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Vlaminck. un instinct fauve
 Vlaminck. un instinct fauve
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catégorie : critique ou information sur l'oeuvre ou l'artiste
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Considérant Vlaminck comme un peintre secondaire, je suis allée voir cette expo plus par curiosité que par goût. En sortant, je reste sur ma position mais par contre, j'ai découvert toute la complexité du personnage. Donc, ma curiosité est repue (pour le moment ! ).
Alors, j'ai d'abord découvert un homme qui n'était pas seulement peintre, mais aussi écrivain ( " J'écris pour qu'après ma mort on ne me fasse pas dire trop de conneries. " ), un musicien (il donnait des cours de violon et était musicien d'orchestre pour subvenir aux besoins de sa famille), et un sportif plus qu'accompli : coureur cycliste, régatier sur la Seine, et boxeur (ses prix lui servaient aussi à joindre les deux bouts).
Le fauviste est aussi un anarchiste qui utilise la couleur comme une bombe qui éclabousse toutes les règles picturales établies.
Il utilise les couleurs directement sorties des tubes ; le vermillon éclate littéralement ses paysages.
La claque qu'il prend en visitant une expo parisienne en 1901 consacrée à Van Gogh l'ancre encore plus dans les couleurs explosives et dans les mouvements ondulatoires au pinceau qui apportent mouvement, voire vitesse chers à cet instinctif sportif.
Il s'essaie aussi à utiliser un autre support : la céramique. On sent qu'il s'éclate à peindre des faïences hautes en couleurs pour répondre à la demande de Vollard.
Mais étonnamment, cet artiste de la couleur est complètement anéanti par la lumière du Sud. Son " Paysage près de Martigues " de 1913 semble être une aquarelle tellement ses couleurs sont délavées. Il ne sait pas comment gérer les couleurs du Sud lui, le fauviste !
Puis vers 1907, il arrive aux limites de la couleur, et semble changer de maître. Il passe de Van Gogh à Cézanne pour la construction spatiale
( " Maisons et arbres " et nombreuses natures mortes ).
Vlaminck aura été, aussi, l'un des premiers à découvrir, ce que l'on appelait à l'époque, l'art nègre et à se porter acquéreur de sculptures majeures. Et, en même temps, il se trouve être le seul à n'en tirer pratiquement aucune conséquence dans son travail. Il a raté une évolution, ce qui rappelle sa difficulté à affronter la figure car l'art primitif est d'abord un art du corps.
Il le fera même découvrir à son ami fauviste Derain. Ce dernier servira, à son tour, de passeur auprès de Picasso et Matisse.
Vlaminck critiquera après, ce qui en résulte le cubisme de Picasso, même si il s'y essaie lui-même ( Fleurs " en 1910).
Au final, on a l'impression d'avoir affaire à un peintre qui n'a pas pas su ou pu trouver sa voie et transcender son art.
Ce qui est rageant car quand on est en face de " Fleurs, symphonie en couleurs " on sent que le peintre touche avec talent l'abstraction et qu'il loupe encore un virage qui aurait pu être déterminant.
réactions : 11
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Voici les 11 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
...............je rejoins croqui et c.la.ouate ....ça me laisse perplexe..!
 28/03/08 à 04h48
PaulTergeist
Roger de VlaEminck ! Et ne pas oublier non plus son frère Eric.
où j'ai découvert que Vlaminck était en effet un peintre secondaire...
Sa période "Cezanne", quelle déception ! Le cubisme ne lui correspond pas du tout, ou il n'a visiblement pas tout compris..
Et, encore d'accord avec toi, quand on croit qu'il va déboucher sur l'abstraction, et non...
Par contre, ses paysages vermillon (presque abstraits) et ses natures mortes à fond rose....miam !
Très bon commentaire et à la prochaine expo pour profiter de ton regard éclairé !
Et en plus , c'est un plaisir
Avec Chagall, d'ailleurs.
Puis " On" nous dit quelques années ou décennies plus tard que c'est tout -à-fait regardable, voire taleuntueux.
Connu ça quand j'ai eu devant moi une inspectrice regardant d'un oeil dégoûté une production d'élève se référant à Vlaminck...
 26/03/08 à 16h55
ça me laisse songeuse...
 26/03/08 à 07h13
PaulTergeist
un vrai fauve de la pédale !
 26/03/08 à 07h02
GRISpoint
Matisse le premier, Picasso, Braque, et en connaissance de cause.... tout en la frôlant... et faisant tout pour revenir au réel.
Quant à l'art africain et bien d'autres ils sont bel et bien passés dans ses convictions quant à ce qu'il était possible de faire pour échapper aux codes de la représentation occidentale et non dans une imitation formelle!!!
.... et alors???
belle formule que encore... la transcendance mais qui ne veut rien dire.. si ce n'est qu'il permet d'évacuer.. l'essentiel de cet art trés terre à terre de ce tout début du 20° siècle... et qui n'a pas survécu à une guerre mondiale...
à ce niveau de talent, est-ce bien l'épithète qui convienne ?
Moi j'ai adoré passer un moment en compagnie des explosions de palette chromatique de ses tableaux au luxembourg, je lui trouve au contraire un coté essentiel, humble et exigeant, et fidèle à ses convictions d'expressionisme qui lmui faisaient rejeter l'abstraction qu'il jugeait trop intellectuelle (en s'en rapprochant pourtant au final parfois).