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Première surprise, pas de Daniele Gatti dans la base PCC.

Seconde surprise, quelques programmes de télévision parlent de "Danièle Gatti" et pas de Daniele Gatti.

Car Daniele Gatti, ce n’est pas une femme, mais un homme !

J’ai assisté à son concert hier soir (18 septembre 2008) au Théâtre des Champs-Élysées, avenue Montaigne à Paris.

Beaucoup de beau monde dans le public, dont le présentateur d’émissions musicales Alain Duault.

Et pour cause, hier soir, c’était la première de Daniele Gatti. Enfin, pas la première personnelle. Mais sa première en tant que directeur de l’Orchestre Nationale de France.

Ah, troisième surprise, pas d’Orchestre National de France dans la base PCC. Seulement l’Orchestre Philharmonique de Radio France.

Vous devez savoir que ces deux orchestres sont gérés par… Radio France. Les musiciens y sont salariés (ce qui est rare dans le secteur) et c’est la redevance et les recettes des concerts qui les financent…

Mais revenons à Daniele Gatti. Il est un chef d’orchestre italien qui va avoir dans quelques semaines 47 ans. Un peu de calvitie en haut du crâne, les cheveux en bataille, le sourire à la fois fait de tendresse et d’énergie.

C’est un petit (grand) génie de la musique. Il a dirigé à la Scala de Milan dès l’âge de 27 ans et a déjà beaucoup enregistré (d’où mon étonnement par rapport à la base de données de PCC) : Prokofiev, Bartok, Rossini, Mahler, Tchaïkovski… Mais il n’accroche pas beaucoup avec Berlioz, Sibelius et Liszt (« J’ai en ce moment une relation difficile avec ce[s] compositeur[s] »).

Il succède à Kurt Masur à la tête donc de l’Orchestre National de France. Pour la petite histoire, d’ailleurs, Kurt Masur devait diriger un concert avec le même orchestre à la Fête de l’Humanité le week-end dernier, et comme il a été souffrant, c’est Daniele Gatti qui l’a remplacé au pied levé, avant même de prendre officiellement ses fonctions.

Daniele Gatti apprécie ses nouvelles fonctions car derrière son nouvel orchestre, il y a une grande maison (Radio France) qui permet des « aventures musicales sans être brimé par l’obsession de la recette » et qui possède son propre studio pour les répétitions (fini le nomadisme auquel il était habitué).

La première fois qu’il a dirigé l’Orchestre National de France, c’était le jour de la mort du pape Jean-Paul II, en avril 2005, au Théâtre des Champs-Élysées. Pour lui, cet orchestre est excellent pour la qualité de ses bois et a une tradition de brillance, clarté et douceur, mais souhaiterait un son un peu plus sombre pour les œuvres allemandes.

Il dirigera cet orchestre de 2008 à 2013, pour cinq saisons donc, qu’il veut placer surtout sous le signe de Mahler dont il donnera l’intégrale de l’œuvre pour fêter les cent cinquante ans de sa naissance (en 2010) et le centenaire de sa mort (en 2011).

Il commencera par ailleurs son mandat par une confrontation Brahms et Bartok (saison 2008-2009) et terminera par l’intégrale des symphonies de Beethoven (saison 2012-2013). Dans ses projets, il y aura aussi Dutilleux et Boulez, tous les deux encore de ce monde, et Honegger.

Mais reprenons le programme de la soirée d’hier, assez classique mais du régal.

En première partie, Claude Debussy : le "Prélude à l’après-midi d’un faune", puis "La Mer, trois esquisses symphoniques".

En seconde partie, dix minutes succulentes d’Olivier Messiaen puis "Le Sacre du printemps" d’Igor Stravinsky (un peu surprenant d’ailleurs alors que l’automne arrive ! mais c’est la saison Stravinsky qui commence ).

Au départ, Gatti ne voulait pas faire Le Sacre du printemps, car il l’avait déjà dirigé il y a quelques mois et craignait d’y avoir mis déjà tout son cœur. Il aurait préféré Petrouchka qui sera finalement interprété à la salle Pleyel ce soir et demain matin (19 et 20 septembre 2008) par l’autre orchestre de Radio France, le Philharmonique dirigé par Lionel Bringuier.

