- Madame Déodat, bonjour. Pour notre deuxième séance, vous avez souhaité me rencontrer dans ce café, vous ne supportez pas d'être enfermée dans une petite pièce, justement, parlons-en. Essayez de retrouver en vous des souvenirs liés à cette phobie.
Je viens de reposer mon verre, j'ai les joues pleines d'eau, toutes rondes ; si j'avale, je tousse, si je parle, toute l'eau sort. La solution : avaler par petites gorgées, ça prend du temps, et l'homme qui s'est assis en face de moi dans ce café où je m'apprêtais à partir en profite pour m'indiquer que la séance a commencé.
- Ecoutez docteur...
Attention, tu rentres dans le jeu ! C'est Monsieur qu'il fallait dire, pas docteur.
- Madame Déodat, calmez-vous, nous avons une heure devant nous.
Pressée, je cherche à capter le regard du serveur, Matthieu, ma main agite mon billet de 5 euros. Merde, à 3 euros le café, il peut se déplacer, et puis j'ai mal aux pieds. Ah ! Une bande de minettes vient de s'installer sur la banquette du fond, il n'est pas prêt de me remarquer. Je me lève, résignée à me taper la traversée de la salle, avec des chaussures qui me font atrocement souffrir. Soudain, une voix féminine, théâtrale, nous atteint :
- Docteur, enfin ! Ca a été dur de venir jusqu'ici ! Atroce ! Figurez-vous que ...
Il me regarde, effaré, et je lis dans ces yeux toute la détresse de l'homme qui réalise qu'il a passé cinq minutes pour rien, qui ne seront pas payées.
Elle ne fait aucunement attention à moi, je m'éclipse, sans la voir. Je ne sais même pas si elle me ressemble.
Si j'avais l'esprit de jeu, je me serais laissé prendre pour Madame Déodat, j'aurais enchaîné. Oui, mais tu n'as pas l'esprit joueur, tu as l'esprit sérieux. Lourd même parfois. C'est ton défaut ma grosse. Entre autres. Oh hé, ça va ! Premièrement, tu ne m'appelles pas "ma grosse", deuxièmement....
- Madame, ça va ?
Parce que depuis tout à l'heure, vous parlez toute seule. Ca va ?
Bon, ça c'est la deuxième rencontre de la journée, et c'est une autre histoire.
Je viens de reposer mon verre, j'ai les joues pleines d'eau, toutes rondes ; si j'avale, je tousse, si je parle, toute l'eau sort. La solution : avaler par petites gorgées, ça prend du temps, et l'homme qui s'est assis en face de moi dans ce café où je m'apprêtais à partir en profite pour m'indiquer que la séance a commencé.
- Ecoutez docteur...
Attention, tu rentres dans le jeu ! C'est Monsieur qu'il fallait dire, pas docteur.
- Madame Déodat, calmez-vous, nous avons une heure devant nous.
Pressée, je cherche à capter le regard du serveur, Matthieu, ma main agite mon billet de 5 euros. Merde, à 3 euros le café, il peut se déplacer, et puis j'ai mal aux pieds. Ah ! Une bande de minettes vient de s'installer sur la banquette du fond, il n'est pas prêt de me remarquer. Je me lève, résignée à me taper la traversée de la salle, avec des chaussures qui me font atrocement souffrir. Soudain, une voix féminine, théâtrale, nous atteint :
- Docteur, enfin ! Ca a été dur de venir jusqu'ici ! Atroce ! Figurez-vous que ...
Il me regarde, effaré, et je lis dans ces yeux toute la détresse de l'homme qui réalise qu'il a passé cinq minutes pour rien, qui ne seront pas payées.
Elle ne fait aucunement attention à moi, je m'éclipse, sans la voir. Je ne sais même pas si elle me ressemble.
Si j'avais l'esprit de jeu, je me serais laissé prendre pour Madame Déodat, j'aurais enchaîné. Oui, mais tu n'as pas l'esprit joueur, tu as l'esprit sérieux. Lourd même parfois. C'est ton défaut ma grosse. Entre autres. Oh hé, ça va ! Premièrement, tu ne m'appelles pas "ma grosse", deuxièmement....
- Madame, ça va ?
Parce que depuis tout à l'heure, vous parlez toute seule. Ca va ?
Bon, ça c'est la deuxième rencontre de la journée, et c'est une autre histoire.
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LEOPOLDUNE
publié le 29 mai 08