Je pense que chercher à expliquer sa vie, son parcours, poser les mots, le raconter de manière lucide et exhaustive, tout cela est un dessein vain.
Imaginons, vous cherchez à expliquer la cause de votre douleur actuelle, l’origine de votre souffrance. Vous ouvrez alors les tiroirs de votre mémoire, à la recherche du passé, et ressassez avec peine les évènements douloureux que vous avez vécus. Travaux archéologiques mais quelque part aussi méthodiques, scientifiques : dans toute explication, nous effectuons des liens de causalité, il y a donc une sorte de « sélection » d’évènements, ceux qui vous paraissent les plus importants, les plus en rapport avec les difficultés présentes.
Pourtant, en procédant de cette manière, le risque est maximal d’omettre des souvenirs –parfois trop « enfouis »- jouant eux aussi un rôle de premier plan dans votre présent. Nous leur préférons une théorie cohérente, une histoire limpide. Ces zones d’ombre méritaient sûrement malgré tout d’être éclairées.
Il est d’ailleurs flagrant, lorsqu’on lit une « autobiographie » de voir à quel point l’histoire est linéaire, se « tient », à quel point chaque douleur a une source définie, et raconter sa vie c’est déjà y mettre trop de subjectivité, d’interprétations, d’explications, alors qu’une vie c’est empirique, c’est fait d’avancées mais surtout de reculs, de contradictions et d’incohérence, de lumière mais surtout d’ombre et d’incompréhension, d’irrationalité…
Au fond, lorsque l’on est malheureux, nous avons une sorte d’histoire pré écrite dans notre pensée, expliquant de manière plus ou moins hasardeuse notre souffrance, afin de la rendre plus supportable, voire de tenter d’y remédier. L’inconnu fait toujours peur…
Pourtant, les larmes prennent leurs sources dans différents fleuves qui eux-mêmes se mélangent, se déversent les uns dans les autres, se croisent, de manière totalement asymétrique et anarchique. Les chapitres se coupent et se recoupent, les mots se désorganisent. Pourquoi chercher à toujours ranger le désordre, quitte à en oublier la moitié dans des recoins cachés : simplement pour une illusion de sécurité, pour être rassuré ?
Il n’y a pas d’explication linéaire. Ce qui existe, ce sont les maux que l’on essaie de surmonter ou auxquels on essaie d’échapper. Il y a des maux qui nous abattent, les deux pieds englués dans le sol et des menottes aux poignets, des maux asservissants et engourdissants. Il y a des maux qui s’expriment de façon, à première vue, « absurde », si bien qu’ils nous isolent en nous rendant trop « différent »…Il y a ceux qui nous donnent de la force, nous donnent envie de continuer malgré tout, comme une sorte de revanche. Mais est-ce l’essence même de ces maux qui engendrent des réactions différentes, ou plutôt est-ce dû à la nature de l’être qui les endure ?
Je suis persuadée qu’il existe des forces puissantes pour y parer : l’écriture, la musique, l’art, la drogue, l’amour…Le combat par l’évasion et le rêve, sous toutes leurs formes, tous leurs aspects : cela relève du personnel et de l’intime. Ce sont des remparts au désespoir, à l’errance, ces forces nous empêchent de nous perdre et donnent de l’énergie, si l’on a la force de s’y raccrocher le mieux possible. Et même si ce n’est que retarder l’échéance, peut-être que cela en vaut le coup. Peut-être même que l’on pourrait trouver un tremplin, quelque chose, quelqu’un, qui nous ferait rebondir, un grand saut pour atteindre la liberté, notre idéal, nos rêves –ceux que l’on refoulait depuis trop longtemps-, peut-être que l’on pourrait trouver notre véritable chemin.
Imaginons, vous cherchez à expliquer la cause de votre douleur actuelle, l’origine de votre souffrance. Vous ouvrez alors les tiroirs de votre mémoire, à la recherche du passé, et ressassez avec peine les évènements douloureux que vous avez vécus. Travaux archéologiques mais quelque part aussi méthodiques, scientifiques : dans toute explication, nous effectuons des liens de causalité, il y a donc une sorte de « sélection » d’évènements, ceux qui vous paraissent les plus importants, les plus en rapport avec les difficultés présentes.
Pourtant, en procédant de cette manière, le risque est maximal d’omettre des souvenirs –parfois trop « enfouis »- jouant eux aussi un rôle de premier plan dans votre présent. Nous leur préférons une théorie cohérente, une histoire limpide. Ces zones d’ombre méritaient sûrement malgré tout d’être éclairées.
Il est d’ailleurs flagrant, lorsqu’on lit une « autobiographie » de voir à quel point l’histoire est linéaire, se « tient », à quel point chaque douleur a une source définie, et raconter sa vie c’est déjà y mettre trop de subjectivité, d’interprétations, d’explications, alors qu’une vie c’est empirique, c’est fait d’avancées mais surtout de reculs, de contradictions et d’incohérence, de lumière mais surtout d’ombre et d’incompréhension, d’irrationalité…
Au fond, lorsque l’on est malheureux, nous avons une sorte d’histoire pré écrite dans notre pensée, expliquant de manière plus ou moins hasardeuse notre souffrance, afin de la rendre plus supportable, voire de tenter d’y remédier. L’inconnu fait toujours peur…
Pourtant, les larmes prennent leurs sources dans différents fleuves qui eux-mêmes se mélangent, se déversent les uns dans les autres, se croisent, de manière totalement asymétrique et anarchique. Les chapitres se coupent et se recoupent, les mots se désorganisent. Pourquoi chercher à toujours ranger le désordre, quitte à en oublier la moitié dans des recoins cachés : simplement pour une illusion de sécurité, pour être rassuré ?
Il n’y a pas d’explication linéaire. Ce qui existe, ce sont les maux que l’on essaie de surmonter ou auxquels on essaie d’échapper. Il y a des maux qui nous abattent, les deux pieds englués dans le sol et des menottes aux poignets, des maux asservissants et engourdissants. Il y a des maux qui s’expriment de façon, à première vue, « absurde », si bien qu’ils nous isolent en nous rendant trop « différent »…Il y a ceux qui nous donnent de la force, nous donnent envie de continuer malgré tout, comme une sorte de revanche. Mais est-ce l’essence même de ces maux qui engendrent des réactions différentes, ou plutôt est-ce dû à la nature de l’être qui les endure ?
Je suis persuadée qu’il existe des forces puissantes pour y parer : l’écriture, la musique, l’art, la drogue, l’amour…Le combat par l’évasion et le rêve, sous toutes leurs formes, tous leurs aspects : cela relève du personnel et de l’intime. Ce sont des remparts au désespoir, à l’errance, ces forces nous empêchent de nous perdre et donnent de l’énergie, si l’on a la force de s’y raccrocher le mieux possible. Et même si ce n’est que retarder l’échéance, peut-être que cela en vaut le coup. Peut-être même que l’on pourrait trouver un tremplin, quelque chose, quelqu’un, qui nous ferait rebondir, un grand saut pour atteindre la liberté, notre idéal, nos rêves –ceux que l’on refoulait depuis trop longtemps-, peut-être que l’on pourrait trouver notre véritable chemin.
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Quant à notre mémoire sélective, ce n'est pas par hasard je crois... de même que les mots et les images que chacun choisi pour parler de lui, de son histoire... Tout est symbole, et souvent symbole très personnel qui ne répond pas nécessairement aux archétypes...
Et les dénis qui nous protégent un temps..
A chacun de sentir si il serait mieux de "comprendre" pourquoi ça fait mal..pour que cela fasse "moins" mal, ou de préférer laisser sortir un autre langage exhutoire qui aide à transcender ce désespoir "personnel et portatif"..."l’écriture, la musique, l’art, la drogue, l’amour…Le combat par l’évasion et le rêve, sous toutes leurs formes, tous leurs aspects" J'y ajouterais la danse...
Et les dénis qui nous protégent un temps..
A chacun de sentir si il serait mieux de "comprendre" pourquoi ça fait mal..pour que cela fasse "moins" mal, ou de préférer laisser sortir un autre langage exhutoire qui aide à transcender ce désespoir "personnel et portatif"..."l’écriture, la musique, l’art, la drogue, l’amour…Le combat par l’évasion et le rêve, sous toutes leurs formes, tous leurs aspects" J'y ajouterais la danse...

