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Fragments d'une rencontre oubliée
 Fragments d'une rencontre oubliée
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catégorie : Moi Moi Moi
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Notre cerveau comprend des centaines de milliers de tubes vasculaires; autant de connexions faites entre tel et tel événement, entre telle image et telle parole, entre telle personne et telle odeur.

Quand je me retrouvais devant cette affiche d'exposition, étrangement belle, étrangement entachée de noir et de blanc, mettant en scène une femme droite et sensuelle, devant des éléphants courbes et immenses, je me replongeais immédiatement sous un flot de paroles et d'images vécus en ce même Paris, quelques années auparavant.

Nous nous retrouvâmes sous un abri-bus. C'est le souvenir de cet espace qui a jeté ancre en moi, sous une pluie de soirée balbutiante, aux allures grisâtres. Nous avions auparavant mangé ensemble. Nous avions parlé. Premier homme rencontré dans le secret d'une solitude assourdissante, d'un esseulement aveuglant. Tristesse d'une nuit d'été, qui se prolongeait depuis d'amples saisons, trainant sur son sillage les feuilles mortes d'une jeunesse abattue.

Ses mots étaient apparus comme un songe, au travers d'une page mortellement virtuelle. Oublié son pseudo, oublié ma raison, celle qui m'avait induite dans l'inscription de mon être sur le mur de l'infidélité passagère, virtuelle, irréelle, nuageuse.... Jusqu'à que la rencontre eu lieu.

Le souvenir a sa faiblesse, celle d'être irréel, extrait d'une temporalité qui n'est plus, couvert d'une émotion encore vibrante, d'une transpiration d'un passé qui emporte le présent dans une odeur parfois tenace, parfois chancelante.

Ses mots écrits avaient précédé son être, au physique trop fin et trop petit, finalement. Ses mots oraux ont eu le dernier mot, celui de l'encre qui perle encore à la tempe de mes étranges souvenances.

Il m'a parlé d'Avedon comme on parle à une femme d'un bijou précieux, réplique parfaite de la lueur de ses beaux yeux.

Je sortais de l'irréel, disait-il, échouée dans Paris tel un bateau ivre, sans ancrage, sans destination. Il me décrivait avec cette certitude de l'auteur qui trace son personnage, voué à demeurer dans le fantastique. Esthétique beauté d'une impression de déjà-vu. Egarement de la reconnaissance dans l'éblouissement d'une allure fantasque.

J'avais débarquée dans cette rencontre avec le ferme sentiment de n'être plus vue, d'être devenue la couverture transparente du livre de ma vie, celle qu'on ne voit pas, celle qui n'a plus d'importance dans la trame d'une histoire en train de s'emporter.

Votre beauté est celle des années 50. Vous êtes un transport vers un passé révolu, celui d'un certain style. Vous me faîtes penser aux photos d'Avedon. Vous allez vous réveiller. Quel homme vous résisterait ?

C'est ainsi qu'il me voyait, au travers de cette pluie fine et pregnante, au travers des paroles que je lui avait offertes, sur ma vie, sur mon moi qui peinait à trouver une surface de réflexion.
L'abri-bus protégeait l'instant de nos au revoir. Sa fine silhouette s'approcha de moi, un peu plus entière qu'une heure auparavant, dégrisée par une rencontre fortuite aux allures de destin. Sa lèvre effleura ma bouche. Paroxysme d'une sensualité rétro, terriblement prenante, fatalement fugace.

Je me réveillais contre cette affiche dans un temps incertain. Etait-ce le passé, le présent?, une somme de souvenirs dévoyés de la mémoire de ma raison? Ou était-ce simplement l'étrange sentiment d'un déjà vécu ?



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Voici les 44 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
Tes mots… ces effluves à la fois sensuelles et irréelles nous transportent, privilégiés témoins que nous sommes, à la naissance d’une douce fragrance.
Par ailleurs, je me souviens d’une première soirées dès plus charmante. Quant au reste, il nous fut moins réussi.
Voilà mlle Hortensia.
 29/07/08 à 20h55
Chrisdilou, yé zouis asie sur le dos d'un....

