(encore un recyclage)
On dit que le guépard est l’animal le plus rapide du monde. Ceci bien sur si l’animal n’est pas aidé par des moyens artificiels. Un escargot au volant d’une formule un va bien sur plus vite qu’un guépard, mais il faut quand même que l’escargot ait le permis.
Un guépard peut atteindre 110km/h (113 Km/h en descente ou par vent arrière) alors qu’il se précipite sur sa proie, par exemple une fragile gazelle qui ne demandait pas vraiment à voir par elle même une telle démonstration de vitesse pure.
On a tort.
L’homme, parfois, parvient à être plus rapide. Et là, vous me dites, d’une voie de philosophe : « Té, t’y es fada ! Un cong de coureur y va moing vite qu’aing putaing de guépard ! ». L’accent joue beaucoup quand on se veut philosophe.
C’est pas faux dans l’absolu : 100 mètres en 10 secondes, ça fait que 36km/h, donc moins que le guépard moyen. Mais les athlètes courent pourquoi ? La Gloire ? L’Argent ? Une forme de patriotisme con (mais quand même moins con que celui qui consiste a massacrer les patriotes d’en face a grands coups d’armes de destruction peu massives mais individuelles comme ça tout le monde s’amuse… encore qu’au moins, ca, je comprends. Le sport par contre, je cherche encore l’intérêt…)
Bref, un « dieu du stade » n’a pas de réelle motivation qui le pousserait au cul, cette saloperie de faignasse !
Quand on est motivé, on peut tout faire, même dépasser un guépard à la course (et pourtant lui aussi il est motivé : il a les crocs, au sens propre comme au figuré !)
En l’occurrence, le guépard était assez surpris. Il courait vers une gazelle qui ne soupçonnait pas qu’elle venait de passer de la catégorie « animal aux yeux doux gambadant joyeusement dans la savane » à celle de « menu premier choix garantie sans produits chimiques », lorsqu’il avait vu surgir à coté de lui un homme dont l’absence de muscle apparent rendait étrange une telle vitesse.
Interloqué, il oublia le mouvement final de la course du guépard (se jeter sur la proie, les griffes en avant) et s’échoua sur elle à grande vitesse. La gazelle se retrouva poussée au postérieur la tête dans la rivière. En regardant autour d’elle, elle vit un guépard assommé derrière elle. Elle lui laissa un petit cadeau, aux ails et fines herbes de la steppe, puis s’enfuit rapidement. (Plus tard, cette gazelle espiègle et maligne, compris qu’en distrayant un guépard, on pouvait s’en tirer. Se développa alors une technique chez les gazelles du coin, consistant à regarder d’un air ahuri au dessus de l’épaule du guépard en pleine course. Dans la plupart des cas, le guépard, con comme la lune comme quasi tous les félins, regardait et s’emplafonnait dans une pierre apportée de toute urgence par une autre gazelle… jusqu’à ce que l’une d’entre elle se rappelle qu’elles avaient des cornes… La population féline de la savane s’en ressentit, et la savane devint un désert après un broutage gazelier trop important.)
Mais revenons à l’homme qui court. Il n’est pas très aérodynamique, mais ses sandales élimées volent littéralement au dessus des herbes ; sa main est cramponnée sur sa tête afin de retenir un chapeau pointu miteux sur lequel en lettre à paillettes est inscrit le mot MAJE ; sa robe rouge, déchirée et en lambeau, est également pleine de paillettes et de ce qui ressemble à des étoiles que l’on met sur un sapin lors de ces fêtes où tout le monde doit être joyeux et s’offre des cadeaux qui font pas toujours plaisir. Il ne regarde pas derrière lui, c’est une perte de temps. Il ne dévie jamais de sa course, sauf pour esquiver arbres et rocher d’un pas chassé agile et souple. C’est un coureur né, un coureur avec une vraie motivation.
Actuellement, sa motivation est liée au groupe d’individus qui vocifèrent derrière lui en agitant divers instruments tranchants, coupants ou contondants dans le but évident et peu subtil de s’en servir sur lui. Et ça, croyez moi, c’est très motivant quand on essaye de battre des records de vitesse.
Sa situation, pour tendue qu’elle soit, n’est cependant pas totalement désespérée. Sa vitesse lui permet de gagner petit à petit de l’avance (ses poursuivants aussi sont motivés, comme le guépard, mais ils sont alourdis par les divers instruments précités).
Il est donc possible, licence littéraire, de revenir en arrière pour connaître les raisons de cette légère déconvenue dans l’existence de notre héros.
Quelques jours plus tôt, la vie semblait relativement simple à l’Université de l’Invisible, la plus grande université magique du Disque-Monde (NDL (Note de Lulu) : bon, vu le nombre de commentaires sur les annales du Disque-Monde ou bien Terry Pratchett, vous devez maintenant être au courant de ce que c’est. Pour les distraits, petit rappel : le Disque-Monde est une petite étrangeté de la nature (mais l’univers étant aussi infini que la bétise humaine, qui peut me prouver que ça ne pourrait pas exister, hein ?!), un monde plat et de forme discale, d’où le nom, qui dérive dans l’espace sur le dos de quatre éléphants, eux même jugés sur le dos d’une tortue de 15 000 Km de long, la Grande A’Tuin).
L’UI (Université de l’Invisible, je sais qu’il y en a qui ne suivent pas) se trouvait au centre de la tentaculaire cité d’Ankh-Morpork, la plus grande cité du disque. Elle représentait le sommet de ce que le disque offrait en matière de magie (entendez par là que le plus haut bâtiment du disque, la Tour de l’Art, se trouvait au sein de l’UI.).
Elle avait, comme toutes les autres universités, reprit d’anciennes méthodes d’éducation qui avait fait leurs preuves partout dans le monde (à savoir : mettons des étudiants et des livres à proximités l’un de l’autre et espérons des interactions ; évidemment, la réalité, comme partout, était plutôt : mettez des étudiants à proximités de débits de boissons, et vous verrez diverses interactions.).
Ses professeurs étaient souvent aux abonnés absents, oubliant même parfois l’existence des étudiants (en, fait, ils étaient surpris quand on leur en parlait).
