Dans le journal Le Monde, qui a l’habitude de mettre une chronique sur ce qu’il s’est passé il y a 50 ans, un article retraçait la découverte d’un élément en début mai 1958.
En France, on avait d’autres chats à fouetter, avec atmosphère de coup d’État militaire et autres inquiétudes, mais ailleurs, la physique ou plutôt, la chimie (rappelons que ces deux disciplines n’ont pas de frontières), gagnait un élément.
Oui, un élément, c’est un atome. Vous savez que, comme le concevait Lucrèce, la matière est constituée de nombreux petits legos appelés atomes (en fait, dans le jeu de construction, ces legos sont eux-mêmes composés de sous-legos, mais pour aujourd’hui, nous en resteront là).
Legos ou mécano, c’est selon. Architecture de la matière en tous cas.
La plupart des atomes fréquemment utilisés étaient déjà connus depuis bien longtemps, mais disons que l’intérêt de la physique quantique a été d’anticiper les atomes qui n’étaient pas encore découverts.
Ce sont donc des californiens, les docteurs Ghiorso, Seaborg et Sikkeland, qui ont découvert ce nouvel atome, le nobélium 254 (c’est-à-dire 254 nucléons) il y a cinquante ans. Appelé l’élément 102 car il contient 102 protons dans son noyau (le premier élément étant l’hydrogène, le plus simple).
C’est en fait un élément dit transuranien. Uranien de uranium. Dans le tableau périodique (de Mendeleïev), ça signifie que l’élément est hautement radioactif.
Pour amorcer la pompe, les physiciens ont donc utilisé du curium 246 (un autre transuranien à seulement 96 protons) et l’ont fait bombarder par des noyaux de carbone. Du carbone 12 (le classique, 6 protons, 6 neutrons) et du carbone 13 (7 neutrons).
Le curium passe alors au stade du nobélium, mais ne résiste que quelques minutes à l’instabilité radioactive qui le fait dégénérer en fermium (à 100 protons). Au passage, l’article du Monde du 8 mai 1958 fait une grossière erreur puisqu’il confond le fermium et le lawrencium (à 103 protons).
L’élément 102 fut appelé nobélium car il avait déjà été vaguement annoncé le 19 juillet 1957 (1) à l’Institut Nobel de Physique de Stockholm. Ses chercheurs avaient mitraillé du curium 244 (plus léger) avec des noyaux de carbone 13 et avaient observé furtivement l’apparition de nobélium 252 douze fois sur cinquante. Sa durée de vie était de 10 minutes.
Le nobélium 254, c’était, en 1958, le dixième élément obtenu artificiellement. Il fait partie de la famille des actinides.
Le plus lourd des atomes existant naturellement sur terre est l’uranium (92 protons) mais l’humain a réussi à obtenir artificiellement, parfois pendant de très brèves durées, 25 atomes, dont le plus lourd est l’ununoctium Uuo à 118 protons (293 grammes par mole) découvert en 1999 aux États-Unis.
Le plus léger fabriqué artificiellement est le technétium à 43 protons (fusion à 2 157°C et vaporisation à 4 265°C) dont le nom signifie en grec ‘artificiel’, découvert en 1937 en Italie.
Hélas, ayant eu à construire trop de nouveaux atomes, les chercheurs n’ont pas eu le loisir de trouver des noms originaux si bien que les six derniers éléments observés artificiellement furent nommés d’une manière un peu trop systématiquement à mon goût :
110 Uun ununnillium (découvert en 1994 en Allemagne).
111 Uuu unununium (découvert en 1994 en Allemagne).
112 Uub ununbium (découvert en 1996 en Allemagne).
114 Uuq ununquadium (découvert en 1998 en Russie).
116 Uuh ununhexium (découvert en 1999 aux États-Unis).
118 Uuo ununoctium (découvert en 1999 aux États-Unis).
Ce qui n’est pas génial pour se repérer (cela dit, un bon point : le latin sert encore de référence scientifique internationale).
Cette nomenclature est due à la triste Union Internationale de Chimie pure et appliquée (2).
