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Je n'aime pas le ciel bleu
 Je n'aime pas le ciel bleu
rediger un nouveau commentaire sur Georges Brassens
catégorie : création littéraire
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Tout au long de ce long jour d’été, l’infini me contemplait de son gros œil bleu, au centre duquel rayonnait le soleil.
Et alors que tous glorifiaient cet azur, je frissonnais de peur. Où chacun voyait la promesse de plaisirs terrestres, m’obsédait cette idée que, de toute éternité, un voyageur sidéral se déplaçant à la vitesse de la lumière jamais n’atteindrait les confins du ciel. Et que même l’existence de ceux-ci ne résoudrait rien ; l’infini est inconcevable, un espace clos tout autant.
On invente le big bang, on se réjouit, croyant se rapprocher de la vérité. On se trompe. Chaque énigme résolue en ouvre une nouvelle, et ainsi de suite ; un emboîtement de poupées russes, sans commencement ni fin.
A moins que notre cerveau ne soit conçu à l’image de l’Univers. Quand il aura tout décrypté, il implosera en une Apocalypse schizophrénique. Fin de l’Humanité.
Et quand je m’écriais « infini je te hais », c’est le ricanement de la mort, son double métaphysique, qui me répondît en écho.
L’idée d’être figé dans un néant éternel pendant que tout continuera, le temps, la vie et la mort de milliards d’individus, la dilatation de l'espace, échappe à mon entendement. Ce cerveau souvent en sur-régime cessera pour toujours d’émettre et de recevoir, tel un vieux transistor inerte. Et je n’attends aucun secours d’une éventuelle vie éternelle, aussi impossible à se représenter – et somme toute, plus effrayante encore. La mort et l’éternité, c’est Charybde et Scylla, la peste et le choléra.
Et pourtant, alors que la lutte est si disproportionnée entre lui et moi, « ver de terre sous les étoiles », tant que je vis je m'intercale dans l'infini. Si fier de sa puissance, celui-ci n’est plus que mon présent pendant quelques dizaines d'années. Ma vie est la ligne de démarcation du temps.
A l’instar du Roi de France, se proclamant Empereur en son Royaume, serais-je Dieu durant l’intervalle de temps qui est ma vie, puisque le monde naît et meurt avec moi ? Et que, d’une certaine manière, je ne suis que présent, sans passé ni avenir.
Las, je ne suis point immuable dans un éternel présent. Mon miroir – et le regard des autres - m’en convaincraient si ma mémoire défaillait ; mon imagination qu’apeure l’avenir le sait trop.
Alors, si nous jouions à nous abuser ? Du passé faisons table rase, et après nous le déluge, seraient-elles les deux seules manières raisonnables de supporter ces mystères ?
réactions : 10
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Voici les 10 dernières réactions à ce commentaire
 Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
 09/07/08 à 20h49
 08/07/08 à 14h34
....il s'agit de la solution morale telle qu'elle me semble exprimée dans ce commentaire, bien sûr. J'ai eu l'occasion de me rendre compte que Gadjoalone n'est ni lâche, ni ignoble.
Vos textes sont toujours stimulants, ce qui devient rare sur PCC, je trouve...

Je ne pense pas me tromper en affirmant que ce parcours relatant l'expérience de l'angoisse et visant à la supprimer investit des positions philosophiques bien connues.

Mais après être passé par l'épreuve pascalienne (celle de la hantise de l'infini et l'expérience de l'impossible connaissance intégrale), après avoir reconnu le caractère intenable de la position épicurienne (la mort est un événement qui par définition ne m'affecterait pas), vous prônez une éthique de la dénégation, consistant à se leurrer volontairement sur notre finitude. Ne doit-on pas reconnaître ici une mauvaise caricature de la pensée nietzchéenne?

Quoi qu'il en soit, voilà, me semble-t-il, un triste expédient. Pire encore, ne serait-ce pas le choix d'une conduite assez lâche, pour ne pas dire ignoble ? Et si l'angoisse était justement ce qui fait notre chance? L'expérience que toute solution est impossible ?

Peut-être l'erreur de votre raisonnement est-elle de croire que l'autre ne m'affecte qu'à la façon d'un miroir, sur le mode de l'imaginaire, et que par conséquent le témoignage qu'il me donne de ma finitude peut être occulté...

PS : ne voyez dans cette réaction aucune hostilité ; juste une invitation à préciser votre pensée.

 07/07/08 à 19h25
djila
aux interrogations multiples..
"mon imagination qu'apeure l'avenir" exact..
...Mais au fait ,
est-ce que RIEN est QUELQUE CHOSE ?...
ou...,
est-ce que notre existence est une hallucination ?
 07/07/08 à 16h59
 07/07/08 à 16h25
instant présent , oui; tout est éphémère Hélas ou heureusement ?