mêmes points communs...
Nous n'avons, décidément, pas les mêmes points communs...

Ah non, reste ! excellent 
Ohhh, un de mes tubes préférés passe à la radio... chuuut...

Ohhh, un de mes tubes préférés passe à la radio... chuuut...
Feuillade est partout... il est le big brother du cinéma international.
Sarko, à côté, c'est du crottin de chat.
Feuillade est amour !
Sarko, à côté, c'est du crottin de chat.
Feuillade est amour !
Elvis is dead ? encore un ? décidément...
Pfff, on ne me dit jamais rien, à moi.
Pfff, on ne me dit jamais rien, à moi.
Chhhhut ! bouge pas, il est juste derrière toi, Elvis...
t'es partt au meme temps que moi auj lol
Elvis is Dead
finalement il y a tjs un lien avc Feuillade...il t'obsede à ce point?lol
ne sois pas désolé
j'avais oublié les petits bonhommes
)
pour me faire pardonner hop une blague que j'ai trouvé sur le site d'haribo (où on arrive fatalement quand on cherche des bouts de zan ) :
* Encore aujourd'hui, de nombreuses personnes, en écrivant le chiffre sept utilisent une barre supplémentaire horizontale au milieu du chiffre. La plupart des typographies l'ont fait disparaitre aujourd'hui, comme vous pouvez le constater ici : 7
Mais savez-vous pourquoi a survécu cette barre jusqu'à nos jours ? Il faut remonter bien loin, aux temps bibliques. Lorsque Moise eut gravi le mont Sinai, et que les 10 commandements lui furent dictés, il redescendit vers son peuple et leur lut, à haute et forte voix, chaque commandement.
Arrivé au Septième, il annonça : "Tu ne désireras pas la femme de ton prochain".
Et là, de nombreuses voix s'élevèrent parmi le peuple lui criant: "Barre le sept, barre le sept !!! *
oui je connais la sortie
)
c'est qu'en moi se cache patrick sébastien. ah bon il n'est en pas exil lui ?
)
j'avais oublié les petits bonhommes
)pour me faire pardonner hop une blague que j'ai trouvé sur le site d'haribo (où on arrive fatalement quand on cherche des bouts de zan ) :
* Encore aujourd'hui, de nombreuses personnes, en écrivant le chiffre sept utilisent une barre supplémentaire horizontale au milieu du chiffre. La plupart des typographies l'ont fait disparaitre aujourd'hui, comme vous pouvez le constater ici : 7
Mais savez-vous pourquoi a survécu cette barre jusqu'à nos jours ? Il faut remonter bien loin, aux temps bibliques. Lorsque Moise eut gravi le mont Sinai, et que les 10 commandements lui furent dictés, il redescendit vers son peuple et leur lut, à haute et forte voix, chaque commandement.
Arrivé au Septième, il annonça : "Tu ne désireras pas la femme de ton prochain".
Et là, de nombreuses voix s'élevèrent parmi le peuple lui criant: "Barre le sept, barre le sept !!! *
oui je connais la sortie
)c'est qu'en moi se cache patrick sébastien. ah bon il n'est en pas exil lui ?
)il est où Elvis en ce moment?
Ohhh, c'est un vieux délire avec Chamane qui ressort, parfois... désolé !
ça fait deux fois que tu insinues que Pline l'ancien serait en exil en Argentine.
je connaissais l'histoire d'Orélie-Antoine 1er, roi de Patagonie, celle du gaucho magnifique Florent Pagny mais je connais rien du tout de celle du vieux Pline.
il va falloir faire un petit commentaire, ça m'intrigue, j'ai plus qu'une envie me saoûler à l'absinthe pour oublier mon ignorance, j'en attrape même des éruptions.
je connaissais l'histoire d'Orélie-Antoine 1er, roi de Patagonie, celle du gaucho magnifique Florent Pagny mais je connais rien du tout de celle du vieux Pline.
il va falloir faire un petit commentaire, ça m'intrigue, j'ai plus qu'une envie me saoûler à l'absinthe pour oublier mon ignorance, j'en attrape même des éruptions.
Y'en a pas mal, des Bouboule.
Georges Milton joua dans deux films pour Gaumont, le rôle d'un personnage nommé... Bouboule
Je connais pas, j'ai point vu.
Mais rien à voir avec Geneviève, ça c'est sûr !
Georges Milton joua dans deux films pour Gaumont, le rôle d'un personnage nommé... Bouboule

Je connais pas, j'ai point vu.
Mais rien à voir avec Geneviève, ça c'est sûr !
Et encore ! Shirley Temple, c'est de l'histoire récente, elle a commencé sa carrière au début des années 1930...
Sans remonter jusqu'au bébé dont le déjeuner fut filmé par les frères Lumière (il serait quand même exagéré de parler d'enfant star !), rappelons Jackie Coogan alias "Le Kid", starifié par Chaplin... qui créa le personnage en s'inspirant largement de Bout de Zan ! comme quoi on en revient toujours à... qui vous savez
Sans remonter jusqu'au bébé dont le déjeuner fut filmé par les frères Lumière (il serait quand même exagéré de parler d'enfant star !), rappelons Jackie Coogan alias "Le Kid", starifié par Chaplin... qui créa le personnage en s'inspirant largement de Bout de Zan ! comme quoi on en revient toujours à... qui vous savez

