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rediger un nouveau commentaire sur Vol au-dessus d'un nid de coucou
catégorie : tranche de vie
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Le vol avait été rapide. Plongée dans le nouvel Obs. J'étais restée immergée dans mes pensées sur des rails d'écriture journalistique quand... Fini, le Nouvel Obs. Alors, j'ai saisi le livre sur mes genoux. La fin d'un essai. C'était sur les quantas. Plus que deux pages. J'ai pas vu la fin arriver, elle aussi. Perdue que j'étais dans mes pensées vagabondes. J'avais déraillé de l'auteur depuis quelques temps à vrai dire. C’est ça les livres scientifiques.

Dans l'avion, j'étais assise au premier rang. Ben oui, comme ça on est plus vite sortie, on est plus vite à l'arrêt du bus et si ce dernier est justement en train de partir, on n'a pas perdu une seconde. Je revois encore mes pas pressés sur les tapis roulants d'Orly, Terminal sud. C'est ça Easy Jet. First in, first out. Parce qu'on se place où on veut.

Le premier rang donc. Plus rien à lire. Je me lève. Y'a un autre livre dans mon sac. Un truc de Barthes sur la mythologie. Je veux le lire. J'ouvre le coffre à bagage. Je fais gaffe surtout. Ben oui, je sais que le coffre est plein à ras bord. J'ai toujours plein de trucs sur moi quand je prends l’avion. D’ailleurs, tous les passagers ont toujours plein de trucs à bord. Je garde tout avec moi, nous gardons tous tout avec nous. Rien dans la soute. Trop long d’attendre les bagages.

Au premier rang, interdiction d’avoir le moindre sac à main, alors tout est casé dans le coffre à bagages, au-dessus des têtes. Je sors délicatement mon sac, je le pose sur mon siège. Courbée, je cherche le livre noir RB. Le coffre est resté ouvert. Soudain, je ressens une masse rebondir sur mon épaule gauche. C’est un de mes sacs qui vient de tomber. Il atterrit sur le voisin de derrière qui peste de tout son vulgaire. ‘Putain !!!!’

Le steward, car y’a toujours un steward gentil qui vient à la rescousse des maladroites, des plus fautives, s’avance et dit au bonhomme vulgaire qui peste, que ce n’est pas de ma faute.

Je suis loin. J’ai trouvé Roland. Je suis dans d’autres strates, bien au-dessus d’une basse insulte qui d’ailleurs ne m’atteint même pas. En moi-même, je souris. Les râleurs ont ma bénédiction. Ils me haussent. Les reflux des vagues empestées du vulgaire peuvent bien rouler, je ne suis plus là.

Tout rentre dans l’ordre. Je me remets à lire. Puis, on atterrit. Il est 23h20.

Orly, le dimanche soir, je connais. Le dernier Orly Val, le dernier Orly Bus, la dernière navette Air France partent tous en chœur à 23h30. Misère parisienne. Pas de pitié pour les retardataires. Ils feront la queue au taco pendant la demi-heure, ou plus.

Evidemment, sitôt sortie (la première), je me presse. Le tapis roulant devient le tapis courant. Je me dirige vers le car Air France, à cette heure-ci, même si c’est plus cher c’est mieux, c’est direct. Direction Montparnasse. Le bus continuera ensuite sans moi jusque la place de l’Etoile, son terminus.

J’entre. Ni la première, ni la dernière. Je m’installe confortablement au milieu du bus. Il est beau le bus, il sent le neuf. Ca fait du bien. Les gens commencent à arriver, par masses. Au loin la queue pour les taxis s’allonge à vue d’œil. Avant que l’aéroport ne ferme les yeux, c’est le dernier jet des derniers arrivants. Larmes de fin de semaine.

Je regarde la queue pour notre bus. Je me dis qu’il y a trop de monde. J’ai ma place, pas chère, je suis contente. Soudain, on entend dire devant que c’est la dernière place. C’est le chauffeur qui vient de crier. ‘’Il reste UNE place !!’ De ma fenêtre, je note des gueules désemparées se tourner vers les taxis qui fuient un à un devant une longue traînée de gens endimanchés de leur week-end lointain.

