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De l'amitié
 De l'amitié
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catégorie : chronique
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Je me suis toujours méfiée de ceux qui ont beaucoup d'amis. Ce fait, avoir plein d'amis, me parait en effet hautement suspicieux et présente pas mal de matière à l'hypocrisie, le paraître, le lèche-cultage, enfin tout ce que j'exècre dans la vie et chez les hommes.

En simple règle mathématique, avoir beaucoup d'amis, c'est réserver moins de temps aux uns et aux autres, ou alors c'est les voir en groupe, ou encore cela peut signifier des amis perdus, d'enfance, lointains, ceux qu'ont ne voit plus mais qu'on considère toujours dans son cœur. Dans ce cas précis; l'amitié est noble, elle se forge entièrement de la mémoire, instance sacrée de l'identité humaine mais attention à l'atterrissage, lorsque l'ami revient dans la temporalité!

Voir ses amis en groupe, cela est certes très convivial et plaisant mais à un moment donné, pour justement nourrir et consacrer cette amitié, un dialogue privé s'impose, un échange exclusif, un partage entre deux. On peut très bien voir ses amis en cercle restreint, à trois, quatre, voire 5. Mais qu'en est-il justement de ce face à face entre deux âmes, deux esprits, deux 'aimants' qui s'aiment et donc se dénudent l'un en face de l'autre. Cette relation que j'appelle véritable amitié, ne saurait être vraie ou authentique avec un témoin, une tiers personne. Un véritable ami se dévoile face à moi et je fais de même; je n'ai que faire des palabres de circonstances, des hypocrisies d'usage face à un ami. Je lui veux autant de bien que je veux le mettre à mon niveau de lucidité. Une relation empreinte de non dit ou de réserve peut-elle rester vraie ?

Elle peut être amicale, mais cet adjectif, soudainement, revêt comme un voile flou et trompeur. Ce qui est amical ne peut aussi être vécu avec des connaissances, des amis moins amis que celui à qui j'inflige ma vraie réalité, mon être propre, dans toute sa singularité, ses contradictions, ses défauts. Une réunion, une soirée amicales restent selon moi dans le registre des relations mondaines et lointaines. A moins, fait aussi rare qu'illusoire, que tous les amis présents à cette soirée soient sur le même niveau les uns avec tous les autres. Or, dans un groupe, personne n'est à égalité. A partir de trois personnes, on a toujours un rôle à jouer, ne serait-ce que pour la santé et l'équilibre du groupe.

Ceux qui ont beaucoup d'amis ne peuvent tabler sur une véritable amitié. Avoir des amis, dans ce cas là, c'est avoir, des connaissances, des connections, un cercle familiale, social, amical...
Ce n'est pas entrer en partage véritable avec un être.

Il est difficile de se connaître soi-même. Avoir un ami aide à se dévoiler à s'exprimer, à se découvrir soi-même, sans ambage, sans convention. Celui qui a la chance d'avoir un ami est un être heureux, heureux non pas au sens du bonheur social communément entendu sous le joug de la satiété et du remplissage. Il est heureux car une main se tend vers lui et l'aide à se départir des voiles que lui revêt la société, la famille, le travail et tout autres acteur non individuel de sa vie.

Nous voyons aujourd'hui proliférer les possibilités d'amitiés, que ce soit sur ce site, sur facebook ou tout autre medium virtuel, tout comme le cercle de la pseudo amitié s'aggrandit au fur et à mesure que l'homme devient social et politique.

L'amitié se vit, minute après minute, seul face à l'autre. C'est un exercice, une discipline (rester dans le vrai) et hélas, comme tout se qui est difficile de nos jours est de moins en moins aimé, l'amitié se transforme, se travestit, pour revêtir l'apparence de son essence mais sans réellement s'éprouver.

Une forme virtuelle de l'amitié est le livre. Un auteur vrai, un texte vrai sera toujours un bon ami. Ce sera un moment certes de concentration et d'attention mais à la fin c'est, tout comme avec un ami, une expérience, une pensée, des mots, une singularité qui vient nous enrichir et nous fortifier dans notre essence.

Je me méfie du fait d'avoir de nombreux amis mais je m'avance seule et confiante vers l'ami que la vie a choisit de mettre sur mon chemin.