Notre héros, Rincevent, est actuellement membre du corps enseignant au titre de Titulaire Bénévole de la chaire de Géographie Insolite et Cruelle.
Rincevent était passionné de géographie : tous ces pays étrangers ou l’on pouvait attraper des maladies, se faire agresser par des animaux dangereux et certainement venimeux, sans compter les autochtones agressifs qui parlaient un sabir de sauvage en essayant immanquablement de vous tuer le fascinait. Tous ses endroits aux coutumes étranges et dangereuses, ces nourritures exotiques et souvent empoisonnées, ces climats inhospitaliers, tout cela l’intéressait au plus haut point. Car, s’il était fasciné par ces pays, il savait qu’il n’y mettrait jamais les pieds, même si on lui offrait tout l’or des coffres de la ville (deux piastres, en fait, d’après le dernier budget. La ville était en faillite chronique, mais elle fonctionnait comme une machine bien huilée.)
Il était captivé par la description de Klatch (où la chaleur, dit on, fait littéralement fondre le cerveau par les oreilles), de l’Empire Agatéen (si personne n’en est jamais revenu, c’est qu’il leur ai arrivé des bricoles, donc faut éviter), de l’Uberwald (loups garous et vampires à chaque coins de rue, ou plutôt derrière chaque arbre, sans compter le froid), Lancre (connu pour ses sorcières, promptes à la malédiction), et autres contrées mystérieuses et, dans son esprit, létales.
Mais la vie, évidemment, est une chienne (sauf qu’elle ne fait pas caca partout. Par contre, elle arrive à se lécher le derrière, métaphoriquement parlant, bien sur) et elle lui avait réservé plein de surprises. : il avait visité lui même tout ces pays, en général au pas de course et contre son gré, poursuivi ici, capturé là, frappé, condamné a mort, humilié, trempé, soumis aux pires sévices, chutant, tombant, se carapatant, voir même flottant. Sa vie n’avait été que misère, fuite, brimade, carapatage, tentatives de meurtre sur sa personne, course, supplication d’être épargné, sprint et très peu de moment de repos.
Il avait donc cessé de lire les livres de géographie. Ca lui rappelait trop de souvenirs déplaisants. Et là, depuis quelque temps, il savait que quelque chose clochait. Il était à l’UI depuis deux mois et personne n’avait encore essayé de le massacrer, personne ne l’avait envoyé à l’autre bout de la terre, personne n’avait troublé son ennui serein. Il était certes mis a l’écart du corps professoral (qui, pour dire la vérité, avait honte), à l’exception du bibliothécaire, qui l’adorait car il savait toujours dégotter une banane (par un hasard de la magie, le bibliothécaire avait été transformé en orang-outang, ce qu’il trouvait très pratique lui même, pouvant ainsi atteindre les étagères du haut et ranger les livres tout en mangeant une cacahuète).
Rincevent était en train d’aider le jovial anthropoïde à classer divers ouvrages géographiques (en essayant de ne pas prendre garde au titres), assis sur une chaise confortable, tout en regardant le plafond, couvert de livres (si vous imaginez qu’une bibliothèque magique peut pas garder des livres au plafonds…Pour vous représenter la bibliothèque de l’UI, regardez un dessins de Esher, rajoutez des livres et vous y êtes !).
Puis quelque chose de bizarre se passa et, regardant autour de lui, il constata diverses choses.
D’abord, il n’était plus entouré de livres, mais de hautes herbes ondulants gracieusement sous la brise légère (son esprit spécialisé les analysa aussitôt comme des nids à serpents), sous l’ombre apaisante d’un arbre (a son avis, une bête féroce devait être tapie dans l’arbre, prête a lui sauter dessus).
Ensuite, il n’était plus assis sur un fauteuil confortable et rembourré, mais sur un tas de terre qui lui donnait des démangeaisons dans le fondement.
Il resta un temps interloqué.
C’est quand il aperçut les milliers de petites bestioles qui lui remontait les jambes et qui grouillaient dans l’herbe a ses pieds qu’il compris qu’il était assis sur une fourmilière… de fourmis rouges…
Il fonça en hurlant « ohmerdohmerdohmerdohmerdohmeeeeeerde !!!!! », tout en se frappant les cuisses et les fesses afin de se débarrasser de ses attaquantes.
Il serait fastidieux de raconter le détail de ses péripéties dans la savane avant le moment qui nous intéresse. N’est ce pas ? Non ?
Bon, parce que c’est vous.
Pour se débarrasser des dernières fourmis, Rincevent plongea dans une mare avant de se rendre compte que le bout de bois qui y flottait n’était pas un bout de bois. D’ailleurs, petite aparté, vous vous rendrez compte que dans tout bon récit, un bout de bois qui flotte dans un point d’eau dans un pays exotique n’est JAMAIS un bout de bois. C’est la règle. Si c’est un bout de bois, c’est qu’on vous a fait croire avant que cela n’était pas un bout de bois.
Il perdit la moitié de sa robe dans ses efforts pour sortir de la mare en échappant à l’alligator. Fonçant le plus vite possible pour s’éloigner, il effraya une troupe de Babar l’Ermite (les Babars l’ermite sont des éléphants très très timides. Ils ont la particularité, pour se cacher, d’emprunter l’habitat des autochtones du cru. Et là vous me dites, mais si ils logent chez l’habitant, l’habitant les voit ? Ah ah ? Donc vous faites partie des très rares personnes qui restent dans leur une pièce au sol en terre battu quand un éléphant rouge de timidité entre brutalement chez vous ?).
Les pachydermes s’égayèrent dans la savane en barrissant timidement. Rincevent ne du son salut qu’à sa faculté à se mettre en boule en hurlant pitiépitiépitiépitié (en plus d’être géographe, il faut savoir que Rincevent est un excellent linguiste : il sais hurler au secours dans une vingtaine de langues, et demander pitié dans une quinzaine.).
