Hier, c’était le retour chez le vétérinaire placide.
C’est fini les vacances, l’assistante de garde habituelle est revenue de vacances. Fini le rouge à lèvres au laser.
Les quatre chats de la salle d’attente restent toujours là, un peu plus las car avec moins d’amusements que l’été, mais toujours les mêmes.
La chatte joufflue et de plus en plus lourde a ouvert, à son actif, ce samedi, dix-sept sacs de deux kilogrammes et demi de croquettes (tant pour chats que pour chiens). Inutile de préciser que ses compères en profitent autant.
Sur les genoux du patient esclave (que je suis), l’autre chatte du lot, de quatre ans, avec son problème pédopsychologique récurrent : elle a un TOC. Truc ostentatoire compulsif. Enfin, truc du genre car j’en ai oublié la signification profonde.
Bref, cette brave chatte va sur les genoux de n’importe qui (celui qui porte un jeans a un avantage compétitif), elle s’installe tranquillement en boule, et elle… tète une de ses mamelles avec ardeur. Elle tète ardemment tout en pelotonnant copieusement de ses membres supérieurs mon ventre. Sans vraiment griffer, elle laboure assidûment mes abdominaux. Peut-être d’ailleurs une piste pour muscler les fainéants (après les machines à électrochocs vaseux).
Enfin, sans doute une chatte de la famille Mallaussène, suffisamment spéciale pour en faire un roman.
Un chien quitte le cabinet du docteur minou (chien qui semble être le nouveau compagnon des quatre chats de vitrine) et le véto nous prend, enfin disponible.
Ce vétérinaire, comme je l’avais déjà raconté à de nombreuses reprises, est un vétérinaire placide et professionnel. Il est aussi un vétérinaire scrupuleux. Ou plutôt, qui a des scrupules. Scrupules d’homme. D’homme viril.
Il nous racontait ainsi, une fois précédente, qu’il n’était jamais à l’aise pour pratiquer la stérilisation d’un matou. Il demandait à l’esclave (je dis esclave, on n’est jamais maître de son chat) s’il en était vraiment sûr, s’il n’y avait pas d’autre solution moins invalidante, moins définitive etc. (un peu comme dans les entretiens de demande d’avortement). Pour le vétérinaire, supprimer la virilité d’un minet, c’est se rendre complice, coupable de sa propre dévirilisation.
Quand on sait que les stérilisations de chats sont le gras-double des vétérinaires, les états d’âme du nôtre sont quasi-sanctifiants.
L’assistante nous interrompt.
– Docteur, le gamin est là.
– Faites-le attendre, il viendra à la prochaine consultation.
La prochaine consultation, ce sera une très sympathique jeune fille portant une robe légère (l’été n’et pas définitivement parti, donc) qui arrive avec la cage en plastic de chat.
J’apprends que le gamin d’une dizaine d’années voulaient assister à ses consultations, par curiosité. Il veut devenir véto, il adore les animaux. Le véto n’est pas dupe. Il sait qu’à la première piqûre, ils sont généralement dégoûtés. Suffit pas d’aimer les animaux, faut avoir un peu de cuir. Il en a vu quatre ou cinq ainsi. Le dernier gamin qui avait assisté à ses consultations, il a terminé à maths sup et maths spé et ne sera pas véto mais ingénieur.
Après quelques observations cutanées, le véto annonce tout de go : l’intérieur de la partie supérieure des oreilles et le bas de la mâchoire inférieure présentent quelques petits grumeaux. Ce n’est pas grave et ça arrive en général l’été dans les parties au froid.
Mais votre chat présente quelques particularités qui mériteraient certainement un article dans une publication.
– Waaahoooaaa !!! Mon chat va être célèbre ! Il va être dans Voici ou Gala !
– Euh, monsieur Félix, non, ce serait plutôt dans ‘La Revue bimestrielle des Vétérinaires et associés’.
– Ah.
Une piqûre de corticoïdes et un léger miaou d’accusé réception plus tard, le véto nous lance alors cette reconnaissance éternelle, à la suite de nos plaisantes conversations :
– Comme j’aimerais avoir tous mes clients comme vous, fort sympathiques.
– ??????
– Ben oui, vous savez, les gens, avec leurs animaux, ne sont pas forcément très sympathiques. Ils sont aussi stressés que leurs animaux. Quand je fais une piqûre à une bête, j’en gère deux en fait. Une aussi à celui qui l’accompagne.
Nous quittons le cabinet l’air triste. Le chat un peu abasourdi par les corticoïdes s’en remettrait petit à petit.
Mais pour lui, c’est clair, plus jamais il ne retournerait dans cet infâme endroit.
Miaoowwww.
C’est fini les vacances, l’assistante de garde habituelle est revenue de vacances. Fini le rouge à lèvres au laser.
Les quatre chats de la salle d’attente restent toujours là, un peu plus las car avec moins d’amusements que l’été, mais toujours les mêmes.
La chatte joufflue et de plus en plus lourde a ouvert, à son actif, ce samedi, dix-sept sacs de deux kilogrammes et demi de croquettes (tant pour chats que pour chiens). Inutile de préciser que ses compères en profitent autant.