Vi vi vi... connu mais bien planqué dans l'oubli !
En fait, je devrais pas le dire, mais... après avoir été démasqué pour être responsable de la mystérieuse disparition de Leprince, Feuillade s'est barré en Argentine.
Il vit toujours, dans la clandestinité, en compagnie de Louis XVII, Hitler, Jacques Médecin, Pline l'Ancien et Pauline Carton.
En fait, je devrais pas le dire, mais... après avoir été démasqué pour être responsable de la mystérieuse disparition de Leprince, Feuillade s'est barré en Argentine.
Il vit toujours, dans la clandestinité, en compagnie de Louis XVII, Hitler, Jacques Médecin, Pline l'Ancien et Pauline Carton.
A mon avis, Dude t'a enduite d'erreur par volonté d'expérimenté le body-painting virtuel... Ca sent la performance artistique. Ou bien je suis vraiment un gros naïf...
Faudra que je te fasse voir un court métrage, un jour, qui s'appelle "Pixie".
Tu vas aimer, je le sens... ^^
Tu vas aimer, je le sens... ^^
.. M'avait surnommée Bouboule il fut un temps que les moins de vingt ans ... C'était peut-être un compliment après tout ..
Hop hop hop , un 5 , comme dab .
Hop hop hop , un 5 , comme dab .
mais Vertichou dis moi, ce Feuillade là, il est connu?
OK je sors. J'te laisse un cinq, tu sais où le mettre!
NON !!! Sur l'étagère enfin !!!!
OK je sors. J'te laisse un cinq, tu sais où le mettre!
NON !!! Sur l'étagère enfin !!!!
ou le savoir-vivre
(Nadine de Rothschild peut aller se rhabiller)
(Nadine de Rothschild peut aller se rhabiller)
j'me demandais qui allait réagir en 1er sur "enduit d'erreur" avec l'esprit mal tourné...et bingo c'est toi !
je ne rebondirais pas en te répondant, ça risquerait de déraper or on est sur un site sérieux et culturel ici...
je ne rebondirais pas en te répondant, ça risquerait de déraper or on est sur un site sérieux et culturel ici...
si aux States, ils ne savent pas gérer leur carrière
en France, on a notamment l'exemple de cette actrice de génie qui est passée de Jeux interdits au Château des Oliviers (disponible en DVD, avec 15% de remise si vous achetez le coffret des Yeux d'Hélène, avec)
alors, hein...
en France, on a notamment l'exemple de cette actrice de génie qui est passée de Jeux interdits au Château des Oliviers (disponible en DVD, avec 15% de remise si vous achetez le coffret des Yeux d'Hélène, avec)
alors, hein...
La petite Shirley chantait et dansait dès l'âge de 3 ans...
Bouboule est à la France ce que fut Shirley Temple à l'Amérique - on la surnommait d'ailleurs la petite fiancée de l'Amérique - et dans les deux cas la maman restait sur le plateau pendant les tournages, ne voulant pas risquer d'être enduite d'erreur
Bouboule est à la France ce que fut Shirley Temple à l'Amérique - on la surnommait d'ailleurs la petite fiancée de l'Amérique - et dans les deux cas la maman restait sur le plateau pendant les tournages, ne voulant pas risquer d'être enduite d'erreur

que les bébés stars étaient une invention de notre époque...Au top de la gloire et puis aux oubliettes du jour au lendemain...Mais ptet qu'elle peut retenter un come back ? C'est à la mode en ce moment (cf Jordy) ! T'imagines l'émission sur TF1 "Retour gagnant avec...bouboule", ça déchirerait l'audimat ça non ?
En tous cas, merci d'avoir levé le voile sur la mystérieuse bouboule, celle que tu rencontrais en cachette à la cinémathèque...même si je dois l'avouer, je m'attendais à autre chose...tout ça c'est la faute à Dude, il m'a enduit d'erreur !
En tous cas, merci d'avoir levé le voile sur la mystérieuse bouboule, celle que tu rencontrais en cachette à la cinémathèque...même si je dois l'avouer, je m'attendais à autre chose...tout ça c'est la faute à Dude, il m'a enduit d'erreur !
qui se réveille à 6h30 juste pour te lire hein? Nan c'est pas Bouboule, c'est Bibi...
cinq, mais qui donc a baptisé l'infortunée "Bouboule" ?
nb : sur le crayon Staedtler, on ne voit plus marqué que "tra"...(-lalaïtou ou bien -gédie?)
nb : sur le crayon Staedtler, on ne voit plus marqué que "tra"...(-lalaïtou ou bien -gédie?)
rien à ajouter, à part la note.
Sonata.
Sonata.
je vais pouvoir aller dormir tranquille
je ne trouve malheureusement pas d'images de bouboule et de bout de zan.
merci ( et 5 mais ça tu le sais )
je ne trouve malheureusement pas d'images de bouboule et de bout de zan.
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Vertigo
publié le 19 mars 06