Enfin, une fois seul, débarrassé des insectes voraces, ayant semé l’alligator non moins vorace, ayant fait fuir les éléphants vora… non, pas voraces, mais craintif (ça lui donna un bref sentiment de puissance, pour une fois, quelque chose s’était enfui devant lui ! Et c’était pas un enfant de trois ans !!), il pus se poser, et après au moins une heure de lamentations, réfléchir sur le pourquoi et le comment de sa situation.
Petit aperçu de l’avancée de ses réflexions :
1/ il n’était plus à Ankh-Morpork
2/ il allait mourir
3/ il était dans une contrée hostile, mais laquelle ?
4/ il allait trépasser
5/ savane + animaux sauvages + chaleur = terre d’Howonda ?
6/ il allait passer l’arme à gauche
7/ comment rentrer à la maison ? (Cette question là avec une pointe de panique mentale)
8/ il allait crever
9/ et pourquoi il était là d’abord ?
10/ il allait défuncter
11/ et puis on s’en foutait l’important c’est de s’en sortir, pas de savoir pourquoi on y est !
12/ il allait claquer.
13/ déjà, faut marcher, en restant ici, on se fait bouffer, ailleurs ça peut pas être pire
14/ il allait y rester.
15/ Hop, on bouge !!!
Il se leva donc, épousseta son chapeau et se mit à marcher en geignant.
Une semaine plus tard, il était toujours en train de marcher. Il n’avait fait presque aucune rencontre déplaisante (à l’exclusion des serpents diurnes venimeux, des serpents nocturnes constricteurs, des insectes qui avait transformé sa peau en une série de plaques rougeâtres, sans compter une femelle hyène en mal d’amour qui l’avait suivi en ricanant pendant trois jour ce qui ne le changeait d’ailleurs pas de la manière dont les femmes le traitaient habituellement. Rincevent avait des idées très arrêtées sur les femmes, entendez par là qu’il avait eu des idées et qu’il s’était arrêté là, montrant ainsi une plus grande sagesse que la plupart des males de l’espèce humaine.)
« Hé ! Toi ! Tu fais quoi sur notre Terre ? » La voix était assez inamicale, les mots crachés plus que prononcé par une personne à l’accent un peu traînant.
« Tu es touriste ? Tu viens te moquer de nos coutumes ? De nos fromages ? C’est ça ? » Une autre voix, doté du même accent que la première.
Des hommes émergèrent des hautes herbes dans lesquelles ils se dissimulaient. Nus a l’exception de pagnes et de cagoules en laine noire qui devaient sacrément leur tenir chaud vu le climat (mais les hommes en cagoules n’ont jamais été au fait de la logique élémentaire, a l’exception de ceux qui tentent de piller une banque). Ils étaient une dizaine, certains tenant des lances, d’autres des casses têtes.
« Alors, tu as perdu ta langue, le touriste ? » reprit le premier, à la voix presque affable.
« T’aime pas nos chants, peut être ? » continua le second, certainement le plus agressifs des deux.
« Non, heu… Je suis perdu… Je voulais pas venir ici »
« Pourquoi, ça te plais pas ici ? », aboya l’agressif
« Si si, beaucoup, mais j’aimerai rentrer chez moi »
« Chez toi… tu veux dire que tu as construit un chez toi chez nous ? Tu sais, nous on aime pas trop les gens qui construisent sur nos terres, même si ils ont l’accord du chef », dit lentement l’homme affable.
« C’est toi le chef, Ange-Qui-Se-Prélasse-Dans-Un-Hamac et en plus tu leur demande des choses en échanges… »
« C’est de la politique, Ours-Qui-Fait-la-Sieste-Dans-Les-Herbes »
« En attendant qu’est ce qu’on fait de lui ? »
« Ta maison elle est où ? », demanda Ange (je vais pas remettre son nom complet a chaque fois non plus, ça fait long.)
« Euh… A Ankh-Morpork, chuis mage, vous voyez, c’est marqué là ! », Clama Rincevent en montrant son chapeau pointu.
« Ouais… moi je vois écrit MAJE… »
« Ben c’est pareil »
« Bon, on l’emmène. Y’a une autre tradition dont tu va te moquer, touriste, c’est l’hospitalité. On t’amène a notre village, y’a du saucisson d’âne et du fromage. »
« Ah… ben merci alors… »
La petite troupe se mit en route, et, peu de temps après leur départ, les hommes se mirent à chanter de fort beau chants. Ca rappelait un peu à Rincevent une forme de chant à plusieurs voix d’hommes que l’on chantait dans certaines parties du Ker Gzelzec, mais en plus masculin. Ces gens était des garçons et voulaient que ça se sache. Au bout d’un quart d’heure, Rincevent était sourd d’une des deux oreilles, maudissait l’inventeur des chants choraux, et l’imbécile qui avait écrit les paroles (celles ci ne parlaient que de leur coin de savane, censé être le pays de cocagne pour ces gens, toujours envahi par des hordes de touristes qui venaient construire leurs demeurent au bord des mares. Au bout d’un moment, ça lasse, sisi, je vous assure…)
Le village était perché au somment d’une colline, à coté d’une mare aux eaux d’un bleu turquoise. Les femmes étaient vêtues de noirs, enfin le peu de vêtement qu’elles portaient. Elles avaient pas l’air de rire souvent… les hommes non plus d’ailleurs, se dit Rincevent… Et moi non plus, quand j’y pense…
« C’est quoi ton nom, le mage touriste ? »
« Rincevent, Monsieur Ange »
« Et bien Rincevent, voici mon village, Javelio (NDL : attention, Jeux de Mots foireux !). Tu es ici chez toi, chez nous, l’hospitalité, ce n’est pas un vain mot ! C’est une piastre la nuit, deux piastres par repas ! »
« Quoi, l’Hospitalité est payante chez vous ?! »
« On est hospitalier, pas con. Si des imbéciles de la ville veulent visiter chez nous autant que ça nous rapporte. Mais on verra ça plus tard. Voici ma fille ! »
Une jeune femme approchait avec un sourire totalement absent, ses yeux noirs distillant une aura de suffisance malsaine.