À noter aussi qu’on a su honorer l’immense physicien Niels Bohr en lui consacrant un nom d’atome, le bohrium (Bh) avec 107 protons (obtenus artificiellement aussi, période de moins d’une seconde) découvert en 1981 par Ambruster et Munzenber en Allemagne. L’einsteinium (Es) avait été nommé pour l’élément 99 qui fond à 860°C et dont la période est de 1 an (découvert en 1952 aux États-Unis par quasiment les mêmes, Ghiorso, Seaborg et Thompson).
Le 69e atome est une terre rare, le thulium (Tm), découvert en 1879 en Suède, et qui fond à 1 545°C et vaporise à 1 950°C.
Bon, je me réserve l’atome radioactif à 169 protons (ça va, j’ai encore un peu de temps) que j’appellerais donc julesfelicium, tout bêtement.
Enfin, tout félinement, car les chats, c’est pas des bêtes !
(1)
http://prola.aps.org/abstract/PR/v107/i5/p1460_1
(2)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_internationale_de_chimie_pure_et_appliqu%C3%A
9e
(3) un beau tableau périodique (mais éteignez le son, car la musique est agaçante et surtout, inutile).
http://www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/expo/tempo/aluminium/science/mende
leiev/
En France, on avait d’autres chats à fouetter, avec atmosphère de coup d’État militaire et autres inquiétudes, mais ailleurs, la physique ou plutôt, la chimie (rappelons que ces deux disciplines n’ont pas de frontières), gagnait un élément.
Oui, un élément, c’est un atome. Vous savez que, comme le concevait Lucrèce, la matière est constituée de nombreux petits legos appelés atomes (en fait, dans le jeu de construction, ces legos sont eux-mêmes composés de sous-legos, mais pour aujourd’hui, nous en resteront là).
Legos ou mécano, c’est selon. Architecture de la matière en tous cas.
La plupart des atomes fréquemment utilisés étaient déjà connus depuis bien longtemps, mais disons que l’intérêt de la physique quantique a été d’anticiper les atomes qui n’étaient pas encore découverts.
Ce sont donc des californiens, les docteurs Ghiorso, Seaborg et Sikkeland, qui ont découvert ce nouvel atome, le nobélium 254 (c’est-à-dire 254 nucléons) il y a cinquante ans. Appelé l’élément 102 car il contient 102 protons dans son noyau (le premier élément étant l’hydrogène, le plus simple).
C’est en fait un élément dit transuranien. Uranien de uranium. Dans le tableau périodique (de Mendeleïev), ça signifie que l’élément est hautement radioactif.
Pour amorcer la pompe, les physiciens ont donc utilisé du curium 246 (un autre transuranien à seulement 96 protons) et l’ont fait bombarder par des noyaux de carbone. Du carbone 12 (le classique, 6 protons, 6 neutrons) et du carbone 13 (7 neutrons).
Le curium passe alors au stade du nobélium, mais ne résiste que quelques minutes à l’instabilité radioactive qui le fait dégénérer en fermium (à 100 protons). Au passage, l’article du Monde du 8 mai 1958 fait une grossière erreur puisqu’il confond le fermium et le lawrencium (à 103 protons).
L’élément 102 fut appelé nobélium car il avait déjà été vaguement annoncé le 19 juillet 1957 (1) à l’Institut Nobel de Physique de Stockholm. Ses chercheurs avaient mitraillé du curium 244 (plus léger) avec des noyaux de carbone 13 et avaient observé furtivement l’apparition de nobélium 252 douze fois sur cinquante. Sa durée de vie était de 10 minutes.
Le nobélium 254, c’était, en 1958, le dixième élément obtenu artificiellement. Il fait partie de la famille des actinides.
Le plus lourd des atomes existant naturellement sur terre est l’uranium (92 protons) mais l’humain a réussi à obtenir artificiellement, parfois pendant de très brèves durées, 25 atomes, dont le plus lourd est l’ununoctium Uuo à 118 protons (293 grammes par mole) découvert en 1999 aux États-Unis.
