Elle envahit brusquement ma chambre à coucher, j'ouvre un oeil et me rends à l'évidence, il est temps d'émerger de ces heures d'inconscience si douces et chaotiques("Petite musique de nuit" : la programmation me plonge souvent dans la stupeur) tandis que la pénombre qui restait dans les coins s'enfuit à tâtons.
J'ai l'impression de m'être levée du pied gauche donc, je ne traîne pas, les oreilles encore bourdonnantes, me voici dans la cuisine.
Les bols sont prêts, Papounet bougonne son habituel bonjour du matin, indistinct mais bizarrement direct.
Quelques sons hétéroclites se mêlent à sa voix et à la lumière du jour sempiter-
nelle mais elle, toujours nouvelle.
Tout mon être réveillé, mais surtout ma main frémissante tend vers le bouton de la radio.
-"Laisse donc, mon petit, cela me plaît à moi! ça me rappelle les chasses à cour de ma jeunesse, quand nous courions dans les blés champenois, ta grand-mère et moi".
La "Gitane" vient me chercher en voiture autour de 8h. Nous allons chez notre associée: patrons, barèmes, bénéfices, pertes, nouveaux secteurs d'activité.
Je ne comprends pas que ce qui sort de la voiture dehors, sont des coups de Klaxon répétés et impatients.
Papounet me tire par la manche et me montre le capot groseille de l'auto en bas dans la rue ensommeillée. Elle ne trouve pas de place pour se garer, donc il faut que je descendes vite.
L'auto-radio râle et diffuse un casse-noisette syncopé. Personne ne lui en veut mais les temps de silence ramènent l'espérance dans l'habitacle.
Nous voici toutes les deux dans l'ascenseur.
Comme son surnom ne l'indique pas, la Gitane, c'est plutôt tailleur chic et Bagues aux doigts.
Dans cette minuscule cage, à ce moment précis, avec mon jean et mon cuir patchwork, je me sens indistinctement crado.
Je me dis alors qu'il est normal que la musique d'ascenseur ne réconforte pas: c'est une mise en train aux relations interprofessionnelles.
Sheila ouvre la porte de son ..Atelier.
Sa robe classique, bien coupée mais simple nous réconcilie dans l'ordre de l'univers terrestre.
Tout est là sur la table, les modèles, les chiffres, l'espoir, l'aveuglement et les ..rafraîchissements.
_"Bon, on bosse dur-dur deux heures.
Pause:
Je vous fait écouter ma dernière trouvaille Vinyle".
C'est sa méthode à elle, efficace, parfaite. C'est un peu elle le Boss:
Travail vite et bienfait, en perspective de l'écoute sublime!
Le crash intime de l'ascenseur est définitivement oublié !
Dans le quartier populaire de Sheila, il n'y a pas trente six mille restaurants.
Cantines, Kebabs, c'est un peu décentré, pas tout à fait à la périphérie de la ville.
L'auto-radio se lâche sur Beethoven. Il a des grenouilles, il a faim aussi.
"Cuisine du Terroir, Service rapide"
Il est 11h30.
Avec le peu de monde qui remplit la salle "poutrée" et les regards fixes et scrutateurs des serveurs, la clientèle ne doit pas s'attarder.
Changement au programme! Les affamés arrivent par grappes de cinq à dix personnes. Et habillent de brouhahas colorés le silence pesant.
Vers 12h30, nous en sommes au plat de résistance. La musique aussi.
La Gitane commence à parler de l'anthropie, ce qui est son thème de conversation préféré.
Je lui confies tout sans à brûle pour point que je me suis mise à aimer le Tuba. Cela la scie,je vois bien.
De toute façon , leur concerto est vite expédié, notre dessert aussi.
Il est temps de se séparer;il y a un Musicien dans le métro, prêt à fuir. Pourquoi ce n'est pas lui qui enregistre?
Sur les quais, il y a une foire à la brocante mensuelle.
C'est mon emploi du temps , travailler tout en ne travaillant pas. Vintage et meubles fous, forme idéale et formes démodées, recherches en tout genre.