« Ah ! Regarde là, on dirait un soleil. Et tu as vu comme elle sourit aujourd’hui, tu as de la chance ! »
« Euh… oui… ? »
« Quoi, elle te plait pas ? Tu ne la trouves pas jolie ? »
« Euh, si si… »
« Alors elle te plait, ma fille ? » La voix se fit pleine de menace. « Tu sais, moi, j’aime pas quand les hommes ils tournent autour de ma fille, surtout quand c’est des étrangers de la ville… »
« Non, non, elle me plait pas… »
« Alors… elle te plait pas… Tu es trop bien pour elle peut être… »
Un silence pesant régnait sur le village
« Non, c’est pas ça, mais… »
« Mais si, c’est ça, monsieur le citadin est trop bien pour ma fille adorée, retenez moi ou je fais un malheur, mais retenez moi !!! », dit ange en agitant les bras dans tout les sens.
Rapidement, Rincevent vit la population du village tourner un regard hostile sur lui.
« Choppez ce type, les gars, on va lui apprendre au gars de la ville comment on traite ceux qui déshonorent nos femmes ! »
« Euh, je peux rendre grâce à mes dieux avant ? »
« Bien, sur, petit, on es pas des sauvages. Prie autant que tu veux, et après ça, on te coupera le figuin !» (Rincevent ne prit pas trop cette menace au sérieux, il avait déjà vérifié dans un dictionnaire auparavant la signification de ce mot, qui n’est autre qu’une sorte de pâté aux raisins. Par contre, il avait peur du reste du village, ceux qui n’aimaient pas obligatoirement les pâtés aux raisins…)
« Alors permettez moi de m’agenouillez, comme ça » (Rincevent mis un genoux à terre) « de prier, comme ça » (il posa ses mains sur le sol, soulevant légèrement son genoux, jambe fléchie) « et de… vous dire au revoir !!!!! »
Rincevent poussa sur les jambes dans un départ parfait sur le plan athlétique, un peu moins sur le plan esthétique, car l’une de ses mains vint se plaquer sur son chapeau pour le retenir de tomber, tandis que l’autre soulevait sa robe pour l’empêcher de se prendre dans ses jambes. Mais dans l’ensemble, la vitesse de départ et l’accélération initiale auraient fait pâlir d’envie le guépard moyen. Sauf que quand il court, rien ne distrait Rincevent.
En courant, Rincevent souriait presque. Dans l’ensemble, sa vie était enfin redevenue normale.
Voila, voila…
C’était un petit aperçu de ce que peu donner un voyage dans le disque monde.
Au delà du loufoque des situations, des histoires passiônnantes (avec miles éléfants !!!!), des mages obèses et fainéants, des sorcières au dessus de chaudrons bouillonnants, de fuyards en fuite fuyant une furie furibarde, des philosophes à l’accent étrange et aux aphorismes percutants(« vé peuchere, cong, on vit dans un putaing de monde »), des héros cacochymes, des Babars l’Ermite, des chance sur un million, des groupes de Rocs, des bourdons de mage qui ont un nœud au bout et des chansons du Hérisson (qui ne se laisse jamais monter), et bien y’a plein d’autres choses, incluant les Ch’tits, bien avant la soupe boonesque.
Pratchett va parler avec humour de racisme, de bon vieux temps, de guerre, de supermarchés, de cinéma, de police, d’espionnage et de religion, de Poste, d’Economie, de Police, d’éducation, de la mort et des supermarchés.
Le Disque-Monde, en fait, c’est un miroir de notre monde… en un poil plus déjanté et sans pollution (encore que…) !
Un miroir tellement parfait qu’un jour, dans l’un des livres, les mages décident, comme ça pour voir, de créer un monde rond et dépourvu des éléments essentiels a la vie : le Chelonium (element de base des Tortues cosmiques), le narrativum (élément de base si on veut que chacun ait une histoire), mais avec beaucoup, beaucoup de choses etranges, comme l’uranium, l’hydrogène et l’emmerdium. Un monde ou la vie apparaît en plusieurs millions d’années (avant de se faire toujours ratatiner brutalement par une catastrophe), et où des lois physico quantique s’applique en lieu et place des lois des récits.
Bref, un monde impossible pour vivre, vous en conviendrez.
Alors hésitez pas, rejoignez les sympathiques personnages récurrents de ce petit monde de dingues : Rincevent, le plus mauvais mage du disque, mais le plus grand coureur de fond en vitesse pure ; Carotte, capitaine du guet, nain d’1 m 90 ; Mémé Ciredutemps, sorcière qu’est pas vieille et qu’est pas morte ; le bibliothécaire, l’anthropoïde jovial amateur de banane ; le seigneur Veterini, patricien d'ankh-morpork qui ferait passer Machiavel pour un doux rêveur de bac a sable ; Cohen le Barbare, 95 ans et toujours héros à la hache, et surtout, surtout, celui qui apparaît dans tout les livres, celui qui ajoute de l’humour là ou il y en a pas souvent, La Mort ! (Vous savez un gars un peu maigre avec une faux et un sourire perpétuel… mais il aime bien les chats et son cheval s’appelle Bigadin.)
On dit que le guépard est l’animal le plus rapide du monde. Ceci bien sur si l’animal n’est pas aidé par des moyens artificiels. Un escargot au volant d’une formule un va bien sur plus vite qu’un guépard, mais il faut quand même que l’escargot ait le permis.
Un guépard peut atteindre 110km/h (113 Km/h en descente ou par vent arrière) alors qu’il se précipite sur sa proie, par exemple une fragile gazelle qui ne demandait pas vraiment à voir par elle même une telle démonstration de vitesse pure.
On a tort.
L’homme, parfois, parvient à être plus rapide. Et là, vous me dites, d’une voie de philosophe : « Té, t’y es fada ! Un cong de coureur y va moing vite qu’aing putaing de guépard ! ». L’accent joue beaucoup quand on se veut philosophe.
C’est pas faux dans l’absolu : 100 mètres en 10 secondes, ça fait que 36km/h, donc moins que le guépard moyen. Mais les athlètes courent pourquoi ? La Gloire ? L’Argent ? Une forme de patriotisme con (mais quand même moins con que celui qui consiste a massacrer les patriotes d’en face a grands coups d’armes de destruction peu massives mais individuelles comme ça tout le monde s’amuse… encore qu’au moins, ca, je comprends. Le sport par contre, je cherche encore l’intérêt…)
Bref, un « dieu du stade » n’a pas de réelle motivation qui le pousserait au cul, cette saloperie de faignasse !