Sur les genoux du patient esclave (que je suis), l’autre chatte du lot, de quatre ans, avec son problème pédopsychologique récurrent : elle a un TOC. Truc ostentatoire compulsif. Enfin, truc du genre car j’en ai oublié la signification profonde.
Bref, cette brave chatte va sur les genoux de n’importe qui (celui qui porte un jeans a un avantage compétitif), elle s’installe tranquillement en boule, et elle… tète une de ses mamelles avec ardeur. Elle tète ardemment tout en pelotonnant copieusement de ses membres supérieurs mon ventre. Sans vraiment griffer, elle laboure assidûment mes abdominaux. Peut-être d’ailleurs une piste pour muscler les fainéants (après les machines à électrochocs vaseux).
Enfin, sans doute une chatte de la famille Mallaussène, suffisamment spéciale pour en faire un roman.
Un chien quitte le cabinet du docteur minou (chien qui semble être le nouveau compagnon des quatre chats de vitrine) et le véto nous prend, enfin disponible.
Ce vétérinaire, comme je l’avais déjà raconté à de nombreuses reprises, est un vétérinaire placide et professionnel. Il est aussi un vétérinaire scrupuleux. Ou plutôt, qui a des scrupules. Scrupules d’homme. D’homme viril.
Il nous racontait ainsi, une fois précédente, qu’il n’était jamais à l’aise pour pratiquer la stérilisation d’un matou. Il demandait à l’esclave (je dis esclave, on n’est jamais maître de son chat) s’il en était vraiment sûr, s’il n’y avait pas d’autre solution moins invalidante, moins définitive etc. (un peu comme dans les entretiens de demande d’avortement). Pour le vétérinaire, supprimer la virilité d’un minet, c’est se rendre complice, coupable de sa propre dévirilisation.
Quand on sait que les stérilisations de chats sont le gras-double des vétérinaires, les états d’âme du nôtre sont quasi-sanctifiants.
L’assistante nous interrompt.
– Docteur, le gamin est là.
– Faites-le attendre, il viendra à la prochaine consultation.
La prochaine consultation, ce sera une très sympathique jeune fille portant une robe légère (l’été n’et pas définitivement parti, donc) qui arrive avec la cage en plastic de chat.
J’apprends que le gamin d’une dizaine d’années voulaient assister à ses consultations, par curiosité. Il veut devenir véto, il adore les animaux. Le véto n’est pas dupe. Il sait qu’à la première piqûre, ils sont généralement dégoûtés. Suffit pas d’aimer les animaux, faut avoir un peu de cuir. Il en a vu quatre ou cinq ainsi. Le dernier gamin qui avait assisté à ses consultations, il a terminé à maths sup et maths spé et ne sera pas véto mais ingénieur.
Après quelques observations cutanées, le véto annonce tout de go : l’intérieur de la partie supérieure des oreilles et le bas de la mâchoire inférieure présentent quelques petits grumeaux. Ce n’est pas grave et ça arrive en général l’été dans les parties au froid.
Mais votre chat présente quelques particularités qui mériteraient certainement un article dans une publication.
– Waaahoooaaa !!! Mon chat va être célèbre ! Il va être dans Voici ou Gala !
– Euh, monsieur Félix, non, ce serait plutôt dans ‘La Revue bimestrielle des Vétérinaires et associés’.
– Ah.
Une piqûre de corticoïdes et un léger miaou d’accusé réception plus tard, le véto nous lance alors cette reconnaissance éternelle, à la suite de nos plaisantes conversations :
– Comme j’aimerais avoir tous mes clients comme vous, fort sympathiques.
– ??????
– Ben oui, vous savez, les gens, avec leurs animaux, ne sont pas forcément très sympathiques. Ils sont aussi stressés que leurs animaux. Quand je fais une piqûre à une bête, j’en gère deux en fait. Une aussi à celui qui l’accompagne.
Nous quittons le cabinet l’air triste. Le chat un peu abasourdi par les corticoïdes s’en remettrait petit à petit.
Mais pour lui, c’est clair, plus jamais il ne retournerait dans cet infâme endroit.
Miaoowwww.
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Voici les 19 dernières réactions à ce commentaire
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Titre (cliquez pour lire)
Rédacteur
01/09/08 à 22h49
labourguignonne
hein Star???
jules fé merci, f'ront moins les malins demain quand y viendront "peloter"(moi j'préfère "tricoter")..sur nos merveilleux abdos et s'enrouler autour de nos chevilles matinales maladroites...
pour qu'on leur donne leurs croquettes.
(j'ose pas dire à bon entendeur chalut mais...si.)
jules fé merci, f'ront moins les malins demain quand y viendront "peloter"(moi j'préfère "tricoter")..sur nos merveilleux abdos et s'enrouler autour de nos chevilles matinales maladroites...pour qu'on leur donne leurs croquettes.
(j'ose pas dire à bon entendeur chalut mais...si.)
Par exemple, je n'exploite JAMAIS la chatte des zautres.
Ch'uis pas un macro.
Ch'uis pas un macro.
31/08/08 à 19h30
de ton âme 