Par là, sous-vêtements du 19ème, vraie dentelle, vaisselles art-déco?, albums de photos customisées ...
Et cette mélodie enchanteresse, fantastique, irréelle et sur-réelle quoiqu'éraillée qui s'échappe de ce machin, cette boite en bois avec un entonnoir pour sourds au dessus.
Je rentre à pieds dans le soir qui tombe.
Il y a des petits concerts dans les jardins publics qui jalonnent la ville.
Il y a une "érotique" dans la Musique, et la façon dont ce violoniste touche son instruments nous fait l'oreille suave et mystique .
Un gamin hésite longuement à souffler dans une cornemuse: non, ce violoneux nous déchire l'être. La chanteuse qui trotte derrière lui, court après la pureté et la perfection formelle sans jamais arriver à les saisir. Elle a une belle voix claire.
Mario n'est pas encore rentré.
Papounet repasse un de ses pantalons devant la télé allumée.
C'est une chaîne régionale principale.
La musique orne sa vieillesse de tranquillité et de platitude.
Il dit que de son temps, on diffusait le canon de Pachelbel et que cela lui plaisait à l'époque car cela faisait comme un tube de pop-music.
C'est que si tu as de l'oreille, (c'est de naissance), tu as intérêt à avoir un porte-monnaie aussi.
J'attend Mario avec impatience: ce soir nous allons au Concert!
J'ai l'impression de m'être levée du pied gauche donc, je ne traîne pas, les oreilles encore bourdonnantes, me voici dans la cuisine.
Les bols sont prêts, Papounet bougonne son habituel bonjour du matin, indistinct mais bizarrement direct.
Quelques sons hétéroclites se mêlent à sa voix et à la lumière du jour sempiter-
nelle mais elle, toujours nouvelle.
Tout mon être réveillé, mais surtout ma main frémissante tend vers le bouton de la radio.
-"Laisse donc, mon petit, cela me plaît à moi! ça me rappelle les chasses à cour de ma jeunesse, quand nous courions dans les blés champenois, ta grand-mère et moi".
La "Gitane" vient me chercher en voiture autour de 8h. Nous allons chez notre associée: patrons, barèmes, bénéfices, pertes, nouveaux secteurs d'activité.
Je ne comprends pas que ce qui sort de la voiture dehors, sont des coups de Klaxon répétés et impatients.
Papounet me tire par la manche et me montre le capot groseille de l'auto en bas dans la rue ensommeillée. Elle ne trouve pas de place pour se garer, donc il faut que je descendes vite.
L'auto-radio râle et diffuse un casse-noisette syncopé. Personne ne lui en veut mais les temps de silence ramènent l'espérance dans l'habitacle.
Nous voici toutes les deux dans l'ascenseur.
Comme son surnom ne l'indique pas, la Gitane, c'est plutôt tailleur chic et Bagues aux doigts.
Dans cette minuscule cage, à ce moment précis, avec mon jean et mon cuir patchwork, je me sens indistinctement crado.
Je me dis alors qu'il est normal que la musique d'ascenseur ne réconforte pas: c'est une mise en train aux relations interprofessionnelles.
Sheila ouvre la porte de son ..Atelier.
Sa robe classique, bien coupée mais simple nous réconcilie dans l'ordre de l'univers terrestre.
Tout est là sur la table, les modèles, les chiffres, l'espoir, l'aveuglement et les ..rafraîchissements.
_"Bon, on bosse dur-dur deux heures.
Pause:
Je vous fait écouter ma dernière trouvaille Vinyle".
C'est sa méthode à elle, efficace, parfaite. C'est un peu elle le Boss:
Travail vite et bienfait, en perspective de l'écoute sublime!
Le crash intime de l'ascenseur est définitivement oublié !
Dans le quartier populaire de Sheila, il n'y a pas trente six mille restaurants.
Cantines, Kebabs, c'est un peu décentré, pas tout à fait à la périphérie de la ville.
L'auto-radio se lâche sur Beethoven. Il a des grenouilles, il a faim aussi.