Quand on est motivé, on peut tout faire, même dépasser un guépard à la course (et pourtant lui aussi il est motivé : il a les crocs, au sens propre comme au figuré !)
En l’occurrence, le guépard était assez surpris. Il courait vers une gazelle qui ne soupçonnait pas qu’elle venait de passer de la catégorie « animal aux yeux doux gambadant joyeusement dans la savane » à celle de « menu premier choix garantie sans produits chimiques », lorsqu’il avait vu surgir à coté de lui un homme dont l’absence de muscle apparent rendait étrange une telle vitesse.
Interloqué, il oublia le mouvement final de la course du guépard (se jeter sur la proie, les griffes en avant) et s’échoua sur elle à grande vitesse. La gazelle se retrouva poussée au postérieur la tête dans la rivière. En regardant autour d’elle, elle vit un guépard assommé derrière elle. Elle lui laissa un petit cadeau, aux ails et fines herbes de la steppe, puis s’enfuit rapidement. (Plus tard, cette gazelle espiègle et maligne, compris qu’en distrayant un guépard, on pouvait s’en tirer. Se développa alors une technique chez les gazelles du coin, consistant à regarder d’un air ahuri au dessus de l’épaule du guépard en pleine course. Dans la plupart des cas, le guépard, con comme la lune comme quasi tous les félins, regardait et s’emplafonnait dans une pierre apportée de toute urgence par une autre gazelle… jusqu’à ce que l’une d’entre elle se rappelle qu’elles avaient des cornes… La population féline de la savane s’en ressentit, et la savane devint un désert après un broutage gazelier trop important.)
Mais revenons à l’homme qui court. Il n’est pas très aérodynamique, mais ses sandales élimées volent littéralement au dessus des herbes ; sa main est cramponnée sur sa tête afin de retenir un chapeau pointu miteux sur lequel en lettre à paillettes est inscrit le mot MAJE ; sa robe rouge, déchirée et en lambeau, est également pleine de paillettes et de ce qui ressemble à des étoiles que l’on met sur un sapin lors de ces fêtes où tout le monde doit être joyeux et s’offre des cadeaux qui font pas toujours plaisir. Il ne regarde pas derrière lui, c’est une perte de temps. Il ne dévie jamais de sa course, sauf pour esquiver arbres et rocher d’un pas chassé agile et souple. C’est un coureur né, un coureur avec une vraie motivation.
Actuellement, sa motivation est liée au groupe d’individus qui vocifèrent derrière lui en agitant divers instruments tranchants, coupants ou contondants dans le but évident et peu subtil de s’en servir sur lui. Et ça, croyez moi, c’est très motivant quand on essaye de battre des records de vitesse.
Sa situation, pour tendue qu’elle soit, n’est cependant pas totalement désespérée. Sa vitesse lui permet de gagner petit à petit de l’avance (ses poursuivants aussi sont motivés, comme le guépard, mais ils sont alourdis par les divers instruments précités).
Il est donc possible, licence littéraire, de revenir en arrière pour connaître les raisons de cette légère déconvenue dans l’existence de notre héros.
Quelques jours plus tôt, la vie semblait relativement simple à l’Université de l’Invisible, la plus grande université magique du Disque-Monde (NDL (Note de Lulu) : bon, vu le nombre de commentaires sur les annales du Disque-Monde ou bien Terry Pratchett, vous devez maintenant être au courant de ce que c’est. Pour les distraits, petit rappel : le Disque-Monde est une petite étrangeté de la nature (mais l’univers étant aussi infini que la bétise humaine, qui peut me prouver que ça ne pourrait pas exister, hein ?!), un monde plat et de forme discale, d’où le nom, qui dérive dans l’espace sur le dos de quatre éléphants, eux même jugés sur le dos d’une tortue de 15 000 Km de long, la Grande A’Tuin).
L’UI (Université de l’Invisible, je sais qu’il y en a qui ne suivent pas) se trouvait au centre de la tentaculaire cité d’Ankh-Morpork, la plus grande cité du disque. Elle représentait le sommet de ce que le disque offrait en matière de magie (entendez par là que le plus haut bâtiment du disque, la Tour de l’Art, se trouvait au sein de l’UI.).
Elle avait, comme toutes les autres universités, reprit d’anciennes méthodes d’éducation qui avait fait leurs preuves partout dans le monde (à savoir : mettons des étudiants et des livres à proximités l’un de l’autre et espérons des interactions ; évidemment, la réalité, comme partout, était plutôt : mettez des étudiants à proximités de débits de boissons, et vous verrez diverses interactions.).
Ses professeurs étaient souvent aux abonnés absents, oubliant même parfois l’existence des étudiants (en, fait, ils étaient surpris quand on leur en parlait).
Notre héros, Rincevent, est actuellement membre du corps enseignant au titre de Titulaire Bénévole de la chaire de Géographie Insolite et Cruelle.
Rincevent était passionné de géographie : tous ces pays étrangers ou l’on pouvait attraper des maladies, se faire agresser par des animaux dangereux et certainement venimeux, sans compter les autochtones agressifs qui parlaient un sabir de sauvage en essayant immanquablement de vous tuer le fascinait. Tous ses endroits aux coutumes étranges et dangereuses, ces nourritures exotiques et souvent empoisonnées, ces climats inhospitaliers, tout cela l’intéressait au plus haut point. Car, s’il était fasciné par ces pays, il savait qu’il n’y mettrait jamais les pieds, même si on lui offrait tout l’or des coffres de la ville (deux piastres, en fait, d’après le dernier budget. La ville était en faillite chronique, mais elle fonctionnait comme une machine bien huilée.)