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Je vous m’en voudrais beaucoup si par ma faute, votre joli nez manquait les dernières sorties précédant l’hiver. Bien que certains livres s’accommodent fort bien d’une lecture en plain air, au jardin du Luxembourg par exemple.
Mais si après la sortie, vous vous replongiez dans ce Tourgueniev que vous avez peut-être trop délaissé, après tout le bien qu’il vous a naguère procuré, je me dit que les retrouvailles pourraient être comme celle d’un camarade de classe des années oublié.
A ceci près que ni lui ni vous, ne trouverait l’autre tellement changé. Ou peut-être un peu changé, mais en profondeur, tant l’expérience fait comprendre pourquoi l’on s’apprécie, là ou la première rencontre se contente d’un sentiment ressenti inexpliqué. Il est ainsi possible que l’attrait et l’attirance entre vous soit plus forte qu’alors.
Peut-être reconnaitrez vous aussi en lui, quelques graines germées depuis en vous, dont la paternité vous était oubliée.


Pour ma part je n’ai qu’à peine effleuré Tourgueniev il y a longtemps, mais une excursion en sa compagnie me ferait certainement du bien.

Si votre « ascenseur de gauche » n’est pas loin du Havre vous pourrez toujours y faire un pèlerinage sur vos souvenirs d’un « mois à la campagne » en mars 2009, à la représentation prévue au théâtre de l’hôtel de ville. Et puis, vous pourriez faire ainsi d’une pierre deux coups. Cabourg et sa promenade sont si proches, vous pourriez être tentée par laissez la mer vous souvenir des jeunes filles à bicyclette de notre cher « ami » Proust.

Bonne lecture
 02/10/08 à 22h07
Vous êtes un fin connaisseur. Notre cher Sénèque est de très bon conseil quoique l'écouter d'une manière kantienne aurait abouti à une profonde méconnaissance de Goethe, de Proust ou de Dante.

Heureusement, ma profondeur en cette matière est unique. Elle est légère et subtile...Je ne connais par cœur aucun de mes amis les livres.

En réfléchissant, je devrais peut-être annuler certaines énièmes sorties et me remettre à Tourgueniev (comment le jugez-vous celui_là ?).
Un livre est un ami dites-vous, en j’en classe moi-même certains parmi les miens.
Je vous propose le point de vue de Senèque :
« Il n'est chose si utile qui puisse l'être en passant. La multitude des livres dissipe l'esprit. Ainsi, ne pouvant lire tous ceux que tu aurais, c'est assez d'avoir ceux que tu peux lire. Mais j'aime à feuilleter tantôt l'un, tantôt l'autre. C'est le fait d'un estomac affadi, de ne goûter qu'un peu de tout : ces aliments divers et qui se combattent l'encrassent; ils ne nourrissent point. Lis donc habituellement les livres les plus estimés; et si parfois tu en prends d'autres, comme distraction, par fantaisie, reviens vite aux premiers."
 29/09/08 à 08h39
 28/09/08 à 23h02
opposer quantité et qualité ? J'ai, pour ma part, quelques amis chers et qui me suivent (ou que je suis) depuis plus de 25 ans ! Je dois être très chanceuse, non ? Et je ne crois pas m'illusionner quant à leur amitié, ils me l'ont prouvé cent fois !
Mais ce doit être une question d'âge...plus on vit et plus on a de chance de trouver des amis, non ?
 28/09/08 à 22h49
oui, il y a cette ambiguïté mais l'amitié peut se faire: c'est un choix, savoir ce qui est le mieux pour soi, sans se laisser happer par des représentations, confortables, certes, car si acceptées et acceptables, mais qui ne rendent pas compte de la singularité des liens.

A part ça, moi aussi, je me méfie de ceux qui ont beaucoup d'amis. Le consensus paresseux et la flagornerie molle qui président à ce genre de rapport aux autres ne me manquent pas: ils ne me disent rien (qui vaille).
 28/09/08 à 20h36
J'avais pas vu !!!

En tout cas je l'ai pas fait exprés...
 28/09/08 à 20h33
ça va,
une femme et un homme, c'est autre chose


jolie erreur de frappe
 28/09/08 à 20h28
C'est quand même un concept trés particulier...
Entre deux hommes ou deux femmes...tout est possible : des affinités concernant tel ou tel sport par exemple ou, pour les femmes, un goût partagé pour la cuisine ou toute autre chose (Gym, shopping, etc...)

Mais entre un home et une femme, c'est déjà plus compliqué, non !!!