Le dernier homme monte. Pas de place. Il retourne vers le chauffeur. Discussion lointaine de devant le bus. Le chauffeur se lève et remonte l’allée du bus. Il crie : ‘’ Il reste une place ! Une ! La machine ne se trompe jamais ! Il y a 51 places et j’en ai 51 !! Il envoie ses paroles sur tous les passagers du bus. Mutisme. ‘’Qui n’a pas payé sa place !’’ Tout le monde se tait, silence total. Le dernier homme, finalement, s’assoit sur les marches de sortie. Trop content tout de même d’être à bord.
Le chauffeur lui lance : ‘’ Mais ne vous faîtes pas voir !! C’est 1500 euros si la police vous voit !!’

Le bus démarre. Direction Paris. Direction lundi. Chouette. Mon esprit se lance à la poursuite de l’autoroute sur laquelle on roule, tous pressés et alertes. Le bus est de bonne humeur. Nous sommes tous chanceux, on a eu le dernier bus.

Soudain, depuis son volant, le chauffeur prend le micro et lance en criant sur toutes les ondes qui, presque, se mettent à postillonner, ‘’ ATTENTION !! Message important !!! ‘’Le chauffeur crie, le micro en pleine gueule. ‘’Attention, il y a eu un match de foot ce soir. Ils ont pris l’Etoile !!! Teminus du bus : Montparnasse !! Que ceux qui veulent se rendre à l’étoile prennent le métro, c’est direct !’. Fin du message. Je me dis qu’il est sympathique ce chauffeur. Je n’ai pas le temps de continuer de penser ; une sorte d’onde vibratoire s’élève depuis le début du bus.. Des voix féminines ne sont pas contentes, elles veulent aller à l’étoile.

Le chauffeur ne lâche pas. Ni la conversation, ni le micro. Il crie : ‘’Puisque je vous dis que c’est bouché madame !!!!!, il renchérit, ‘’Ils ont prit l’Etoile !!! C’est le même prix !!!!

Il continue à s’engueuler avec la dame idiote et ses comparses qui ne comprennent rien à la prise de l’Etoile. Elles lui disent d’aller porte Maillot, que c’est un scandale, que c’est une honte. Le chauffeur, prend tout cela très au sérieux, le micro en plein devant sa bouche criarde. L’ambiance se chauffe. Tout le monde dans le bus rigole, hilare.

On s’en fout, on est les derniers, il est minuit et des métros, y’en a jusqu’à une heure. Des blagues jaillissent, des rires. A l’intérieur du bus, entre le micro tonitruant, les râleries et les rires, c’est un bain d’exclamations, un jacuzzi de glousseries.

Enfin, le bus arrive à Montparnasse. Tout le monde descend de bonne humeur. Soudain, derrière moi, un loustique fuse ‘’ Ben , avec tout ça, heureusement que j’ai pas payé ma place, hein !’’



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réactions : 15
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Voici les 15 dernières réactions à ce commentaire
 Date
Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
 21/06/08 à 18h21
 19/06/08 à 22h02
 19/06/08 à 20h46

On ne comprend rien, ça doit être du Queneau-like !
 18/06/08 à 19h23
je ne devais pas encore être bien réveillé ce matin, je n'ai rien vu venir..

*****
Fluide glaciall... l'illustré..

Je sais, aucun rapport avec la choucroute mais bon.
 18/06/08 à 07h15
je ne voulais pas du tout être "glacial", c'était juste poue dire que ça se lisait dune traite sans que l'on s'en rende compte puisqu'en fait quand je suis arrivé en bas de la page et que j'ai vu les commentaires disant que ç'était beaucoup de lecture je me suis demandé pourquoi ils disaient ça et j'ai remonté la page pour me rendre compte qu'effectivement ça semblait être un gros pavé. mais je ne m'en suis pas rendu compte en le lisant; j'était dans l'histoire et je n'ai pas vu passer les lignes..
promis, ça m'a bien plut. rien de "glacial" dans ma réponse, juste que moi je n'écrit pas aussi bien que toi et que je me suis mal exprimé, c'est tout.
 18/06/08 à 06h57
 18/06/08 à 04h36
kinzdelaroz
(Paul Tergeist - communication personnelle)
 18/06/08 à 00h00
glaciale.... le ''' c'est fluide '''
 17/06/08 à 23h54
venez me le dire en pleine face si vous osez.
ça se lit d'une traite. et puis une fois qu'on commence une histoire d'Hortensia, on attends forcément la chute.
j'ai cru un instant que c'était elle qui, prise dans ses lectures, pouvait avoir oublié..
 17/06/08 à 22h56
je le place à la base de la pile.
 17/06/08 à 22h29

je le place en dessous de la pile.