Il était captivé par la description de Klatch (où la chaleur, dit on, fait littéralement fondre le cerveau par les oreilles), de l’Empire Agatéen (si personne n’en est jamais revenu, c’est qu’il leur ai arrivé des bricoles, donc faut éviter), de l’Uberwald (loups garous et vampires à chaque coins de rue, ou plutôt derrière chaque arbre, sans compter le froid), Lancre (connu pour ses sorcières, promptes à la malédiction), et autres contrées mystérieuses et, dans son esprit, létales.
Mais la vie, évidemment, est une chienne (sauf qu’elle ne fait pas caca partout. Par contre, elle arrive à se lécher le derrière, métaphoriquement parlant, bien sur) et elle lui avait réservé plein de surprises. : il avait visité lui même tout ces pays, en général au pas de course et contre son gré, poursuivi ici, capturé là, frappé, condamné a mort, humilié, trempé, soumis aux pires sévices, chutant, tombant, se carapatant, voir même flottant. Sa vie n’avait été que misère, fuite, brimade, carapatage, tentatives de meurtre sur sa personne, course, supplication d’être épargné, sprint et très peu de moment de repos.
Il avait donc cessé de lire les livres de géographie. Ca lui rappelait trop de souvenirs déplaisants. Et là, depuis quelque temps, il savait que quelque chose clochait. Il était à l’UI depuis deux mois et personne n’avait encore essayé de le massacrer, personne ne l’avait envoyé à l’autre bout de la terre, personne n’avait troublé son ennui serein. Il était certes mis a l’écart du corps professoral (qui, pour dire la vérité, avait honte), à l’exception du bibliothécaire, qui l’adorait car il savait toujours dégotter une banane (par un hasard de la magie, le bibliothécaire avait été transformé en orang-outang, ce qu’il trouvait très pratique lui même, pouvant ainsi atteindre les étagères du haut et ranger les livres tout en mangeant une cacahuète).
Rincevent était en train d’aider le jovial anthropoïde à classer divers ouvrages géographiques (en essayant de ne pas prendre garde au titres), assis sur une chaise confortable, tout en regardant le plafond, couvert de livres (si vous imaginez qu’une bibliothèque magique peut pas garder des livres au plafonds…Pour vous représenter la bibliothèque de l’UI, regardez un dessins de Esher, rajoutez des livres et vous y êtes !).
Puis quelque chose de bizarre se passa et, regardant autour de lui, il constata diverses choses.
D’abord, il n’était plus entouré de livres, mais de hautes herbes ondulants gracieusement sous la brise légère (son esprit spécialisé les analysa aussitôt comme des nids à serpents), sous l’ombre apaisante d’un arbre (a son avis, une bête féroce devait être tapie dans l’arbre, prête a lui sauter dessus).
Ensuite, il n’était plus assis sur un fauteuil confortable et rembourré, mais sur un tas de terre qui lui donnait des démangeaisons dans le fondement.
Il resta un temps interloqué.
C’est quand il aperçut les milliers de petites bestioles qui lui remontait les jambes et qui grouillaient dans l’herbe a ses pieds qu’il compris qu’il était assis sur une fourmilière… de fourmis rouges…
Il fonça en hurlant « ohmerdohmerdohmerdohmerdohmeeeeeerde !!!!! », tout en se frappant les cuisses et les fesses afin de se débarrasser de ses attaquantes.
Il serait fastidieux de raconter le détail de ses péripéties dans la savane avant le moment qui nous intéresse. N’est ce pas ? Non ?
Bon, parce que c’est vous.
Pour se débarrasser des dernières fourmis, Rincevent plongea dans une mare avant de se rendre compte que le bout de bois qui y flottait n’était pas un bout de bois. D’ailleurs, petite aparté, vous vous rendrez compte que dans tout bon récit, un bout de bois qui flotte dans un point d’eau dans un pays exotique n’est JAMAIS un bout de bois. C’est la règle. Si c’est un bout de bois, c’est qu’on vous a fait croire avant que cela n’était pas un bout de bois.
Il perdit la moitié de sa robe dans ses efforts pour sortir de la mare en échappant à l’alligator. Fonçant le plus vite possible pour s’éloigner, il effraya une troupe de Babar l’Ermite (les Babars l’ermite sont des éléphants très très timides. Ils ont la particularité, pour se cacher, d’emprunter l’habitat des autochtones du cru. Et là vous me dites, mais si ils logent chez l’habitant, l’habitant les voit ? Ah ah ? Donc vous faites partie des très rares personnes qui restent dans leur une pièce au sol en terre battu quand un éléphant rouge de timidité entre brutalement chez vous ?).
Les pachydermes s’égayèrent dans la savane en barrissant timidement. Rincevent ne du son salut qu’à sa faculté à se mettre en boule en hurlant pitiépitiépitiépitié (en plus d’être géographe, il faut savoir que Rincevent est un excellent linguiste : il sais hurler au secours dans une vingtaine de langues, et demander pitié dans une quinzaine.).
Enfin, une fois seul, débarrassé des insectes voraces, ayant semé l’alligator non moins vorace, ayant fait fuir les éléphants vora… non, pas voraces, mais craintif (ça lui donna un bref sentiment de puissance, pour une fois, quelque chose s’était enfui devant lui ! Et c’était pas un enfant de trois ans !!), il pus se poser, et après au moins une heure de lamentations, réfléchir sur le pourquoi et le comment de sa situation.
Petit aperçu de l’avancée de ses réflexions :
1/ il n’était plus à Ankh-Morpork
2/ il allait mourir
3/ il était dans une contrée hostile, mais laquelle ?
4/ il allait trépasser
5/ savane + animaux sauvages + chaleur = terre d’Howonda ?
6/ il allait passer l’arme à gauche
7/ comment rentrer à la maison ? (Cette question là avec une pointe de panique mentale)
8/ il allait crever
9/ et pourquoi il était là d’abord ?
10/ il allait défuncter
11/ et puis on s’en foutait l’important c’est de s’en sortir, pas de savoir pourquoi on y est !
12/ il allait claquer.
13/ déjà, faut marcher, en restant ici, on se fait bouffer, ailleurs ça peut pas être pire
14/ il allait y rester.
15/ Hop, on bouge !!!
Il se leva donc, épousseta son chapeau et se mit à marcher en geignant.