"Cuisine du Terroir, Service rapide"
Il est 11h30.
Avec le peu de monde qui remplit la salle "poutrée" et les regards fixes et scrutateurs des serveurs, la clientèle ne doit pas s'attarder.
Changement au programme! Les affamés arrivent par grappes de cinq à dix personnes. Et habillent de brouhahas colorés le silence pesant.
Vers 12h30, nous en sommes au plat de résistance. La musique aussi.
La Gitane commence à parler de l'anthropie, ce qui est son thème de conversation préféré.
Je lui confies tout sans à brûle pour point que je me suis mise à aimer le Tuba. Cela la scie,je vois bien.
De toute façon , leur concerto est vite expédié, notre dessert aussi.
Il est temps de se séparer;il y a un Musicien dans le métro, prêt à fuir. Pourquoi ce n'est pas lui qui enregistre?
Sur les quais, il y a une foire à la brocante mensuelle.
C'est mon emploi du temps , travailler tout en ne travaillant pas. Vintage et meubles fous, forme idéale et formes démodées, recherches en tout genre.
Par là, sous-vêtements du 19ème, vraie dentelle, vaisselles art-déco?, albums de photos customisées ...
Et cette mélodie enchanteresse, fantastique, irréelle et sur-réelle quoiqu'éraillée qui s'échappe de ce machin, cette boite en bois avec un entonnoir pour sourds au dessus.
Je rentre à pieds dans le soir qui tombe.
Il y a des petits concerts dans les jardins publics qui jalonnent la ville.
Il y a une "érotique" dans la Musique, et la façon dont ce violoniste touche son instruments nous fait l'oreille suave et mystique .
Un gamin hésite longuement à souffler dans une cornemuse: non, ce violoneux nous déchire l'être. La chanteuse qui trotte derrière lui, court après la pureté et la perfection formelle sans jamais arriver à les saisir. Elle a une belle voix claire.
Mario n'est pas encore rentré.
Papounet repasse un de ses pantalons devant la télé allumée.
C'est une chaîne régionale principale.
La musique orne sa vieillesse de tranquillité et de platitude.
Il dit que de son temps, on diffusait le canon de Pachelbel et que cela lui plaisait à l'époque car cela faisait comme un tube de pop-music.
C'est que si tu as de l'oreille, (c'est de naissance), tu as intérêt à avoir un porte-monnaie aussi.
J'attend Mario avec impatience: ce soir nous allons au Concert!
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Qui dit que deux musiciens avait influencé son art musical, Gencive-..; le Saxophoniste et son professeur d'école qui lui avait appris qu'on pouvait gâcher n'importe quelle merveille. C'est que je ne suis pas une adepte de la pensée musicale;je trouve que la musique fait partie du domaine des illusions mais nous permet aussi d'accéder à des sphères plus haute. Ce n'est pas uniquement la recherche de la forme parfaite ou parfois même du bruit parfait. Mais je ne détiens pas les solutions non plus et j'aimerais bien accéder à la musique de mon époque.
musiques peuvent être belles : avez-vous lu le "Busker", livre sorti il y a fort longtemps et écrit par un musicien du métro que j'avais remarqué pour son talent.
L'escalier, s'est beau, mais l'essoufflement guette
10/10/08 à 12h58

si tu as tout compris. Mais attention dans la vie , je ne suis pas comme cela; ça, c'est "ma littérature".
c'est du chagrin...
Je me souviens du temps ou ma mère nous faisait écouter sa dernière "trouvaille".
J'étais adolescente et nous n'avions pas les mêmes goûts musicaux.
Je veux dire que je pardonne volontiers un couac!
Je me souviens du temps ou ma mère nous faisait écouter sa dernière "trouvaille".
J'étais adolescente et nous n'avions pas les mêmes goûts musicaux.
Je veux dire que je pardonne volontiers un couac!
moi je préferais t'applaudir .
zlors j'ai pas tout compris
vu d'en haut c'est encore plus beau merci Cassio.
clap clap clap clap ...etc
(Baudelaire, bien sûr)


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cassio
publié le 9 oct. 08