Varou... C'était pas pour demain !
 28/07/08 à 16h32
Varoumnirnirnir
hortensia a fait un beau voyage et a regagné ses pénates... Y a un arrière gout d'année folle devant toi ? A quand le prochain com' ? on souhaite hier...
*****
 26/07/08 à 19h23
rolandbreche
On s'est vu ? Tu m'as vu ? Bien ? Tare ta gueule à la récrée !

staredecisis
Friendly girls

Ulysse78
Purée, en plus, j'adore la baie de Somme !

ffred
Many many many thanks... My pote.

Chrisdilou
Ah, les éléphants !!!! Dire que nous les pourchassons pour leur ivoire !!!!

diamond-dog
Tu loupes toujours des trucs façon..

voltuan
Dans les limbes du parfum d'horty... Poil à la city..
avec un fort parfum de liberté créatrice...!
*****
L'éléphant mémorise les pistes qu'il emprunte chaque année pour aller d'une région à l'autre.
Mieux encore, il parvient à se souvenir de l'époque à laquelle certains végétaux et fruits parviennent à maturité : il se met en route et parcourt parfois plusieurs centaines de kilomètres pour les consommer... juste au bon moment !

Et concernant un aspect plus attachant de cette mémoire d'éléphant, sachez que les liens d'autorité et d'affection établis avec les humains dès le jeune âge de l'éléphant dureront toujours. Le pachyderme n'oubliera jamais celui ou celle qu'il a côtoyé pendant une période de sa vie.
qui tourne autour de la séduction. Je ne suis pas dans le bon registre.

Belle vignette, ce texte, horty.
 24/07/08 à 11h55
mais ils nous fantasment souvent comme menaçantes: la porcelaine est volontiers un bloc monolithique, pour eux, avec une ouverture béante.

Et puis, nous ne sommes pas de porcelaine, avec notre résilience.
surement que des petites choses pourraient être affinées, mais ce n'est pas important puisque l'ensemble fonctionne; on est entrainé dans cette petite histoire, entrainé dans le temps.. et c'est un voyage agréable.
 24/07/08 à 05h21
@Hortensia : *****la baie de Somme (Amiens ). Pas loin de Paris, mais les indépendentistes chti le revendiquent .

@Angelheart :***** celle qu'il dit c'est celle qu'y est.

@Staredecisis :**** égale à vous même dans vos capacités de synthèse

@rolanbreche :****mon ami, avec tout le bonheur qui vous entoure : quelques maladresses ! je vous trouve bien sévère!. La critique est facile...

@ulysse : sui qui dis c'est sui qui est . Schizophrène en + !!!
 24/07/08 à 00h08
donne de la grâce à tout: il filtre les scories.
 24/07/08 à 00h05
Je n'avais lu que la première phrase, l'autre soir. On peut y transposer des tas de choses à soi, dans ce texte (ce qui n'a rien d'étonnant: petite planète, petit monde, grands souvenirs).
 23/07/08 à 23h56
quelques maladresses, mais beaucoup de réussites.
La fin est excellente: "déjà vécu ?"

Elle ouvre sur tous les imaginaires de déjà vécu....passé, présent,
avenir, familiarité :
Au fait miss H , on ne s'est pas déjà vu quelque part ?
 23/07/08 à 23h42
Ed ***************** Reviens vite...

Ulysse ************** C'est où ?

angelheart *********** C'est marrant, je suis allée voir ton pseudo.. Plus de 1000 visites et je ne t'avais jamais croisée... Quelle aveugle je suis. Enchantée.

kinz **************** ndlr

lostway ************* C'est une corde à sauter ?

script *************** ah, oui, la pub... Je l'avais oubliée celle-là. (suis nulle en géo..mais merci

ffred **************** Je rougis... Finalement, en le relisant, il est quand même un peu nul ce texte, non ?