Une semaine plus tard, il était toujours en train de marcher. Il n’avait fait presque aucune rencontre déplaisante (à l’exclusion des serpents diurnes venimeux, des serpents nocturnes constricteurs, des insectes qui avait transformé sa peau en une série de plaques rougeâtres, sans compter une femelle hyène en mal d’amour qui l’avait suivi en ricanant pendant trois jour ce qui ne le changeait d’ailleurs pas de la manière dont les femmes le traitaient habituellement. Rincevent avait des idées très arrêtées sur les femmes, entendez par là qu’il avait eu des idées et qu’il s’était arrêté là, montrant ainsi une plus grande sagesse que la plupart des males de l’espèce humaine.)
« Hé ! Toi ! Tu fais quoi sur notre Terre ? » La voix était assez inamicale, les mots crachés plus que prononcé par une personne à l’accent un peu traînant.
« Tu es touriste ? Tu viens te moquer de nos coutumes ? De nos fromages ? C’est ça ? » Une autre voix, doté du même accent que la première.
Des hommes émergèrent des hautes herbes dans lesquelles ils se dissimulaient. Nus a l’exception de pagnes et de cagoules en laine noire qui devaient sacrément leur tenir chaud vu le climat (mais les hommes en cagoules n’ont jamais été au fait de la logique élémentaire, a l’exception de ceux qui tentent de piller une banque). Ils étaient une dizaine, certains tenant des lances, d’autres des casses têtes.
« Alors, tu as perdu ta langue, le touriste ? » reprit le premier, à la voix presque affable.
« T’aime pas nos chants, peut être ? » continua le second, certainement le plus agressifs des deux.
« Non, heu… Je suis perdu… Je voulais pas venir ici »
« Pourquoi, ça te plais pas ici ? », aboya l’agressif
« Si si, beaucoup, mais j’aimerai rentrer chez moi »
« Chez toi… tu veux dire que tu as construit un chez toi chez nous ? Tu sais, nous on aime pas trop les gens qui construisent sur nos terres, même si ils ont l’accord du chef », dit lentement l’homme affable.
« C’est toi le chef, Ange-Qui-Se-Prélasse-Dans-Un-Hamac et en plus tu leur demande des choses en échanges… »
« C’est de la politique, Ours-Qui-Fait-la-Sieste-Dans-Les-Herbes »
« En attendant qu’est ce qu’on fait de lui ? »
« Ta maison elle est où ? », demanda Ange (je vais pas remettre son nom complet a chaque fois non plus, ça fait long.)
« Euh… A Ankh-Morpork, chuis mage, vous voyez, c’est marqué là ! », Clama Rincevent en montrant son chapeau pointu.
« Ouais… moi je vois écrit MAJE… »
« Ben c’est pareil »
« Bon, on l’emmène. Y’a une autre tradition dont tu va te moquer, touriste, c’est l’hospitalité. On t’amène a notre village, y’a du saucisson d’âne et du fromage. »
« Ah… ben merci alors… »
La petite troupe se mit en route, et, peu de temps après leur départ, les hommes se mirent à chanter de fort beau chants. Ca rappelait un peu à Rincevent une forme de chant à plusieurs voix d’hommes que l’on chantait dans certaines parties du Ker Gzelzec, mais en plus masculin. Ces gens était des garçons et voulaient que ça se sache. Au bout d’un quart d’heure, Rincevent était sourd d’une des deux oreilles, maudissait l’inventeur des chants choraux, et l’imbécile qui avait écrit les paroles (celles ci ne parlaient que de leur coin de savane, censé être le pays de cocagne pour ces gens, toujours envahi par des hordes de touristes qui venaient construire leurs demeurent au bord des mares. Au bout d’un moment, ça lasse, sisi, je vous assure…)
Le village était perché au somment d’une colline, à coté d’une mare aux eaux d’un bleu turquoise. Les femmes étaient vêtues de noirs, enfin le peu de vêtement qu’elles portaient. Elles avaient pas l’air de rire souvent… les hommes non plus d’ailleurs, se dit Rincevent… Et moi non plus, quand j’y pense…
« C’est quoi ton nom, le mage touriste ? »
« Rincevent, Monsieur Ange »
« Et bien Rincevent, voici mon village, Javelio (NDL : attention, Jeux de Mots foireux !). Tu es ici chez toi, chez nous, l’hospitalité, ce n’est pas un vain mot ! C’est une piastre la nuit, deux piastres par repas ! »
« Quoi, l’Hospitalité est payante chez vous ?! »
« On est hospitalier, pas con. Si des imbéciles de la ville veulent visiter chez nous autant que ça nous rapporte. Mais on verra ça plus tard. Voici ma fille ! »
Une jeune femme approchait avec un sourire totalement absent, ses yeux noirs distillant une aura de suffisance malsaine.
« Ah ! Regarde là, on dirait un soleil. Et tu as vu comme elle sourit aujourd’hui, tu as de la chance ! »
« Euh… oui… ? »
« Quoi, elle te plait pas ? Tu ne la trouves pas jolie ? »
« Euh, si si… »
« Alors elle te plait, ma fille ? » La voix se fit pleine de menace. « Tu sais, moi, j’aime pas quand les hommes ils tournent autour de ma fille, surtout quand c’est des étrangers de la ville… »
« Non, non, elle me plait pas… »
« Alors… elle te plait pas… Tu es trop bien pour elle peut être… »
Un silence pesant régnait sur le village
« Non, c’est pas ça, mais… »
« Mais si, c’est ça, monsieur le citadin est trop bien pour ma fille adorée, retenez moi ou je fais un malheur, mais retenez moi !!! », dit ange en agitant les bras dans tout les sens.
Rapidement, Rincevent vit la population du village tourner un regard hostile sur lui.