Le plus léger fabriqué artificiellement est le technétium à 43 protons (fusion à 2 157°C et vaporisation à 4 265°C) dont le nom signifie en grec ‘artificiel’, découvert en 1937 en Italie.
Hélas, ayant eu à construire trop de nouveaux atomes, les chercheurs n’ont pas eu le loisir de trouver des noms originaux si bien que les six derniers éléments observés artificiellement furent nommés d’une manière un peu trop systématiquement à mon goût :
110 Uun ununnillium (découvert en 1994 en Allemagne).
111 Uuu unununium (découvert en 1994 en Allemagne).
112 Uub ununbium (découvert en 1996 en Allemagne).
114 Uuq ununquadium (découvert en 1998 en Russie).
116 Uuh ununhexium (découvert en 1999 aux États-Unis).
118 Uuo ununoctium (découvert en 1999 aux États-Unis).
Ce qui n’est pas génial pour se repérer (cela dit, un bon point : le latin sert encore de référence scientifique internationale).
Cette nomenclature est due à la triste Union Internationale de Chimie pure et appliquée (2).
À noter aussi qu’on a su honorer l’immense physicien Niels Bohr en lui consacrant un nom d’atome, le bohrium (Bh) avec 107 protons (obtenus artificiellement aussi, période de moins d’une seconde) découvert en 1981 par Ambruster et Munzenber en Allemagne. L’einsteinium (Es) avait été nommé pour l’élément 99 qui fond à 860°C et dont la période est de 1 an (découvert en 1952 aux États-Unis par quasiment les mêmes, Ghiorso, Seaborg et Thompson).
Le 69e atome est une terre rare, le thulium (Tm), découvert en 1879 en Suède, et qui fond à 1 545°C et vaporise à 1 950°C.
Bon, je me réserve l’atome radioactif à 169 protons (ça va, j’ai encore un peu de temps) que j’appellerais donc julesfelicium, tout bêtement.
Enfin, tout félinement, car les chats, c’est pas des bêtes !
(1)
http://prola.aps.org/abstract/PR/v107/i5/p1460_1
(2)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_internationale_de_chimie_pure_et_appliqu%C3%A
9e
(3) un beau tableau périodique (mais éteignez le son, car la musique est agaçante et surtout, inutile).
http://www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/expo/tempo/aluminium/science/mende
leiev/
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Fin connaisseur et excellent pédagogue : que demander de plus ?
Une particule : Mr Jules De Felix (le chat?) ?
Une particule : Mr Jules De Felix (le chat?) ?
était-il le père de björn borg ? ou un androïde à la solde des soviétiques ?


j'espère que tu conserves tes neurones a l'abri
ton com est une vrai bombe
ton com est une vrai bombe
14/05/08 à 17h50
plus agréable et fécond que les "gratuits" de Bolloré et TF1 ou que le Reader
Digest's...! Merci JulesFelix pour la précision des informations.

Digest's...! Merci JulesFelix pour la précision des informations.

t'as d'la place pour le chateau de princesse playmo (celui qu'on achètera à Macha le jour de son anniv' qu'elle nous a promis
)
bon, bon, bon... je vois qu'on peut aussi se culturer scientifique sur pcc... j'en prends bonne note
Tu vois quels développement au julesfelicium commun ? Faut développer, pédagogue, va !!!
)bon, bon, bon... je vois qu'on peut aussi se culturer scientifique sur pcc... j'en prends bonne note

Tu vois quels développement au julesfelicium commun ? Faut développer, pédagogue, va !!!

faites-y un tour, ça vaut le déplacement.
http://www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/expo/tempo/aluminium/science/me
ndeleiev/
http://www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/expo/tempo/aluminium/science/me
ndeleiev/
mais c'est moi qui ai merdumé !

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Jules Félix
publié le 14 mai 08