Vous trouvez pas !
 28/09/08 à 19h39
on ne choisit pas, certainement, pas totalement, mais pourquoi l'amitié ici serait illusoire? l'amitié vient quand on s'y attends pas, elle s'en fou du lieu, des croyances, elle EST tout simplement
 28/09/08 à 18h57
il faut avoir de jolis décolletés.
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Miss Sarajevo

[ Live in Modena ]

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U2 & Pavarotti [ & Friends... ]

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http://minilien.com/?oZDfLuQMQ5
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 28/09/08 à 17h00
en effet, a-t-on vraiment le choix ? D'où ma dernière phrase... J'accepte, je ne choisis pas dans une masse ou dans un nombre.

C'est là, même, que l'amitié pourrait rejoindre l'amour : l'acceptation de l'autre dans son essence même. Sans oui, mais...
 28/09/08 à 16h56
Mais a-t-on vraiment le choix ? Sur le nombre je veux dire, en éliminer c'est très facile, je pratique très souvent, avant le stade de l'amitié cependant. En rajouter voilà une tache de toute une vie.
Bon, cela étant dit, trouver des ami-e-s dans ces lieux me parait bien illusoire.
Que tu lises ou pas un texte avant, tes réactions sont à qualité constante. Comme toi, je n'ai même plus besoin de les lire.
c'est une chance, en somme.

,

avec mes salutations distinguées tout ça tout ça.
d'une grande utilité.


(alors là le bâts tous les records de provocàlacon, je sens du nadarc en moi aujourd'hui sans doute, mais j'ai honte, c'est la différence)
 28/09/08 à 16h36
je te souhaite une vie pleine de véritables amitiés, belles, vraies et uniques.
 28/09/08 à 16h32
Cette petite bitouse...

''C'est pourquoi la femme n'est pas encore capable d'amitié : elle ne connaît que l'amour.''
 28/09/08 à 16h16
 28/09/08 à 15h55
L'alterite meme n'est qu'un etre en soi 'je est un autre', etre face a soi meme etre dans un rapport de fusion , stade du mirroir...
C'est vrai que l'amitie et l'amour ne sont que des altercations avec nos propres desirs.
La fusion n'est qu'un ideal de fusion qui ramene toujours aux communs.Les mortels sont comme des zombies de l'amour qui cherche a revivre a travers l'autre. Stade du mirroir, l'amitie est partage grace au temps et aux desirs d'un l'un soit l'autre. Ensemble la theorie est convainquante dans le partage.
et de trouve en son compagnon/amant/mari/fiancé/père des ses enfants un véritable ami.
 28/09/08 à 15h20
L'important est de ne pas être seul... peu importe la qualité des relations on n'est jamais seul tôt ou tard il nous vient des frères.

Aristote comme Montaigne considéraient l'amitié comme étant une forme supérieur de l'attachement aux êtres (supérieure à l'Amour même).
 28/09/08 à 15h16
l'amitié, comme l'amour dans le fond, s'éprouve sur la durée.

Rien à voir avec ces élans, emballements quelques fois aussi fugaces que fulgurants.
 28/09/08 à 15h06
amitié et amour, qui sont bien galvaudés, pas toujours utilisés aux bons moments.
D'ami(e)s vrais, je ne sais pas, je croyais en avoir,
pour certain(e)s maintenant, je ne sais plus...pour d'autres, j'en suis sûre.
 28/09/08 à 15h03
Me référant à mon vécu personnel, profondeur ne rime pas avec quantité
même s'il peut y avoir quantité de personne que j'aime ''bien'' pour certains attraits ou qualités qu'elles développent.
Mais dans ce cas je les appelles plutôt ''camarades''
-:*
on a la profondeur qu'on peut .
 28/09/08 à 14h29
N'ai-je pas le droit d'avoir ma conception ? Je trouve la tienne très belle même si je n'y adhère pas complètement.

Je ne voulais pas faire passer que l'amitié est une béquille mais au contraire 'des ailes'.

Ta réaction me rappelle qu'on peut percevoir et interpréter mon texte selon son propre vécu. Si le tient te fait penser à des béquilles, c'est ta vision et je la respecte.

Par 'beaucoup' je voulais juste faire un pied de nez à la quantité qui à mon sens est incompatible avec un minima de profondeur.

Sinon, bien sûr j'aime tous les gentils que je croise, en toute simplicité.
je trouve tes perspectives bien limitées , on a le nombre d'amis qu'on peut aimer et je ne vois pas pourquoi ni comment ce nombre pourrait être arrêté ??? !!!
amitié et simplicité vont de paire , un ami n'est ni une béquille ni un déversoire , juste quelqu'un qu'on aime comme ça par hasard et c'est déjà beaucoup.
....illico !
 28/09/08 à 13h35