« Choppez ce type, les gars, on va lui apprendre au gars de la ville comment on traite ceux qui déshonorent nos femmes ! »
« Euh, je peux rendre grâce à mes dieux avant ? »
« Bien, sur, petit, on es pas des sauvages. Prie autant que tu veux, et après ça, on te coupera le figuin !» (Rincevent ne prit pas trop cette menace au sérieux, il avait déjà vérifié dans un dictionnaire auparavant la signification de ce mot, qui n’est autre qu’une sorte de pâté aux raisins. Par contre, il avait peur du reste du village, ceux qui n’aimaient pas obligatoirement les pâtés aux raisins…)
« Alors permettez moi de m’agenouillez, comme ça » (Rincevent mis un genoux à terre) « de prier, comme ça » (il posa ses mains sur le sol, soulevant légèrement son genoux, jambe fléchie) « et de… vous dire au revoir !!!!! »
Rincevent poussa sur les jambes dans un départ parfait sur le plan athlétique, un peu moins sur le plan esthétique, car l’une de ses mains vint se plaquer sur son chapeau pour le retenir de tomber, tandis que l’autre soulevait sa robe pour l’empêcher de se prendre dans ses jambes. Mais dans l’ensemble, la vitesse de départ et l’accélération initiale auraient fait pâlir d’envie le guépard moyen. Sauf que quand il court, rien ne distrait Rincevent.
En courant, Rincevent souriait presque. Dans l’ensemble, sa vie était enfin redevenue normale.
Voila, voila…
C’était un petit aperçu de ce que peu donner un voyage dans le disque monde.
Au delà du loufoque des situations, des histoires passiônnantes (avec miles éléfants !!!!), des mages obèses et fainéants, des sorcières au dessus de chaudrons bouillonnants, de fuyards en fuite fuyant une furie furibarde, des philosophes à l’accent étrange et aux aphorismes percutants(« vé peuchere, cong, on vit dans un putaing de monde »), des héros cacochymes, des Babars l’Ermite, des chance sur un million, des groupes de Rocs, des bourdons de mage qui ont un nœud au bout et des chansons du Hérisson (qui ne se laisse jamais monter), et bien y’a plein d’autres choses, incluant les Ch’tits, bien avant la soupe boonesque.
Pratchett va parler avec humour de racisme, de bon vieux temps, de guerre, de supermarchés, de cinéma, de police, d’espionnage et de religion, de Poste, d’Economie, de Police, d’éducation, de la mort et des supermarchés.
Le Disque-Monde, en fait, c’est un miroir de notre monde… en un poil plus déjanté et sans pollution (encore que…) !
Un miroir tellement parfait qu’un jour, dans l’un des livres, les mages décident, comme ça pour voir, de créer un monde rond et dépourvu des éléments essentiels a la vie : le Chelonium (element de base des Tortues cosmiques), le narrativum (élément de base si on veut que chacun ait une histoire), mais avec beaucoup, beaucoup de choses etranges, comme l’uranium, l’hydrogène et l’emmerdium. Un monde ou la vie apparaît en plusieurs millions d’années (avant de se faire toujours ratatiner brutalement par une catastrophe), et où des lois physico quantique s’applique en lieu et place des lois des récits.
Bref, un monde impossible pour vivre, vous en conviendrez.
Alors hésitez pas, rejoignez les sympathiques personnages récurrents de ce petit monde de dingues : Rincevent, le plus mauvais mage du disque, mais le plus grand coureur de fond en vitesse pure ; Carotte, capitaine du guet, nain d’1 m 90 ; Mémé Ciredutemps, sorcière qu’est pas vieille et qu’est pas morte ; le bibliothécaire, l’anthropoïde jovial amateur de banane ; le seigneur Veterini, patricien d'ankh-morpork qui ferait passer Machiavel pour un doux rêveur de bac a sable ; Cohen le Barbare, 95 ans et toujours héros à la hache, et surtout, surtout, celui qui apparaît dans tout les livres, celui qui ajoute de l’humour là ou il y en a pas souvent, La Mort ! (Vous savez un gars un peu maigre avec une faux et un sourire perpétuel… mais il aime bien les chats et son cheval s’appelle Bigadin.)
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... que la première fois 
et j'ai autant ri

et j'ai autant ri
30/07/08 à 14h28
paulette_deschamps
à condition de revenir au point de départ!
avec une belle traduction de Patrick Couton, un nantais, musicien par ailleurs
comme ca tu sauras ce que j'entends par petit, héhéhé
paulette : bah, moi, tant que j'evite la mauvaise poesie egocentrée, je suis content. Et disgresser, c'est le meilleur moyen de folatrer mentalement, comme une balade au hasard dans la campagne, lorsque l'on emprunte des chemins au hasard.
sireem : de bons presages est a lire avant tout pour savoir si l'humour pratchetien plait ou pas. Si on apprecie pas de bon presages, pas la peine de lire le reste.
cither : si ce texte est pas une evocation des annales du disque monde, je sais pas ce qu'il te faut, lol.
echtelion : OOOOOOKKK !!!! (il etait beau, mon t shirt au piknik, hein !!)
paulette : bah, moi, tant que j'evite la mauvaise poesie egocentrée, je suis content. Et disgresser, c'est le meilleur moyen de folatrer mentalement, comme une balade au hasard dans la campagne, lorsque l'on emprunte des chemins au hasard.
sireem : de bons presages est a lire avant tout pour savoir si l'humour pratchetien plait ou pas. Si on apprecie pas de bon presages, pas la peine de lire le reste.
cither : si ce texte est pas une evocation des annales du disque monde, je sais pas ce qu'il te faut, lol.
echtelion : OOOOOOKKK !!!! (il etait beau, mon t shirt au piknik, hein !!)
*C’était un petit aperçu de ce que peu donner un voyage dans le disque monde. *
t'appelle ça petit ?

t'appelle ça petit ?

J'ai pas tout lu non plus mais c'est à mourir de rire.
Reste à évoquer "Le petit peuple du tapis" et les "Annales du Disque Monde".
Reste à évoquer "Le petit peuple du tapis" et les "Annales du Disque Monde".
j'aipas tout lu !! mais j'adore Pratchet surtout quand il s'associe à Neil Gayman "de bons présages..."
... c'est juste énormément drôle !!!! Je te le conseille LN. En plus c'est parfait pour l'été.
On est balancé de ci de là, ça donne la nauséee ce texte.



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lucifer_morningstar
publié le 30 juillet 08