C'est une chatte du véto, ce n'est pas la mienne, je ne peux pas l'exploiter ainsi, désolé pour le marché potentiel.
l'est nul ce titre 

"cette brave chatte va sur les genoux de n’importe qui (celui qui porte un jeans a un avantage compétitif), elle s’installe tranquillement en boule, et elle… tète une de ses mamelles avec ardeur. Elle tète ardemment tout en pelotonnant copieusement de ses membres supérieurs mon ventre."
plutôt que d'l'emmener chez le véto, tu devrais plutôt essayer de louer ses services... je devine sur pcc deux trois lubriques que ça intéresserait sûrement... pis avec le flouze, t'achètes des croquettes à toute la salle d'attente
plutôt que d'l'emmener chez le véto, tu devrais plutôt essayer de louer ses services... je devine sur pcc deux trois lubriques que ça intéresserait sûrement... pis avec le flouze, t'achètes des croquettes à toute la salle d'attente

procédons par orde, que diable 

(j'arrête là les propos inconvenants).
sucer
Il y a toujours quelqu'un pour lancer une blague douteuse quand je parle de ma chatte et me voila donc con ta minet .... Pfffff
Il y a toujours quelqu'un pour lancer une blague douteuse quand je parle de ma chatte et me voila donc con ta minet .... Pfffff
TOC = trouble obsessionnel compulsif.
Consulter un vétérinaire.
Consulter un vétérinaire.
c'est un peu pareil, non ?
Oui, c'est parce que la chatte est une angoissée. Parfois, à force de se lécher, les chats n'ont presque plus de poils (par exemple, à la cuisse).
que je l'ai eu chez moi, elle avait 6 mois, ne pouvait s'empêcher de sucer la cuisse de sa patte arrière droite en l'entourant bien de sa patte avant droite ... et ceci n'importe où et n'importe quand ....
On a le pouce qu'on se choisi quand on est une Féline
Avec le temps et mon affection ça lui a passé, maintenant elle fume
Non je plaisante
On a le pouce qu'on se choisi quand on est une Féline
Avec le temps et mon affection ça lui a passé, maintenant elle fume

Non je plaisante



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Jules Félix
publié le 31 août 08