 23/07/08 à 20h00
..encore une fois.
Merci Hortensia !
 23/07/08 à 18h22
merci; tu viens d'm'apprendre à faire les flèches !!!! très utile !!!!!

Confiture : Pays de caux ; St ValEry en Caux , et nom St Valéry en Caux;
Il y a un minigolf surrané, pour les enfants, et des pointes de silex préhistoriques sur les plages :
une sortie pcc, Hortensia ?
 23/07/08 à 13h05
abribus --> jc decaux --> pays de caux.

ce qui présuppose de s'intéresser à la fois au mobilier urbain et à la géographie française...
biz, Edgar
 23/07/08 à 11h47
kinzdelaroz
faut répondre "Je réponds à cette remarque." Ca fait un paradoxe illocutionnaire partout labalossentr.
 23/07/08 à 09h34
l'émotion y est fortement présente tout est ayant cette couleur fânée des vieilles photos. L'esprit est un espace en dehors du temps du corps, il y a même parfois rupture entre les deux, c'est aussi un endroit où la distorsion est récurrente, pour notre bien être, souvent.
 23/07/08 à 08h16
@kinz que répondre?

@script ah ah ! (explique moi)

@Jules un éléphant, ça trompe énormément

@Ulysse déguste, déguste, c'est un plaisir de faire plaisir. L'homme heureux saura se reconnaître

@Stare comme un air des 80's (Rythm on the earth)

@ enoracath et oui ! ET que retiendra-t-on de ce présent?

@Roland années 90 ? jolie réaction. J'aime bien le 'les temps s'interpénètrent en nous'
 23/07/08 à 06h48
kinzdelaroz
j'étais trop pris hier soir pour faire une remarque sur le décolleté de Mlle Hortensia comme d'habitude. Alors voilà, je fais une remarque sur le décolleté de Mlle Hortensia.
Bien performativement,

Fifteen from the pink
 23/07/08 à 01h23
dans le pays de caux ?
Et James Brown ?
Moi, c'est des tubes planétaires..
*****
Très jolie ton émotion en petites touches. Cette atmosphère de film rétro noir et blanc.. l'irréel de l'histoire... rêvée peut être pour mettre un voile sur la solitude.... peut être pas..
La mémoire, quel mystère que les histoires qu'elle laisse remonter et qu'elle habille à sa mode.
 22/07/08 à 23h46
que le temps flotte en ce texte :
présence du passé, pregnance d'une apparence révolue, d'une femme des années cinquantes dans les années 90, nostalgies et transports d'illusions retrouvées.
Egarements vous dites ?
Peut-être passi perdu que cela, car les temps s'interpénétrent en nous, à travers les générations qui échangent des fragments de présent et de passé, sans même s'en rendre compte...
Quel joli fusion de ce texte avec vos égarements personnels :
car sur la photo ne voit-on pas une femme jouer avec beaucoup
de trompes ?

Beau texte, oui très joli, j'aime beaucoup miss H...
*****
 22/07/08 à 23h05
J&J 5* = et un merci !

dreamclic: qui sait... Endormie sur les romans, oui. Il est toujours trop tard quand je me mets à lire.
qu'elle en est imperceptible... Merci de cette histoire envoûtante!
 22/07/08 à 22h41
Une femme endormie
Sur le roman de sa vie
Un ange passe...
Peut-être Nathalie Wood?
 22/07/08 à 22h40
la lourdeur des mots. Non?

Merci pour le compliment que je prends telle une brassée de fraiches fleurs à l'odeur nacrée et revigorante.

Merci Bernard !
 22/07/08 à 22h38
 22/07/08 à 22h38

c'est envoûtant, irréel, on s'y enfonce avec volupté dans ces profondeurs insondables, cet autre-part, ce nulle-part peut-être?
Merci pour ce voyage Horty...
 22/07/08 à 22h22