moi je dis tant mieux
la capacité d'oubli est une donnée essentielle
Peut être qu'à 19 ans - avec l'intégrité que l'on porte haut et fort en soi - on voudrait ne rien omettre, mais alentour de cinquante ans on a un point de vue fort différent.
Voili voila
la capacité d'oubli est une donnée essentielle
Peut être qu'à 19 ans - avec l'intégrité que l'on porte haut et fort en soi - on voudrait ne rien omettre, mais alentour de cinquante ans on a un point de vue fort différent.
Voili voila

... à nos façons de vouloir nous guérir de nos maux par la remémoration et la recherche de sens des événements de notre vie. C'est vrai que la musique, l'art, la littérature (y compris de mon point de vue la précieuse littérature qui s'écrit ici chaque jour, n'en déplaise aux esprits chagrins !), etc. sont des sources d'énergie formidables dont il faut user sans vergogne.
Mais toutes nos ruminations, si souvent vaines, ont aussi leur utilité pour donner du sens, repousser les violences de l'absurde et justement nous permettre de saisir les énergies offertes.
Mais toutes nos ruminations, si souvent vaines, ont aussi leur utilité pour donner du sens, repousser les violences de l'absurde et justement nous permettre de saisir les énergies offertes.
analyse. Se raconter ne peut pas, à mon avis, suivre un cheminement "linéaire", ce serait plus de l'ordre de l'arborescence et avec de multiples passerelles entre les différentes branches, une sorte de fouillis où l'on ne sait pas dire quel est l'élément principal ou secondaire. Difficile dans ces conditions de se raconter et de tirer le fil de nos difficultés à vivre pour remonter à leur source, mieux les comprendre. Il y a tellement d'influences qui font ce que nous sommes, comment les connaître toutes ? comment connaître leur importance relative ? Et puis je suis très sceptique sur cette approche rationnelle, volontariste de la recherche de soi. Peut-être y a-t-il des zones d'ombre que je ne désire pas explorer ... Bien sûr il faut chercher à mieux se connaître ... y arrive-t-on jamais ?


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Alysse
publié le 3 mars 08