Le "Prélude à l’après-midi d’un faune" a démarré très doucement, chaque note scintillait comme sur un cristal. Le morceau que j’ai préféré.

Après l’entracte, Messiaen donnait "Un Sourire". Composé en 1989 pour le bicentenaire de la mort de Mozart, le compositeur (81 ans à l’époque) expliquait que « malgré les deuils, les souffrances, la faim, le froid, l‘incompréhension, et la proximité de la mort, Mozart souriait toujours. ». Le morceau fut joué la première fois par le Philharmonique en décembre 1991 quelques mois avant la propre mort de Messiaen. Cela a donné un magnifique mouvement, à la fois moderne (c’est de la musique contemporaine) et très accessible aux oreilles peu éduquées.

"Le Sacre du printemps" reste cependant l’œuvre centrale de la soirée, dynamique, énergique, émouvant. Daniele Gatti est un personnage très démonstratif et tous ses gestes sont accompagnés de volutes et de volupté… Un enthousiasme qui l’a même fait sauter plusieurs fois de son estrade tant la musique grondait à un rythme haletant. Il a sifflé ou soufflé au rythme de son orchestre.

En train de mitrailler le spectacle, il y avait cinq caméras de France 3 qui rediffusera le concert cette nuit du 19 au 20 septembre 2008, à 00h20 ("Toute la musique qu’ils aiment") avec les coulisses du concert présentées par …Alain Duault, l'animateur poète de 59 ans.

Hélas, seulement Le Sacre du printemps sera retransmis, le reste est passé à l’as…

En tout cas, Gatti, ça déchire grave.

Attenti al Gatti !

(miaou)


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Voici les 25 dernières réactions à ce commentaire
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Rédacteur
vivant Stravinski trouvait que c'était Boulez qui "restituait" le mieux son Sacre...
de pépites.
****
 19/09/08 à 22h15
moi, c'est des lunettes de tatie qu'a plus les bras assez longs pour lire

bon, marchand de sable...zzzzzzzzz...éteindre pcc
salut les ptis loups!!!
(regarde-moi)
 19/09/08 à 22h07
alors là, c'est grave
 19/09/08 à 22h04
 19/09/08 à 22h02
gros norages sur la côte d'azur, pluie, septembre, chaussettes...
où est parti le bel été?
 19/09/08 à 21h59
... zut !
Jules.. arrête de miauler !
 19/09/08 à 21h57
kesskiva arriver comme misères encore?
 19/09/08 à 21h53
vous croyez que ça va faire qq chose? la 13è réaction, un vendredi de pluie, mauvais mauvais, non?
Ptêt même que le JF est un chat noir, en plus
 19/09/08 à 21h51
y a eu celui de Béjart.
Je sais, ça date un peu (beaucoup) plus, mais ça vaut la peine aussi.
Perso, je préfère à P. Bausch, je trouve qu'elle fait plus des déambulations et effets de voiles que de la danse.
Mais cet avis n'engage que moi, je suis un critique très sévère, je reconnais.
 19/09/08 à 21h40
(et j'évite de faire un jeu de mots vaseux avec le Président des Etats-Unis d'Amérique)
 19/09/08 à 21h28
je-m-ecoute-parler
tu veux avoir des frissons inoubliables, va écouter et voir un jour le sacre du printemps chorégraphié par pina bausch ...
ça m'est arrivé, c'est très dur à vivre pour un bavard.
 19/09/08 à 21h10
aphone et bavarde: c'est un cocktail qui fait jaser :
comment est-il possible que ceux qui étaient voués au silence puissent parler?
le pire c'est de chanter
au fond nous avons tous la beauté en partage
l'est pas passé inaperçu, l'nouveau chef...

j'espère qu't'as piraté et mis ça sur le mp3
 19/09/08 à 19h57
un petit hommage à Armand du même nom, qui a prouvé que les looser étaient encore humains
eux qui n'ont aucun capital
 19/09/08 à 19h54
je n'ai pas le "capital" pour apprécier la musique classique
"Prélude à l'aprèm" pour moi c'est d'abord Mallarmé
il me manque le faune ?
espérons que la musique suivra.
Micio micio !
Miaou, of course !
 19/09/08 à 19h26